Zibeline n°27 mars 2010
Zibeline n°27 mars 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°27 de mars 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : théâtre... de la démocratisation culturelle.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 34 - 35  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
34 35
IX SPECTACLES LE GYPTIS Durant trois semaines la création d’Hypatie ou la mémoire des hommes, mis en scène par Andonis Vouyoucas, co-directeur du Gyptis, a rempli la salle de la Belle de Mai d’un public composite, souvent jeune, enthousiaste. Retour sur une création originale Afin que la raison triomphe… Le projet d’Andonis Vouyoucas était enthousiasmant. Il consistait à rassembler, à cette heure de plateaux réduits, acteurs, danseurs et musiciens de la région ; le texte de Pan Bouyoucas, la musique d’Alexandra Markeas et la danse de Josette Baïz étant originales. De plus cette triple création permettait, autour du problème de l’intolérance religieuse, de mettre en lumière une figure historique de femme, et un auteur québécois inconnu. Mais les bonnes intentions font-elles les bons spectacles ? Le résultat n’est pas tout à fait à la hauteur des attentes : le texte, très efficace dramatiquement, met en scène des conflits portés par les personnages et permet de captiver le public autour de l’intrigue pendant 2h30. On lui pardonne donc quelques vraies lourdeurs de langue… d’autant qu’Agnès Audiffren, dans le rôle titre, est absolument bouleversante de a force, de subtilité, d’incarnation qu’on dirait volontiers christique si elle n’était si caractéristiquement athée… Mais le reste du plateau n’est pas à sa hauteur, s’en sort plus ou moins bien (sauf Stéphanie Fatout qui est elle aussi épatante), chacun étant visiblement animé davantage par son idée du personnage que par une direction d’acteurs cohérente et commune. Le reste, qui ne fait pas qu’habiller la pièce, est aussi inégal : la musique (voir ci-dessous) et la danse sortent vraiment du commun, les trois moments dansés par Grenade étant d’une qualité technique évidente, et d’une grande force émotionnelle, tendre ou sauvage ; le décor, finalement assez fonctionnel, a un petit côté peplum (sobre) de même que les costumes. Inégal donc, et imparfait… mais dans l’ensemble Hypatie atteint son but : faire revivre la mémoire, montrer que l’histoire a aussi été marquée par des femmes Agnès Mellon oubliées, défendre la culture, l’expérimentation, la raison. Et surtout, faire passer auprès d’un large public une réflexion profonde, et contemporaine, sur l’intolérance religieuse : à travers l’obscurantisme chrétien de l’époque, c’est bien évidemment tous les fanatismes religieux qui sont visés. Tous ceux qui mettent la foi au-dessus de la raison, voire du bon sens. AGNES FRESCHEL La musique d’Hypatie La place de la musique dans Hypatie, n’est heureusement pas réduite, comme on le voit souvent au théâtre, à la présence tape à l’œil d’un percussionniste improvisant quelque rythme d’accompagnement… Alexandros Markéas livre une musique écrite et précise qu’il confie à un trio de métier issu de l’ensemble Télémaque. Le hautbois de Blandine Bacqué lance des stridences sarcastiques, figures ondulantes ou pointillistes, des trilles suspensifs, le guitariste Philippe Azoulay égrène arpèges, harmoniques et glissandos, quand, sautant du vibraphone aux toms, Christian Bini colore le tout d’accents funèbres ou de roulements farouches. L’ensemble est parfaitement en place ! Il commente le récit, souligne les transitions, ponctue, renforce l’architecture cyclique du drame : de l’autodafé initial au sacrifice final. Peu de références géographiques ou « folkloristes ». Seule une polyphonie de type méditerranéen retentit lors des deux processions qui encadrent la pièce. Le langage coloriste, s’il n’oublie pas un certain lyrisme, ni un principe « tonal », reste éminemment moderne. On comprend mieux ainsi que c’est d’aujourd’hui dont il est question dans la critique proposée sur l’intolérance et le fanatisme religieux d’avant-hier. Même si les apparitions puissantes et statuaires de la soprano Muriel Tomao tirent le spectacle du côté de la Tragédie-lyrique baroque, voire antique… JACQUES FRESCHEL Un groupe d’élèves de seconde STL du lycée Marie Curie (Marseille) est allé voir Hypatie. Voici le résultat de leurs réflexions, parfois différent des nôtres… La flamme d’Hypatie D’abord il y a Hypatie, une femme très différente de celles de son époque, le IV e siècle après JC. Habitante d’Alexandrie, conservatrice de sa fameuse bibliothèque, elle est un modèle de liberté et de courage puisqu’elle défend ses idées avec ardeur. Une femme exceptionnelle, scientifique, intellectuelle, féministe avant l’heure aussi. Elle se dresse face aux hommes et reste insoumise jusqu’au bout, jusqu’à perdre la vie. Ce personnage original (et historique !) est mis en valeur par le spectacle. Avec ses décors et ses costumes sobres, sa mise en scène dépouillée et très contemporaine, son texte clair, Hypatie… n’est pas seulement une tragédie théâtrale. La musique, le chant et la danse soulignent sur scène les temps forts de l’histoire et en font un spectacle total, très rythmé. Et puis, bien que l’action se déroule dans l’Antiquité, les obstacles auxquels Hypatie et son amie Sarah se heurtent restent d’actualité. L’intolérance religieuse (persécution des Juifs, hégémonie chrétienne), les discriminations envers les femmes (sexisme, interdiction d’accéder au savoir), la défense de la liberté d’expression et de pensée pour tous, tout ce qui révolte ou passionne l’ardente Hypatie nous parle encore aujourd’hui. Au final, héroïne attachante + thèmes forts + mise en scène inhabituelle = un spectacle très réussi, que nous avons bien apprécié, malgré quelques longueurs. JOHANNA, JADE, CHLOE, ROMI, ESTELLE, JUSTINE, XAVIER ET LES AUTRES…
Cosmique Veillée # Cavaillon Guy Alloucherie, Cie HVDZ jusqu’au vendredi 5 mars dans la ville de Cavaillon vendredi 5 mars 14h et 20h30 au Théâtre de Cavaillon Blupblupien Sur la minuscule île de Blupblup, il n’y a plus qu’un seul habitant, Kadouma, grand et noir de peau…, jusqu’au jour où Mamie Ouate, une lilliputienne blanche, le rejoint. Dès lors, plus rien ne sera comme avant ! Car Mamie Ouate est une vieille dame indigne, une entomologiste qui rêve de capturer un papillon rare et troque les services de Kadouma contre du crabe et du foie gras… Servi par de magnifiques acteurs, le texte de Joël Jouanneau résonne dans tous les esprits, même les plus jeunes : à travers l’évocation du blanc et du noir, du grand et du petit, du Nord et du Sud, il parle des différences, de la rencontre, de la force de deux âmes réunies. Mamie Ouate en Papoâsie Joël Jouanneau à partir de 6 ans mardi 16 mars 19h Espace culturel Folard, Morières-les-Avignon vendredi 19 mars 19h Salle des fêtes, Mérindol mardi 23 mars 19h Salle des fêtes, Cabrières d’Avignon jeudi 25 mars 19h Salle des fêtes, Le Thor vendredi 26 mars 19h Cinéma l’Eden, Noves Il y a du défi dans l’air, et pas des moindres, avec l’auteur et metteur en scène Didier Galas qui veut « offrir au public le vertige exaltant que procurent les connaissances actuelles de l’astrophysique ». Comment ? Mais en rêvant, tout simplement. Ou en voyageant dans l’espace et le temps, pour peu que l’on marche sur les pas des trois comédiensdanseurs qui s’y connaissent en constellation, comètes, nébuleuse, voie lactée et autres étoiles filantes… Les pieds dans les étoiles est un spectacle pour les astrophysiciens en herbe et les rêveurs de tout poil sensibles à la poésie du cosmos. À la veillée Guy Alloucherie et sa compagnie HVDZ, à l’invitation du théâtre de Cavaillon, sont partis à la rencontre du territoire et de ses habitants. Ils ont déambulé, collecté des témoignages, proposé des performances et multiplié les formes d’art : danse, théâtre, vidéo, cirque… De ces découvertes réciproques est né un spectacle, ou plutôt « une veillée », comme on rend compte et raconte une histoire. Une drôle d’histoire simple qui concerne chacun, artistes et habitants, embarqués ensemble dans une veillée sans sommeil. CSibran Eric Legrand Fraternité Les deux acrobates Frédéric Arsenault et Alexandre Fray connaissent bien Cavaillon pour avoir arpenté la ville à l’occasion de la Veillée proposée par Guy Alloucherie. Ils reviennent au Théâtre avec Appris par corps, duo sur la relation humaine de deux êtres indispensables l’un à l’autre : le porteur et son voltigeur. Métaphore de l’union fraternelle et du dépassement de soi. Conçue d’après Les Météores de Michel Tournier, la pièce emprunte à la danse, au théâtre et au cirque pour se faire l’écho de toute l’ambiguïté des relations humaines. AU PROGRAMME Riccardo Musacchio & Flavio Ianniello SPECTACLES X Les pieds dans les étoiles Didier Galas, Ensemble Lidonnes à partir de 8 ans mardi 2 mars 19h Le Cadran, Briançon 04 92 25 52 52 www.theatre-le-cadran.eu et vendredi 5 mars 19h La Passerelle, Gap 04 92 52 52 52 www.theatre-la-passerelle.eu Fantasque Après Chorus de babioles pour un manipulateur singulier – Hodja vol.1, le projet transfrontalier France- Turquie de Vincent Berhaultet Ilka Madachepoursuit son chemin. J’attends mes lokums chez le kuaför, deuxième opus en forme de performance effrénée, raconte les pérégrinations imaginaires d’un archiviste fantasque et de son assistant, un clone-clown turc… Anti-héros, monde-laboratoire, intelligence artificielle, voyage immobile : un spectacle à mi-chemin entre deux mondes, celui de Jules Verne et de Cervantès… J’attends mes lokums chez le kuaför Vincent Berhault et Ilka Madache, Cie Les Singuliers à partir de 12 ans vendredi 26 février 20h30 Théâtre d’Arles 04 90 52 51 51 www.theatre-arles.com Vrai-faux We are la France, écrit par Jean-Charles Massera, est une petite leçon d’économie politique à l’usage des ados et de tous ceux qui souhaitent capter l’air du temps, et le comprendre. Entre un patron d’une firme de jeux vidéos et la mère du petit Jordan en situation d’échec scolaire, les échanges sont vifs, parasités par une télévision, symbole de la consommation moderne ! La Compagnie de la Tentative invite ici à une vraiefausse conférence plus percutante qu’un long discours, et malgré tout optimiste. We are la France Benoît Lambert, Cie Théâtre de la tentative à partir de 14 ans jeudi 4 mars 19h30, vendredi 5 et samedi 6 mars 20h30 Espace van Gogh, Arles X-D.R Appris par corps Un loup pour l’homme lundi 1er mars 19h et mardi 2 mars 20h30 Théâtre de Cavaillon www.theatredecavaillon.com



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 1Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 2-3Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 4-5Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 6-7Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 8-9Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 10-11Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 12-13Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 14-15Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 16-17Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 18-19Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 20-21Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 22-23Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 24-25Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 26-27Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 28-29Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 30-31Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 32-33Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 34-35Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 36-37Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 38-39Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 40-41Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 42-43Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 44-45Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 46-47Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 48-49Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 50-51Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 52-53Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 54-55Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 56-57Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 58-59Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 60-61Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 62-63Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 64-65Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 66-67Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 68-69Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 70-71Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 72-73Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 74-75Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 76-77Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 78-79Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 80-81Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 82-83Zibeline numéro 27 mars 2010 Page 84