Zibeline n°27 mars 2010
Zibeline n°27 mars 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°27 de mars 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : théâtre... de la démocratisation culturelle.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Spectacles etrcncontrfis 7 du 18 mars au 3 avril 213.10 Un mouvement d'irruption dans la saison pour sfinsurgerr, en ce doux mois dé mars, contre le dér -èglement d'une économie du théâtre et son acharnement productiviste. Mon Corps Est Nul Cie SoIeIR Vert Marseille Crabe Rouge Cie Ngui ri.k u iri tre Côr1ruu Brazzaville Early Morning La Paioma Marseille Le20novembr2 U-JMaratrat Marseille T. tex-lâ si j'ai le coeur qui bat Cie d'A cite Marseille Silence Cies.v VastIstas Grèce 5.eruicedenettayage ='Associaaione 15febhraia Allemagne:Italie Deux reriçontr6 coriflvitespar HeinzWismann-Qhilosoph ? et1hil loque +33 (1:7'-I 91 I 30 40 les Informelles 2010 le Théâtre des Bernardines APPETONS LE GASPILLAGE Et les femmes alors ? La journée des femmes se profile, alors que le Ministère vient de publier un rapport affolant sur le nombre de femmes aux « places de responsabilité » dans le monde de la culture (nous y reviendrons longuement le mois prochain…). Amusant que ce mois de mars, qui est aussi le mois des fous et des poètes, soit devenu celui de la femme : le voisinage n’est pas déplaisant, mais situe les femmes hors du champ de la raison ! Ambiguë aussi cette pratique qui consiste à concevoir des manifestations unisexes, seul moyen de prendre un peu la parole : les affiches des festivals et des saisons théâtrales, musicales, et même chorégraphiques sont toujours aussi masculines, parfois exclusivement... Si elles sont le seul moyen de rétablir un peu l’équilibre pour un temps, alors vivent les festivités féminines ! Elles ont aussi l’avantage, puisqu’historiquement les femmes créatrices sont peu nombreuses, de pencher vers la création plutôt que vers le répertoire. Mais comme ces manifestations se font hors des circuits officiels masculins, leur manque de moyens les amène parfois à fleurer l’amateurisme. Ce qui apporte de l’eau au moulin des sexistes ! On retiendra, assez arbitrairement il faut le dire, trois manifestations au caractère très différent (sans oublier le 8 e festival Mars en Baroque, voir p45) : Festifemmes, chaque année depuis 15 ans, affirme dans tout Marseille que les humoristes femmes existent (il ya 15 ans il n’y en avait pas), et qu’elles font rire d’elles-mêmes, des hommes, des inégalités, des différences. Rire qui souvent permet de mettre au jour une solidarité féminine, qui dit bien le poids de l’oppression. Cœur @ prendre d’Edmonde Franchi est à ce titre emblématique. À la fois impudique et tendre, le onewoman-show dit toute la difficulté sociale et psychologique d’être une femme seule… et ceci en un spectacle qui s’adresse à tous grâce au rire. À Aubagne c’est par une exposition collective que la « parole » est donnée aux femmes. Cette année Reg’Art leur a demandé de poser leur œil sur la planète, de donner leur vision à voir. 70 artistes ont répondu à l’appel, certaines connues d’autres anonymes, certaines créant une œuvre pour l’occasion et d’autres exposant simplement ce que leur vision du monde leur avait déjà commandé. Une occasion de se demander en quoi le regard des femmes modèle le monde différemment. À Saint-Martin-de-Crau et alentours, la manifestation Voix de femmes est, contrairement à ce que son nom semble indiquer, parfaitement pluridisciplinaire : une exposition (voir p 32), un concert de Anne Queffélec à Tarascon, et des voix bien sûr, du Trio Esperança à Clarika… Un festival qui existe depuis 8 ans, et sait mettre en avant des talents nouveaux, et des voix affirmées, avec une exigence de qualité constante. AGNÈS FRESCHEL Reg’Art Du 6 au 21 mars Chapelle des Pénitents noirs, Aubagne 04 42 18 17 17 Voix de femmes Du 6 au 20 mars Centre de développement culturel, Saint-Martin-de-Crau http://cdc-stmartindecrau.fr Clarika Laurent Seroussi Festifemmes Du 8 au 19 mars Divers lieux, Marseille 06 82 92 71 11 www.festifemmes.fr
ADCEI LE MOIS DES FEMMES POLITIQUE CULTURELLE 07 Le 16 février l’Association pour le Développement Culturel Européen et International conviait les candidats aux élections régionales à débattre de la place de la culture dans la construction européenne et, plus précisément, du rôle des Régions à cet égard. Discussion très instructive en ces temps de campagne électorale ! Tous les intervenants restèrent dans leur rôle politique préétabli, chacun indiquant par là même ce qu’il entendait par politique culturelle. Le Front National n’était volontairement pas invité, mais Isabelle Bourgeois (UMP), annoncée, n’était pas là non plus, malade nous dit-on, ce qui arrive. Mais enfin ce n’était pas le cas « des autres candidats de la liste Mariani », comme le fit remarquer Patrick Mennucci (PS), qui compléta : « ils ne sont pas là parce que la question posée est gênante pour l’UMP, parce qu’ils veulent que la compétence culturelle des Régions disparaisse, parce qu’il n’y a pas un mot sur la culture dans leur programme. » Donc prédisaitil, « il n’y aura pas débat aujourd’hui, puisque tous les candidats présents soutiendront Vauzelle au second tour. » À voir ! Les Régions, l’État, l’Europe Catherine Levraud (Modem, ex Vert) nota en préambule qu’« en France la régionalisation n’est pas finie, contrairement à l’Allemagne ou l’Espagne, et que les régions doivent réclamer des moyens pour pouvoir mener une politique culturelle. » Puis Ferdinand Richard (Europe Écologie) fit remarquer que son mouvement seul « inscrit l’Europe en son titre et n’a pas une approche jacobine mais fédéraliste. » Il admit que « le bilan culturel de cette région est bien meilleur que d’autres », mais affirma qu’il « fallait inverser la mécanique topdown, ne plus considérer la culture comme un outil de Notre Région et notre (?) Europe propagande national » mais « construire en bas pour aller vers le haut, dans l’idée d’une culture qui n’attend pas les subventions. » Plus précisément, il dit qu’on devait « dépasser la coopération décentralisée, construire d’autres réseaux, ne plus être là pour rayonner mais pour coopérer à l’échelle européenne » et conclut : « N’attendons plus rien du Ministère de la Culture, de CultureFrance et des copains du Président, de la femme de Monsieur Kouchner. Passons au-dessus de l’État, et construisons directement entre Européens des réseaux pour défendre les créateurs. » Patrick Mennucci réagit vivement : « Là j’ai un vrai désaccord. C’est très dangereux de baisser les bras au niveau national ! On ne doit pas laisser l’État se défausser sur une relation Régions/Europe qui l’arrangerait, lui permettrait de se débarrasser du ministère de la culture comme il en a l’intention. Les Régions doivent continuer à réclamer de l’argent à l’État, à faire augmenter son budget culturel, et à faire entrer la culture dans tous les secteurs. » Alain Hayot (Front de Gauche, actuel Vice Président délégué à la recherche et à la culture) avait déjà précisé que sa « vision de la politique culturelle européenne n’était pas précisément positive. » Il ajouta que « le budget annuel de l’Europe pour la Culture, c’est-à-dire pour 27 pays, est de 53 millions d’euros seulement, alors que le seul budget de la région PACA est de 75 millions. » Il admit que « le plan média, destiné aux industries culturelles, est un peu mieux doté, environ 107 millions par an, mais il impose une logique de mise en concurrence des régions contraire au principe de l’exception culturelle. » De même que les « braconnages » ! Alain Hayot parla de ces programmes européens d’éducation, de formation, sociaux, transversaux, territoriaux, (Feder, Fonds Social, Interreg, Equal, Urban, Leader+,ndlr) vers lesquels on poussait les opérateurs culturels à aller braconner des subventions, qui enferment les artistes dans des obligations non culturelles. « L’Europe c’est pas les Bisounours, elle ne prête qu’aux riches, à ceux qui ont déjà des subventions par ailleurs. Quant à l’Union Pour la Méditerranée, elle n’a aucun volet culturel : la volonté de coopération horizontale se heurte dans le réel aux logiques marchandes. » Agnès Mellon Économie et politique Au début de la rencontre, Catherine Levraud se réjouissait d’avoir à parler culture « car c’est un endroit où la vision politicienne s’efface devant les dossiers, et où par obligation on travaille avec les autres sans clivage, ce qui correspond à la volonté des centristes. » Visiblement Alain Hayot a une vision diamétralement opposée. « On doit discuter de politique culturelle européenne dans les mêmes termes qu’on discute de politique nationale. Sauf qu’il n’y a pas de politique culturelle européenne aujourd’hui. Mais s’il y en avait une, elle serait libérale ! Or nous défendons une culture émancipatrice, pas une culture qui rapporte. » Quant au « topdown » évoqué par Ferdinand Richard, Alain Hayot affirma qu’il n’existait plus : « Sur les 10 milliards que la France dépense pour la culture, 7 milliards sont assurés par les collectivités territoriales, dont 60% par les villes. Cela fait longtemps que la culture n’est plus le fait du Prince. Dans son financement du moins elle part du bas. » D’où les inquiétudes quant à l’avenir : « Le budget culturel des villes va essentiellement aux dépenses d’équipement, ou de fonctionnement des grosses structures, musées, conservatoires. Elles ne pourront couper là-dedans si leur budget diminue. Et ce sont aussi les 3 milliards dépensés par les régions et les départements qui permettent aux associations de fonctionner. La disparition des Départements, de la compétence culturelle des Régions et de la Taxe Professionnelle sont trois phénomènes conjugués qui vont assécher complètement la création. » Que faire ? « On ne peut plus être enfermés dans des logiques de cogestion avec un État prescripteur qui n’est plus le principal payeur. Il faut rompre avec les modèles, se fixer des objectifs émancipateurs. On le peut, on a du poids, même si le secteur culturel se caractérise par une précarité de l’emploi et peu de conventions collectives. En France la culture est le premier secteur économique, avant l’automobile, en PACA c’est le premier secteur d’emploi. Il représente une part considérable du PIB. D’ailleurs les libéraux commencent à prendre la mesure de ce que peut rapporter l’économie de la connaissance. » La réponse de Ferdinand Richard à cette question sur la politique à mener fut clairement différente : « Il faut construire des réseaux, l’Europe des États ça va dans le mur, la culture ça ne passe plus par l’échelon central de l’État. Les opérateurs culturels doivent avoir des projets d’autonomie, bâtir avec leurs pairs, s’affranchir des Princes et construire une économie sociale et solidaire. » Et Mennucci pensait qu’il n’y aurait pas débat ? AGNÈS FRESCHEL Le débat de l’ADCEI était co-organisé par la revue Mouvement, et mené conjointement par Frédéric Kahn et Frédéric Jambu



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