Zibeline n°27 mars 2010
Zibeline n°27 mars 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°27 de mars 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : théâtre... de la démocratisation culturelle.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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VII SPECTACLES Amour et chuchotements Seule dans ma peau d’âne est tout sauf un spectacle bavard. Intelligent, délicat, il réinvente le conte de Charles Perrault par petites touches sonores et visuelles : ritournelles déglinguées, monologue imagé tendrement susurré, longue robe blanche pour la Reine et manteau sombre pour l’Ânesse habilement suspendus aux cintres. Dans cette atmosphère intime, une voix chuchote l’histoire douloureuse de cette jeune fille obligée de se cacher sous une peau d’âne pour fuir l’amour d’un père trop exclusif… La mise en scène et en lumière d’Estelle Savasta est tout en retenue, entre suggestions et évocations ; et le jeu de Camille Forgerit volontairement déconnecté d’un récit plus cru qu’il n’y paraît. La comédienne est lumineuse, et exprime avec poésie toute la gamme des sentiments, même les plus violents : l’amour fusionnel avec la mère, la souffrance de sa mort, la solitude, le désespoir de la fuite… Au sensationnel racoleur, Estelle Savasta SAINTE-MAXIME LE REVEST MASSALIA D n préfère s’en tenir à l’essentiel par des accessoires inventifs, un jeu de scène économe (gestes chorégraphiques et langue des signes), des mots familiers tels une comptine. Un texte qui touche les enfants, un imaginaire qui parle aux adultes. La réussite de Seule dans ma peau d’âne -qui fut d’ailleurs nominé aux Molières Jeune public 2008- tient dans la lumière qui l’habite et qu’il diffuse longtemps. Comme la petite luciole dans la tête de l’infante l’illumine d’espoir. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Seule dans ma peau d’âne (Cie Hyppolite a mal au cœur) a été joué les 4 et 5 février au Carré Léon Gaumont, Sainte-Maxime (83) Trois clowns sur un plateau En reprenant Les clowns, spectacle créé en 2005, François Cervantes réaffirme son attachement au personnage poétique et politique, éminemment théâtral donc, du clown, « être ridicule, maladroit, inadapté, mais brûlant de désir », « homme qui déborde de lui-même », « poème sur pattes ». Les clowns, c’est la rencontre sur scène de trois de ces spécimens : Arletti (Catherine Germain), Zig (Dominique Chevallier), Le Boudu (Bonaventure Gacon). À chacun son registre. Il y a la gentille, un peu fofolle, qui s’émerveille de tout, qui aime bien aussi mener les deux autres à la baguette. Il y a le grand pataud, qui s’effraie d’un rien et promène sa présence lunaire. Et puis il y a le méchant, vaguement ogre, très seul surtout. Trois clowns, trois façons d’être au monde déclinées en trois tableaux réjouissants, qui interrogent avec finesse l’évolution de ce caractère. Le premier acte Captive et mutante Dans un décor géométrique qui n’est pas sans évoquer Mondrian, revêtues de costumes gris et blanc que Pierre Cardin n’aurait pas reniés, trois danseuses « envahissent » le plateau savamment mis en lumière. Clin d’œil à la série culte des années 70 ? Peutêtre une réminiscence inconsciente. Dans Effet papillon Mylène Benoit, artiste plasticienne et chorégraphe de la compagnie Contour progressif, interpelle les relations entre la danse et le jeu vidéo. Et s’interroge : cette rencontre est-elle une façon de faire muter les corps ? Si l’on en croit les silhouettes asexuées, quasi désincarnées, leurs combats à fleuret moucheté, leurs déplacements syncopés de poupées désarticulées et de marionnettes robotisées, la réalité du corps humain est un immense laboratoire. Surtout quand celle-ci est appréhendée dans son rapport à l’image, au jeu vidéo, aux territoires virtuels.ei Les clowns Christophe Raynaud de Lage campe sur la tradition, avec une scène de rencontre plutôt conforme à ce qu’on peut voir au cirque, postures, mimiques et échanges de coups compris. Le deuxième s’en démarque et offre une plongée jubilatoire dans l’absurde (ce n’est sans doute pas Munies de capteurs (processus exploré dès 2000 par le duo précurseur N + N Corsino), les trois interprètes évoluent dans un univers aseptisé, X-D.R Seule dans ma peau d’âne X-D.R par hasard que Zig lit « Beckett » au lieu de « Kenneth »). Cauchemar de mariage et de mouche géante, le public conquis se gondole. Troisième acte, bouquet final : les clowns décident de jouer King Lear ! Arletti se fait metteur en scène et despote fatigué, les deux autres filles du roi, avec tresses postiches, rollers et château en carton. Cette scène burlesque, très écrite, est magistrale. Du grand art de clown contemporain, qui se joue des classiques et des conventions théâtrales pour dire la solitude humaine et la folie du monde. Comme Shakespeare ! FRED ROBERT Les citations sont extraites du très beau livre cosigné par François Cervantes et Catherine Germain, Le clown Arletti, vingt ans de ravissement (voir Zib 15) Les clowns est présenté au Théâtre Massalia jusqu’au 27 février humanoïdes plongés dans une bulle d’oxygène : la danse est blanche, muette, précise, sans effets sauf dans les trajectoires heurtées et les coups de pied incisifs qui cinglent l’espace. Le jeune public, auquel s’adresse Effet papillon, est conquis par ce spectacle dont il maîtrise le vocabulaire, les codes et les frontières. Dans ce sens, la symbiose est parfaite entre le propos, la technologie et la forme chorégraphique (très plastique, et pour cause…). Mais la danse s’en trouve parfois phagocytée. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Effet papillon a été donné les 18 et 19 janvier au PôleJeunePublic Le Revest et le 23 janvier au Carré Léon Gaumont à Sainte-Maxime
THÉÂTRE DE FOS BADABOUM GRAND THÉÂTRE DE PROVENCE SPECTACLES VIII Morceau de choix ipt 0 A. 1'1fr.'Lms-, Devant un parterre de petits yeux ébahis, la comédienne Nathalie Della Vedova ouvre ses voletslunettes, et entonne doucement « Il était un petit homme, Pirouette Cacahuète… ». Toit sur la tête et marionnette à doigt prête à bondir (le facteur commence sa tournée en chantonnant), la comédienne joue tour à tour tous les petits personnages de cet univers miniature dont l’esthétique plastique très colorée fait merveille. La perte du nez du facteur engendre quelques rencontres insolites et fort drôles, cochon, chien, et même bonhomme de neige se feront voler leur appendice par un facteur bien malheureux. Des saisons aux détournements d’objets (les maisons ont une vie propre que le facteur découvre), jusqu’aux marionnettes très originales, le petit monde de Mon Nez est bourré de trouvailles propres à éveiller la curiosité et l’imaginaire des tout- petits, sans tomber pour autant dans la facilité. DO.M. Mon Nez a été joué au Théâtre de Fos le 27 janvier et au Forum des jeunes et de la culture à Berre le 3 février « Trois p’tites notes de musique… » et nous dévidons nos souvenirs… Dans son taxi qui l’emporte, la star, robe longue, paillettes, fourrure, se laisse bercer par de vieux tubes, nostalgie, détresse, solitude de l’ancienne idole… Tout est là, à la fois grandiose et dérisoire… Installation tragique nécessaire à l’opéra ? Ici la mise en scène alerte, inventive, module avec des éléments simples les passages entre la loge, la scène, le dancing, la rame de métro (excellent !), le café, la Mon Nez Cie Objet sensible 12° Curiosité lumineuse Quel enfant n’a pas tremblé en écoutant l’histoire de Barbe Bleue et de ses femmes mortes dans un cabinet secret au sol couvert de sang ? Qui n’a pas été terrifié quand la tache de sang sur la petite clé d’or ne voulait plus partir ? Qui n’a pas psalmodié « Anne, ma soeur Anne... » en espérant voir surgir les cavaliers libérateurs ? Toutes ces émotions remontant de la mémoire saisissent adultes et enfants effrayés par le noir entre les deux tableaux... Laurence Janner a proposé un spectacle sensible s’inspirant de très près à la fois du conte de Perrault et de l’opéra de Béla Bartok. La scénographie et les lumières sculptent véritablement l’espace, tandis que la bande sonore subtile de Julien et Nicolas Martin participe à l’action. Le premier tableau se déroule devant des murs tendus du rouge de la tentation et de la désobéissance. Les deux comédiens, Marianne Houpie et Jérôme Rigaud, narrent le conte, instaurant la nécessaire distanciation avec le personnage. Puis le deuxième tableau plonge dans l’univers onirique du livret de Béla Bálazs : sur les murs du Château sont projetés des images de batailles, de tortures, de joyaux, les lumières scintillent, les portes s’ouvrent ; car Judith, la nouvelle épouse veut faire rentrer le soleil dans cette demeure humide. Elle veut tout savoir, Judith, mais la vérité est terrible. Et elle disparaît dans un labyrinthe lumineux... CHRIS BOURGUE La Barbe-Bleue a été présentée du 20 au 30 janvier au Badaboum, Marseille Ces chansons qui font la vie rue… Une intrigue lâche suit l’enveloppe rouge accompagnée d’un bouquet et donnée par un admirateur transi, fui d’abord, puis recherché… Éternel jeu du « je t’aime moi non plus » ! Le propos est léger et renouvelle les airs qui suivent une véritable cure de jouvence grâce aux voix superbes de la troupe Les cris de Paris, sous la direction de Geoffroy Jourdain, et au jeu des acteurs du Théâtre de l’Incrédule. Les scènes s’enchaînent, on glisse de registre en registre, à la suite de quelques personnages récurrents. La mise en scène de Benjamin Lazar, vive et dynamique, emporte dans un même mouvement acteurs et musiciens. Les musiques fusent, les voix se substituent à tout un orchestre, les thèmes s’enchâssent avec un extraordinaire brio, parfois au cœur d’un même morceau. Les spectateurs éprouvent le délicieux plaisir des retrouvailles, renouent aussi avec leur passé ou retrouvent celui de leurs La Barbe-Bleue Gaelle Vaillant À venir au Badaboum La jeune fille, le diable et le moulin d’Olivier Py Jean-Paul Ouvrard mercredi 24, vendredi 26 et samedi 27 février 14h30 Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll Laurence Janner mercredi 3, samedi 6, mercredi 10, samedi 13 mars 14h30 Le roi Grenouille et la chèvre de monsieur Seguin d’après Grimm et Alphonse daudet Jonathan Bidot mercredi 17, samedi 20, mercredi 24, samedi 27 mars 14h30 www.badaboum-theatre.com parents, reconnaissant des mélodies oubliées… Tout va si vite, de Chaplin à Jeannette, d’Aznavour aux Rita Mitsouko, impossible de s’arrêter à un chant, il y en a plus de 80 ! Un véritable bonheur de nostalgie, à transmettre. MARYVONNE COLOMBANI Lalala Opéra en chansons a été donné les 29 et 30 janvier au Grand théâtre de Provence, Aix O X-D.R



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