Zibeline n°28 avril 2010
Zibeline n°28 avril 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°28 de avril 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,2 Mo

  • Dans ce numéro : les femmes dans la culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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42 MUSIQUE LYRIQUE a Rossini champagne ! Après The Saint of Bleecker Street, le théâtre lyrique de la place Reyer offre un nouveau succès au public marseillais Coproduction de seize maisons d’opéra, Le Voyage à Reims, mis en scène par Nicola Berloffa, n’en finit pas de triompher sur les scènes françaises. Avant d’achever son périple, la jeune troupe s’est arrêtée sur la Canebière pour y récolter de nouveaux lauriers. Il faut dire que les chanteurs, depuis deux ans, sont rompus aux difficultés techniques et scéniques de l’opus. C’est un vrai bonheur ! Située dans un hôtel thermal art-déco, l’intrigue initiale (les préparatifs d’un départ de nobles européens pour le sacre de Charles X) se dilue rapidement dans une mise en scène fantaisiste et décalée : l’ambiance est à la fête, les numéros s’enchaînent avec la maestria d’une vraie direction d’acteurs. On n’est pas loin du pastiche et de Création lyrique à Toulon Lorsque, en 1947, Kurt Weill créa Street scene à l’apogée d’une carrière couronnée de nombreux succès, il fit une œuvre très innovante. À l’époque aucun autre compositeur n’était allé aussi loin dans le mélange des genres ; à l’écoute aujourd’hui, ce qu’il qualifia lui même de « chef-d’œuvre » ressemble à un savant croisement entre l’opéra traditionnel (tragique et comique) et le music-hall, mâtiné d’influences parmi lesquelles on reconnaît pêlemêle Wagner, Puccini, Stravinsky, le blues et Broadway. Cherchait-il à prouver que le genre lyrique pouvait se renouveler malgré le recours à un sujet tragique habituel, énième variation autour du thème de l’amour impossible ? La création française du 12 mars à Toulon fera sans doute grand bruit, tant elle réunissait toutes les conditions pour ravir un public Conte de printemps La Cerentolina X-D.R. l’esprit de l’opérette ! À la différence que la partition est un vrai défi bel cantiste, exigeant une parfaite maîtrise du souffle, des vocalises et de l’articulation virtuose, un fin dosage de la puissance et des aigus sûrs ! Dans cet exercice, la distribution du 12 mars n’a pas connu de faille, avec pour fers de lance Oxana Shilova soprano au timbre somptueux, Kleopatra Papantheologou superbe mezzo, un baryton théâtralement irrésistible dans son « Catalogue de Nations » avec accents Marco di Sapia, un ténor « di grazia » ravissant Alexey Kudrya (Libenskof) et une belle basse au rôle court mais convaincant Patrick Bolleire. Les Chœurs et l’Orchestre de l’Opéra dirigés par Jérôme Chabreyrie se sont montrés à la hauteur de l’événement : rien moins que la création de l’opus (reconstitué en 1984 par Claudio Abbado) dans la cité phocéenne ! JACQUES FRESCHEL o Olivier Pastor en quête de cette nouveauté que les scènes lyriques françaises des années 50 ont ignoré. L’ensemble s’est révélé très convaincant tant sur le plan scénique que musical. Le choix de couleurs vives dans les décors, l’éclairage et les costumes On ne présente plus l’histoire de Cendrillon, et si dans le livret de J. Ferretti il n’est plus question de pantoufle égarée mais de bracelet offert en gage d’amour, le charme du conte demeure : le coup de foudre entre le prince Don Ramiro et Angelina (la Cenerentola), les deux sœurs terribles, la ressemblance entre l’inconnue du bal et Cendrillon… Créé à Rome en 1817, cet ouvrage donne le rôle principal à une tessiture grave (alto ou mezzo colorature). Les opéras de Rossini présentent une écriture vocale très ornée, et ici peut-être plus qu’ailleurs le rythme verbal est remarquable, les « bavardages », arias et ensembles (quintette du 1er acte et sextuor du second) montrent l’extrême dextérité que nécessite l’écriture rossinienne. Le Christian DRESSE 2010 Le Voyage à Reims a été chanté à l’Opéra de Marseille du 11 au 14 mars offrait un contraste saisissant avec l’apparente noirceur du sujet. La mise en scène dynamique d’Olivier Benezech soufflait un vent de liberté dans l’espace confiné et statique des décors représentant le lieu unique du drame. Transcendée par un orchestre jouant une musique aux timbres riches et colorés parfois teintés de blues et de swing, aidée par la direction lumineuse et électrisante du chef Scott Troman, la distribution vocale ne souffrait pas le moindre reproche à l’image du remarquable et rafraîchissant chœur d’enfants du Conservatoire porté par des solistes aux qualités vocales indiscutables (L. Alvaro, E. Ferrari, R. Hughes, S. Lemoine,L. Craig...). ÉMILIEN MOREAU Street scene a été créé à Toulon du 12 au 16 mars père des trois sœurs (Frank Leguirenel), dans un rôle bouffon, a enthousiasmé le public par son exubérance vocale et théâtrale, et Karine Deshayes, venue jouer Roméo il y a quelques mois, a offert un autre aperçu de son talent en interprétant avec charme le rôle titre. Du début à la fin du spectacle, les chanteurs ont triomphé des difficultés du bel canto, se jouant des acrobaties vocales et théâtralisant leur partition à merveille ! CHRISTINE REY La Cenerentola de Rossinia été jouée les 21 et 23 mars à l’opéra d’Avignon
Passe de trois à Nîmes Au-delà des réputations justifiées et parfois surfaites de formations internationales ronronnant souvent dans une programmation monotone, rappelons le nombre de créations emblématiques jouées par des ensembles, parfois plus modestes, mais qui révèlent les Schubert et autre Beethoven de leur temps… Le théâtre et la ville de Nîmes perpétuent cette tradition et nous présentaient donc en création mondiale Poèmes en proses inspirée par Baudelaire et composée par le Madrilène Carlos Duque. À la baguette, Lionel Duffau, qui dirigeait l’orchestre de Nîmes regroupant majoritairement des professeurs du conservatoire. Duque (électro-acousticien) L’épopée de Néron Les Paladins, dirigés par la main ferme et élégante de Jérôme Correas, présentaient le Couronnement de Poppée de Monteverdi avec une formation de cordes seules, remarquables dans chaque intervention, distillée avec fougue ou délicatesse, pour l’accompagnement du recitar cantando ou dans les airs à vocalises. Le livret de Busenello permet à la mise en scène de Christophe Rauck d’opposer deux plans : ce qui est vu/ce qui caché, fond de scène drapé, lieu des intrigues. Poppée, Valérie Gabail, : f, Guitare symphonique Il y a des œuvres que l’on écoute plusieurs fois avec une émotion intacte : c’est le cas de la 5 e symphonie de Schubert, interprétée avec brio par l’O.L.R.A.P. dirigé par Pascal Rophé, chef invité dont la direction concise et dynamique a permis la réussite du concert. Mais c’est au guitariste Emmanuel Rossfelder que l’on doit les plus beaux élans de cette soirée : son interprétation du Concerto d’Aranjuez de Rodrigo (1939) lui a valu un triomphe. Dès les premières mesures son jeu tout en finesse, en élégance et en virtuosité a transcendé cette œuvre E. Bartolucci : f, : ; a bien intégré les procédés de timbre et de rythme du XX e siècle et a concocté une œuvre tout en contraste : chromatismes, rythmique tranchée, tapis aigu de cordes, trio et fugatos de cuivres pour conclure sur un solo incisif de percussions. Dans une ville jamais bien loin de ses passions hispanisantes, l’œuvre contemporaine était encadrée par Adios Nonino pour bandonéon (Cesar Stroscio) et orchestre d’Astor Piazzola et le Concerto pour Guitare (Léonardo Sanchez) et orchestre de Villa-Lobos, et conclue par un Hommage à Liège pour bandonéon, guitare et orchestre de Piazzola. Une programmation heureuse et éclectique. PIERRE ALAIN HOYET belle voix de soprano, use de toutes les subtilités du langage baroque pour être couronnée par Néron (Maryseult Wieczoreck), à la voix assez raide dans les passages récités, mais qui s’épanouit dans les ornements superbement maîtrisés. Cette gémellité vocale dégage une sensualité troublante : sublime duo Pur ti miro, pur ti godo, chef-d’œuvre de contrepoint et de tuilage baroques. La voix du philosophe Sénèque (Vincent Pavesi) s’impose par de très beaux graves compensant des aigus qui se brisent... Magnifique performance de Damien Guillon, très beau timbre de contre-ténor, doublant, depuis la scène, Paulin Büngen, jouant (extinction de voix) Ottone. Son amoureuse, Drusilla, ravissante Dorothée Lorthois, nous émeut par son timbre velouté, tandis que le disprezzata Regina d’Ottavia (Françoise Masset) femme bafouée, est un moment de grande tragédie. Et la nourrice Arnalta est volcanique en servante en talons aiguilles !, très belle prestation de Jean François Lombard ! Les costumes apportent une fraîcheur contemporaine amusante, et les clins d’œil -vespa sur fond de Colisée- donnent aux prologues mythologiques une saveur de dolce vita particulière, qui brise un peu la succession d’airs très ressemblants (l’opéra s’invente !). Un beau spectacle sur les jeux, les enjeux, les caprices, les complots amoureux, l’ambiguïté sexuelle : quelle modernité ! YVES BERGÉ Le Couronnement de Poppée a été joué aux Salins le 9 mars très entendue et conquis le public ; le second mouvement, pleinement lyrique et passionné, a procuré un trouble rare, plongeant les auditeurs dans un état d’envoûtement quasi-religieux ! Une véritable ovation fut faite à ce talentueux aixois qui n’a pas hésité, sous les rappels pressants, à venir jouer deux pièces, dont des variations de Paganini, qui donnèrent encore l’occasion d’admirer sa virtuosité. CHRISTINE REY Ce concert a eu lieu le 4 mars à l’Opéra d’Avignon Ce concert a eu lieu au Théâtre de Nîmes le 3 mars CONCERTS MUSIQUE 43 Léonardo Sanchez X-D.R. Plaisir d’orchestre Comme chaque mois, l’Opéra de Marseille a proposé un concert symphonique ambitieux. La transition parut naturelle entre le sarcasme de la Jazz Suite de Chostakovitch, rendu à merveille par l’interprétation sautillante de l’orchestre et la direction décontractée de Cyril Diederich, et le lyrisme mélodique du Concerto pour Piano de Grieg : Jean-Philippe Collard nous livra alors une performance remarquable, mettant l’accent sur les sonorités populaires norvégiennes ! Mais l’enchaînement sur le célèbre poème symphonique de Richard Strauss Ainsi parlait Zarathoustra fut plus délicat et laissa le public un peu déconcerté par moments. La symbolique de l’œuvre et son expressivité ne purent pas être complètement mises en valeur par l’orchestre. Question d’effectif, d’habitude de ce répertoire si particulier ? L’importance des parties solistes et de la répartition de l’action de part et d’autre de l’orchestre implique des pupitres dialoguant avec plus de ductilité. Le tout fut cependant très bien mené, et la prestation d’ensemble de l’orchestre, en phase avec la fantaisie évidente du chef, fit plaisir à voir. SUSAN BEL Ce concert a eu lieu le 26 février à l’opéra de Marseille Jean-Philippe Collard Raudel Romero



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