Zibeline n°29 mai 2010
Zibeline n°29 mai 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°29 de mai 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 6,8 Mo

  • Dans ce numéro : événement... le Ballet National de Marseille.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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04 I POLITIQUE CULTURELLE RENCONTRE AVEC PATRICK MENNUCCI Rendre la culture visible Patrick Mennucci, maire du 1er secteur de Marseille (1er et 7 e arrondissements) et Vice-Président du Conseil Régional, vient d’être chargé par le Président Michel Vauzelle d’une délégation importante, qui regroupe Culture, Patrimoine Culturel et Tourisme. Il explique à Zibeline comment il conçoit sa mission Zibeline : Comment comptez-vous infléchir la politique culturelle du Conseil Régional ? Patrick Mennucci : D’abord en la poursuivant. Il n’y a pas de changement de majorité ! et je compte m’inscrire dans la continuité du travail qui a été mené lors des mandatures précédentes. Tout en l’infléchissant sur plusieurs points. Tout d’abord, comme cela ne vous a pas échappé, la délégation regroupe Culture, Patrimoine et Tourisme. Je suis persuadé qu’il faut bâtir des ponts entre ces trois domaines. En les regroupant ? Non ! Il y aura toujours trois délégations, et des budgets séparés. Mon idée est de valoriser la culture par le tourisme. J’ai été pendant des années directeur du Comité Régional du Tourisme, c’est un secteur que je connais bien. Les professionnels y parlent des vecteurs soleil et mer, du sport, à la limite du patrimoine, mais ils ne se rendent pas compte de tout ce que la culture leur rapporte. C’est une valeur déterminante qui fait beaucoup pour l’attractivité de notre territoire. Je veux entreprendre une évaluation des retombées économiques des investissements culturels, et poser le problème en termes de rentabilité. Vous pensez que la culture doit être rentable ? Pas du tout ! Mais je pense que lorsqu’elle l’est il faut le dire. C’est une question de visibilité. Il faut faire comprendre au grand public, et aux acteurs culturels eux-mêmes d’ailleurs, que les investissements des collectivités territoriales ou locales ne sont pas de l’argent dépensé pour rien, et que la culture fait vivre les territoires. Cela ne veut pas dire que les petits événements, les théâtres, les compagnies devront devenir rentables. Il faut au contraire montrer combien, globalement, le secteur culturel rapporte à tous les intervenants, pour légitimer la culture aux yeux de tous. Il y a aujourd’hui des sociétés capables de déterminer les retombées économiques d’un festival comme les Chorégies d’Orange, ou d’un événement comme la Feria d’Arles, pour donner un exemple de quelque chose qui déborde le champ culturel. Nous allons lancer rapidement un appel d’offre, et mettre en place cette évaluation. Cela a déjà été fait lors des grèves des intermittents et des annulations des festivals. Les villes d’Aix et Avignon ont constaté et chiffré l’énorme manque à gagner… Oui, mais cela a été fait en termes négatifs. Je veux le faire positivement, montrer le formidable atout que représente notre vie culturelle. Pourquoi cette démarche d’estimer les retombées des investissements culturels ? Parce qu’il faut lutter très rapidement contre la suppression de la compétence générale des Régions. Si l’État nous interdit de mener une politique culturelle, c’est dangereux non seulement pour le secteur, mais pour tout le reste. L’argument économique reste le plus convaincant aux yeux du grand public. Mais si le secteur touristique bénéficie des investissements publics dans la culture, le monde culturel peut-il en attendre une contrepartie ? Avec la disparition de la taxe professionnelle, comment obliger les entreprises à reverser à la culture une part ce qu’elle leur apporte ? C’est effectivement impossible de les obliger, on peut essayer de les convaincre, de mettre en place des partenariats, surtout avec les grandes entreprises… Comptez-vous changer les subventions accordées par la Région ? Dans les grandes lignes non, nous allons continuer la politique entreprise. Le budget s’élève à ? À peu près 80 millions pour la culture seule, sans compter les aides à l’emploi, et tout ce qui relève de la politique de la ville, et qui est attribué au secteur culturel. Vous allez conserver ce budget ? Oui, et sa répartition globalement, même si je veux Agnès Mellon revoir certaines subventions, reconduites parfois d’année en année sans être observées de près. Des critères doivent être établis. Il n’est pas normal, me semble-t-il, de subventionner une association qui fabrique des masques de Venise et qui, avec l’argent que nous lui accordons, finance quatre séjours tous les ans au Carnaval. Quels seront donc vos critères ? Le taux de remplissage des salles par exemple, la fréquentation, la réussite ? Les critères de remplissage ne doivent bien sûr pas être absolus, on ne peut pas demander à tout le monde la même chose ; on ne peut employer les critères de rentabilité d’une entreprise. De toute façon il n’y aura pas de restriction, je voudrais simplement établir des critères de pertinence. D’ordre esthétique ? Non, pas de jugements esthétiques, en tous les cas cela n’est pas de mon ressort, je ne suis pas Goebbels. Je peux personnellement préférer telle ou telle chose, la culture populaire par exemple, le off plutôt que le in à Avignon… mais je n’ai pas de marotte, pas d’attachement exclusif à la danse, au patrimoine ou au cinéma, et mes goûts ne comptent pas. Je financerai ce qui doit l’être, que j’aime ou non ! Le monde culturel a peur quand on lui parle de culture populaire, parce que cela fleure parfois le Agnès Mellon
.._.CHAQUE. PR.E'PTlER PTF.RCRF.'D3 T}U ïIO[S Aruoi NEE QUAND SONNENT L1S SIAitiES. et accessible MERCREDI 5 MAI populisme. Et aujourd’hui cela rappelle le discours du gouvernement qui parle d’échec de la démocratisation culturelle pour justifier les restrictions de budget. Il n’y aura pas de restriction. Mais il est important que l’argent public profite au public, qu’il y ait une masse de gens qui puisse en profiter. Quitte à changer les œuvres ? Il est vrai que je tiens à élargir les publics, mais il n’est pas question de promouvoir des spectacles au rabais. On peut établir des gratuités pour certains événements, ou amener certains publics gratuitement sur les festivals… et bien sûr financer les actions de médiation auprès des publics. Mais il faut aussi favoriser la création d’œuvres plus difficiles. Comptez-vous poursuivre les financements croisés, la cogestion des structures culturelles avec les autres collectivités et l’État ? Peut-on faire autrement ? On ne peut pas changer ça. Comptez-vous reprendre les présidences de votre prédécesseur Alain Hayot ? Celles des organismes régionaux bien sûr, le FRAC… La Régie Culturelle régionale ? L’ARCADE ? L’ARL ? Certainement, on va décider de cela dans les prochains jours, mais je ne tiens pas à siéger dans les conseils d’administration des festivals. Je n’aime pas les mondanités, et les élus locaux qui connaissent mieux que moi le terrain seront les bienvenus sans doute aux CA du Festival de Cannes ou à Avignon. Je préfère, plutôt que de passer 15 jours à Cannes, emmener les réalisateurs visiter d’éventuels lieux de tournage. Et puis il ne vous aura pas échappé que je suis également Maire du Agnès Mellon premier secteur de Marseille, et je veux continuer à m’y consacrer. En particulier à développer la vie culturelle dans le secteur populaire du Centre Ville. Le Conseil Régional, en vous confiant cette délégation, veut-il être plus présent à Marseille ? Il est très présent… On a parfois l’impression qu’il s’investit davantage dans les départements alpins, ou à Arles. Le Conseil Régional doit veiller à un développement harmonieux du territoire, et au désenclavement. Mais il est très présent à Marseille… il faut simplement qu’il y soit plus visible. Le public marseillais n’est pas gâté, il faudrait un grand projet pour que ses artistes puissent enfin s’y produire, et pour que le patrimoine historique soit mis en valeur… Puisque vous êtes en charge du patrimoine, quelle sera votre action en ce domaine ? La région a un rôle pilote dans l’établissement de l’inventaire des biens patrimoniaux, la bibliographie, les archives. Quant aux lieux ils sont gérés par les communes ou communautés de communes, ou par l’État lorsqu’il s’agit de monuments nationaux. La Région y a peu de part, et je ne tiens pas à créer une usine à gaz dans ce domaine. En revanche nous devons mettre l’accent sur la richesse du patrimoine, indiquer aux collectivités locales ce qu’elles possèdent et comment elles pourraient mettre en valeur leur patrimoine, en faire un bien à valeur touristique, organiser des événements culturels autour des objets patrimoniaux méconnus. Vous voulez que la Région devienne programmateur ? Pourquoi pas, dans certains cas. Pourquoi ne pas envisager, comme le font les Régions Nord ou l’Île de France, de programmer des compagnies durant le off d’Avignon ? ou ici à Marseille, avant le Festival, afin que les Marseillais puissent voir ces spectacles et que les compagnies de la région montent au off avec des articles de presse ? Depuis que je suis à la Mairie du premier secteur j’ai mis en place un certain nombre d’événements culturels. Notre girafe des Bouquinades est aujourd’hui un des sujets de photographies les plus fréquents de Marseille. Nous lançons un concours de nouvelles, nous voulons redonner vie au kiosque à musique, nous offrons aux clubs du troisième âge non des thés dansants, mais des spectacles. Nous avons rouvert le Théâtre Sylvain et bientôt, sur la Canebière, il y aura un cinéma MK2 ! Si on peut faire ce type d’opération à la Mairie de secteur, pourquoi pas à la région ? ENTRETIEN RÉALISÉ PAR RENÉ DIAZ ET AGNÈS FRESCHEL Parvis de L'opéra Miarsei Lle i talatrar et performances, k 4'L RETIENS LA NUIr ° " Gunter VDSSIEK Vendredi 30 a'WI 20h- MinL, it ZIP 22 Zone d'intérêt Poétique 22 roe de Le BépoobIigoe BARJOLS 83) conceptions senoras Michel BARE, Heiner RATH a vec Clrerlas SILV STRI, Antoine SIMON, C1iri4LcnhP FQRGEOT,. Charles GROS L'antacf 04 94 72 54 $1 vuv+rw.plainepage.com



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