Zibeline n°29 mai 2010
Zibeline n°29 mai 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°29 de mai 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 6,8 Mo

  • Dans ce numéro : événement... le Ballet National de Marseille.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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38 MUSIQUE RÉCITALS Les femmes composaient ! ! Deux conférences et un concert clôturèrent un Mars en baroque délicieusement féminin… Le 16 mars, Sylvie Mamy, musicologue spécialiste de Venise, présentait les filles musiciennes de l’Ospedale de la Pietà qui firent la réputation de la Cité des Doges. Vivaldi y enseigna le violon et il laisse une dédicace mystérieuse à la belle Anna Maria, religieuse et violoniste virtuose : un concerto pour viole d’amour avec codage amoureux ! Antonio Vivaldi : Concerto con V’AMor. (V pour Vivaldi, AM pour Anna Maria) : troublant ! Le 23 mars, Catherine Cessac expliqua ce qu’impliquait être femme et compositrice en Italie. Les musiciennes de cette époque étaient religieuses, aristocrates : Catarina Assandra composera des Motets, Sulpiccia Cessis des Antiennes à la vierge, Isabella Leonarda des petits et grands motets et la première sonate composée par une femme ! Les plus célèbres : Francesca Caccini, chanteuse et compositrice publie Il Primo Libro delle Musiche, et Barbara Strozzi, dont l’expression vocale, le style concitato, et les figuralismes étaient dignes de Monteverdi. On retrouvait le répertoire de ces compositrices avec Jean Mac Aymes dirigeant son Concerto el Maria Cristina Kiehr Marie Eve Brouet Suave, avec la même aisance à l’orgue et au clavecin. Le continuo, viole de gambe et harpe, soutenait à merveille les plaintes et élans baroques, tandis que les deux violons semblaient chanter le contrepoint dans les jeux en écho. En première partie un Concerto da chiesa, avec les motets d’Isabella Leonarda : Ave suavis dilectio, Francesca Caccini, Maria, dolce Maria. Maria Cristina Kiehr, soprano, caresse la ligne mélodique, souffle suspendu, attaques ciselées, finales résonant dans la merveilleuse acoustique de Saint Laurent : le duo seraphim de Caterina Assandra, bien avant celui des Vêpres de Monteverdi, montre toute la science du dialogue concertant. Suivait un Concerto da camara, des sonates et airs où domine Hor che Apollo de Barbara Strozzi : entre notes tenues planantes et virtuosité baroque, une aisance étonnante des six musiciens. Un bel hommage à des femmes talentueuses, rivalisant sans pâlir face à la domination masculine. YVES BERGÉ Les conférences ont eu lieu à la Vieille Charité, le concert Eglise Saint Laurent, dans le cadre de Mars en Baroque L’Arpeggiata joue son Théâtre En rassemblant tout un répertoire vocal puisant son inspiration autour du sentiment amoureux au XVII e siècle, Christina Pluhar et son Ensemble Arpeggiata ont présenté une audition encore plus généraliste de leur dernier cd basée sur l’œuvre de Monteverdi et intitulée Teatro d’amore : étaient jointes sur le même thème des pièces d’autres auteurs de la même époque parmi lesquels nous découvrions avec intérêt Strozzi, Sances, Melli… programme proche, en l’absence de Nuria Rial, la soprano annoncée, de celui donné au GTP deux jours plus tard. Philippe Jaroussky était tout à son aise dans un style musical posant les fondements de la musique baroque à travers la seconda prattica si chère à Monteverdi : le figuralisme et le stile rappresentativo étaient à l’honneur à l’image de cet Ohimè symbolisé par de longs filets de voix mourante et ce timbre de haute-contre si particulier. L’Ensemble Arpeggiata, qui doit sa chatoyance à l’alliance des cordes pincées (théorbe, archiluth, guitare, harpe et clavecin), frottées (2 violons) et même frappée (psaltérion), alternait les épisodes instrumentaux et virtuoses dans des passacailles endiablées avec des séquences en stile concertato avec la voix. C’est là que se démarque Christina Pluhar dans une démarche très personnelle et proche du jazz à laquelle se prête si bien le procédé de la variation au sein de la basse obstinée à la limite du walking bass : le pas fut d’ailleurs franchi sans complexe dans un bis iconoclaste et jazzy (le ti même qu’au GTP) où le cornet à bouquin rivalisait sur des phrasés ternaires avec un Jaroussky faussement scandalisé, au point d’en perdre sa voix de haute-contre ! P-A HOYET Ce concert a eu lieu le 24 mars à la Chapelle du Méjan à Arles La luette fait le printemps el Vingt minutes de bis, une salle en délire… les Stones ? non ! Philippe Jaroussky et L’Arpeggiata dans un programme consacré aux compositeurs italiens du début du XVII e siècle : Strozzi, Melli, Cazzati… que des noms qui déclenchent l’hystérie des fans en délire ! Il faut dire que le très jeune et déjà très célèbre contreténor a su parfaitement gérer son affaire : bis plein d’humour, jeux de scène avec l’homme au cornet à bouquin… on était vraiment proche du bas rock ! Ne réduisons pas cependant la formidable qualité du spectacle offert par ces artistes à ce final, au demeurant croustillant ! 1h30 de concert sans discontinuité faisant alterner respectivement l’ensemble de Christina Pluhar -vivant, fin, dynamique, inspiré dans ses improvisations sur des basses obstinées- et l’étoile de la soirée. On a déjà tout dit sur Jaroussky mais répétons-le encore : c’est un musicien exceptionnel capable de distiller des pianissimi à vous faire frémir. Point d’exercices pyrotechniques, la musique, baroque fleurissant tout simplement, léger et audacieux… CHRISTOPHE FLOQUET Philippe.Jaroussky Simon Fowler Ce concert a eu lieu le 26 mars au GTP (Aix)
39 Musique, philosophie et mysticisme L’adagio et fugue en ut mineur de Wolfgang Amadeus Mozart attendait les auditeurs du 26 mars dernier dans la nef toujours trop fraîche de la cathédrale Saint-Sauveur. Le quatuor à cordes d’Aix-en-Provence, composé de Sophie Baduel et Anne Mehat au violon, Magali Demesse à l’alto et François Baduel au violoncelle, livrait une belle interprétation, sensible, où la largeur du son servait la délicatesse du propos, même si la dispersion des harmoniques dilatait parfois à l’excès les notes tenues. Puis, le chœur régional Provence Alpes Côte d’Azur, sous la dynamique direction de Vincent Recolin, donnait l’œuvre de Haydn, Les sept dernières paroles de notre Sauveur sur la croix. Cette composition de commande (sept mouvements lents destinés aux fidèles de la cathédrale de Cadix pour méditer sur les dernières paroles du Christ), d’abord écrite pour orchestre, connaîtra un tel succès que Haydn en proposera cette version en Oratorio. Une autre dimension était cependant accordée à l’œuvre ce jour-là. Le récitant, Jean-François Héron, lisait non les paroles de l’évangile, mais celles du philosophe Michel Serres, qui interprète les paroles du Christ, les resitue dans le jeu d’échos du monde, regard sur l’énergie gaspillée des guerres, des violences, approche humaine et mystique de l’être, dans toute la beauté d’une possible transcendance. Le chœur, aux pupitres équilibrés, et les voix solistes s’élèvent purs et vibrants, en sacrifiant parfois l’intériorité que réclament les paroles et la musique, au profit du brillant de l’interprétation. Mais l’exécution fut remarquable dans le Jeune tubiste à la fête a Terremoto, « Tremblement de terre » qui fut repris en bis pour notre plus grande joie. MARYVONNE COLOMBANI Situé en plein cœur des vacances scolaires, le concert symphonique du 10 avril à l’Opéra de Marseille a tout de même fait recette, remplissant honorablement les travées étagées du temple lyrique, et ce malgré un programme sortant de l’ordinaire, ce qui tend à prouver que le mélomane massaliote fait preuve d’une ouverture d’esprit nettement supérieure à sa réputation ! Personne n’a eu d’ailleurs à le regretter, tant l’affiche a été bien pensée, glorifiant la danse et permettant de découvrir des œuvres festives autant qu’un formidable soliste. Drôle de biberon en vérité que cette énorme pompe à air que tète brillamment le benjamin de l’orchestre ! Dans une incroyable cadence improvisée, en bout d’une création de Jean-Philippe Vanbeselaere, opus coloré, à l’impact rythmique puissant et faisant parfois penser à des musiques de film, le jeune Thomas Leleu pétarade, virevolte et swingue sur sa machine comme un jazzman sur son sax. Mais ce n’est pas dans un instrument soliste habituel que souffle le virtuose depuis le début du concert. Déjà dans le Concerto de Vaughan Williams, le tubiste (car c’est bien d’un tuba qu’il s’agit, pachyderme des cuivres condamné d’ordinaire aux basses-pompier de l’orchestre) enchaîne des gammes en guirlande et des sons feutrés comme o Vincent Recolin X-D.R. sur une mécanique davantage destinée aux envols virtuoses. L’acclamation qu’a reçue Thomas Leleu fut à la hauteur de son talent ! On ajoute aussi que la direction exaltante de Tarcisio Barreto Ceballos, dans une Suite foisonnante de Castellanos et les émouvantes Danses symphoniques tirées de West Side Story (immense Bernstein !), a transmis une belle fougue à l’Orchestre Philharmonique de Marseille et contribué au succès de la soirée. JACQUES FRESCHEL Café Zimmermann, What else ? Le Café Zimmermannde Leipzig fondé par Telemannet notamment dirigé par Bach était un lieu de création de musique instrumentale au XVIII e siècle. Pour son concert médian de la XXV e Semaine Sainte en Arles, le Méjan invitait l’ensemble du même nom fondé par Céline Frisch (clavecin) et Pablo Valetti (violon). Ces derniers étaient accompagnés de Patricia Gagnon, Petr Skalka et David Sinclair (alto, violoncelle, contrebasse). Diana Baroni se joignait au groupe dans les emblématiques Suite et Concerto Brandebourgeois avec traverso agrémentés de la Sonate pour flûte, violon et basse continue bwv 1055 du grand J.-S. Bach. Semaine Sainte, certes, mais musique profane donc de la période de Cöthen inspiré par les styles nationaux : français dans la succession de danses issues de la suite française pour la Suite n°2 en si mineur, italien dans le o style concertant en trois mouvements du 5 e Concerto Brandebourgeois, allemand dans la trame contrapuntique Ensemble CaféZimmermann, Pablo Valetti Petr Skalka et universel dans la fusion de ces différents apports façonnés par le génie allemand. La tâche est rude pour notre ensemble qui s’en tire à merveille ! Les auditeurs pouvaient ressentir les relances constantes des différents pupitres dynamisés par le premier violon. Le clavecin achevait de nous convaincre avec la célèbre cadence du Brandebourgeois, quand la flûte confirmait sa maîtrise en négociant la Badinerie de la Suite avec brio. Quand le profane rejoint le spirituel, la Semaine reste Sainte ! P-A HOYET Ce concert a eu lieu le 28 mars à la Chapelle du Méjan à Arles



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