Zibeline n°27 mars 2010
Zibeline n°27 mars 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°27 de mars 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : théâtre... de la démocratisation culturelle.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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62 LIVRES RENCONTRES LITTÉRAIRES Éclats de voix Sexe, bombe et tragédie La librairie Histoire de l’œil travaille dur à la reconnaissance et à la diffusion des écritures d’aujourd’hui, avec le souci de varier les approches et les textes. Chaque fin de semaine, on s’y retrouve autour d’un événement littéraire. C’est ainsi qu’en janvier on a pu entendre en avant-première des extraits de Victoria, le dernier volet de la trilogie tragique des Suppliantes, mise en scène par Nathalie Garraudet Olivier Saccomano au théâtre Massalia (voir p.8). De larges extraits de la pièce, écrite par le poète slameur Félix Jousserand et récemment parue aux éditions IMHO. Bonnet noir vissé sur la tête, verre de blanc à la main, l’auteur a fait de ce moment de lecture une véritable performance, avec le soutien complice de quelques-uns des comédiens. Et a suscité l’envie d’aller voir à la Friche ce que donnait sur un plateau ce texte qui charrie impétueusement les questions essentielles du centre de l’Europe, entre capitalisme sauvage, trafics en tous genres et tendance à la dictature… Éloge de la nouvelle Autre vendredi, autre ambiance. Pierre Guéry et Sara Vidal ont proposé une lecture croisée de leurs ouvrages publiés aux éditions L’une et l’autre dans la série de vos nouvelles. Sous l’élégante couverture vert anis, des textes brefs, d’une trentaine de pages. De cette contrainte formelle est née l’inspiration qui a conduit les deux écrivains à s’interroger eux aussi sur le monde d’aujourd’hui. Qu’il s’agisse d’évoquer les flots de réfugiés à travers le regard d’une téléspectatrice (Sara Vidal) ou de dépeindre la chute des idéaux révolutionnaires des années 70 (Pierre Guéry), tous deux imbriquent l’individuel et le collectif dans des fictions qui émeuvent par la solitude qu’elles révèlent. Femme en colère Wassyla Tamzali est venue dans la région pour y interroger, profondément, notre notion d’universalisme, que les Européens ont tendance à réduire à leurs frontières, admettant des particularités culturelles au nom d’une pseudo ouverture. Invitée le 11 janvier par le festival de danse avignonnais les Hivernales, pour inaugurer les lundis au soleil, rendez-vous désormais régulier consacré aux questions soulevées par la danse, elle y est revenue le 17 février pour mener un débat à l’Hôtel de Sade sur La place de la femme dans la création artistique (nord) africaine avec la chorégraphe Hela Fattoumi (voir p 22) autour de sa pièce sur le voile. À Marseille, invitée par la librairie Regards dans le cadre de l’opération Escales en librairies, Wassyla Tamzali a répondu à l’historienne Anissa Bouayed sur les questions que soulève son dernier ouvrage (voir p.58), en particulier celles sur l’identité des « femmes musulmanes », les dérives du post-colonialisme et les notions d’« islamisme modéré » ou d’« éros musulman ». Cette ancienne avocate, un temps directrice des droits ai Un mois de rencontres en librairies. Un mois de voix entendues, qui chuchotent ou qui crient le monde contemporain comme il va. Pas toujours bien à l’évidence… des femmes à l’Unesco, militante féministe depuis toujours, a répondu avec la passion et la sincérité de son engagement, avec son éloquence de juriste aussi. Mais jamais avec hargne. Elle aurait pourtant de quoi. Non seulement la situation des femmes dans les pays musulmans lui est insupportable, mais elle reste stupéfaite de constater le renoncement de la pensée européenne devant la montée en puissance en Europe des groupes communautaires, sa « tétanisation » dès lors qu’on parle d’Islam et de musulmans. « A-t-on peur du jugement moral ? », s’est-elle écriée. Et elle a enjoint le public de « repolitiser les questions », de prôner, comme elle, l’universalité, plutôt que l’identité dont l’excès a conduit au culturalisme et à tous les débats sur le foulard et autres burqas, dont elle estime qu’ils sont « un voile sur les discriminations. » Une belle profession de foi laïque prononcée par une femme remarquable. Venez entendre ! Ces voix, il faut venir les entendre le soir dans les librairies. Mieux que certains média rois, elles disent notre monde, elles le mettent en mots qui résonnent et qu’on médite. Longtemps. FRED ROBERT À lire Felix Jousserand, Victoria, éditions IMHO Sara Vidal, Les nids d’alcyons et Pierre Guéry, HP 1999, éditions L’une et l’autre Wassyla Tamzali, Une éducation algérienne et Une femme en colère- Lettre d’Alger aux Européens désabusés, éditions Gallimard. Rencontre avec Wassyla Tamzali Aurélie Eché À noter le 28 février après-midi, Sara Vidal et Pierre Guéry proposent une balade dominicale à bord du bus de l’association Aérograff, pour une lecture itinérante et intégrale de leurs deux nouvelles ; renseignements auprès d’Alexandre Tabakov au 06 88 62 17 69. Architecture et philosophie La question de l’architecture est souvent abordée sous son angle technique au détriment de sa dimension culturelle. Une posture réductrice que le Conseil régional de l’Ordre des architectes Paca a eu envie d’élargir en proposant, depuis l’automne, le cycle de conférences-rencontres Les Jeudis de l’architecture en philosophie. Il s’agit de croiser une réflexion collective, comme le souligne son président Marc Dalibard, « avec une initiative qui marque notre attachement au fait que l’architecture a une dimension culturelle. Nous souhaitions faire ce lien avec d’autres disciplines comme la philosophie, la psychologie ou l’histoire qui affectent sensiblement le bâtiment ». Sans fil rouge thématique, les rencontres privilégient la variété des interventions - architectes, philosophes et enseignants- et le dialogue avec le public, sous la houlette de Pascal Urbain, architecte et professeur à l’ENSA de Marseille. Après la conférence sur « L’habitable et l’inhabitable » de Jean- Paul Dollé, cofondateur de Banlieues 89, les invités sont la psychanalyste Caroline Gros (4 mars), le spécialiste d’histoire de la philosophie ancienne et professeur à l’Université de Provence Alonso Tordesillas (1er avril) et, le 6 mai, Francesco Donadi sur le thème « Rhétorique et architecture, le Beau et le Plaisir : Florence et Venise » … Maîtres d’œuvre du projet, Marc Dalibard et ses confrères espèrent que ce nouveau rendez-vous saura prendre sa place, dans la durée, avec le même cahier des charges qui a prévalu à son lancement : l’esprit d’ouverture. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Les Jeudis de l’architecture en philosophie Le premier jeudi de chaque mois Ordre des architectes Paca/MAV 04 96 12 24 10
SONIA CHIAMBRETTO LIVRES 63 Le texte et la scène La Carte blanche que la Criée avait offerte à Hubert Colas s’est transformée en carte d’identités : la sienne, celle d’un auteur qui est aussi metteur en scène (ou l’inverse ?), et celle de Sonia Chiambretto, auteur auprès duquel il travaille depuis 5 ans. La Trilogie Chto proposée à la Criée témoigne de cette rencontre. Elle n’écrivait pas spécifiquement pour le théâtre et son premier texte a d’abord été publié en poésie : la disposition stricte dans la page, le caractère oral de la langue trouvent pourtant, à son sens, une parfaite correspondance avec l’écriture scénique d’Hubert Colas, comme si « les signes graphiques devenaient des indications spatiales », ou des marques de rythme, de ton, de jeu. « Tout est précis sur le plateau comme sur la page ! », dit-elle encore, admirative. Quant à Hubert Colas, ce qui l’intéresse dans l’écriture de Sonia Chiambretto, c’est justement « sa puissance orale ». Mais aussi le fait « qu’on n’a pas affaire à un récit complet, ce qui apporte du mystère à l’écriture. Il n’y a pas de grand parcours psychologique, cela laisse de l’espace à l’imaginaire. Si on était dans de la spiritualité -mais on ne l’est pas ! -, on pourrait dire que le corps témoigne de l’âme du personnage. » Zone éducation sécuritaire Caméras de vidéosurveillance, sifflets, sirènes, cours A etC, passerelle : tout porte à croire que Sonia Chiambretto situe l’action de sa pièce de théâtre Zone éducation prioritaire dans une prison. Le décor bien sûr, mais aussi le règlement, la collectivité et les contraintes de sécurité. Sauf qu’il s’agit du lycée Victor Hugo à Marseille, ZEP implantée dans « des zones prioritaires avec des gens prioritaires sans priorités », et que les personnages ne sont pas des détenus mais des adolescents d’aujourd’hui. Aux préoccupations sous influence télévisée : musique, cinéma, amour (ceux qui l’ont fait et ceux qui ne l’ont pas encore fait), stars, guerre… Car si Kate, Bone and Co slament la langue française et le franglais « grave de chez grave », cela ne les empêche pas de réagir à l’actualité. Et à la guerre qui les pétrifie : le choc d’une décapitation vue à la BBC Chto Nicolas Marie En effet, même si Chto retrace les parcours violents d’exilés isolés, marginaux, saisis de l’intérieur comme si on pénétrait dans leur conscience, il semble n’y avoir aucune volonté d’analyse, psychologique ou historique, dans ces textes. « Je cherche toujours ma disparition dans le texte, que la psychologie soit fantasmée. La guerre par exemple ne m’intéresse pas, je ne la décris pas, je cherche l’écart qu’elle produit directement sur les gens. Je ne veux pas avoir à me Mon kepi blanc Sylvain Couzinet-Jacques soustraire après de ce que j’aurais écrit en temps qu’observateur, ou perception. » D’après Hubert Colas, cette volonté de disparaître de ses textes est liée à la recherche de ce qui serait « une identité réelle » à travers des consciences troublées par le religieux, l’embrigadement militaire, l’oppression… Les deux derniers textes Zone d’Education Prioritaire (voir ci-dessous) et Polices (à paraître) s’attachent également à des oppressions, mais non celles de l’exil, celle que « la société française actuelle exerce sur le citoyen ». Ils seront lus respectivement les 26 et 27 fév, à 19h, tandis qu’Hubert Colas lira son Livre d’Or de Jan si piquant et drôle (et grave aussi, parfois) le 28 à 17h. Avant cela, du 23 au 28 fév la trilogie Chto (12 sœurs Slovaques les 23 et 24, Mon provoque un chorus d’hymnes nationaux (français, sénégalais, algérien, ex-URSS, américain) relayé par Constance, Nic, Ange qui évoquent tour à tour Gandhi, la mort, Agamemnon, la barbarie, Bruce Willis, Michaël More. Mais aussi, dans la scène du Préau transformé en champ de bataille, les soldats Bob et Ben, le caporal Red et l’Irakien sortis tout droit d’un documentaire. Des dialogues apocalyptiques orchestrés par l’auteur nous rappellent que la jeunesse a un pied dans l’histoire de Richard Cœur de Lion, l’autre dans les images satellites. À la géométrie de l’espace réinventé par des signes (didascalies visuelles) qui assimilent le lycée à un univers carcéral, labyrinthique, répond une langue zigzagante, comme si Sonia Chiambretto inventait « un slam choral », nouveau langage identitaire. Une manière de dire l’enfermement Les soeurs slovaques HervéBellamy Képi blanc les 25 et 26 et Chto les 27 et 28). À ne pas rater également les Cris de la Criée : le comité de soutien appelle tous les amoureux du CDN à venir hurler leur colère le 24 fév à 19h devant le rideau de fer fermé de la grande salle. Pour que notre théâtre rouvre au plus vite ! ! AGNES FRESCHEL Une Carte d’identités Hubert Colas/Sonia Chiambretto Du 23 au 28 fév 04 91 54 70 54 www.theatre-lacriee.com des corps, l’unicité du lieu, l’unité de temps, par une dislocation de la langue. Un éclatement que seul un metteur en scène à l’oreille musicale pourra faire entendre sans fausse note. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Zone éducation prioritaire Sonia Chiambretto Éd. Actes Sud-Papiers, 12 euros ZEP sera lu le 26 fév à 19h à la Criée, à l’occasion de la trilogie de Sonia Chiambretto mise en scène par Hubert Colas Mensuel gratuit paraissant le deuxième jeudi du mois Edité à 28 000 exemplaires imprimés sur papier recyclé Edité par Zibeline SARL 76 avenue de la Panouse n°11 13009 Marseille Dépôt légal : janvier 2008 Directrice de publication Agnès Freschel Imprimé par Rotimpress 17181 Aiguaviva (Esp.) photo couverture BÉNÉDICTE SIMON ET JULIEN DUVAL Agnès Mellon Conception maquette Max Minniti Rédactrice en chef Agnès Freschel agnes.freschel@wanadoo.fr 06 09 08 30 34 Secrétaire de rédaction spectacles et magazine Dominique Marçon journal.zibeline@gmail.com 06 23 00 65 42 Secrétaire de rédaction Jeunesse et arts visuels Marie Godfrin-Guidicelli m-g-g@wanadoo.fr 06 64 97 51 56 Société Chris Bourgue chris.bourgue@wanadoo.fr 06 03 58 65 96 Arts Visuels Claude Lorin claudelorin@wanadoo.fr 06 25 54 42 22 Livres Fred Robert fred.robert.zibeline@free.fr 06 82 84 88 94 Musique et disques Jacques Freschel jacques.freschel@wanadoo.fr 06 20 42 40 57 Frédéric Isoletta f_izo@yahoo.fr 06 03 99 40 07 Cinéma Annie Gava annie.gava@laposte.net 06 86 94 70 44 Élise Padovani elise.padovani@orange.fr Philosophie Régis Vlachos regis.vlachos@free.fr Sciences et techniques Yves Berchadsky berch@free.fr Histoire et patrimoine René Diaz renediaz@free.fr Polyvolantes Maryvonne Colombani mycolombani@yahoo.fr 06 62 10 15 75 Delphine Michelangeli d.michelangeli@free.fr 06 65 79 81 10 Marie-Jo Dhô dho.ramon@wanadoo.fr Maquettiste Philippe Perotti philippe.zibeline@gmail.com 06 19 62 03 61 Ont également participé à ce numéro : Emilien Moreau, Dan Warzy, Yves Bergé, Susan Bel, Clarisse Guichard, Pierre-Alain Hoyet, Aude Fanlo, Christophe Floquet Photographe : Agnès Mellon 095 095 61 70 photographeagnesmellon.blogspot.com Directrice commerciale Véronique Linais vlinais@yahoo.fr 06 63 70 64 18 Attachée commerciale Nathalie Simon nathalie.zibeline@free.fr 06 08 95 25 47



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