Zibeline n°28 avril 2010
Zibeline n°28 avril 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°28 de avril 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,2 Mo

  • Dans ce numéro : les femmes dans la culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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34 ARTS VISUELS 3 e RUE GALERIE PRIX MOURLOT Allumer les Nahon Installée depuis peu dans l’antre du Corbusier, 3 e Rue Galerie a invité Hervé Nahon pour une double proposition à Marseille et Paris. Matière, lumière, temps et apparences fugitives L’exposition de Marseille est conjointe à l’inauguration d’un second lieu à Paris à un jet du centre Beaubourg « pour donner une meilleure visibilité aux artistes que nous soutenons à Marseille » souligne sa responsable Audrey Koulinsky-Courroy. Saisissant cette opportunité, Hervé Nahon présente deux nouvelles créations Lightime et Ombre Lumineuse ainsi que quelques pièces anciennes pour lesquelles lumière et temps travaillent notre expérience sensible. La plus remarquable (par la présence de son dispositif et sa charge signifiante) Time is Light II (2000) développe une esthétique primitive de l’auto-métamorphose et de l’inéluctable transformation des choses (un bloc de paraffine, sorte de materia prima, soumis à la chaleur de lampes incandescentes) entre Beuys et Jana Sterbak. ZeitLichTkeit (2002) dans un dispositif assez semblable soumet un carottage de terre berlinoise à un délitement progressif. Ombre du doute Réalisée pour cette exposition bicéphale, Ombre Lumineuse se compose de deux panneaux lumineux entre lesquels s’engage le visiteur. L’un d’eux en polycarbonate transparent est rempli de leds photosensibles qui s’éteignent discrètement au passage de ce dernier, formant ainsi une pseudo ombre projetée (mais trop peu visible). Oxymore dans le titre, paradoxe pour le rôle du visiteur/déclencheur de sa part d’ombre, Ombre lumineuse nous emmène dans la dialectique du visible et de la disparition, de la présence et de l’absence. Subtilement. Trop peut-être, car ces changements infimes sont si peu perceptibles que le visiteur/acteur peut passer à côté en toute inconscience. Mais faut-il toujours tomber facilement dans le panneau ? CLAUDE LORIN Le regardeur regardé Ben Readman est un jeune lauréat heureux : le Prix Mourlot de peinture 2010 lui est tombé sur la tête sans prévenir, un an seulement après son installation à Marseille et deux expositions aux Ateliers d’artistes de la Ville et à Art-Cade. Mais il a le bonheur discret, comme s’il s’en excusait presque : « Je prends le Prix pour une vraie reconnaissance de mon travail, hors réseau, et suis d’autant plus touché que ma peinture n’est pas vraiment tendance. C’est un encouragement à continuer ». Une réserve tout écossaise, sans doute, car Ben Readman y est né en 1977, s’est formé au Dublin Institut of Technology avant de larguer les amarres. « J’ai craqué tout de suite pour la peinture et j’en ai saisi les enjeux car c’est très facile de faire un mauvais tableau (…) La peinture s’inscrit dans l’histoire de l’art depuis les peintures rupestres : l’héritage est lourd et passionnant à porter ». On l’aura compris, Ben Readman attaque sans ciller toutes les difficultés de l’exercice pictural. Il aime prendre la distance nécessaire, « regarder pour saisir et représenter » puisque, en artisan, il fabrique ses toiles de lin, utilise de la colle de peau de lapin, laisse le temps faire son œuvre entre les couches d’huile. Un lent processus qui, paradoxalement, l’ancre plus dans la réalité de la toile vierge : là, des idées plein la tête, il laisse la place au hasard de l’accident (il cite Bacon) et à l’inattendu. Entre deux silences et une pensée que l’on sent vagabonde, Ben Readman explique qu’il fait attention « à bien peindre au sens classique de la peinture », cherchant l’équilibre entre « le trop travaillé et le pas assez travaillé ». C’est sans doute la conjonction de cette réflexion silencieuse et de HervéNahon, lightime 01/lightime 02/lightime 03, photographie couleur, 2010 H. Nahon Lightime/Lifetime Hervé Nahon jusqu’au 11 avril 3 e Rue Galerie, Marseille 06 12 49 56 60 www.3emeruegalerie.com HervéNahon, Ombre Lumineuse, installation interactive, 2010 H. Nahon l’aboutissement de ses recherches formelles qui a fait la différence auprès du jury du Prix Mourlot. À 33 ans seulement ! Sans titre jusqu’à récemment, ses toiles se parent de clefs de lecture à l’usage des spectateurs : Tout ce qui s’élève doit converger, Grotte, Blanchi (seul grand format de l’exposition), Empathie… Tous happés physiquement par le tableau, par la profondeur des matières superposées et l’intemporalité des thèmes : l’eau, l’humain, le paysage, le passé, le présent. Des choses primordiales, hors modes, intemporelles, nées du tréfonds de son être. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Ben Readman à l'atelier X-D.R Exposition des nominés pour le Prix de peinture Jean-Michel Mourlot organisé par la galerie Mourlot- Jeu de paume : Julie Dawid, Sara Domenach, Izabela Kowalczyk, Ben Readman et Catherine Serikoff jusqu’au 25 mars Galerie Montgrand, Marseille 04 91 90 07 98 www.benreadman.com
CHÂTEAU DE SERVIÈRES ÉDITIONS P.ARTS VISUELS 35 L’appel de Didon à Théo Si Didon rêvait là-haut, Théo la verrait donc d’ici* est la première « confrontation » entre les peintures, sculptures et installations de Gerlinde Frommherz, Jérémie Setton et Francis de Hita. Pourtant la résonance des œuvres est manifeste. Le déploiement des formes et du dessin dans l’espace révèle des proximités, provoque des interactions surprenantes. Du coup, la circulation d’une pièce à l’autre se fait presque automatiquement, comme malgré nous, et leurs recherches se connectent : ils ont pour dénominateur commun une certaine pratique du dessin, née de la découpe ou du retrait. Chacun à sa manière se joue des questions d’échelle et de retournement, et nous amène imperceptiblement à faire un travail de re-construction. Sur des nuanciers -supports pré imprimés- Francis de Hita dessine et écrit dans les alvéoles, les interstices vierges et sur les aplats de couleur : à nous d’imaginer, pourquoi pas, la suite de ses minuscules histoires… À la croisée des espaces dévolus à chacun, trois volumes apposés l’un contre l’autre, opaques et massifs, constituent une sculpture imposante que viennent déséquilibrer un paysage et une silhouette découpés : dedans-dehors, devantderrière, achevé-inachevé, les formes qui la traversent dérèglent Jaf —+011111rt Sans titre, 2008, Francis de Hita X-D.R notre point de vue. Dans une autre série de dessins dont le point de départ est l’ellipse et le relief fictif, le plein et le vide, le débordement des coulures au-delà du tracé, notre acuité à reconstituer l’image totale est là encore mise à mal. L’exercice se poursuit avec l’œuvre de Gerlinde Frommherz qui nécessite de regarder ce qui manque, ce qui est suggéré plutôt que montré. Qu’il s’agisse de ses gravures sur staff ou de ses installations très architecturées (déconstruction d’objets et de formes à plat sur le sol), notre regard est invité à appréhender autrement l’architecture, l’espace et les objets jusqu’à devoir les reconstruire. Une expérience poussée à son paroxysme avec L’Entaille où Sec au toucher, doux à lire Le pas-de-porte des Éditions P.donne sur la rue Jean de Bernardy à Marseille. C’est là, au 61, que Denis Prisset a installé sa maison d’édition de livres d’artistes, « des ouvrages qui peuvent avoir toutes les formes possibles car ce sont des objets autonomes, mais qui se diffusent difficilement… ». Alors, fallait-il être inconscient pour se lancer dans cette entreprise en 2005 ? Pas vraiment, puisque les Éditions P.ont publié en deux ans 6 livres, 5 cahiers de la collection « Sec au toucher », des posters et quelques multiples. Bien sûr, Denis Prisset est seul aux commandes, mais plus par envie de créer un outil qu’il « peut faire vite et sans beaucoup de moyens » que par difficulté financière. Grâce aux aides aux projets de la Région, du Département, de la Ville, et à son auto-financement, il espère innover et se diversifier. Grâce aussi à sa formation à l’École nationale de la photographie d’Arles et aux Beauxarts de Marseille qui lui permet d’embrasser toute la chaîne Nuancier, 2009-2010, Jérémie Setton X-D.R l’artiste est intervenue directement à l’échelle de l’architecture, abattant minutieusement pour partie une cloison de la galerie. L’ouverture ainsi faite sur les bureaux et les coulisses est un geste fort : à Théo de venir voir d’ici… L’illusion et la perte des repères font partie intrinsèque du travail de Jérémie Setton. Soit il nous invite à « plonger dans le monochrome » et à entrer physiquement dans le tableau, soit il provoque un espace sensoriel déstabilisant. Mais dans les deux cas, c’est un « effet englobant et fœtal » qu’il revendique. Dans sa pièce Bureau, la couleur « efface » notre ombre et celle des objets anodins qui flottent alors dans l’espace et perdent leur troisième dimension. éditoriale, depuis la conception jusqu’à la réalisation de « cet objet étonnant nourri de fantasmes » … Il s’offre ainsi la liberté de creuser plusieurs sillages : il y a les projets qu’il initie (notamment avec Marc Quer et Mathieu Provansal), ceux qu’il accompagne techniquement (avec Hervé Beurel par exemple) et les commandes monographiques (pour Gérard Traquandi, pour La Beauté du geste, Marc Quer, Éditions P.m X-D.R Étrange processus chromatique qui écrase les volumes : « On baigne dans un espace de disparition » explique cet artiste coloriste qui, dans des études plus anciennes, travaillait déjà par retrait de matière et sur l’absence de traces. Là, plus physiquement encore, notre déplacement intervient sur l’œuvre. On est acteur autant que spectateur… MARIE GODFRIN-GUIDICELLI L’exposition, au titre énigmatique en forme de palindrome*, a été présentée du 29 janvier au 13 mars aux Ateliers d’artistes de la Ville de Marseille-Association Château de Servières Émilie Perotto dans le cadre d’Art-O-Rama 2009 et Pascal Martinez en 2010). Avec son œil de photographe et plasticien, il accueille les projets de livres d’artistes avec gourmandise : « On s’affranchit de certaines règles éditoriales pour inventer, la volonté de faire une œuvre ne doit pas être contrariée. Une certaine délicatesse est nécessaire par rapport aux désirs de l’artiste et à son travail ». Alors que la monographie induit d’autres enjeux : l’efficacité, la rigueur documentaire, la justesse des textes… La dernière gageure des Éditions P.est d’ailleurs de répondre au vœu de Pascal Martinez de ne produire aucun visuel dans son prochain ouvrage, mais des textes qui feront office de notices. Parler d’une œuvre sans en montrer une seule image, tel est le nouveau défi de Denis Prisset ! MARIE GODFRIN-GUIDICELLI La Beauté du geste, Marc Quer, Éditions P.X-D.R L’Entaille, 2010, Gerlinde Frommherz X-D.R Marc Quer, La beauté du geste est le dernier-né des Éditions P.www.editions-p.com



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