Zibeline n°29 mai 2010
Zibeline n°29 mai 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°29 de mai 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 6,8 Mo

  • Dans ce numéro : événement... le Ballet National de Marseille.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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18 THÉÂTRE FESTIVAL DE THÉÂTRE AMATEUR Résolument contemporain et toujours citoyen Vinaver dans le texte C’est de l’auteur lui-même, Michel Vinaver, s’exprimant à l’issue de sa pièce L’Emission de Télévision jouée le 9 avril, dans un Théâtre du Gymnase bondé, qu’est venu ce beau compliment à l’adresse de L’atelier du courant d’air : « je tiens à féliciter la troupe pour le souffle qu’elle a donné à mon texte » a déclaré l’octogénaire… et l’écrivain d’ajouter avec humour : « je me suis même demandé qui pouvait être l’auteur du crime ! » De fait, la rigueur et l’intelligence avec lesquelles l’épatante compagnie marseillaise s’est emparée de sa farce contemporaine amère, prouvent que le Sur le front o Mathieu Solaire X-D.R Le 12 e Festival de Théâtre amateur se déroule d’avril à juin et les salles professionnelles ouvrent une nouvelle fois leurs portes aux amateurs… ce qui n’est pas le cas dans les autres régions et mérite d’être souligné. Autre particularité : le répertoire contemporain est à l’honneur, ce qui est révélateur d’une certaine exigence. Maurice Vinçon, directeur du théâtre de Lenche, souligne l’importance de cette « pratique artistique qui permet la cohésion sociale et l’apprentissage citoyen. » Tous les ans plus d’une trentaine de spectacles sont visionnés en vidéo par les membres du jury qui sélectionnent les participants, 9 troupes cette année. Quelques pistes ? des lectures mises en mot « amateur » peut rimer avec « valeur ». Dans un décor fonctionnel, les comédiens ont incarné des personnages typés : un juge provincial ambitieux et sa secrétaire discrètement entichée, deux gueules de cinquantenaires (et leur dame) ex-chômeurs, mis en balance par des producteurs TV pour participer à un prime-time, une jeune journaliste prête à tout pour sortir de son trou, un toxico paumé à la filiation douteuse… De concert, les acteurs ont porté un texte très actuel avec acuité et mordant ! JACQUES FRESCHEL m Le festival a démarré avec un spectacle venu de Montpellier, créé en 2007 et couronné de plusieurs prix. Il s’agit d’un huis clos mettant en présence un acteur vieillissant qui vient distraire les soldats sur le front d’une guerre indéterminée, et un jeune soldat chargé de son intendance. L’époque n’est pas précisée, on ne sait rien sur cette guerre mais on entend la rumeur du champ de bataille. Les attaques s’intensifient, un dénouement terrible est inévitable. L’acteur Mathieu Solaire s’est inventé le personnage de Madame Olga, perruqué et drapé dans une robe de music-hall ; dans les coulisses il s’interroge sur le rôle du théâtre. Marc Delaruelle propose ici un texte souvent ampoulé accumulant des formules-choc, espaces par Annie Perrot de 3 auteurs contemporains : Israël Horovitz, Nicolas Bonneau et Georges Perec, sur le thème du monde du travail (la Criée-17 mai-20h30) ; une rencontre autour de Jean-Luc Lagarce le lendemain à 20h30, avec François Berreur, metteur en scène fondateur de la maison d’édition Les solitaires intempestifs, et Yannick Butel, professeur à l’Université de Provence. De son côté Frédéric Ortiz fera travailler 3 troupes devant un public en les mettant dans une situation professionnelle (théâtre Off-24 avril-19h). CHRIS BOURGUE Émission de télévision X-D.R forçant la métaphore entre l’acteur et le soldat, la scène et le champ de bataille. Le procédé est gênant, les effets outranciers renforcés par une mise en scène qui manque de sobriété. C’est dommage car les acteurs, Frédéric Mounier, tragédien sur le retour, et Pierre Jeannin, le troufion, sont animés d’une véritable ardeur.C.B. Mathieu Solaire, mes Nadine Jadin-Pouilly s’est joué à la Minoterie le 2 avril À venir La Cerisaie de Tchekhov, Gyptis. Cie Les Masqués, Malaucène. 29 avril. Festen de Vinterberg, Parvis des Arts. Cie La Grimace, Aix. 30 avril. Grand Peur et Misère du III e Reich, Toursky. Cie Emoi, Paris. 4 mai Après la pluie de Sergi Belbel-Collège Izzo (Minoterie). Les voix de traverse, Paris. 21 mai 04 91 61 15 37 www.fncta13sudest.fr
Hugo n’y suffit pas « Le théâtre ce n’est plus seulement un échange de répliques ! » s’insurgeait à la sortie un spectateur surpris par l’accueil enthousiaste que ses amis avaient réservé à ce Ruy Blas pépère. À voir… Au moins ici on avait le plaisir du texte, et on s’y laissa prendre, collectivement, longtemps, à plusieurs reprises. C’est déjà ça : ils sont nombreux ces spectacles de théâtre où la voix amplifiée, la vidéo, l’exposition des corps et la musique enregistrée tiennent lieu de seule dramaturgie. N’empêche qu’il avait raison, ce spectateur, le théâtre ça n’est pas seulement ça ! Le problème avec ce Ruy Blas monté par Mesguish (le fils) réside dans sa mise en scène, c’est-àdire dans sa façon de mettre en œuvre cet échange de répliques : dans ses Artiste associé du Théâtre de Nîmes cette année, Bruno Geslin y a créé Paysage(s) de Fantaisie, pièce coup de poing qui pose un regard sans concession sur le conditionnement et les mécanismes de la violence qui en découlent. Le metteur en scène qui D el gags potaches (l’homme de main de Salluste en mafieux ritaloaméricain), dans sa bande son digest (du type les quarante plus beaux tubes du classique, en version j’arrête juste après l’exposition du thème) et dans ses jeunes acteurs, visiblement assez doués, mais qui passent du pire au meilleur selon les consignes de jeu qu’ils ont reçues. Le jeu de César et Salluste, daté, oscille sans choisir entre réalisme et caricature, distance ironique et psychologie. Fort heureusement la Reine et Ruy Blas s’en tirent mieux… même si les élans romantiques de leurs rencontres sont mis à sac par un pseudo onirisme qui les empêche d’aller au bout du pathos (pourquoi jouer Hugo si ce n’est par amour avoué du bon vieux pathos qui tache ?). Sombre sauvagerie Finir en vers Mouss « Je suis la mère asticot. Des amoureux, des poètes et des fous, oh oui j’en ai mangé. Que tu sois mendiant ou roi, tu passeras par moi. » Prologue à son nouveau spectacle, crée au théâtre Sorano de Toulouse en début d’année, c’est tout naturellement que Clémence Massart a étrenné son Asticot de Shakespeare sur la scène des Carmes, rebaptisé théâtre des Carmes/André Benedetto. Il sera repris pendant le festival dans le port d’attache et de cœur de la truculente comédienne. D’ici là, elle aura sans doute rôdé cette proposition en forme de cabaret, intéressante et inédite, rassemblant des textes sur la mort, avec pour fil rouge l’œuvre du grand Shakespeare, mais aussi de Baudelaire, Giono, Michaux, Jankélévitch. Car le thème est vaste, poétique et philosophique, et les tirades métaphysiques mériteraient quelques dissections pour que le spectateur ne perde pas le rythme. Surtout que Clémence Massart, accompagnée de Philippe Caubère à la dramaturgie et à la mise en JEU DE PAUME NÎMES AVIGNONei Finalement ce spectateur avait tort. Il n’est pas question de mode, de génération, de passé : le théâtre n’a jamais été seulement un échange de répliques, et ce jeu-là n’est pas à la papa : dit utiliser « le langage du théâtre pour interroger le monde d’aujourd’hui » s’est emparé du texte et de l’univers de l’auteur Tony Duvert (Prix Médicis en 1973), lequel écrivait à propos de son livre : « Les personnages de Paysage de fantaisie sont des enfants, c’est-à-dire un adulte moribond, puisque l’enfance n’existe pas. Car les enfants ne nomment pas l’enfance ; leurs jeux mêmes la nient, la tirent vers un ailleurs pourtant inhabitable : le monde adulte, la « réalité ». » L’enfance n’existe pas, et pourtant les garçons et filles qui peuplent cette histoire n’auront de cesse de la convoquer, images d’un passé qui les hante et dont ils ont bien conscience qu’il a disparu. Car ces jeunes-là sont enfermés, conditionnés, les garçons, meurtriers surveillés, dans un centre de détention de nos jours en Russie, les filles dans un pensionnat du XIX e où on les éduque sévèrement. scène, ne ménage pas son énergie. Sur le ton de la dérision les personnages défilent, les chapeaux et faux-nez voltigent, les feux d’artifice crépitent, les chansons et l’accordéon s’animent. La comédienne se fait conteuse, conférencière, clown, brouilleuse de cartes pour disséquer et démythifier le tabou. Maline quand elle utilise une souffleuse de textes, profonde dans la scène des fossoyeurs, drôle et gouailleuse lorsqu’elle chante. Le tout saupoudré d’un métronome, autre fil rouge du spectacle, qui tente de nous rappeler que « la mort n’a rien de tragique ». DELPHINE MICHELANGELI L’Asticot de Shakespeare a été joué au Théâtre des Carmes/André Benedetto les 27 et 28 mars Piper Mavis THÉÂTRE 19 Benjamin Renout Agence Enguerand simplement mal inspiré, et un peu fat. AGNES FRESCHEL Ruy Blas a été joué au Jeu de Paume (Aix) du 30 mars au 3 avril Les jeunes comédiens, formidables, fraîchement sortis du Conservatoire de Montpellier, sont donc répartis en deux groupes distincts, et se partagent la scène pour ces deux histoires différentes, et pourtant tellement similaires. Ils vont se rencontrer (comment ? voilà peut-être la seule faiblesse de cette mise en scène) et finiront par s’infliger encore plus de souffrances, dans une violence presque insoutenable, en toute conscience. L’enfance s’est effacée, laissant place à une réalité implacable : la violence entraîne la violence. DO.M. Paysage(s) de Fantaisie a été créé au Théâtre du Périscope, à Nîmes, du 24 au 26 mars



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