Zibeline n°28 avril 2010
Zibeline n°28 avril 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°28 de avril 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,2 Mo

  • Dans ce numéro : les femmes dans la culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 58 - 59  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
58 59
44 MUSIQUE CONCERTS Work in progress Initiative singulière de l’ensemble Musicatreize qui présentait à la Bibliothèque Départementale le 12 mars le conte musical Un Retour, pour l’instant inachevé Dans la série des 7 contes musicaux initiée en 2006, Un retour d’Oscar Strasnoy est une œuvre encore inachevée. Sans doute plus pour longtemps, étant programmée au Festival d’Art Lyrique l’été prochain à Aix-en-Provence ! L’idée d’un work in progress expliquée par le chef Roland Hayrabedian est finalement une réussite, entre rencontre et découverte. La présence du compositeur franco-argentin et du metteur en scène Thierry Thieû Niang, bien que les extraits fussent présentés en format concert, a Femmes baroques Le 13 mars la Conférence inaugurale de Mars en Baroque donnait la couleur d’une manifestation musicale mettant les femmes à l’honneur : pas si fréquent ! Benito Pelegrín, écrivain, musicologue, nous éclaira sur la religieuse mexicaine Sœur Juana Inés de la Cruz. Quelle femme ! La dixième Muse au service du vice-Roi d’Espagne à Mexico où elle devient l’ornement de la Cour, cette femme cultivée, très convoitée, entre au couvent, choix mystérieux : Dieu, l’être aimé, le seul au-dessus des hommes, si médiocres ? Refuge contre un père qui ne l’avait pas reconnue ? « Je me fis religieuse pour assouvir le désir que j’avais de mon salut. » Agnès Audiffren prête son timbre magnifique, sa voix chaude et si sensuelle de comédienne aux sonnets sulfureux de cette religieuse qui entretient, au Couvent, une relation avec la vice-Reine : « Être femme et être loin, à l’amour n’est point de frontière. » Féministe avant l’heure ! « Qui résiste est ingrate, qui cède est légère. » Un récit étonnant ! Voix de femmes La soirée se poursuivait à la Chapelle Sainte- Catherine, par voyage dans le temps et l’espace : de la création du monde à l’amour, la mort, la guerre, hommage aux femmes !, des textes (Sapphô, Marie Cardinal, Hélène Cixous, Asssia Djebbar…) dits par Nancy Huston : elle caresse les mots, les effleure, dans une absence de rythme qui trace comme un Nancy Huston John Foley donnaient un intérêt majeur à l’exécution, accompagnée d’explications bienvenues. Composée d’après la nouvelle d’Alberto Manguel, l’œuvre en gestation évoque l’environnement sonore contemporain d’un pays mystérieusement inconnu : celui d’un héros de retour après trente ans d’asence. Faisant la part belle aux percussions variées et colorées et à la luminosité des deux pianos (quatuor Face à face), l’orchestration réverbère cette clarté en miroir au duo de trompette et trombone (Matthias Champon et Thomas Callaux), fil conducteur du tissu instrumental. Le chœur minimaliste fait glisser tour à tour un soliste face à l’excellent baryton Hugo Oliveira, dont nous saurons la véritable destinée dès le mois de juillet prochain ! FRÉDÉRIC ISOLETTA a Agnès Mellon X-D.R. chemin linéaire, inexorable. Claudio Magris : « même maintenant que tu cries et que tu pleures l’amour perdu, en vers bien cadencés qui évoquent l’écoulement des eaux et le bruissement des feuilles ou en vers libres et sauvages comme les klaxons dans la rue, qui sait ce qu’il en sort ? » Agnès Mellon, soprano (homonyme de notre photographe…), interprète des chants judéo espagnols, sépharades et mélodies baroques, s’investissant entre intériorité plaintive et exaltation passionnée, mais avec des fragilités dans le médium et des passages en voix de poitrine systématiques dans le grave qui, s’ils donnent une belle couleur dans la musique judéo espagnole, paraissent peu opportuns dans le sublime lagrime miei de Barbara Strozzi. Freddy Eichelberger accompagne ce récit de son organetto, orgue portatif médiéval, et apporte toute sa science du continuo dans les pièces pour clavicythérium : superbes Variations de Cabezon sur le chant du Chevalier. Il soutient, improvise, magicien des timbres de ce beau voyage. Y.B. Un Retour X-D.R. Vivaldi nouveau ! Avec le magnifique et méconnu concerto pour violon « per Signora Chiara », dédiée à une violoniste talentueuse de la Pietà où œuvrait Vivaldi, les Femmes de Méditerranée, du nom de la thématique du festival, étaient doublement honorées : l’interprétation d’Amandine Beyer fut scintillante ! Vinrent ensuite les célébrissimes Quatre Saisons où l’ensemble italien Gli incogniti sut alterner précision diabolique et dynamique exaltante sous la direction de la merveilleuse soliste. Chants d’oiseaux subtils harmonieusement mariés à un véritable son d’ensemble (clavecin, violoncelle, théorbe, 2 violons et alto), l’interprétation fait cœur avec une tradition baroque, dévoilant mille détails sous les voutes de la chapelle Sainte- Catherine. Pour ces concerti dont la renommée a franchi les siècles et les frontières, dans des exécutions souvent loin de l’idéal du prêtre roux, cette version est sans aucun doute une des plus réussies. À retrouver sur disque, chez ZigZag www.zigzag-territoires.com. F.I. Amandine Beyer X-D.R.
La Grim expérience Rires et Chansons D *4 Concert One Shot explosif et éthéré le 11 mars avec deux duos surprenants Pour cette soirée à forte affluence, Gebbia (saxophone) et Eiko Jean-Marc Montera a eu la bonne Ishibashi (voix, piano, flûte idée d’inviter son complice depuis une vingtaine d’années, le fougueux batteur et percussionniste Ahmad Compaoré. Accroché à sa guitare à effets, le maitre des lieux eut tout le loisir de la laisser parler, et interférer les percées quasi tribales d’une batterie au bord de la rupture. Se jetant parfois littéralement sur son instrument, l’insatiable batteur est un spectacle à lui seul, régulé avec maitrise par la distorsion des six cordes pour un duo volcanique. Après tant d’émotion, le duo Gianni traversière, électronique) ne pouvait tomber mieux. Entre le saxophoniste italien et la chanteuse multiinstrumentiste japonaise, on ne peut parler de complicité tant une fusion viscérale s’opère entre les deux artistes. L’invitation au voyage au cœur d’un univers velouté et impalpable prend effet dès les premières notes. Du clavier, la délicate Eiko déroule des mélodies circulaires aux harmonies ineffables, juste assez pour soutenir ses textes aux accents d’haïkus zen, et laisser le Dans le cadre des lundis du conservatoire le Palais Carli a ouvert ses portes au Chœur Contemporain et son chef Roland Hayrabedian Le choeur contemporain X-D.R. champ libre aux mélopées de son acolyte. Aux confins d’une pop planante, le duo complète à merveille une soirée commencée sur les chapeaux de roues et conclue à La musique dite classique peut-elle être un peu moins sérieuse ? Il est des idées reçues qui méritent d’être enterrées : même si au XX e siècle la musique savante peut paraître sévère, nombre d’œuvres rebelles échappent à la règle ! Pour preuve, le programme concocté par Roland Hayrabedian pour le Chœur Contemporain oscille entre le rire burlesque, le rire jaune et le rire intime. Le Burleske de Kagel offre en pâture l’excellent saxophoniste Joël Versavaud à des pupitres vocaux n’hésitant pas à l’imiter, s’essayant même au langage bouche fermée, aux bisous et aux sifflements ! La dérision, au demeurant plus acrimonieuse s’invite alors au travers des deux 45 Pierre Gondard quatre pour le plus grand bonheur d’un public aux anges. FRÉDÉRIC ISOLETTA Chœurs des Malmarié(e)s de Dallapiccola, discourant sur le bien fondé de l’union maritale. Toujours a cappella, les Nonsense de Petrassi d’après Lear s’avéraient également très réussis. Curieux et inventifs, les Trois poèmes élastiques de Constant d’après Cendrars (respectivement sur Chagall, les couleurs et Léger, acolyte du poète à ses heures) surprirent un auditoire conquis par l’accompagnement de l’orgue de barbarie, tenu par Jean-Marc Puigserver. Les sons inouïs échappés des tuyaux de l’instrument à roulette et à manivelle ne pouvaient que nourrir l’imaginaire invraisemblable du propos poétique ! FRÉDÉRIC ISOLETTA (Con)fusion des genres Pas sûr qu’il existe ailleurs un groupe qui, dans le domaine de la musique contemporaine, réussisse comme l’ensemble Télémaque ! Peut-on, du reste, vraiment parler de musique contemporaine, tant Desperate singers dépasse le cadre du récital traditionnel ? Pourtant cela en est ! Oser afficher un programme d’opus de Berio, Olga Neuwirth, Eugene Kurz, R. Murray Schafer, composés entre 1966 et 1998 ? Tout au plus aurions-nous, au fond d’une petite salle, quelques dizaines d’entre-soi et quelques curieux prêts à en découdre avec les dissonances, glissandos grinçants, multi-harmoniques, pizzicatos percutés et autres cris propres au langage musical d’aujourd’hui ! Là, le miracle se produit : pas un seul fauteuil libre ! Quelques 600 personnes, captivées par la « folie » proposée, retiennent leur souffle à l’écoute des partitions les plus pointues. Sur scène, un orchestre déjanté de musiciens travestis s’agite ; leur chef (Raoul Lay), grimé en Klaus Nomi, semble exhumé du cercueil où le sida l’avait muré en 1983. On suit une espèce de Voyage d’hiver cauchemardesque, du fameux Cold song de Purcell à la Mort de Didon, réorchestrés, fantasmés, falsifiés… On ne sait plus qui joue quoi, qui chante, elle ou lui, ce qui relève du geste baroque ou de la facture moderne. En parallèle, la mise en scène (Olivier Pauls) établit des ponts entre ces deux univers contigus, pousse les artistes à se surpasser dans les intentions de leur personnage et les pièces ardues qu’ils interprètent. Avec quel talent la soprano Brigitte Peyré transcende la Sequenza III de Berio, le contre-ténor Alain Aubin crève le plateau en « grande folle » conférencière burlesque, tandis qu’impassible, Jean-Bernard Rière fait soupirer, claquer, crisser sa contrebasse… C’est drôle, sans se prendre au sérieux… mais très sérieusement fait ! JACQUES FRESCHEL Desperate singers : Requiem pour Klaus Nomi a été joué le 20 mars au Théâtre des Salins à Martigues Agnès Mellon



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 1Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 2-3Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 4-5Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 6-7Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 8-9Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 10-11Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 12-13Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 14-15Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 16-17Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 18-19Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 20-21Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 22-23Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 24-25Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 26-27Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 28-29Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 30-31Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 32-33Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 34-35Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 36-37Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 38-39Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 40-41Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 42-43Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 44-45Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 46-47Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 48-49Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 50-51Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 52-53Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 54-55Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 56-57Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 58-59Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 60-61Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 62-63Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 64-65Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 66-67Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 68-69Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 70-71Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 72-73Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 74-75Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 76-77Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 78-79Zibeline numéro 28 avril 2010 Page 80