Zibeline n°28 avril 2010
Zibeline n°28 avril 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°28 de avril 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,2 Mo

  • Dans ce numéro : les femmes dans la culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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20 THÉÂTRE AVIGNON Camille Claudel en exil Engagé depuis 2001 dans une trilogie consacrée aux femmes, on imagine l’émotion du comédien en interprétant le 1er volet Charles Gonzalès devient… Camille Claudel à Avignon, si proche de l’asile de Montdevergues à Montfavet. La sculptrice y a fini ses jours après 30 ans d’incarcération forcée, abandonnée, brisée, bâillonnée, spoliée, naufragée d’un monde sexiste et conservateur. Charles Gonzalès rend hommage à l’artiste en la dressant en figure de martyr. Une terrible descente aux enfers qu’il retrace à partir de la correspondance de la sculptrice retrouvée à l’hôpital psychiatrique. Cet hommage à son destin tragique est donc interprété par un homme, inspiré par l’art Onnagata japonais. Cela rend d’autant plus crédible la difficulté que cette femme, considérée aujourd’hui comme une artiste majeure, a rencontré pour vivre son art à une époque où les artistes étaient globalement « maudits », Guitry pur jus b Pour sa nouvelle création, la cie Uppercuthéâtre a rassemblé 4 pièces en un acte de Sacha Guitry. Le metteur en scène Laurent Ziveri précise son intention : « Guitry nous amène avec légèreté, sobriété, élégance, à la rencontre de couples modernes qui nous en disent long sur nos comportements et nos attitudes de vie... Il nous propose d’en rire avec finesse et subtilité. » Si les trois comédiens, Estelle Galarme, Olivier Ranger et Laurent Ziveri s’en sortent plutôt bien et arrivent à provoquer le rire, on se demande vraiment pourquoi monter ces textes : la misogynie de l’auteur y éclate en plein jour. Sous fond de b et où être sculptrice était considéré comme une déviance sociale impensable. L’enfermement, l’aliénation, la solitude sont criants de vérité et la sobriété de la scénographie appuyée par la justesse des lumières accentuent le sinistre et le sentiment de persécution. À mesure de la déchéance physique et morale, le comédien rend christique la chute cruelle de l’insoumise, accablée par le désamour de ce « monstre de Rodin » et qui ne cessera d’implorer sa famille, indifférente. Sa folie remplacera son génie. Charles Gonzalès, grâce au sien, lui rend sa part d’humanité. Et aussi, aux femmes d’aujourd’hui réduites au silence. DELPHINE MICHELANGELI Charles Gonzalès devient… Camille Claudel s’est joué au Théâtre du Chêne Noir les 25 et 26 février couleurs criardes et de costumes démodés, les acteurs débutent par On Passe dans huit jours, où une jeune comédienne réservée doit se mettre en colère et passer à la gouaille pour garder son rôle. Puis dans Un homme d’hier et une femme d’aujourd’hui, titre du spectacle, un couple empêtré dans le fossé générationnel fait passer la jeune femme pour une ingénue plus intéressée par son vernis à ongle que par la relation amoureuse. Dans Un type dans le genre de Napoléon, l’ex-femme se révèle être très infidèle par vengeance et faiblesse, menteuse et hystérique. Et dans Une paire de gifles, la pièce la plus drôle parce X-D.R que les comédiens se lâchent vraiment, le mari pas encore cocu arbitre une paire de gifles entre sa femme et son futur amant. Si les répliques de Guitry opèrent toujours, les rapports amoureux ont quelque peu changé depuis. La vision des femmes aussi. En tous cas on l’espère. DE.M Un homme d’hier et une femme d’aujourd’hui s’est joué au Balcon, Avignon, du 19 au 21 mars Haute voltige b Voilà un irréprochable « point de jonction » trouvé entre la Scène Nationale de Cavaillon et le théâtre des Halles. Dans La Grande vie de Jean-Pierre Martinet, Denis Lavant a offert aux spectateurs l’occasion d’un rapprochement de haut vol. Le comédien surdoué raconte en solo la vie hautement pathétique d’un petit homme, prisonnier de son quotidien glauque dans le quartier Montparnasse « où on meurt lentement, à petits bruits, en exil toute sa vie ». Il est cet Adolphe Marlaud, personnage asphyxié de solitude qui rêve d’invisibilité, imaginé par Martinet, météorite littéraire méconnue, entre Gary et Bukowski. Il est cet acrobate qui prolonge la parole d’un homme sans âge, devenu l’homme phallus de cette énorme MadameC., concierge haut de forme qui le conduira au drame, qui là aussi, lui échappe. Il est le fils de ce policier ayant dénoncé sa mère à la gestapo et qui reste indifférent à son martyr en assumant l’ignominie de son père. Denis Lavant rend jubilatoire la moindre partition textuelle dans une interprétation tout simplement rare. Il nous transporte, en un regard et un quart de tour, du coin de sa sinistre rue, au cimetière où il surveille le périmètre sacré du tombeau paternel, à la décoration neurasthénique de la loge de la concierge jusqu’au Denis Lavant X-D.R. magasin funéraire « où seules les jeunes femmes en deuil (le) sortent de sa torpeur » d’une servilité à toute épreuve. Mis en roue libre par Pierre Pradinas, il réhabilite avec excellence, entre humour et grincement, la règle de conduite de ce laissé pour compte : vivre le moins possible pour souffrir le moins possible. Une vie subie qui « à force de raser les murs du cimetière a fini par prendre leur couleur. » DELPHINE MICHELANGELI La Grande vie s’est jouée au Théâtre des Halles, Avignon les 12 et 13 mars
Nécessité publique Mené par Guy Alloucherie, le collectif d’artistes Hendrick Van der Zee est parti à la rencontre des Cavaillonnais. 15 jours pour collecter, dans les quartiers de la ville, des témoignages et des images, restituées le temps de 2 représentations au théâtre de Cavaillon. 2 semaines pour créer du lien, réveiller la parole et la mémoire, inventer une histoire commune. 1h15 pour offrir un spectacle pluridisciplinaire, un road-movie dédié aux habitants, anonymes pour la plupart. Jean-Michel Gremillet souligne son attachement au projet : « Cette veillée est un moment hors norme pour la vie du théâtre. On touche au plus près de notre raison d’être. » MJC de Cavaillon en tête, écoles, associations, commerces, ateliers théâtre, éducateurs se sont prêtés au jeu, posant devant leurs portes, racontant leur quotidien, leur difficulté, leurs espoirs. Les circassiens, danseurs, comédiens, vidéastes de la compagnie ont accompagné cette traversée en délivrant leur ressenti. On sent leur solidarité par exemple devant l’inquiétude actuelle de la SMAC du Grenier à Sons, face à la fusion éventuelle avec la Scène Nationale. Ce vivre ensemble, dans une ville qui subit la fuite de sa population, qui vote FN à plus de 30%, apparaît ne pouvoir exister qu’en passant par la culture et l’éducation. L’intervention de jeunes de quartier, qui ont pris la relève d’un centre social envolé en créant l’École du Respect pour « construire des lendemains Tels des équilibristes Comment ne pas tomber ? Éviter de sombrer dans le gouffre dont le bord se parcourt dangereusement, à petits pas ? C’est bien là toute la question Tout au bord Cassandre Sturbois OUEST PROVENCE CAVAILLON solidaires qui chantent », touche le cœur du problème. Cette œuvre collective, en semant la poésie dans la rue, aura appris aux habitants à se regarder. Une nécessité publique, certainement. DELPHINE MICHELANGELI o pour Christelle et Olivier, couple sans histoire qui voient leurs deux « grands » garçons quitter la maison. Le basculement ne se fera pas attendre, et va les cueillir doucement, sans qu’ils n’y prennent garde : lui s’achète une clarinette, elle un vélo, deux rêves aboutis, enfin ! Ils vont s’y adonner comme si le temps n’avait plus cours, comme s’il ne fallait pas aller travailler, répondre au téléphone, payer les factures… Ce ne sont que des petites choses, un quotidien esquissé, petites touches de désespoir qui étreignent parfois, que nous content Bernard Cogniaux et Marie-Paule Kumps, auteurs du texte. Avec beaucoup d’humour, de sensibilité et de retenue ils mènent, jusqu’au bord, leur délicate quête d’identité : elle ira jusqu’à se projeter dans une vie de sans-papier, lui finira par jouer de la clarinette sur un trottoir. Séparés par l’absurdité de la vie, réunis presque par hasard, in extremis… DO.M. Tout au bord a été joué au Théâtre, à Fos, le 12 mars Baby Doll, femme-enfant, proie désirée, manipulée, va avoir 20 ans, âge auquel Archie Lee, son mari, pourra consommer le mariage. La veille de la date fatidique arrive Silva Vaccaro, le voisin rital et concurrent qui soupçonne Archie Lee d’avoir mis le feu à son hangar et détruit l’égreneuse à coton… Sa vengeance aura pour nom Baby Doll. L’adaptation de Pierre Laville -ici resserrée pour ne garder que les cinq protagonistes principaux-, conserve toute la violence et la rudesse de l’univers de Tennessee Williams, renforcée par la mise en scène de Benoît Lavigne qui souligne le machisme et le racisme qui régnaient dans les années 30 dans le sud des États-Unis. Personnage à part entière, la maison délabrée imaginée par Laurence Bruley en impose, recoins et étage de bric et de broc qui instaurent un climat propice à l’échauffement des corps, au désir palpable. Ceux de Baby Doll et Silva, magistralement interprétés par Mélanie Thierry -dont la finesse de jeu rend crédible toutes les facettes du personnage, de l’enfant désarmée THÉÂTRE 21 Wingles Jérémie Bernaert La Veillée # Cavaillon s’est jouée les 5 et 6 mars à Cavaillon Passions sudistes Baby Doll Cosimo Mirco Magliocca à la jeune femme sensuelle- et Xavier Gallais, remarquable en séducteur inquiétant, jeune mâle sauvage prêt à bondir sur sa proie… Telle est l’Amérique de Baby Doll, finalement pas si éloignée que ça de nos préoccupations contemporaines où l’on continue de s’interroger sur la place de la femme dans la société… DO.M. Baby Dolla été joué à l’Olivier (Istres) le 3 mars. À noter : Baby Doll sera joué au Gymnase du 31 mars au 3 avril. 0 820 000 422 www.lestheatres.net



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