Zibeline n°29 mai 2010
Zibeline n°29 mai 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°29 de mai 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 6,8 Mo

  • Dans ce numéro : événement... le Ballet National de Marseille.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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16 THÉÂTRE LENCHE BERNARDINES DAKI LING TOURSKY L’acteur et l’Orangeraie M’HamedBenguettaf, auteur algérien, comédien et directeur du TNA, est venu travailler à Marseille avec le théâtre de l’Égrégore pour monter une de ses pièces, La répétition. L’argument en est simple : une petite troupe de théâtre essaie de répéter son prochain spectacle mais elle est sans arrêt interrompue, devant céder la place à des réunions syndicales ou politiques, jugées plus importantes. Le travail des acteurs est perturbé au point que l’acteur principal se met à jouer la grande tirade d’Hamlet au milieu des préoccupations plus matérielles de son personnage. L’Orangeraie de ce dernier est cernée de constructions cossues de plus en plus hautes et il se débat avec leurs constructeurs, comme dans un reflet inversé de la Cerisaie… Les divers registres de la pièce permettent à Ivan Romeuf d’utiliser une large palette d’interprétations, allant jusqu’au surjeu savamment dosé : un beau travail d’acteur. Il y a de l’humour dans ce spectacle, sans doute la meilleure façon de sortir du désespoir des années 90, lorsque le terrorisme régnait en Algérie. La question de la place de l’art dans la société et celle du théâtre comme acte de résistance est posée ici avec légèreté, mais sans amnésie. Cette création s’inscrit dans le cadre du projet « D’une rive à l’autre » initié depuis 3 ans, par le Théâtre de Lenche et le Théâtre National d’Alger. Ses objectifs : développer les partenariats artistiques avec les pays du Maghreb, servir d’interface entre les pays de la Méditerranée et ceux de l’Europe du nord. Une création commune du TNA et du Théâtre de Lenche mis en scène conjointement par Benguettaf et Romeuf se fera d’ailleurs cet automne au Théâtre du Gymnase. On espère que d’ici là les problèmes à la frontière seront réglés : les représentations en Arabe ont dû être annulées faute de visa des comédiens Algériens… CHRIS BOURGUE À noter : La répétition se joue jusqu’au 24 avril au Théâtre de Lenche 04 91 91 52 22 www.theatredelenche.info La répétition Catherine Rocchi Un Piccolo grandissime ! Goldoni ? Un classique direz-vous ! Incontournable et parfois jugé ennuyeux, tant les « classiques » sont assimilés aux devoirs d’école… Le Trilogia Fabio Esposito D Piccolo Teatro di Milano-Teatro d’Europa et le collectif Teatri Uniti ont fait la démonstration d’un théâtre vivant, léger, enjoué, dans leur magistrale interprétation des trois pièces de la Trilogia della villeggiatura. Bonheur sensible des comédiens, bonheur double des spectateurs pour cette représentation en vo surtitrée. Enchantement de la langue de Goldoni, élégante, souple, subtile, mise en valeur par le jeu des comédiens, chacun avec un phrasé, un rythme propre : Léonardo, dont la voix reprend des inflexions adolescentes lorsqu’il cède au désespoir, Guglielmo, aux inflexions graves et traînantes, les vieillards, moralisateurs ou volages, les jeunes filles, Vittoria, légère et insouciante, Giacinta, dont l’introspection et les retournements évoquent l’esprit de Marivaux… jusqu’au rôles des valets, contrepoint comique remarquable à ces drames de cette petite bourgeoisie désargentée qui voudrait mener grand train. La villégiature, véritable théâtre dans le théâtre où les apparences se préparent, les robes se taillent à la dernière mode, les menus sont prévus jusqu’aux fourchettes d’argent (sinon que diraient les voisins ?), et si la réalité rejoint nos personnages, c’est encore à l’abandon d’eux-mêmes qu’ils cèdent par une raison qui est celle du jeu social… Metteur en scène et interprète, Toni Servillo a su mener sa troupe à l’excellence. Mise en scène intelligente, fine, décors d’une efficace simplicité, jeu des lumières, qui nous conduisent des intérieurs bourgeois aux frémissements de l’été, à la douceur des nuits… Un réel enchantement ! MARYVONNE COLOMBANI La Trilogia a été jouée au Toursky les 1er et 2 avril Trois clowns en cellule Qu’est ce qu’un clown ? Pas ceux du cirque qui font rire les zenfants mais un clown de théâtre, qui nous fait rire aussi, mais autrement ? Maquillés mais sans la couche de blanc ni le nez rouge, des clowns se produisent au Daki Ling. Ils ont toutes les caractéristiques de la recherche contemporaine autour de cette figure, qui renoue avec les décalages du fou du roi, emprunte aux humoristes ce qu’ils ont de meilleur -c’est-à-dire la perfidie- et plongent en eux-mêmes pour atteindre leur petite maladie individuelle, leur pente qu’ils projettent devant nous comme autant de miroir de nos âmes de sales gosses. Le cabaret clown du 3 avril proposait une de ces confrontations mi-improvisées, inabouties, qu’ils offrent régulièrement au public (5 euros !). Les Cies Spectralex et Matière Première y unissaient leurs forces pour inventer, autour d’un canevas prétexte, un road movie qui passait de la prison au vaisseau spatial pour se conclure en un autre enfermement. Avec au passage des temps morts (c’est la loi de l’impro) et des moments hilarants : c’est que les clowns, l’une en Princesse cruche futile à l’hyperféminité agressive, l’autre en caricature de revêche ado exhibant sa mèche comme révolte, sont extrêmement vrais -et pourtant si caricaturaux ! C’est pourtant le troisième avec sa lenteur légère et son accent toulousain, sa manière de tout recadrer tout le temps parce qu’il a peur que ça échappe, qui touche le plus. Parce qu’il surprend, et ne ressemble qu’à lui-même… A.F. À noter : Le Festival Tendance clown organisé par le Daki Ling commence le 30 avril (voir p 28).
Radicalités Le gaspillage, c’est nul, et par définition ça sert à rien ! Et ce ne sont pas les deux derniers spectacles de l’opération d’assainissement de l’économie théâtrale, initiée non sans gravité malicieuse par les Informelles et les Bernardines (voir Zib’28 Arrêtons le gaspillage), qui trahiront ce beau mouvement visant à ralentir la frénésie qui mène droit aux poubelles ! Que du nécessaire et du concentré ! Visez les thèmes et les titres : 20 novembre (en 2006, un adolescent allemand ouvre le feu sur ses professeurs et camarades de classe avant de se suicider ; en 2007, l’auteur suédois Lars Norén écrit son premier monologue à partir du blogtestament du jeune homme) et Silence (en 1206, un certain Francesco, jeune coq de la jeunesse dorée d’Assise, fait un songe réparateur qui le conduira tout droit à la sainteté ; en 1956, Nikos Kazantzakis publie Le Pauvre d’Assise et la compagnie Vasistas reprend à la volée la figure mythique). Les lieux maintenant : le sous-sol d’une salle de répétitions avec tuyauterie et parpaings à nu pour le jeune désespéré ; le théâtre des Argonautes, petit bijou oublié par le temps, pour notre saint aux mains pleines. Petites jauges, théâtre de contact et même de coup de poing, solo artisanal ou franche singularité : le contrat est rempli ! Léo Maratrat, presque aussi jeune que son personnage, porte à vif la parole de Sébastien Bosse durant l’heure douze qui précède le massacre ; dans la pénombre d’abord et on tend l’oreille ; devant un néon cru qui souligne l’ombre et on se sent traqué. Intelligemment, avec finesse, sans forcer le trait, les yeux dans les yeux du spectateur (« t’es heureux toi ? J’ai qu’à te regarder, j’ai déjà la réponse ») l’acteur entre et sort heureusement de son incarnation, fait entendre la violence des mots et aussi leur poésie ; pas évident de trouver la bonne distance (rôle créé pour une actrice, facile !), et quand apparaît la carabine on tremble pour la représentationei Le 20 novembre Julien mais seul le claquement sec de l’emboîtement du canon scelle l’inexorable. Aucune gesticulation hypersignifiante, des silences modestes et une craie pour le mur. Nous avons tout vu, tout entendu, rien perdu. Merci ! Avec Vasistas, la compagnie polyglotte (espagnol, croate, grec..) et pluridisciplinaire (chant, danse et traduction spontanée considérée comme l’un des Beaux Arts...) la prise de risque est tout autre ; vitesse du récit-bolide de la métamorphose du jouisseur en ami des stigmates et des petits oiseaux ; kaleïdoscope polyphonique et chorégraphique des corps sonores ; création d’une dramalangue qui emporte tout ; fougue d’une jeunesse sur plateau qui vous fait tendre l’œil, l’oreille et le cou en même temps ; et surtout la discrète et imposante Argyro Chiotti derrière son pupitre, qui lance le chant et garde serré le fragile équilibre, habile pilote de son jet-opéra. Spectacle pas toc et si le sens échappe parfois, on a confusément le sentiment qu’il se réfugie dans l’intensité du geste ou la générosité du don. Victoire du sensible ! MARIE-JO DHÔ 20 novembre et Silence ont été joués du 1er au 3 avril dans le cadre d’Arrêtons le gaspillage ! Silence Christos Kiriakogonas SCENE &H OUEST PR4VENCE Espace Gérard Philipe PORT-SAINT-LOUIS-DU-RHÔNE TRINIDAD Humour Vendredi 14 mai 20h30 LA CONVERSATION DE LA CIGOGNE OU DE L'AVANTAGE DE NAlTRE AVEC LE SENS DE L'HUMOUR DANS UN fVIMEU HOSTILE Petite fille pas follement désirée, enfance entre paires de patins et paires de baffes, adolescence solitaire, désillusions amoureuses... ÇA pourrait être â se pendre et c'est à se tordre..- Du plaisir brut ! , ,. d'+. aa" P 1.7. # ribl1. 111 4r-Y.r1F, Oit it, t 44-1. r,. ouest Renseignements/Réservations Espace Gérard Philipe 04 42 48 52 31 www.scenesetcï nes.fr



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