Zibeline n°29 mai 2010
Zibeline n°29 mai 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°29 de mai 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 6,8 Mo

  • Dans ce numéro : événement... le Ballet National de Marseille.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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20 THÉÂTRE ARLES CHÂTEAUVALLON CAVAILLON Un cas d’espèce 0 Un peu tordue la famille Coleman, pas méchante, de premier abord du moins, mais gentiment secouée. On se chamaille, on fait la tête, chacun s’impose comme il peut avec ses petits arrangements, et la vie va, un brin décalée. Chez la grand-mère où tout ce beau monde cohabite -tous sauf une des petites-filles, celle qui s’en est sortie-, les tensions sont palpables et audibles. Petit à petit les crispations se font jour, justifiées par la place de chacun au sein de la famille, car tous les enfants n’ont pas le même père (tous absents du reste), n’ont pas la même histoire, sans parler des personnalités très différentes de chacun. Le fragile équilibre s’effritera vite lorsque l’« abuela » tombera malade : dislocation du noyau familial, les caractères égoïstes se révèlent, entre mensonges et petitesses, sordides. La mise en scène sans esbroufe de l’auteur Argentin Claudio Tolcachir permet aux acteurs de se glisser avec énergie dans un texte souvent cruel, et de porter l’estocade finale dans un silence qui en dit long. Manquait peut-être un grain de fantaisie supplémentaire, celui qui fait irrémédiablement perdre pied et pousse l’absurde jusqu’à la folie, de celle qui justifie des identités si malmenées… DO.M. Compagnie Timbre Le cas de la famille Coleman a été joué à Châteauvallon le 27 mars, et au Théâtre d’Arles le 30 mars Chevaleresque Pommerat Fin rapporteur des douleurs de l’homme social, Joël Pommerat déplace dans Cercles/Fictions ses habituelles mosaïques de situations « authentiques et personnelles », en les transplantant dans une représentation circulaire, au cœur du public. Public qui se retrouve prisonnier volontaire d’un cirque, tour à tour témoin, acteur et voyeur. Il file le tournis à cet auditoire qui, plongé régulièrement dans un noir inquiétant, se perd entre réalité et fiction, au milieu de ce théâtre de sensations où vice et vertu se confondent. Les fragments d’histoires s’enchaînent, singulières et tragiques, lui parlent, leur production est telle qu’on ne peut échapper à la magie de la scénographie absolument sidérante de maîtrise. Cette partition très léchée et totalement maîtrisée ne laisse place à aucune improvisation, sauf la nôtre, grâce à la conjugaison de talents réunis. Les comédiens, maîtres ou esclaves, sont d’une précision Deux fois dodo Quatre soirées durant, les poètes du quotidien que sont Yannick Jaulin et Michel Laubu, en « chantierrésidence » à la Scène nationale, ont confronté leurs univers devant une petite jauge de spectateurs charmés, la plupart fidèles à chaque rendezvous. Le premier est conteur, acrobate du langage, passeur de mots. Le second manie avec inventivité le théâtre d’objets et la marionnette. L’un est affable, l’autre sans voix. Ils ne se connaissaient pas, mais ont échangé implacable. Les lumières stroboscopiques, inventives et oniriques d’Eric Soyer, se jouant du noir et du clair-obscur, sont d’une qualité exceptionnelle. La réalisation sonore de François Leymarie nous embarque dans un voyage acoustique déroutant. Une tension palpable qui ne nous lâchera pas, malgré o leurs jouets pour une rencontre quasi improvisée. Leur chantier imaginaire et surréaliste a plongé le spectateur au cœur de leur recherche. En tentant des possibles, sans aboutissement spectaculaire, ils ont démontré avec poésie que l’« errance avant consommation » était la base de la création. Une table/cène autour de laquelle le public assiste à un bric-à-brac improbable, un écran suspendu où des vidéos en direct jouent avec une Elisabeth Carecchio imagerie pas si enfantine, un palmier, un répondeur farceur, un animateur et une marionnette géante à la démarche troublante, cohabitent et échangent. Prétexte aux histoires ? le dodo, animal disparu de l’île Maurice : Michel Laubu travaille depuis longtemps sur le syndrome de l’insularité et Yannick Jaulin sur le thème de la gentillesse, où il a croisé le dodo. Ces deux-là étaient faits pour se rencontrer : De l’oisiveté et de l’art de la guerre chez les dodos et autres quelques longueurs et irrégularités. Ce ne sont pas forcément ces récits entrecroisés de domination, de guerre, de foi, d’abandon, d’humiliation, de bourgeoisie et de clochardise, de manipulation et de superstition, de laissés pour compte et de nantis, qui marqueront notre mémoire, mais le concept fantasmagorique dans lequel le plasticien Pommerat nous place. « Ce qui vous manque, c’est l’idéal des grands chevaliers d’avant. Il faut réintroduire les valeurs de la chevalerie dans nos sociétés. » La Table ronde ? Dans une vision finale hallucinante surgit ce chevalier. Illusion ? Une imagerie mentale au sommet de sa réussite. DE.M. Cercles/Fictions de Joël Pommerat s’est joué à la Scène Nationale de Cavaillon du 31 mars au 2 avril peuples insulaires a croisé avec brio leurs talents, et chacun est reparti avec un bout de marionnette et d’imaginaire de l’autre. DE.M. De l’oisiveté et de l’art de la guerre chez les dodos et autres peuples insulaires s’est joué au Théâtre de Cavaillon du 23 au 26 mars
AU PROGRAMME THÉÂTRE 21 Querelles Les Amoureux de Goldoni sont une comédie tapageuse qui allie une finesse psychologique inspirée de Marivaux à un sens de l’effet comique très commedia dell’arte. Gloria Paris met en scène ce texte délicieux, où deux jeunes gens amoureux mais querelleurs trouvent en leurs propres tergiversations les obstacles que leurs familles ne leur opposent pas… Dans un univers contrasté, en noir et blanc, les jeunes comédiens prennent le pari burlesque de la caricature… Avant cela, n’oubliez pas : le fourbe Scapin réinventé par la fantaisie et le talent d’Omar Porras est au Gymnase pour quelques jours encore… suivis par deux événements jeune public (voir p VIII). Les Fourberies de Scapin Jusqu’au 24 avril Les Amoureux Du 4 au 8 mai Le Gymnase 0 820 000 422 www.lestheatres.net Crise de rire Crashcashocac !, dernière création de Léda Atomica Musique (LAM) se penche sur la crise et propose au spectateur de lui « faire réviser ses notions d’économie de façon drolatique, en chansons et en musique, en le plongeant dans un univers cruel et absurde, mais finalement proche de la réalité. » Quatre musicienscomédiens-chanteurs visitent un répertoire de textes de Brecht, Pierre Dac, KarlMarx, réorchestrés et dépoussiérés, aidés de Philippe Gouix qui crée le lien entre les chansons, et de la mise en scène de Patrick Rabier. Soyez les bienvenus dans le cabaret horrificohumoristique de LAM qui se joue au Théâtre Marie-Jeanne du 23 au 25 avril ! Léda Atomica Musique 04 96 12 09 80 ledatomica.mus.free.fr Musica ! Quelques jours encore pour profiter du Médecin malgré lui, puis le Gyptis fera sonner son espace musical pour finir sa saison : Le Flâneur, un poème électronique de Jean-Louis Clot pour quatuor vocal et bande produit par le GMEM, prolongera le Festival les musiques avec la reprise de cette production maison de 2006, commande d’État faite au compositeur contemporain d’après L’Homme des Foules, d’Edgar Poe, et interprétée par quatre excellents chanteurs de la région (Felicitas Bergman, Marie Prost, Alain Aubin, Laurent Grauer). Et de la musique encore, avec un spectacle en forme d’audition inspirée de Mozart et Salieri (voir p 44). Le médecin malgré lui jusqu’au 24 avril o Le Flâneur le 5 mai à 14h et 19h15 Mozart/Salieri Les 18 et 19 mai Le Gyptis 04 91 11 00 91 www.theatregyptis.com Dégraissage Le texte de Roland Schimmelpfennig est hélas d’une actualité qui n’a de cesse de devenir plus brûlante : le monde de l’entreprise, avec sa compétitivité vitale qui se mue en lutte cruelle, sa philosophie angoissante de l’insécurité de l’emploi qui dresse les cadres les uns contre les autres, lui a inspiré ce Push Up, mis en scène par Gabriel Dufay avec sa jeune compagnie issue du Conservatoire de Paris. Des dialogues acides, entrecoupés de monologues confessions, qui disent la dureté de l’entreprise, mais aussi des relations humaines dans un monde en crise morale. Pushup Du 27 au 30 avril La Criée 04 91 54 70 54 www.theatre-lacriee.com Théâtre et histoire Une journée à ne pas manquer, proposée par l’historien Gérard Noiriel, à la Minoterie : d’abord une rencontre autour de son livre Histoire, théâtre et politique, paru chez Agone, qui interroge les formes possibles d’un théâtre politique qui lutte en particulier contre les réécritures, et les silences, de l’histoire (voir Zib 22). Puis Chocolat, une pièce qui rappelle, à travers l’histoire du clown Chocolat qui, au XIX e siècle mettait en scène avec son acolyte clown blanc, la domination raciale. La conférence spectacle, destinée à tous à partir de 14 ans, est à mettre entre toutes les oreilles. Chocolat Le 24 avril Précédé d’une rencontre avec Gérard Noiriel à 15h La Minoterie 04 91 90 07 94 www.minoterie.org m Traversées La compagnie l’Orpheline est une épine dans le pied présente sa nouvelle création, Terra Cognita sur l’immigration algérienne, les doubles racines, mise en scène par Guillaume Quiquerez et Julie Kretzschmar du 22 au 24 avril. Puis laisse la place à Virginie Thomas et Mathias Poisson pour une Lecturade méditerranéenne les 7 et 8 mai. Les Bancs publics 04 91 64 60 00 http://bancspublics.free.fr > o Babel Oued Mathias Poisson Mal aimés La 18 e promotion de l’ERAC présente son travail aux Bernardines. Les Crimes de l’amour rapprochent deux textes très étrangers par leur époque et leur esthétique -La dispute de Marivaux et Contention de Gabily- mais finalement assez proches par leur thème, et leur défiance des mots, qui parlent beaucoup pour mal dire… La mise en scène est de Nadia Vonderheyden, aidée à la dramaturgie par Bruno Tackels, et à la chorégraphoie par Aurélien Desclozeaux. Les Crimes de l’amour Les Bernardines Jusqu’au 24 avril 04 91 24 30 40 www.theatre-bernardines.org Autrement Confirmant leur volonté d’arrêter le gaspillage (voir p.17) les Bernardines s’associent à La Minoterie pour donner à Xavier Marchand une carte blanche. Il s’agit d’occuper les théâtres à des horaires inhabituels, le dimanche matin avant un brunch, l’après-midi et pourquoi pas le soir, avec des pièces courtes, de 15 minutes à une heure, mettant sur scène de 1 à 3 acteurs, pour des textes lus ou mis en scène, des performances, des reprises de petites formes que Haïm Ménahem, Alain Fourneau, Xavier Marchand bien sûr, mais aussi Noël Casale ou Suzanne Joubert (voir p 56) avaient dans leur tiroir, leur mémoire ou leurs envies. Il y aura aussi : des installations de Julie Maret, et des ateliers autour de Shakespeare et de Joyce… De quoi mettre en mouvement la fin de saison ! Carte blanche à Xavier Marchand Du 7 au 22 mai La Minoterie, Les Bernardines 04 91 24 30 40 www.theatre-bernardines.org 04 91 90 07 94 www.minoterie.org Rêveries Entre le premier Voyageur immobile de 1995 et les Voyageurs immobiles de 2010, Philippe Genty a poursuivi l’exploration de la planète, au-delà des océans et des déserts. Le personnage qui traversait ses paysages intérieurs n’est plus seul aujourd’hui, accompagné par un groupe, une humanité… De quoi donner au spectacle une autre dimension, toujours plastique et visuelle, mais comme décuplée car les paysages visités sont ceux des rêves et de l’inconscient. Philippe Genty invente une nouvelle fois un continent, riche et coloré, intriguant, entre rêve et réalité. M.G-G. Voyageurs immobiles Compagnie Philippe Genty du 22 au 24 avril 21h Théâtre Toursky 04 91 02 58 35 www.toursky.org



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