Zibeline n°28 avril 2010
Zibeline n°28 avril 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°28 de avril 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,2 Mo

  • Dans ce numéro : les femmes dans la culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Les choix de Valentin Delphine Lermite 38 CINÉMA MAISON DE LA RÉGION LATCHO DIVANO LES VARIÉTÉS Quatre hommes et un manoir Salle comble ce 6 mars dans les locaux tout neufs de la Maison de la Région pour la projection en avantpremière du téléfilm de Vincent Monnet, Au bonheur des hommes (diffusé sur M6, le 17 mars) en présence du réalisateur et des comédiens : Julien Boisselier, Philippe Lefebvre, Guy Lecluyse, Jean-Luc Couchard. Tournée entre Marseille et La Ciotat, soutenue par le Conseil Régional, cette comédie de 90’met en scène quatre amis résolus à récupérer par tous les moyens (même les plus farfelus !) la maison hypothéquée héritée par l’un d’entre eux, Picha. Un mas provençal à faire fantasmer les parisiens, manoir où s’enracinent les souvenirs de leurs 20 ans dans les années 80, dont les images reviennent en contrepoint du récit. Entre jeunesse et âge mûr ces hommes portent la quarantaine des premiers bilans, âge où, père, on perd ses pères, et parfois ses repères. Chacun est devenu ce qu’il était. Marc, l’ado conquérant, est un directeur de com offensif, mari volage, surmené, Nomades et roms frimant dans sa voiture décapotable, et père défaillant d’un enfant trisomique. Fred, le gros garçon sympa dont on fait un copain mais jamais un amant, un prof de philo névrosé dissertant sur le désir et père tardivement révélé. Nicolas le gentil péroxydé planant, un petit fonctionnaire sage soumis à l’autorité de sa femme, père lâche à l’autorité contrainte. Picha, l’homosexuel fragile, renié par son père, fait fi du grotesque et vend courageusement des glaces sur la plage, déguisé en pingouin. C’est autour de lui que s’organise un scénario habile. La comédie utilise avec bonheur toutes les ficelles du genre -quiproquos, caricature- et s’achève sur un bouquet final où tout s’effondre pour mieux se reconstruire. De quoi est fait le bonheur de ces hommes ? Pas de dames en tout cas ! Retenons l’épouse de Nicolas, la redoutable Béa, ayatollah du bio, et, en second rôle l’acheteuse du mas, horrifique poupée-pétasse à petit chien devant laquelle le mari « se fait tout p‘tit ». Le bonheur, c’est cette amitié fondatrice incarnée par le lieu à sauver, Du 26 mars au 10 avril se tiendra à Marseille la troisième édition de Latcho Divano, le Festival des Cultures Tsigane, qui se décline en expositions, conférences, concerts (voir p 11) … et films. Le 30 mars à 20h, au cinéma Variétés, une Carte Blanche est donnée à Tony Gatlif qui nous propose un documentaire de Raphaël Pillosio, Des Français sans Histoire : un film sur les traces de ces citoyens français, internés parce que nomades, dans des camps durant la deuxième guerre mondiale. A 22h, ce sera Les Princes de Tony Gatlif, l’histoire d’une famille de gitans vivant dans une cité de transit qui va un jour reprendre la route… Le 6 avril à 20h, une soirée documentaire avec un court métrage d’Andrew Kötting, Diddyköy, suivi de Clejani de Marta Bergman et Frédéric Fichefet : une collection de petits portraits de musiciens dans un petit village roumain dévasté par le chômage et la misère. Enfin, Terrains d’entente de Christian Delebarre propose d’aller à la rencontre des gens du voyage pour apprendre à reconnaître leur culture et leur identité. A.G. 09 52 72 89 28 www.latcho-divano.com Des français sans histoire de Raphaël Pillosio 49 cette solidarité grâce à laquelle le lâche trouve du courage, l’infidèle de la fidélité, le névrosé de la guérison. C’est drôle et tendre avec ce qu’il faut d’amertume pour donner au rire toute son humanité. ÉLISE PADOVANI Au bonheur des hommes de Vincent Monnet Il a choisi, Valentin ! D Le 1er mars, au cinéma Variétés, l’association Les Têtes de l’Art a proposé au public marseillais de voir et de réfléchir aux Choix de Valentin. À l’issue de la projection, la réalisatrice, Marine Place a expliqué comment elle a trouvé celui qui est devenu le « personnage » principal de son documentaire. C’est lors d’une intervention dans un lycée qu’elle l’a rencontré, et a voulu dénoncer les conditions de vie des demandeurs d’asile en faisant le portrait de ce jeune Calaisien. Elle l’a suivi pendant une année, filmant ses joies, ses doutes, ses peines. En 2007, l’année du bac, Valentin est confronté à ses choix de vie. À dix-sept ans, il va au lycée, suit ses cours comme les autres et le soir, il rejoint la « jungle » où transitent des centaines de réfugiés, venus d’Irak, d’Iran, d’Afghanistan, leur distribuant couvertures et nourriture, devenant le confident de certains. Que fera-t-il de sa vie ? Quel sens à tout cela ? On pense, bien sûr, à Welcome de Philipe Lioret et même si image et son ne sont pas aussi soignés que dans cette fiction, on ne peut que féliciter Marine Place, qui a travaillé avec peu de moyens, de nous avoir permis de rencontrer ce jeune, généreux, sensible et engagé. On ressort du film avec l’envie de croiser des milliers de « Valentin » ! ANNIE GAVA
Quatuor Ysaÿe Gérard Rondeau GTP MUSIQUE 39 Très orthodoxe Le Grand Théâtre de Provence accueillait l’Ensemble Accentus sous la direction de Laurence Equilbey, pour un programme religieux a cappella : extraits des Vêpres op. 37 et Liturgie de Saint Jean Chrysostome de Rachmaninoff, d’après des chants religieux orthodoxes anciens. Laurence Equilbey imprime une grande homogénéité : phrasé velouté, attaques précises d’où se détachent les merveilleuses notes graves des basses. L’écriture est homophone, de style choral, peu de passages fugués mais de belles lignes mélodiques comme les Alléluia plus mobiles avec finales en pianissimo. L’écriture est souvent modale, aux couleurs archaïques. Oh vierge Marie, le Seigneur est avec toi : tenues et grandes descentes, figuralisme d’un Dieu qui se rapproche des humains. Pour La liturgie de Saint Jean Chrysostome on retrouve la prédominance des graves, alors que le Superbe concert ! Bertrand Chamayou interprétait avec de subtils pianissimi une remarquable fluidité du jeu, un César Franck (Prélude Choral et Fugue) tout en finesse, ainsi que Cinq variations de Luciano Berio, partition aux rythmes complexes, comme sculptée dans la matière sonore… Et puis, il y eut Franz Liszt, notes perlées, jeu aérien, arpèges, gammes, chromatismes, staccatos, trilles… le flux musical s’exacerbe, déborde de l’instrument comme un trop plein d’âme. Les années de Pèlerinage trouvent ici une interprétation qui transcende l’impressionnante virtuosité ; Bertrand Chamayou a su rendre les accents tourmentés, la gravité sombre, l’épanouissement serein d’une harmonie retrouvée… La Suisse, avec l’allegretto grazioso de Au bord d’une source, l’Orage, la Vallée d’Obermann, nous entraînent dans un voyage où Quatuor Ysd/e Gérard Rondeau chant des Chérubins, soprani sur un fil, descend en paliers jusqu’à l’Alléluia qui passe à toutes les voix pour se désagréger dans un decrescendo sublime. On retiendra les interventions expressives du ténor Romain Champion, de l’alto Marie-Georges Monnet et le timbre pur de la soprano Sylvaine Davené, motif sur lequel le chœur, à bouche fermé, magnifie, dans une prière intérieure, la mère de Dieu. Une veine subitement plus populaire : Louez le Seigneur des cieux rappelle les origines du compositeur, mélodie balancée sur un motif fugué. Le final, fortissimo, est une prière collective puissante : Que le nom du Seigneur soit béni dès maintenant et à jamais ! Un intense moment de polyphonie russe. YVES BERGÉ Ce concert a été donné le 6 mars Le quatuor, une identité nationale ? Le Quatuor Ysaÿe, nom emprunté au grand Eugène, avait affuté ses archets pour s’attaquer au bloc d’outre Rhin : Beethoven, Brahms, Schubert. Deux allemands entourant le petit génie autrichien : un véritable tour de Franz ! Et le viennois prit la tête du peloton. Son quatuor en Sib majeur, le menuet excepté, léger et frivole, posa une magnifique chape de plombsur le public du GTP. L’andante avec ses harmonies marmoréennes, quasi hiératiques fut d’une cruelle beauté : un Schubert comme on l’aime, intime. Puis le quatuor en do mineur de Brahms, tout en déséquilibre, anguleux, insaisissable, d’un bleu acier, sans concession à la virtuosité, mit un terme à la première partie. Encore sous le choc de ces deux pièces, on sentait se profiler à l’horizon l’ombre du maître de Bohn. Le quatuor Ysaÿe, jusqu’alors tout en intériorité, se transcenda dans le Quatuor n°8 ! À tous crins, Piano virtuose les mélodies pétillantes, saillantes, zébrèrent la salle ! L’avatar du roi des Huns avait refranchi le fleuve : là où Beethoven passe le genre ne repousse pas ! CHRISTOPHE FLOQUET Le quatuor Ysaye s’est produit au GTP le 16 mars Diva d’hiver On n’a pas l’occasion d’entendre souvent, sur scène, le plus beau cycle de Schubert. Le Voyage d’hiver est un sommet du romantisme, union intime de la poésie et de la musique. Vingtquatre poèmes chantés en allemand tracent un voyage imaginaire fondé sur la souffrance du souvenir, l’espoir et la solitude, où s’enchevêtrent aussi les trois thèmes lyriques que sont la nature, l’amour et la mort. Ces sont des interprètes masculins qui ont marqué l’histoire du cycle : Fischer Dieskau, Hans Hotter ou Matthias Goerne aujourd’hui… En fin de carrière, la soprano Barbara Hendricks lance un double défi : séduire un large public avec une œuvre peu populaire, et imposer son registre vocal dans ce répertoire. Un théâtre comble et une assistance enthousiaste répondent positivement au premier. La diva a su habilement mettre en espace sa prestation avec Bertrand Chamayou Laure Vasconi Laurence Equilbey Marthe Lemelle des jeux de lumière, de rideaux mouvants au gré de légers souffles, de projections de paysages hivernaux… Maniant les langues, elle offre en préambule une traduction des premières strophes des poèmes avant de les chanter dans la langue de Wilhelm Müller. On sent une vraie conviction de la part de l’artiste dans ce cheminement énigmatique et funèbre. Quant au registre de soprano… l’équilibre des résonances de poitrine et de tête est rompu, alors qu’il se réalise « naturellement » chez un baryton. D’autant que certains sons, trop ouverts dans le haut médium, sortent du timbre et que l’emploi abusif du « sprechgesang » dans le grave nuit à la ligne de chant… JACQUES FRESCHEL Le Voyage d’hiver a été chanté au GTP le 23février les souvenirs se mêlent aux références littéraires de Sénancour ou de Byron. L’Italie s’inspire de la statuaire avec le Pensero (hommage à Michel Ange), puis se glisse à Venise et Naples, Gondoliera, Canzone, Tarentella, s’empare de thèmes populaires ou connus, La Biondina dans Gondoletta de Peruchini, le chant du gondolier, l’Otello de Rossini… Ce pianiste généreux offre au public qui l’acclame trois rappels éblouissants, Liszt, bien sûr, adaptant Chopin, Schumann, Liszt nocturne, Liszt des Cloches de Genève enfin. Une soirée d’exception ! MARYVONNE COLOMBANI Ce récital a été donné au GTP le 2 mars, et le 28 février (Franck, Liszt) au Méjean, Arles



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