Zibeline n°29 mai 2010
Zibeline n°29 mai 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°29 de mai 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 6,8 Mo

  • Dans ce numéro : événement... le Ballet National de Marseille.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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V SPECTACLES MINOTERIE THÉÂTRE DE LA CITÉ LA FRICHE Le Castelet de ses nuits blanches Voix dans le noir est la reprise, complétée, d’un spectacle de marionnettes qu’Eric Deniaud avait créé à ses débuts. Son solo virtuose de manipulations subtiles transforme l’espace étroit d’un castelet en chambre onirique où les objets les plus petits, les plus plats, les plus inattendus s’animent, silhouettes d’immeubles, tête de souris, visages dessinés, bulles de BD ou simples marionnettes à doigts, à poings, marottes à tiges ou à crochets… L’univers graphique est inquiétant, ocre, cerné, et les textes de Matei Visniec entrainent dans des sociétés cauchemardesques où on lave les cerveaux chaque année pour imposer un bonheur de lobotomisé, mais où un cheval trop blanc et importun peut vous apprendre l’oubli et l’envol… Animaux, humains et objets semblent possédés de la même absence d’âme, perdus dans des univers mécaniques Transactions Filage Nous ne nous étions jamais rencontrés Florence Offret a Sûr, Josette n’est pas Belinda, ni Hugues Daouda mais c’est tout comme ou presque... Quant à ce cher Nicolas, il avait un acteur lui aussi qui portait ses paroles mais « il n’est pas resté ». Formidable comme ça ne colle pas et comme ça marche justement ! Belle leçon de théâtre dans le genre rare de l’imitation intelligente… Le projet du Théâtre de la Cité date d’hier et même d’avant- hier ; deux années de travail, d’ajustements, de serrages de boulons et sans doute de pétage de plombs pour donner à voir comment une personne devient un personnage. Cinq acteurs (et très vite quatre cf. l’adieu à Nicolas) emmenés par le et inhumains, où chacun, pourtant rêve d’idéal… L’art de la marionnette, où le corps discret du manipulateur apparaît peu à peu -un bras figurant un corps, un visage masqué, puis dénudé, une oppression- permet d’établir des frontières plus floues et plus inquiétantes encore entre ce qui vit et l’artifice, la chair et le bois, la réalité et son écriture. C’est noir, subtil, intime… un beau cadeau de la Minoterie ! A.F. Voix dans le noir a été joué à la Minoterie du 25 au 27 mars, en présence de Matei Visniec qui animait le 27 des rencontres avec des enseignants, des lycéens et le public organisées par le GRETE metteur en scène Michel André sont allés à la rencontre d’adolescents de la vraie vie, aventure périlleuse, terrain glissant du partage de l’intime et de l’expérience quotidienne, questionnements, échanges des regards, observation mutuelle, acceptation de l’autre sans jugement et enfin incarnation sur la scène. Avec une étonnante liberté de ton, débarrassé de toutes les béquilles psychologiques ou autres échafaudages sociologiques, sans volonté interprétative paralysante, ça se joue. Le plateau nu porte avec justesse les gestes, les mots : « l’amour et la révolution », « d’abord s’éclater et puis le voile », ça c’est plutôt les filles ; la souffrance et l’espoir, la responsabilité, oui les garçons ! Rien de neuf et tout de vrai. Théâtre documentaire pensé dans sa distorsion au réel (Chloé, tu es très émouvante en homme) évoluant entre deux regards : celui de l’ado-source, convoqué sur écran géant pour commenter la comédie/celui du spectateur qui à chaque séquence confirme son bonheur d’être avec des gens bien ! MARIE-JO DHO Nous ne nous étions jamais rencontrés conçu et créé par Florence Lloret et Michel André a été présenté au Théâtre de la Cité du 11 au 26 mars Voix dans le noir Maxime Potherat Le Petit Prince Agnès Mellon Tendre est la rose On l’avait remarquée dès ses apparitions dans la poupée de Petrouchka, puis lors des workshops du Ballet d’Europe : Florencia Gonzàlez fait preuve d’une capacité créative particulière, qui se nourrit d’une expressivité retenue, d’une plongée délicate dans l’émotion, l’amour et l’enfance. Son Petit Prince, de plus, témoigne d’une belle écriture du mouvement, en particulier dans les groupes, pour des ensembles qui dansent en symbiose, prennent appui sur des élans communs et des portés, et bien sûr, comme toujours au Ballet d’Europe, mettent en évidence les grandes qualités techniques, classiques, des interprètes. Le choix d’écrire un ballet narratif lui ressemble donc, est bien assumé : l’histoire du Petit Prince, connue de tous, se lit à travers quelques repères, projections, bribes de dialogues, saynètes. Une danse pour enfants franchement réussie, ce qui n’est pas si fréquent… même si la jeune chorégraphe semble n’avoir pas maitrisé les élans de ses collaborateurs : la musique, parfois intéressante, s’étale en des plages trop longues qui ralentissent la narration ; quant aux costumes, illustratifs et fragmentés en appendices peu seyants, ils gênent le mouvement et cachent les corps, ce qui est fort dommageable pour des costumes de danse ! Il faudrait resserrer d’un côté et découdre de l’autre, pour obtenir un petit bijou d’enfance… A.F. Le Petit Prince a été créé à la Friche les 1er et 2 avril, en même temps que Udor Polimates de Jean-Charles Gil (voir p 22) D
Avec pour tout accessoire et décor un grand tissu rouge, La Troupe de Mr Tchoum fait entendre la voix du Petit Chaperon Rouge, aussi naïve que désespérée. La mise en scène minimaliste de Thiphaine Anne Piffault ourle parfaitement l’écriture limpide de Joël Pommerat qui dépoussière le conte par le jeu de répétitions et de dialogues imagés. Il suffit de peu - une ombre, un masque de loup noir, une paire de ballerines rouges- pour que les deux comédiennes fassent basculer le public de la peur au rire, et viceversa. Sur le plateau vide, la mère joue le loup, la petite fille joue la mère de la mère, le loup joue la petite fille ! Et personne ne s’y perd, le tour de passepasse vocal fonctionne parfaitement, leurs regards roulent de peur ou s’amusent, le tissu rouge fractionne les espaces (la maison, la forêt, le lit). Gestes COMŒDIA BANCS PUBLICS THÉÂTRE DE FOS LA FRICHE Une si troublante balade… Rumeurs de basse-cour Le spectacle de la compagnie L’Art de vivre se déroule derrière une cage de verre, dispositif qui recrée les conditions acoustiques d’un studio radio. Tous les dialogues sont enregistrés et les comédiens Tous les coqs Simon Fravega o jouent en fait en play-back. L’effet est saisissant car on s’y casse... le bec ! Querelles de poulailler, disputes de territoires, tentatives de séduction se succèdent en chansons et musiques avec un formidable travail sur le son... Un canard sauvage s’éprend d’une cane de la ferme, le coq et la poule empêchent les pigeons de manger leurs œufs, le ver de terre revendique sa parcelle de liberté. Ces histoires, inspirées des récits d’enfants de Saint-Priest concernant les animaux de la ferme pédagogique de leur quartier, ne manquent pas d’évoquer leurs ressemblances avec nos congénères ! Le tout emballé en un spectacle décapant. Les comédiens (Hélène Force, Catherine Sparta, Bruno Bonomo et Bernard Hours), tous vêtus d’un costume gris à liseré jaune, ont les yeux violemment cernés de rouge et le visage verdâtre. Seuls quelques accessoires marquent leur particularité animale : crête dodelinante du coq, voile mousseux de l’oie. Chacun X-D.R SPECTACLES économes, effets a minima, déplacements restreints, et pourtant tout est dit : la mère qui s’amuse à faire la bête, la grand-mère fatiguée et seule, le chemin trop long, trop loin, les yeux qui brillent derrière le feuillage, et cette rencontre qui va faire chavirer une vie si paisible… On entendrait presque le bruit des dents du loup qui claquent de gourmandise… Si le conte est intégralement respecté, Joël Pommerat le conceptualise en s’attachant à sa symbolique (l’enfant face à la cruauté et à la peur, redoutant la vieillesse et la solitude) et à notre rapport à la nature et à l’animalité, voire la bestialité. Il n’hésite pas à faire des deux comédiennes des « récitantes », imposant ainsi une distance entre le corps et le texte (« disait la maman », « disait la petite fille ») qui, peut-être, évite aux enfants de trop y croire ? MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Le Petit Chaperon Rouge a été joué le 25 mars au Comoedia, Aubagne VI y va de sa requête, mais ils ont du mal à se comprendre. Impression de déjà vu ? Le soir de la première le centre social de St Gabriel avait amené une quarantaine d’enfants et de parents. On croise souvent au Massalia ce public trop inhabituel dans nos salles. Ce qui confirme son rôle essentiel dans l’ouverture à la culture artistique de tous les publics : tout âge, et tout milieu. CHRIS BOURGUE Tous les coqs ont été des œufs, mes Yves Favrega, s’est joué au Petit théâtre de la Friche les 1 er, 6 et 7 avril, et aux Bancs publics les 1er et le 2 avril pour les représentations scolaires Rêve ou réalité ? Dans un décor d’oreillers suspendus sur lesquels les lumières créent des ombres tantôt effrayantes, tantôt rassurantes, Titus, accompagné par l’accordéoniste Gérard Baraton, met en scène six récits, six textes magnifiques dont il est l’auteur, qui mêlent le quotidien au fantastique. La mémé de Thomas préfère un matin continuer à patiner dans les étoiles pour toujours, plutôt que de répondre à l’injonction du réveil ; Chang, lui, rêve qu’il joue au foot et va à l’école, pour oublier son quotidien d’enfant ouvrier dans une usine de ballon en cuir ; il y a aussi un moustique facétieux et chanteur, plus réel qu’imaginé… Rêves et cauchemars émaillent ces histoires poétiques, dans lesquelles l’inconscient prend autant de place que la réalité. Avec très peu de moyens, des lumières et une musique comme subtils compléments, Titus passe d’un univers à l’autre, d’un rêve à l’autre avec tendresse et poésie, déroulant, au fil des mots, un univers propice à l’imagination… DO.M. Comment mémé est montée au ciel et autres rêveries a été joué auThéâtre de Fos le 30 mars et au Forum de Berre le 31 mars Comment meme est montee au ciel Doume



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