Zibeline n°29 mai 2010
Zibeline n°29 mai 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°29 de mai 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 6,8 Mo

  • Dans ce numéro : événement... le Ballet National de Marseille.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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42 MUSIQUE SPECTACLES Traces des tueries Massacre… Voilà un titre bien intrigant quand on ignore qu’il s’agit d’un opéra pour 5 chanteurs, 9 instruments et électronique du compositeur contemporain Wolfgang Mitterer, à partir d’un livret inspiré de la pièce Massacre à Paris (1593) de Christopher Marlowe et basée sur les évènements tragiques de la Saint-Barthélemy. Il fallait la baguette de Peter Rundel et son Remix ensemble pour traduire les terribles atmosphères musicales que se condamnait à écrire le compositeur en choisissant un tel sujet (et faire écho à notre époque ?). Notre homme a du métier et maîtrise sur le fil ses mélanges acoustiques et électro-acoustiques, ses références stylistiques (contemporaines, jazz, techno…) et nous fait partager sa passion de l’« inouï », ainsi qu’il aime à le rapporter, en frisant la saturation et l’autodestruction permanente de ses constructions sonores. Ludovic Lagarde, le metteur en scène, contrepointe cette profusion sonore par une projection vidéo symbolique ou schématique sur des petits cadres supérieurs et un grand écran en fond de scène reportant sporadiquement tout ou partie des tableaux successifs et concomitants (le meurtre, la chute, le procès, la vengeance…). Dense, variée mais unie, la lumière contribue à lier tous ces éléments à l’image de cet éclairage caravagesque sur des vocalises gesualdiennes. Accompagnés par une danseuse à la chorégraphie convulsive quand elle ne devient pas poupée de chiffon, les chanteurs Étoiles étiolées Voyage au fil du temps, de Rameau à la poésie d’Andrée Chédid : Anna Caterina Antonacci, soprano, campe tour à tour Phèdre, Armide, Médée, Ophélie, Didon. Le spectacle est original mais hybride : des héroïnes d’opéras, amoureuses, blessées, délaissées, la diva cisèle chaque mot, de la plainte Agnès Mellon Massacre Joao Messias-Casa da Musica concourent à cette ambiance terrible, poussés dans leur retranchement à l’image de la performance vocale suraiguë de la colorature Elisabeth Calléo en Duchesse de Guise. Prégnant parfois, mais ça passe, sur le fil (de l’épée) à friser la révocation pour certains… P-A HOYET Massacre a été joué le 1er avril au théâtre de Nîmes mélancolique à l’hystérie, voix chaude dans les registres graves et médium, plus de dureté dans l’aigu. Mais passer du baroque au romantisme demande une aisance stylistique (accents, ornements, ligne de chant) qu’elle maîtrise mal, malgré un engagement sans failles. Ni récital, ni opéra, ce mélange de scènes tragiques d’époques différentes, dans un décor unique, laisse songeur. Même si l’orchestre Les Siècles s’attache à donner la couleur idéale et le caractère de chaque pièce (symphonie de Méhul, Ouverture de Médée de Cherubini), et accompagne la soprano avec ferveur et délicatesse : le chef François-Xavier Roth maîtrise parfaitement phrasé baroque et élans romantiques. La mise en scène de Juliette Deschamps, sobre, invente une tempête artificielle du plus bel effet, tamise les lumières pour la mort de Didon, magnifique supplique de la Reine déchue et aimante. Quatre robes de soirée donnent une touche sensuelle et moderne, mais la belle Anna Caterina semble corsetée dans ses déplacements. Respirations intéressantes, les poèmes d’Andrée Chédid roulent insupportablement les « r » en voix off…. Que cherrrrches tu ailleurrrrs ? À comprendre, sans doute, pourquoi cet hommage à des femmes superbes et passionnées ne prend pas. YVES BERGÉ Altre stelle a été joué au GTP le 30 mars Le diable au corps La salle de la Cartonnerie de la Friche accueillait pour l’ouverture du Festival Les Musiques le 17 avril l’adaptation du fort scandaleux Concile d’amour d’Oskar Panizza Le moins que l’on puisse dire c’est que le peintre expressionniste allemand Georges Grosz, lui-même auteur d’une toile intitulée Les funérailles d’Oskar Panizza, aurait applaudi des deux mains cette tragédie céleste pour voix, instruments, marionnettes et machineries, tant le propos de l’auteur jadis emprisonné puis interné colle à l’univers satirique et provocateur de l’organisateur de la première foire internationale Dada. Le Concile d’amour, pamphlet irrévérencieux et violemment anticlérical écrit en 1895, a été extirpé de la censure par les surréalistes après la seconde guerre mondiale : il a trouvé en Frédéric Révérend, qui l’a adapté en livret, une filiation géniale. Coproduit par l’opéra d’Angers, les Ateliers du spectacle et le théâtre Massalia, ce spectacle tient finalement plus du théâtre musical et du cabaret satirique cher au duo Brecht/Weill que de l’opéra. Un jésus un peu benêt accroché à sa croix, un dieu un peu dépassé en fauteuil roulant, une vierge Marie limite érotomane et un diable calculateur perché sur son échelle… le metteur en scène Jean-Pierre Larroche s’en est donné à cœur joie, livrant une partition pleine d’humour et de surprises, avalisée par les costumes carnavalesques de Marguerite Bordat. Les marionnettes papales ont des érections monstrueuses, et la perversion des hommes dépasse les pauvres créateurs perchés sur leur nuage. Provocation gratuite ? Pas vraiment si on mesure combien l’humanité contemporaine de Panizza était vaniteuse, viciée et délirante… Question musique, la composition de Michel Musseau utilisant trombone, violon, percussions (grosse caisse, vibraphone), guitare électrique et diffusion (chœurs de l’opéra d’Angers) a semblé en retrait en regard du délirium scénique. Il rappelait parfois le burlesque et le récitatif continu de l’Enfant et les sortilèges de Ravel. Avec des instrumentistes acteurs, il arrive souvent (pas toujours !) que l’on y perde au niveau musical ; mais le pari d’ensemble est réussi, avec une mention singulière pour les jolies voix de Dalila Khatir en Marie et Frédéric Caton en Dieu. Un brin expressionniste et complètement agitateur d’esprit, ce Concile d’amour a su troubler le public nombreux venu pour l’ouverture du festival du GMEM. FRÉDÉRIC ISOLETTA Le Concile d'amour Jef Rabillon 2'eiN
Marseille « M » Verdi Une fois encore, Marseille honore Verdi et son chant ensoleillé ! Le public phocéen attend son Rigoletto ou son Aida comme un bambin son cadeau au pied du sapin. Et peu importe si l’Attila produit par l’Opéra municipal a été donné dans une version de concert, car mieux vaut (comme ce fut le cas) découvrir une habile mise en espace (Yves Coudray) et lumière (Philippe Grosperrin), qu’assister à une grosse production poussiéreuse ! D’autant que le livret est, dans cet ouvrage, assez secondaire, au service d’un chant essentiel : les interprètes, au cœur du spectacle, ont juste à être placés dans les meilleures conditions pour faire vivre les intentions des personnages et laisser libre cours à leur expression vocale. À ce titre, on souligne la qualité générale du Chœur de l’Opéra, très présent, et la suavité des cordes de l’Orchestre (dir. Giuliano Carella) constituant un soutien lyrique de premier ordre. Le quatuor de solistes fut, Exercer sa voix Aimer la musique est une bonne chose. L’écouter, la massacrer joyeusement entre copains, la martyriser sous la douche, la reprendre à contretemps en chantant à tue tête sur la radio en voiture, ou à la maison, en karaoké, que sais-je, cela nous emplit d’une joie que certains qualifieraient de sauvage, s’ils avaient le malheur de nous entendre… Mais l’on n’engage que soi dans cet exercice tout aussi périlleux que salutaire (les médecins prônent les exercices vocaux pour un développement harmonieux des poumons et les désencrasser des miasmes de la vie moderne. Cette ordonnance des disciples d’Hippocrate est particulièrement en vogue aujourd’hui, lorsque des volcans islandais cherchent à La polyphonie géorgienne, dont on trouverait les traces les plus anciennes au V e siècle av J-C, est classée depuis 2001 au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce concert de l’ensemble SIMI en Pays d’Aix et le premier d’une tournée européenne attendue. Des chants sacrés orthodoxes jaillissent des poitrines de sept chanteurs polyphonistes, superbes chevaliers bottés, couverts de brocards et armés de lourds poignards damasquinés. Un chant de résurrection, rythmé et assis sur un bourdon saisissant, précède un chant à la Vierge du XII e siècle, un murmure très doux où l’on découvre toute la richesse des harmoniques sur les piani, alliée à l’ampleur sépulcrale 0"'4,o.7.0 La Georgie profane fait trembler Venelles ! polluer l’atmosphère avec plus d’efficacité que les usines de Fos-sur-Mer ou de Port-Saint-Louis-du- Rhône…). À l’angoissante question qui se posait d’une manière récurrente et académique, Mozart était-il baryton ? Partagé entre son amour pour la clarinette et ces belles voix graves auxquelles il dédia nombre d’éclatantes partitions, le très beau piano de Laurence Beyer apportait une réponse virtuose -les transpositions pour piano en requièrent ! -, avec un jeu délié, et juste ce qu’il faut de théâtralisation pour le genre à l’honneur ce soir-là, un pot pourri d’airs extraits de La Flûte enchantée, Les noces de Figaro, Cosi fan tutte, Don Giovanni. Mais les chanteurs amateurs avaient nettement plus des basses. Une berceuse de Svanétie permet de goûter la force des tenues ainsi que la richesse extrême des mélismes. De superbes arrangements de l’Ave Maria de Schubert laissent apprécier la variété des timbres chaleureux. Le chant final, Qorali, construit en cascades jaillissantes de vagues sonores conduit l’assistance à une véritable apothéose. C’est toutefois dans la seconde partie du spectacle, consacrée aux chants et aux musiques profanes, que ces artistes ont dévoilé les multiples facettes de leur art : tour à tour, chanteurs, danseurs, comédiens, musiciens virtuoses aux multiples instruments : guitare, doudouki, salamouri, pandouri, tchongouri, doli, tchiboni… Un chant enlevé de cavaliers à la rythmique trépidante, suivi de Souliko, sorte de parodie de chant galant précieux, des chants de travail, d’amour, de fêtes évoquent des réminiscences du chant populaire grec actuel, du chant de la tradition byzantine, voire du « cantu in paghjella » corse… Ce métissage permanent de cultures « venues de la mer », base du chant méditerranéen, laisse penser que les rives de la Mer noire où l’on élevait jadis la Toison d’or chère à l’infortuné Jason ne sont pas si éloignées de nos rivages ! JEAN MATHIEU COLOMBANI Christian Dresse 2010 O 43 quant à lui, assez inégal. Seul Vittorio Vitelli possède véritablement les cinq lettres capitales du mot V.E.R.D.I. (Voix, Egalité, Rondeur, Détente, Intensité) : un chant formidablement timbré et puissant, dans la lignée des grands barytons du genre ! On associe traditionnellement le registre d’Attila aux grandes voix russes du passé (Ghiaurov ou Christoff), mais José van Dam, Raimondi et surtout Samuel Ramey ont prouvé qu’une voix plus « chantante » pouvait triompher dans l’ouvrage. Le Slave Askar Abdrazakov, venu pallier la défection de Giacomo Prestia, a montré un chant homogène et noble, mais son timbre a eu tendance à blanchir sur la fin, la fatigue venant. Le ténor Giuseppe Gipali a lui aussi récolté des vivats mérités, grâce à un bel canto du meilleur goût quoique trop léger par rapport au reste du plateau. Enfin, si déception il y a, elle est venue de la soprano Sylvie Valayre, plus très à l’aise semble-t-il dans les vocalises lyriques d’Odabella. JACQUES FRESCHEL Attila a été chanté à l’Opéra de Marseille du 27 mars au 4 avril de mal à affronter les partitions d’opéra. Les voix justes des sopranes, les mimiques du baryton étaient bien éloignées de ce que l’on peut attendre dans un tel répertoire. La réelle connivence avec un public amical ne suffisait pas à combler les défaillances vocales. Un programme certainement trop ambitieux, malgré un gentil duo Papageno Papagena, enthousiaste et frais. M.C. Mozart était baryton, spectacle donné le 17 avril à la chapelle des Oblats à Aix X-D.R Ce concert de l’ensemble l’ensemble SIMI a eu lieu le 28 mars à Venelles



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