Zibeline n°28 avril 2010
Zibeline n°28 avril 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°28 de avril 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,2 Mo

  • Dans ce numéro : les femmes dans la culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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56 LIVRES LITTÉRATURE Plus près encore Actes Sud vient de publier un livre qui rassemble une trentaine d’articles publiés par Pippo Delbono de 2004 à 2009 dans divers journaux. Le livre est composé de pages doubles, pliées, que le lecteur est containt de découper s’il veut « voir » ce qui est au milieu. Surgissent alors des mots et quelques dessins hâtifs indéchiffrables ; il faut se munir d’un miroir pour accéder à des indications de mise en scène ou de costumes, réflexions qui sont autant de signes d’humeur. L’écriture-script, au crayon à papier, livre des notes de travail en italien, sur le spectacle alors en préparation La menzogna (voir Zib’26). Pas de dialogues, plutôt des impressions fugitives et souvent violentes. Au fil des pages, des photographies prises avec un téléphone portable : paysages, gros plans sur des visages de statues ou d’humains. Les textes, courts dans l’ensemble, témoignent de la Paroles nocturnes Joël Jouanneau vient de publier un texte à deux voix, celles d’une mère et de son fils qui se revoient après sept ans de rupture et de silence. Un texte théâtral qui revendique la filiation classique des trois unités : la rencontre a lieu en une nuit et essaie sans y parvenir vraiment d’éclaicir les malentendus. Quelques pans d’obscurité tombent néammoins, peu à peu, au fil des mots. La force de ce texte vient de ce qu’il n’est pas seulement un dialogue ; sans joutes verbales les deux paroles se croisent, et laissent aussi surgir les pensées et les réactions des personnages dans des monologues qui éclairent davantage que les échanges, difficiles, emplis d’ellipses et de suspensions. Et voilà que peu à peu mémoires intime et collective se mêlent, le passé ressurgit, passé sombre des années de l’Occupation. Le personnage du père, ce Verschuern au regard bleu Culture trilingue révolte de Pippo devant l’hypocrisie morale de notre société, surtout celle de son « pays de merde », l’Italie, étouffé par les media, le poids de la religion et ses règles d’éducation rigides. Il évoque avec émotion son ami, décédé du sida, sa douleur et sa renaissance quand il a décidé de se consacrer au théâtre du Corps, ses rencontres avec des êtres différents comme Bobo, sourd-muet, qu’il a enlevé à son asile d’aliénés ou Gianluca, le trisomique si lumineux sur scène. Entre deux citations de Pasolini, Brecht, Walt Whitman, Emilie Dickinson, ces pages reliées qu’il faut ouvrir sont comme des confidences au lecteur. CHRIS BOURGUE Regards Pippo Delbono éd. Actes Sud, 38 euros qui jouait si bien Chopin, se précise -et l’amour toujours aussi fort de la mère pour lui, parti depuis 30 ans ! Peu à peu l’histoire de David, le petit « mulot » caché, maltraîté et finalement livré par de bons citoyens du village, est révélée dans toute sa noirceur écoeurante. Et le père qui n’a pas supporté. La langue de Jouanneau coule sans ponctuation -ou si peu- et on le suit le souffle court dans ces paroles vives dont la musicalité demeure longtemps après avoir refermé le livre… CHRIS BOURGUE Mère & Fils Joël Jouanneau éd. Actes sud Papiers-9,50 euros La manifestation Amazir (homme libre en berbère) autour des cultures du Maghreb a débuté le 27 février à la médiathèque de Cavaillon. Après la conférence de Benamar Mediene sur Kateb Yacine à la Scène Nationale le 18 mars, deux films consacrés à l’écrivain algérien (dont un exclusif) sont diffusés en continu jusqu’à la fin de la manifestation. Tous les jours, l’artiste Abdou Amri, qui intervient régulièrement en milieu carcéral ou auprès des primo-arrivants, divulgue son art de la calligraphie. Les scolaires, familles, groupes d’alphabétisation, Ecole du respect (association de quartier) s’initient à cet art gratuitement. Formé à Fez, l’espiègle calligraphe manie le qualam comme un virtuose, en créant lui-même ses couleurs végétales. « La calligraphie arabe a la liberté d’utiliser la belle écriture. Même un analphabète trilingue (franco-arabo-berbérophonendlr) peut apprendre ! » Il consacre une exposition en hommage au poète Mahmoud Darwich dans le hall. Le 26 mars, venez rencontrer le poète touareg Hawad (ses œuvres graphiques sont également exposées) et le 27 écoutez la conteuse Aïni Iften. DELPHINE MICHELANGELI jvk Fn.5. Calligraphie X-D.R Amazir, Cultures du Maghreb Médiathèque la Durance, Cavaillon Du 27 février au 3 avril 04 90 76 21 48 www.cavaillon.com Oeuvre de Hawad X-D.R
Des bribes et des débris Héloïse, seule dans sa chambre, attend. Casa nostra de Sabine Tamisier écrit cette attente. Un monologue comme un passage en revue de tous les espoirs, de toutes les peurs de la jeune fille. L’écriture est ponctuée de slaches, comme autant de hoquets, d’hésitations ; avec des effets de graphie (majuscules, minuscules, italiques). De mise en page aussi ; le texte se voit avant de se lire. Les mots s’organisent dans l’espace, telles des bulles de pensée, des bribes, entre phantasmes et cauchemars, souvenirs et anticipation. Seule dans sa chambre, Héloïse attend, « bien rangée » sur son lit. En apparence… Sauver les apparences, c’est ce que tentent les personnages de Sad Lisa. Faire ses devoirs, savourer des endives au jambon, partir travailler à l’aube, s’occuper du bébé, la famille Middlewest joue à faire comme si. Sauf que la mère Lisa ne parle plus, que Franck le père boit de plus en plus et que Lucy, leur adolescente de fille, a bien du mal à maintenir un Marseille, 1930-2013 « Marseille est ma ville, et la France mon pays, parce que je veux bien. » Gabriel Audisio Les éditions Jeanne Laffitte rééditent dans la collection Marseille, Méditerranée deux portraits complémentaires du Marseille des années 30. À mi-chemin de l’exercice autobiographique et de l’essai, Marsiho, d’André Suarès, et Jeunesse de la Méditerranée de Gabriel Audisio sont des récits de voyage en terre familière. Ils nous convient à une déambulation dans les rues d’une ville dont on reconnaît les figures incontournables, du joueur de boules au ruffian, la toponymie avec sa litanie des saints, de Saint Antoine à Saint Julien, et la saveur des mots disparus, celle des nervis et des marlous. Pourtant jamais ces deux ouvrages ne cèdent au pittoresque complaisant ni au folklore pagnolesque. Le dialogue qu’ils entament ressuscite plutôt l’esprit d’une époque, entre NRF et Cahiers du Sud, dont la tenue à la fois académique et vivifiante est quelque peu oubliée. Puissante et sexuée, à la fois féconde et virile, la ville selon Suarès est à l’image de son beau nom, Marsiho, et de l’un de ses personnages emblématiques, la cagole du grand lupanar, ingrate et dévoratrice, ni méchante ni bonne, ou bien les deux alternativement. La langue de Suarès est magnifique : elle a quelque chose d’aristocratique et de fané, et elle est ample aussi, rude, sanguine et parfois féroce. Le livre de Gabriel Audisio s’oppose en partie à semblant de normalité dans ce foyer en friche, comme l’est le jardinet devant la maison. Un drame a eu lieu, qui a réduit cette famille en miettes. La pièce est d’ailleurs structurée en 15 débris, morceaux d’une existence à la dérive, cernée de fantômes et de chansons tristes qui trottent dans les têtes. La langue, concise, syncopée, va à l’essentiel, sans fioritures ni faux-semblants. Elle épouse le quotidien et lui confère une vraie tension dramatique, que les lectures publiques de l’auteure exaltent. FRED ROBERT Casa nostra a été publié en mars 2009 au sein de la revue Nioques (éd. Le Mot et le Reste, 15 euros) ; Sabine Tamisier en donnera lecture samedi 27 mars à la médiathèque Marcel Pagnol d’Aubagne (entrée libre). Sad Lisa est édité aux éd. Théâtrales, 11,50 euros. celui de son aîné. Pour le premier, Marseille est une extrémité de la Provence, pour le second, elle est le premier maillon d’une chaîne bordant la Méditerranée, qui tel un continent liquide, la relie à Alger, à la Corse, à la Sardaigne, à Tunis. L’un porte un regard sans concession, plein d’un amour rageur ; pour l’autre Marseille personnifie le beau rêve d’une unité méditerranéenne. Pour l’un Marseille est une ville sans art et sans mémoire ; l’autre y voit la chance d’échapper aux poncifs néoclassiques, et d’arracher la ville à la domination, qu’on dirait aujourd’hui ethnocentriste, de son héritage gréco-romain pour une vision cosmopolite, débarrassée des idéologies identitaires et nationalistes. L’un et l’autre se rejoignent pourtant dans l’évocation d’une nature organiquement liée à la ville : l’immensité marine et la sensation recommencée d’un départ, la lumière crue et tragique, « les matins de pierre dure » quand le vent souffle. Si l’utopie méditerranéenne s’est évanouie avec la montée des fascismes et les guerres de décolonisation, elle est ressuscitée aujourd’hui en opportunité culturelle, ou du moins touristique. Le regard des années trente sur notre actualité fait alors parfois réfléchir, ou sourire : « ces villes, désormais lasses de leur rutilante pouillerie, excédées de s’entendre traiter, Marseille de négresse et Naples de proxénète, ne vont-elles pas tomber dans la superstition de la morale et de l’hygiène, la tyrannie du ripolin ? » ; Audisio et Suarès auraient-ils aimé se promener sur la rue de la République aujourd’hui ? AUDE FANLO Aux éditions Jeanne Laffitte : André Suarès, Marsiho, 10 euros et Gabriel Audisio, Jeunesse de la Méditerranée, 12 euros. À lire aussi, dans la même collection : François Prieur, La Vénus perdue, 12 euros. SAD Lt5r1 ki DES AU1t:Uas AUX I1-,U as r ai. ; inii 21 AU 25 AVRIL 2010 f{]LIHNF-ti LAI IN{1—htiiF.HI{ ; AI\A ki 57 I. ! k']c}'1-.II1.1. ; a1+GtNTllre PEROJ CO'LOM6IE RENCONTRES, 1ECTüRLS, Da,3T5 3l{PRO71fPTUS L1Ti'ÎiRAfieES, SOIA258 PFSTIVLS,.i2 ENSEIGN EM ENTS ; 09 81 65 26 44 contaçtQadaaL.fr www.adaaL_Lr



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