Zibeline n°27 mars 2010
Zibeline n°27 mars 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°27 de mars 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : théâtre... de la démocratisation culturelle.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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38 MUSIQUE HOMMAGE Double hommage à Barbizet « Chacune de ses leçons ressemblait à une fête. » Hélène Grimaud Les manifestations en hommage à Pierre Barbizet, disparu il y a 20 ans le 19 janvier 1990, ont pris fin au Théâtre du Gymnase et au Palais Carli. Des anciens élèves se sont relayés rituellement pour célébrer leur Maître : ce « musicien français de Marseille » qui a tant œuvré pour l’enseignement musical dans notre cité. Tous louent sa grande culture, et vouent une grande admiration à leur Maître. Ils consacrent aussi pour les plus « anciens », depuis près d’un demi-siècle, leur vie à la musique et à ce grand animal aux touches bicolores : le piano. La faute à cet homme, humaniste, musicien hors pair venu en 1963 prendre en main les destinées du Conservatoire qui porte aujourd’hui son nom : Pierre Barbizet. Il y a vingt ans sa disparition a laissé un vide dans la vie musicale locale, mais aussi dans le cœur de générations d’élèves que son enseignement a passionné. Acte I Ils sont là, en partie, le 17 janvier 2010, à avoir répondu présent à l’appel de Marseille-Concert, avec son épouse Caline Barbizet, le journaliste Jacques Bonnadier, les Gambini du label Lyrinx, toutes ces volontés qui se sont mobilisées pour dire à la face de la Cité : « N’oublions pas Pierre ! ». Marie-France Arakélian aux doigts fluides qui courent sur Schubert sans en perdre une croche, Pierre Pradier jouant Debussy sans maniérisme fortuit et Anne-Marie Ghirardelli dans Evelina Pitti Gerard Pau un tendre Chopin. Christiane Berlandini est de la première génération : elle se souvient émue d’une prestation devant Cortot, avant que le plus jeune, Nicolas Mazmanian, dévoile quelque composition sensible… Sans oublier l’inclassable Edouard Exerjean et ses mots filés au gré des notes ! Acte II 19 janvier, jour anniversaire de la date de la disparition de Barbizet. Les anciens élèves, devenus pianistes virtuoses, transmettent le flambeau du jeu généreux prodigué par le Maître. On retiendra la très belle interprétation de l’Appassionata de Beethoven par Evelina Pitti, intense et précise. La Valse de Ravel pour deux pianos fut assurée passionnément par Nathalie et Fabrice Lanoë, duo fraternel. Frédéric Aguessy, avec Chopin, amenait une touche plus intime, sensible, mais une Polonaise à la couleur trop mozartienne. L’ouragan Ludovic Selmi maîtrisait à merveille les gammes pittoresques de Chabrier puis jouait un Chopin brésilien, composition personnelle : époustouflant ! C’est toujours avec émotion qu’on retrouve le pianiste aveugle Bernard D’Ascoli, si clairvoyant dans Liszt et Chopin : corps qui vibre, notes égrenées avec ferveur et musicalité pour de superbes Jeux d’eau à la Villa d’Este. Une surprise de dernière minute avec la sonate de Poulenc pour flûte et piano par l’ami Ranson Wilson, flûtiste et Chrystelle Abinassr, pianiste, bel intermède, malgré certaines duretés de la flûte. Philippe Giusano donna toute sa fougue et son amplitude dans les Moments Musicaux de Rachmaninov, une gestique minimale mais une énergie maximale : quelle main gauche ! Le concert se terminait très tard avec la lumineuse sonate de Franck pour violon et piano où Laurent Korcia, élégiaque et diabolique nous emmena très loin, avec la merveilleuse complicité de la pianiste Thuy Anh Vuong. Un très beau récital de musiciens épanouis et généreux, dont peut s’enorgueillir la mémoire du maître. JACQUES FRESCHEL ET YVES BERGÉ L’empreinte est gravée Que reste-il du maître ? Des souvenirs, des disques, un Conservatoire qui a acquis des lettres de noblesse, une « école » de piano fondée sur l’égalité, la clarté et le chant… et un maître mot : « Enseigner c’est aimer ! ». Ses disciples les plus fameux se nomment aujourd’hui Philippe Giusiano, Jean-Yves Thibaudet, Hélène Grimaud… et tant d’autres talents que l’on a pu entendre au Gymnase lors des soirées hommage ! Outre ces concerts, des volontés locales ont tenu à marquer l’événement par des publications. On a déjà évoqué dans ces colonnes l’émouvante biographie publiée fin 2009 chez Jeanne Laffitte, écrite à une voix, celle de Caline, sa femme, pleine d’amour et d’admiration, et la main bienveillante de Jacques Bonnadier. Le roman d’une vie dont on Bernard d'Ascoli X-D.R. ne quitte plus le fil au gré des anecdotes et des photos-souvenirs… C‘est encore Jacques Bonnadier qui convoque notre mémoire. Il est à l’origine de la réédition en DVD de l’émission diffusée sur FR3 en 1990 au lendemain de la mort du pianiste. Le documentaire est agrémenté d’un bonus inédit : on y voit, et on y entend, Pierre Barbizet jouer Bach, Mozart, Milhaud, Beethoven… Indispensable ! C’est enfin chez Lyrinx -car le musicien plaçait volontiers ses doigts, les dernières années, sous les micros experts de René- que les Gambini dévoilent des inédits : Carnaval de Schumannou le Concerto italien de Bach, des Sonates de Mozart et les Variations sur « Ah vous-dirai-je, Maman » qu’il aimait tant… J.F. Livre : Pierre Barbizet - Le chant d’un piano, éditions Jeanne Laffitte DVD : Pierre Barbizet - 20 ans production Les Films du Soleil CD : Barbizet - Inédits Lyrinx LYR 272
LYRIQUE I MUSIQUE 39 Prima la musica ? À la question controversée de savoir si la musique domine le texte dans un opéra, Mozart écrivit en forme de réponse Les Noces de Figaro, premier fruit de sa collaboration avec Da Ponte datant de 1786, adapté de la toute récente et polémique pièce de Beaumarchais. Dans cet opera buffa moins comique qu’il n’y paraît, la musique fait jeu égal avec le texte savoureusement sulfureux qui préfigure les bouleversements sociaux de la fin du siècle : c’est donc le théâtre qui prime dans un chassécroisé du désir et de l’amour sur fond de conflit de sexes et de classes. Dans la nouvelle co-production de l’opéra de Toulon et de l’opéra théâtre d’Avignon donnée en janvier, le plateau était au diapason de l’orchestre, dans l’ensemble p irréprochable. Les innombrables tubes dont regorge la partition semblaient taillés sur mesure pour les chanteurs tant vocalement que scéniquement. Les décors (Yves Bernard) épurés et bien mis en lumière, ainsi que les costumes riches mais sans fioritures (Claude Masson) laissaient un espace de liberté idéal aux solistes évoluant dans une mise en scène remarquablement sobre (Christian Gangneron), contrepoint idéal à la complexité des situations, qui n’enlevait rien à la dynamique de l’action. L’équilibre des ensembles vocaux offrait aux spectateurs des moments grisants, joyaux de virtuosité vocale, accompagnés par la direction ferme et subtile du chef Giuliano Carella. Mikhail Petrenko très convaincant Stop ! Chef d’œuvre… L’Opéra de Marseille propose chaque saison un opus ignoré du XX e siècle. Bonne pioche avec The Saint of Bleecker Street ! Le travail accompli par la direction artistique du théâtre a prouvé, ces dernières années, que la création lyrique populaire ne s’arrête pas avec Puccini : le siècle précédent est jalonné d’œuvres passionnantes et abordables. Ainsi a-t-on heureusement découvert, depuis 2004, L’Aiglon (1937) d’Ibert/Honegger, L’Héritière (1974) ou Colombe (1961) de Damase… Maria Golovin (1958) avait convaincu le public marseillais il y a quatre ans et c’est avec intérêt que le mélomane, lassé des sempiternels bestsellers du répertoire qui se réduit aujourd’hui à un Bizet et une demi-douzaine de Verdi/Puccini, attendait l’opéra fétiche de Menotti. Il y a manifestement du Dialogues des Carmélites (1956) -monté sur la Canebière en 2006- dans cet opus quasi contemporain, tant par son sujet que sa valeur. La fine construction dramatique et le langage musical sondant les rapports intimes des personnages, le soin apporté au dessin mélodique, à une harmonie expressive et préhensible, les couleurs symphoniques chatoyantes, l’alternance « classique » du récit continu et de grands airs restent avantageusement au service de l’émotion. De plus, le livret (en anglais) n’a rien d’un prétexte à numéros : il met en scène les doutes de l’auteur sur sa foi et sa faculté d’immigré italien (à New York dans Little Italy) à s’élever au-dessus de sa condition première, à s’extirper (sans en périr) du poids de la tradition. 49 en Figaro juvénile et hyperactif ainsi que Roberto Tagliavini en Comte Almaviva fragile et puissant, donnaient la réplique à des rôles féminins impeccablement tenus par Alexandra Coku (Comtesse), Ainhoa de sa propre croix. L’analyse psychologique fouillée, les questions de la foi et de l’agnosticisme, de la liberté et des interdits, de la chair et de l’esprit, du poids social et de la coutume sont primordiales et la mise en scène d’une rare intelligence (et beauté) de Stephen Medcalf vient souligner les récurrences passionnelles et sacrificielles des héros. Le plateau, remarquablement distribué, est emmené par la « Sainte » (Karen Vourc’h) élue possédée, pure et fragile, voulant prendre le voile et son bourru de « fratello » (Attila B.Kiss) voulant l’en empêcher. On souligne aussi la performance Les Noces de Figaro Frédéric Stéphan Garmendia (Suzanna), Carine Séchaye (Chérubin) et Sophie Pondjiclis (Marcellina). Une belle réussite. EMILIEN MOREAU des Chœurs de l’Opéra très présents, en particulier dans les périlleux chorals à caractère liturgique encadrant une œuvre magistrale, un véritable sommet lyrique du XX e siècle. JACQUES FRESCHEL The Saint of Bleecker Street a été joué du 12 au 19 fév. à l’Opéra de Marseille The Saint of Bleecker Street, photo de répétition Christian DRESSE 2010 Passion moderne Le couple classique des « amants d’opéra » est renouvelé avec l’amour « incestuel » d’un frère et sa sœur, chacun voulant sauver l’autre (et lui-même ?)



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