Zibeline n°28 avril 2010
Zibeline n°28 avril 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°28 de avril 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,2 Mo

  • Dans ce numéro : les femmes dans la culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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16 THÉÂTRE GYMNASE LENCHE Putain de guerre ! Toujours sur le terrain, Mademoiselle Viak a le don de voir à travers les portes, par transparence, l’intimité des gens, l’alcool, la misère, la maladie, les insomnies planquées dans les tiroirs. Mademoiselle Viak est assistante sociale et son empathie pour les autres est sans bornes. Sauf qu’il lui faut quadrupler de combativité face aux difficultés de ses concitoyens et trouver un pare-feu à la lourdeur administrative, à la jalousie des collègues et au cynisme du système ! Admirable de justesse, Anne Lévy interprète ce personnage écrit par Lise Martin (éd. La fontaine) dans une mise en scène sur mesure, sans fioritures ni pathos, doublement efficace. Ivan Romeuf l’emprisonne dans un espace clos, circonscrit au sol par une bande blanche rectangulaire, restreint ses déplacements, ses accessoires (chaises, bureau, portemanteau) pour donner toute l’ampleur au texte. Des mots durs que l’auteur Absurde hâbleur Inventer, fabuler, enjôler, mentir, leurrer, tromper, abuser, suborner… la parole fausse peut revêtir divers degrés de nuisance, et les « inventions spirituelles » du Menteur de Goldoni n’en sont pas dépourvues. Ce personnage de menteur chronique traverse la littérature dramatique baroque et classique depuis Corneille et Ruiz Alarcon, qui l’invente semble-t-il dans la Vérité suspecte ; mais on le retrouve aussi, dans son versant noir d’abuseur, dans le prolifique mythe de Don Juan. Le mythomane de Corneille est sympathique, parce que désintéressé, pris à son jeu sans cesse, tête folle. Celui de Goldoni est plus ambigu : il ment pour obtenir, abandonne les femmes, est particulièrement pingre, et voleur... S’il reste sympathique, c’est parce que comme Don Juan il a du charme contrairement à ses rivaux ridicules. Et aussi parce que Goldoni, étonnamment clairvoyant, lui donne une véritable cohérence psychologique, situant sa crise mythomaniaque à la mort de son père adoptif, et aux retrouvailles avec son vrai père, déficient : ses mensonges sont maladifs, absurdes, et l’empêchent finalement d’atteindre son désir, qu’il ne connaît pas. a déverse comme « une logorrhée, une diatribe, un foisonnement » et que la comédienne restitue avec sobriété et force, retenue ou explosive. Mais les croyances utopiques de Mademoiselle Viak vont vaciller progressivement, les désillusions l’étreindre, le combat est inégal : plus le sol se dérobe sous ses pieds et plus elle débite les métaphores guerrières à la vitesse d’une mitraillette ! Exténuée après avoir mis le carnage dans son bureau, Mademoiselle Viak est K.O. debout. Alors promue au grade d’inspecteur, fini pour elle le terrain, terminées les embrouilles, place aux dossiers ! Dehors la guerre fait toujours rage, silencieuse… MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Chronique d’un K.O. debout a été créé le 9 mars au Théâtre de Lenche, Marseille D C’est donc avec un plaisir extrême que l’on entend ce texte, dans la mise en scène surprenante de Laurent Pelly ! Venise est transformée en maison de poupées Brigitte Enguerrand À noter : la pièce est jouée jusqu’au 27 mars 04 91 91 52 22 www.theatredelenche.info Chronique d'un K.O. debout Catherine Rocchi aux perspectives totalement aberrantes ; les personnages s’y déplacent comme des marionnettes démesurées, en costumes contemporains ou presque. Les attendus vénitiens, jeux de masques, gondoles, sont trompés, rien n’est XVIII e siècle, et Simon Abkarian campe un menteur pied noir qui semble sorti d’un film d’Alexandre Arcady. Et tous ces décalages fonctionnent ! Parce qu’ils sont tenus avec un grand talent comique par les comédiens, qui n’ont pas peur de la caricature. Et parce que le texte s’y prête à merveille : inspiré très largement par la commedia dell’Arte, le théâtre de Goldoni est peuplé de marionnettes agitées qui se jettent à terre, parlent avec les mains, minaudent, s’évanouissent… De vrais ressorts de comédie ! AGNES FRESCHEL A noter : Le Menteur est joué jusqu’au 28 mars Théâtre du Gymnase 0820 000 422 www.lestheatres.net Mensuel gratuit paraissant le deuxième jeudi du mois Edité à 28 000 exemplaires imprimés sur papier recyclé Edité par Zibeline SARL 76 avenue de la Panouse n°11 13009 Marseille Dépôt légal : janvier 2008 Directrice de publication Agnès Freschel Imprimé par Rotimpress 17181 Aiguaviva (Esp.) photo couverture MARION ZURBACH ET MARION CAVAILLÉ Agnès Mellon Conception maquette Max Minniti Rédactrice en chef Agnès Freschel agnes.freschel@wanadoo.fr 06 09 08 30 34 Secrétaire de rédaction spectacles et magazine Dominique Marçon journal.zibeline@gmail.com 06 23 00 65 42 Secrétaire de rédaction Jeunesse et arts visuels Marie Godfrin-Guidicelli m-g-g@wanadoo.fr 06 64 97 51 56 Société Chris Bourgue chris.bourgue@wanadoo.fr 06 03 58 65 96 Arts Visuels Claude Lorin claudelorin@wanadoo.fr 06 25 54 42 22 Livres Fred Robert fred.robert.zibeline@free.fr 06 82 84 88 94 Musique et disques Jacques Freschel jacques.freschel@wanadoo.fr 06 20 42 40 57 Frédéric Isoletta f_izo@yahoo.fr 06 03 99 40 07 Cinéma Annie Gava annie.gava@laposte.net 06 86 94 70 44 Élise Padovani elise.padovani@orange.fr Philosophie Régis Vlachos regis.vlachos@free.fr Sciences et techniques Yves Berchadsky berch@free.fr Histoire et patrimoine René Diaz renediaz@free.fr Polyvolantes Maryvonne Colombani mycolombani@yahoo.fr 06 62 10 15 75 Delphine Michelangeli d.michelangeli@free.fr 06 65 79 81 10 Marie-Jo Dhô dho.ramon@wanadoo.fr Maquettiste Philippe Perotti philippe.zibeline@gmail.com 06 19 62 03 61 Ont également participé à ce numéro : Emilien Moreau, Dan Warzy, Yves Bergé, Susan Bel, Pierre-Alain Hoyet, Aude Fanlo, Christophe Floquet, X-Ray, Christine Rey Photographe : Agnès Mellon 095 095 61 70 photographeagnesmellon.blogspot.com Directrice commerciale Véronique Linais vlinais@yahoo.fr 06 63 70 64 18 Attachée commerciale Nathalie Simon nathalie.zibeline@free.fr 06 08 95 25 47
La salade, c’est divin ! Diana Vreeland fait partie de ces personnages dont la vie semble déjà être un roman. Journaliste au Harper’s Bazaard puis rédactrice en chef de Vogue qu’elle marquera profondément et dont elle sera licenciée pour rebondir en devenant consultante pour l’institut du costume du Metropolitan Museum of Art à New York en 1971… le diable s’habille en Prada n’est pas très loin ! Mark Hampton s’est inspiré de cette trajectoire hors du commun pour coécrire avec l’actrice Mary Louise Wilson une pièce qui l’évoque. Seule sur scène, Claire Nadeau campe avec justesse ce personnage extravagant et attachant à la fois, dans une mise en scène écarlate : le décor est rouge, si rouge… « De l’excès en toute chose » affirme-telle, péremptoire, un fume-cigarette à la main. Soliloque acrobatique, entre l’évocation des souvenirs, le projet de réception du soir -un banquier bien important est attendu ! -, les appels à la bonne allemande à laquelle elle JEU DE PAUME TOURSKY THÉÂTRE 17 les vérités absolues dont elle émaille ses propos, telle la « grande prêtresse de la mode » qu’elle fut. N’importe qui deviendrait ridicule dans ce rôle. Comment dire en fixant le public, avec le ton de l’évidence révélée « la salade, c’est divin », et ne pas tomber dans le grotesque ? C’est avec une maestria superbe que Claire Nadeau relève le défi et se glisse dans la peau de Diana Vreeland, tenue noire, maquillage de kabuki, tout y est artifice… et tout est vrai. MARYVONNE COLOMBANI La divine miss V Brigitte Enguerand emprunte les sommes qu’elle doit donner, au livreur de fleurs, au magasin, au restaurant…, la lecture indignée d’un journal qui la vilipende, La divine miss V a été joué au Jeu de Paume (Aix) du 2 au 6 mars 0 820 000 422 Brigitte Enguerrand www.lestheatres.net Année russe a Le quinzième festival russe du Toursky s’est achevé sur le chef-d’œuvre d’Alexandre Griboïedov, Le malheur d’avoir trop d’esprit. Un sur-titrage excellent (sans fautes !) laissait pleinement le bonheur de savourer le phrasé élégant de la langue russe, le subtil travail d’assonances et d’allitérations, qui apportent un charme indéniable à la représentation. Les acteurs jouent avec bonheur et expressivité. Tchatsky, jeune homme romantique qui est parti trois ans faire un tour du monde, ne retrouve pas de Pénélope en rentrant à Moscou, mais une belle indifférente, Sofia Pavlovna. L’intrigue est sans pitié dans cette Russie du XIXe, indifférente et grossière… La mise en scène est soignée, bien rythmée, avec une attention spéciale portée aux costumes, qui apportent leur grain de folie dans la scène du bal, pour construire un spectacle d’une superbe qualité. La salle comble est enthousiaste, puis se retrouve dans la joyeuse atmosphère du cabaret russe. Performance double des acteurs qui poursuivent leur spectacle en chantant avec un élan extraordinaire. Complicité avec les spectateurs… Beaucoup hébergent les comédiens, au fil des nombreuses années des liens se sont tissés… Mais figurez-vous que le Toursky ne fait pas partie du dispositif « année de la Russie » … étrange, non ? MARYVONNE COLOMBANI Le malheur d’avoir trop d’esprit a été joué au Toursky du 12 au 14 mars Le malheur... Valeri Hristoforov Théâtre tout public [création] jeudi 22 - 19h & vendredi 23 avril - 21h Le théâtre DURANCE Et i I me mangea Vélo Théâtre UN (04) - www.taligëtrce.com goo 27 3



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