Zibeline n°29 mai 2010
Zibeline n°29 mai 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°29 de mai 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 6,8 Mo

  • Dans ce numéro : événement... le Ballet National de Marseille.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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52 LIVRES ARTS L’art : histoire vs esthétique ? Comment l’historien de son côté et le philosophe du sien conçoivent-ils la question de l’art ? Cet ouvrage restitue les actes des colloques L’histoire de l’art en question(s) qui se sont tenus à Marseille entre 2005 et 2007, à l’initiative de Jean-Noël Bret et de l’association Art Culture et Connaissance. L’intérêt -mais aussi le talon d’Achille- d’un tel ouvrage collectif est de nous proposer des approches disparates entre elles, ouvrant cependant individuellement sur des analyses singulières. Après l’examen comparatif et un peu amusé de Michel Guérin sur les bonnes manières des uns et des autres, le lecteur pourra zigzaguer d’un chapitre à l’autre, quitte à enfreindre la structure logiquement bipolaire du livre et faire le grand écart entre la présentation d’Alain Jaubert à propos de la conception de la célèbre série Palettes et différentes modalités de penser l’art exposées par Michel Makarius, ou encore entre les rapports art/cognition/neurosciences développés par Jean Vion-Dury et l’importance du retard dans l’appréhension des œuvres pointé par Sébastien Rongier. Penser l’art, en tant que « chose sensible » est indispensable quelles que soient les voies empruntées. La synthèse reste à faire : au lecteur de jouer. CLAUDE LORIN Penser l’art Histoire de l’art et esthétique Sous la dir. de Jean-Noël Bret, Michel Guérin et Marc Jimenez Editions Klincksieck, 29 euros Le jour et la nuit Stephen Wilson, professeur d’art conceptuel et d’art de l’information à la San Francisco State University, auteur et artiste, a déjà de nombreuses publications à son actif sur le dialogue art-science. Il récidive aujourd’hui avec Art + Science mais dans une forme panoramique et synthétique, abondamment illustrée (plus de 250 reproductions) et agrémentée de nombreuses sources documentaires (lieux ressources internationaux et universités qui promeuvent l’art créé dans ce domaine hybride). Le livre explore avec une grande clarté les liens multiples entre l’art, la science et la technologie à travers le prisme de la production artistique depuis 2000, selon 8 domaines scientifiques : biologie moléculaire, cinétique et robotique, algorithmes… Chacun est introduit par un texte généraliste qui pose les fondements historiques, énonce les découvertes scientifiques, l’émergence de nouveaux outils technologiques, souligne les engagements des artistes. Il y est question d’installations dans lesquelles les motifs sonores sont contrôlés par un programme informatique, de performances avec capteurs/émetteurs fixés sur des corps vivants ou encore de créations de robots-animaux poétiques et expérimentaux. Si certaines pièces mettent en avant l’incroyable technologie empruntée aux scientifiques par les artistes du XXI e siècle, d’autres soulèvent avant tout des questions éthiques. Comme Jockem Hendricks qui aborde le problème de l’application de procédés de transformation à des organes humains… Efficace dans son agencement très structuré, facile d’accès dans son énoncé, l’ouvrage réconcilie l’art et la science longtemps considérés « comme étant aussi opposés que le jour et la nuit ». MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Stephen Wilson est l’auteur également, entre autres, de Using Computers to Create Art (1986), Information Arts : Intersections of Art, Science and Technology (2002) ART+SCIENCE Art + Science Traduction de l’anglais, Gilles Berton Éd. Thames & Hudson, 38 euros Enquête non capitale Le court essai de Rébecca Piednoir et Michel Gairaud, Artistes loin de Paris, l’exemple de Marseille Provence, a le mérite de poser par écrit des problèmes que l’on ne formule que sous forme de doléances ou de déplorations convenues : peut-on être artiste reconnu loin des feux de la capitale ? L’épithète « régional », voire « régionaliste », s’attache bien vite à celui qui n’a pas fait sa carrière à Paris. Témoin des écrivains comme Giono ou Mistral qui ont payé leur attachement au suc capiteux de la Provence. Interview de quelques artistes qui ont décidé de s’ancrer dans le midi, reprise (rapide !) de certains pourcentages, évocation (véloce !) des différents types de mécénat… ce livre sympathique nous conduit à nous interroger sur la notion de Capitale culturelle. Certes, le terme d’essai est excessif, l’analyse restant superficielle : les témoignages ne sont pas confrontés, l’économie n’est pas analysée, et les artistes sont choisis sur on ne sait quels critères… On aurait aimé une véritable enquête, et non un simple recueil de paroles, collectant des sentiments individuels pas toujours pertinents quant à la réalité globale d’une profession. Mais l’intérêt de l’ouvrage réside dans cet appel à une mise à plat des relations Régions/Paris : le milieu de la création inscrit son avenir dans une réflexion globale sur la mise en œuvre de la décentralisation. MARYVONNE COLOMBANI Artistes loin de Paris, l’exemple de Marseille Provence Rébecca Piednoir et Michel Gairaud Ed Les petits matins (avec le concours du conseil général 13), 18 euros DC rCIL I..m.11111.. :'
Mémoire de pierre Un 8 e livre vient de paraître dans la collection Collatéral des éditions Le bec en l’air. Comme les précédents il résulte d’un dialogue entre un écrivain et un artiste, ici un photographe. Les deux Argentins nous restituent l’ambiance de la pampa où les superstitions religieuses ont servi longtemps de guide aux populations crédules qui trimaient dans les estancias. Le récit se déroule entre 1870 et 1872. La petite Matildita, fille de grindos européens, âgée de 2 ans, meurt du croup ; ni un gaucho guérisseur, ni le médecin n’ont pu la sauver. Après sa mort, des bruits étranges, des râles, surviennent la nuit. On les entend surtout d’une chambre dont les fenêtres donnent sur la sierra de la Pierre Mouvante, énorme caillou de plusieurs tonnes, en équilibre au loin. Le père, le narrateur, entre en contact avec Papa Dieu, sorte de gourou-guérisseur qui vit de charité. S’ensuivent des processions auprès de la Pierre. Puis des foules d’éclopés affamés surgissent de toutes parts. Le drame éclatera. Le récit de Néstor Ponce est aussi rauque que la voix de la Pierre. Les photos qui accompagnent le texte proviennent d’archives (le rocher s’est effondré en 1912) et du travail de Pablo Aňeli, photos en noir et blanc floutées, réalisées au sténopé (sorte de camera obscura), images de la sierra et de fragments de pierres sur lesquels se devinent des inscriptions. On sent que les 2 hommes ont été marqués par cette pierre de Tandil, si importante dans les mémoires qu’une copie en a été installée sur son emplacement. CHRIS BOURGUE Sous la pierre mouvante Nestor Ponce et Pablo Aňeli éd. Le bec en l’air, 14,50 euros La vraie couleur du nucléaire « Trois salariés sont morts au cours des six derniers mois […] tous trois victimes de la centrale et tombés sur le même front. » Les premières lignes donnent le ton du bref mais saisissant premier roman d’Elisabeth Filhol. Le danger et la mort planent sur La Centrale. L’ombre du nuage de Tchernobyl aussi. Sur les pas de Yann, le narrateur, le lecteur plonge dans l’univers carcéral du CNPE (Centre Nucléaire de Production d’Électricité). Accès restreint ou en zone contrôlée, sas multiples, combinaisons dites Mururoa, faits et gestes sont calculés au millimètre pour que fonctionne sans heurt le monstre aux 19 têtes. 19 sites sur lesquels des équipes de maintenance tournent toute l’année. Yannfait partie de ces employés nomades ; il est DATR (Directement Affecté aux Travaux sous Rayonnements), autrement dit « chair à neutron ». Un de ceux dont l’emploi dépend de « la gestion de la dose » : vingt millisieverts, la dose maximale d’irradiation autorisée par an. À travers l’incident que le narrateur vient de subir, les défaillances ou les suicides d’autres, Filhol met en scène tout un peuple de travailleurs précaires, dans un style à la fois technique, presque documentaire et très suggestif. Si certaines pages ressemblent à des précis d’initiation au nucléaire (sortes de mises au point pour néophytes), l’ensemble, subtilement organisé en strates temporelles qui se font écho, donne aux personnages une véritable épaisseur. La centrale même, qui bruit doucement et exhale au ciel son souffle blanc, devient personnage. Dangereuse et séduisante, elle a sur les hommes « une force d’attraction incomparable », qui les pousse à s’en approcher au plus près malgré, ou à cause, des risques et du bleu intense de la piscine d’eau borée… Le sujet, l’écriture sont originaux, et troublants. Mais le plus fort est que ce récit sans concessions n’a rien du pamphlet. Juste la vision désenchantée d’un monde menacé. Le nôtre. FRED ROBERT Elisabeth Filhol vient de recevoir le prix France-Culture Télérama pour ce 1er roman Enquête sous haute surveillance Buenos Aires, fin des années 1970. La junte terrorise l’Argentine. Disparitions forcées, centres de détention clandestins, torture, arrestations… Entre 1973 et 1983, plus de 30 000 personnes seront victimes de cette « guerre sale » ; de nombreuses autres devront s’exiler pour échapper à la répression violente organisée par les militaires au pouvoir. Dans un tel contexte, si l’on est en quête de vérité, autant chercher L’aiguille dans la botte de foin. C’est pourtant à ce combat que s’accroche l’officier de police Lascano, afin d’« œuvrer pour faire de ce monde un endroit plus juste. » Un défi qu’il entend relever, d’autant que, depuis la mort de sa femme, le travail est devenu sa seule raison de vivre. Lascano porte bien son surnom Perro : du chien il a le flair et la ténacité. Ce qui le conduira très vite à subodorer que, parmi les trois cadavres découverts au Riachuelo, l’un a été déchargé là post mortem et n’a rien à voir avec les deux autres, victimes d’une exécution ordinaire en ces temps de dictature… Le roman d’Ernesto Mallo met en scène la figure attachante d’un flic intègre malmené par la vie, ce qui entre dans la tradition du genre. À ce héros désabusé il adjoint un ami, le légiste Fuseli, une jeune femme traquée, Eva ; tradition toujours. Traditionnels encore les méchants de l’histoire, fils de famille endettés et sans scrupules, militaires ivres de violence et d’impunité. Pourtant, il se dégage de ce polar argentin une atmosphère particulière, comme décalée. Est-ce l’effet des dialogues, transcrits en blocs d’italiques séparés du récit ? Est-ce la présence du fantôme de Marisa, la femme de Lascano, qu’Eva semble réincarner ? Flotte sur le livre ce « réalisme magique » cher aux écrivains latino-américains… et à leurs lecteurs ! FRED ROBERT Du 21 au 25 avril, Ernesto Mallo sera l’un des invités du festival CoLibriS (voir Zib’28) LITTÉRATURE LIVRES 53 La Centrale La Centrale Elisabeth Filhol éd. POL, 14,50 euros L’aiguille dans la botte de foin Ernesto Mallo, traduit par Olivier Hamilton éditions Rivages/noir, 8 euros



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