Zibeline n°28 avril 2010
Zibeline n°28 avril 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°28 de avril 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,2 Mo

  • Dans ce numéro : les femmes dans la culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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V SPECTACLES KELEMENIS THÉÂTRE DU GYMNASE Duo et don Dur, dur de grandir Ah, la belle entreprise que de monter Peter Pan au théâtre ! Il fallait toute l’imagination du metteur en scène Alexis Moati, le talent des acteurs et l’ingéniosité de la machinerie théâtrale pour faire oublier aux enfants l’imagerie Walt Disney… Avec trois cordages, quelques canapés récupérés, des costumes cousus de bric et de broc, les 6 comédiens emportés par la vague Moati parviennent à interpréter plus de 25 personnages avec une énergie frénétique. Pas de temps mort ici ! On bascule en une pirouette, un jeu d’ombre et de lumière, une vague musicale sortie du fond de scène et quelques va-et-vient entre cour et jardin, du salon tranquille de la famille Darling au vaisseau du terrible Capitaine Crochet. La magie du théâtre opère, avec ses trucages, ses fumigènes, une troupe qui fait corps, une mise en scène astucieuse et ludique. Alexis Moati parvient à créer l’illusion : et ça marche ! Captifs d’un bout à l’autre, les enfants n’ont d’yeux écarquillés que pour Peter Pan, fragile silhouette cachant un tempérament de feu, et son ennemi juré le Capitaine Crochet, diablement interprété par Carole Costantini (délicieuse également en Mrs Darling). Sa seule chevelure rougeoyante fait frémir… Mais au-delà des tribulations de Peter Pan au pays des enfants perdus, de ses rêves éveillés, de ses chimériques histoires de fée et de sirène, Alexis Moati dévoile la complexité du jeune héros : sa tentative désespérée d’arrêter le temps, de refuser de quitter le royaume des enfants coûte que coûte, jouant à faire semblant pour ne pas grandir… Étrange paradoxe quand, justement, le théâtre est peut-être le dernier terrain de jeux des adultes. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Agnès Mellon Depuis septembre la compagnie Kelemenis a en charge, conjointement avec le Ballet National de Marseille, une CHAD, entendez une Classe à Horaires Aménagés Danse. C’est la première de ce type en France, qui soit installée en Zone d’Éducation Prioritaire. Elle ne concerne pour l’instant que 15 jeunes filles scolarisées en 6 e au collège Arthur Rimbaud. Tous les jeudis elles reçoivent un enseignement pratique en atelier, dispensé par la Cie Kelemenis ou le BNM, voient de nombreux spectacles de danse, visitent les infrastructures, rencontrent les professionnels… Trois garçons s’y étaient inscrits, mais se sont désistés à la rentrée, sans doute parce que la pression sociale les a dissuadés. Pour l’heure en ce 11 mars 15 paires d’yeux féminins étaient fixés sur le double solo de Michel Kelemenis, exécuté d’abord par Caroline Blanc, puis par Fana Tshabalala. L’attention, extrême, fit place à des questions étonnamment pertinentes pour des enfants de onze ans. Ainsi elles interrogèrent le dédoublement des ombres, ce qui permit au chorégraphe d’expliquer le trajet de son solo, puis se firent Peter Pan, un pari réussi On a assisté à la première, installés au balcon du Gymnase. À nos côtés, le metteur en scène, anxieux, vérifiait le bon déroulement du spectacle. Il pouvait être serein, il n’était pas seul, et ses comédiens lui offraient un beau cadeau. Dans une scénographie de canapés, « matrice de la famille » dit Alexis Moati, des acteurs adultes jouent de leur transformation à l’état d’enfant. La frontière entre le jeu et la réalité se dissout. Fanny Avram en Peter Pan s’impose par sa souplesse, sa légèreté, sa présence qui attire tous les regards. LOIE Peter Pan ? Magique ! On a voyagé pendant tout le spectacle, on est retourné en enfance, comme Wendy on est tombé amoureuse de Peter Pan, on s’est moqué des pirates idiots, méchants et moches. L’enfance est un des plus beaux moments de la vie et ce spectacle sans tristesse et tout en souplesse le Agnès Mellon expliquer, démonstrations des danseurs à l’appui, le choix des costumes, et en quoi les deux solos différaient – presque rien, quelques instants où un geste évoquant le sommeil diffère, où une diagonale improvisée permet à l’une de débouler, à l’autre de retrouver sa danse africaine. De l’électroacoustique de Zanési, fort évocatrice pourtant, elles n’entendirent que des fantasmes : des cours d’écoute s’imposent ! Mais ce fut le danseur Sud Africain qui les passionna, son pays, la danse Zoulou qu’il évoqua, les costumes. Il faut dire que l’interprète est assez fascinant, fluide et majestueux, ancré pourtant dans la terre. Caroline Blanc, qui le précède dans ce double solo, en jean de ville, est à la fois moins lyrique et plus théâtrale, plus précise aussi, maîtrisant tout. Et mesurer l’écart des mêmes gestes exécutés par une petite femme blanche, et un grand homme noir, est fascinant… d’autant que ce joli solo, précis dans ses directions et ses dynamiques, semble partir d’images intérieures que les interprètes propulsent hors d’eux, explorant le rêve éveillé, et les prolongements oniriques de leurs sentiments intérieurs. Les enfants entendaient, dans les chuintements et pétarades de la bande électro-acoustique, comme des cris d’animaux : décidément les rêves se projettent ! AGNÈS FRESCHEL Peter Pan ou le petit garçon qui haïssait les mères a été créé du 26 février au 5 mars au Théâtre du Gymnase, Marseille À venir Les 1er et 2 avril Théâtre du Golfe, La Ciotat Le 18 mai Théâtre de l’Olivier, Istres Les 10 et 11 juin L’Astronef, Marseille That Side a été créé le 8 mars à Avignon dans le cadre des Lundis des Hivernales, puis au studio Kelemenis du 10 au 12 mars (représentations scolaires et tout public) 6 montre bien. Mais pour l’aimer, pour y entrer, il faut avoir gardé ses yeux d’enfant… LOLA Comment rester un enfant ? De formidables acteurs nous transportent avec légèreté dans leur monde surréaliste et mettent leur professionnalisme au service de cette « petite enfance » qui sommeille en chacun d’eux. Une grande prestation physique, toute en joie. LINDA Un décor risqué tout de même avec ce fauteuil au sommet d’une montagne de canapés, ces canapés qui volent, des câbles ! On y croyait vraiment. Tous les acteurs étaient si concentrés dans leur rôle d’enfant qu’on ne s’apercevait même plus qu’ils étaient des adultes. MARIANNE ÉLÈVES DE PREMIÈREL. AU LYCÉE MARSEILLEVEYRE
CONCERTS D’AIX ESPACE VAN GOGH COMOEDIA Un souffle espiègle Effervescence au Jeu de Paume, pour la représentation donnée en matinée le 14 mars. Les classes de danse du conservatoire, sur les chorégraphies de Karine Aznar, Sylvie Colas et Sophie Rouch, s’en sont donné à cœur joie, sur les musiques de Broadway à Vian. Souriantes et gracieuses, les jeunes danseuses rendaient sensible leur bonheur de danser. Le spectacle ne manquait pas de rythme, emporté par les standards des comédies musicales des années 50, puis les reprises des chansons de Boris Vian, par l’orchestre et le Big Band du Conservatoire Darius Milhaud. Pierre Gueyrard présentait avec un joli souci didactique les différents tableaux, et chanta Vian de façon très convaincante. La jeune et talentueuse Cécile Mc Lorin Salvant était venue soutenir le spectacle et accorda une belle interprétation des extraits des comédies musicales, comme son Summertime, rond et chaleureux. Un spectacle charmant, qui prouve que la synergie des écoles aixoises est possible, et que rien n’est plus précieux pour des élèves artistes que de s’affronter à la scène dans un contexte (quasi) professionnel. MARYVONNE COLOMBANI SPECTACLES VI De Broadway a Vian X-D.R Société indexée Tribune ? Cours d’économie politique ? Théâtre d’intervention ? Ce qui est certain c’est que les idées circulent, s’additionnent, à une vitesse souvent vertigineuse. We are la France est un texte savoureux qui s’offre comme le miroir déformant d’une société anxiogène et subie, tiré d’un pot-pourri de l’œuvre de Jean-Charles Massera. Benoît Lambert met en scène deux comédiens (formidables), un technicien et une télé : le minimum nécessaire pour déguster, dans une progression irrésistible, un antidote à la morosité ambiante. Sus aux discours préfabriqués ! formatés ! mais tellement drôles sur l’économie mondialisée (pourquoi le passage en CM2 de Kevin n’est-il pas industriellement efficace s’étrangle une mère face à un PDG de jeux vidéos) ; retour sur les automatismes de langage ingurgités à force de pubs, et qui surgissent à toute occasion, lors d’une discussion où les questions ne trouveront pas de réponses (comment survivre en temps de paix ?) ; jusqu’au final ubuesque, transformation radicale des trois protagonistes en super héros ridicules, perdus dans une ville à la recherche d’une grande surface… DOMINIQUE MARÇON We are la France a été joué à l’Espace Van Gogh à Arles du 4 au 6 mars We are la France Clement Batringer We are la France W Clement Batringer Famille recomposée Le jazz et la diva, clin d’œil au Jazz et la java de Nougaro, est un spectacle jouant sur la recomposition. Une soprano, la diva, Caroline Casadesus, accompagnée dans son récital par son fils Thomas Enhco, pianiste classique virtuose à la tenue impeccable : Air de Marguerite intense, belle prière de la Tosca, superbes pianissimi dans le decrescendo des lumières… Mais le second fils, David, est plus baba cool : guitare basse, sweat à capuche, il groove grave. Et puis le lumineux Didier Lockwood, le beau père, violoniste jazz, s’adapte aux caprices de sa femme, dans un conflit plein d’humour pimenté par la mise en scène d’Alain Sachs. L’opéra plus beau que le jazz ? La question se pose en joutes verbales et musicales. Pour la diva à l’accent pointu, le classique est l’élégance. Pour Lockwood, le jazz et le rock sont la création. Partitions contre grilles d’accords, mélodie écrite contre improvisation, comment enterrer la hache de guerre ? En faisant, comme dans les couples, des concessions. Quand tout ce petit monde se retrouve dans Rinaldo de Haendel si aérien, ou un extrait de la Passion selon Saint Mathieu de Bach la magie s’installe, mélange salutaire. Le final est un feu d’artifice étourdissant où chacun tombe le costume du style pour ne garder que celui de la musique, jubilatoire avec une diva micro à fond, un violon virtuose et les enfants complices et libérés. Thomas si sensible, se dévoile être fou de jazz ; David, cliché de l’ado, bassiste doué mais paresseux, se lâche dans des envolées très rock. Didier Lockwood, magicien du rythme et des sons amplifiés comme acoustiques, acrobate, prend l’espace comme un funambule, joue, rit, saute, compagnon idéal d’une diva enfin à l’écoute ! Et le couple incarne l’histoire de la diversité qui crée l’équilibre, la victoire des musiques. YVES BERGÉ Le jazz et la diva a été joué au Comoedia d’Aubagne le 2 mars X-D.R



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