Zibeline n°27 mars 2010
Zibeline n°27 mars 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°27 de mars 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : théâtre... de la démocratisation culturelle.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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V FESTIVAL LES ÉLANCÉES Comme chaque année les Élancées ont mis le geste au cœur des habitants d’Ouest Provence, pour un festival de créations Un autre cirque Difficile de juger du cirque vietnamien à l’aune du nôtre ! Issu d’une tradition ancienne, à la fois gymnique et musicale, il n’a pas eu à s’affranchir de la piste, des animaux, et a toujours été choral, à la croisée du théâtre, du chant, de la danse, et de la gymnastique. La troupe qui tourne Lang Toï en Europe est issue de cette tradition là, mais s’est aussi débarrassée de ses rites narratifs figés pour adopter une dramaturgie compréhensible par les occidentaux. Il est question de la vie d’un village, et si quelques poses souriantes déconcertent, la beauté plastique de la scénographie de bambous emporte l’enthousiasme. De même que certains numéros individuels : le percussionniste jongleur fait un numéro d’une précision et d’une musicalité totalement inédites, et époustouflantes. Mais le plus épatant reste la cohésion de groupe : dans ces numéros réglés au millimètre chacun, sans attirer sur lui le regard, participe à l’élaboration de tableaux acrobatiques collectifs. Ou joue, comme dans un orchestre, sa partie musicale et gestuelle. Et l’on se Détournement aérien Que voilà un titre bien trouvé ! Le Bal Caustique concocté par les deux artistes du Cirque Hirsute, Mathilde Sebald et Damien Gaumet, fut en effet mordant, piquant et narquois ! C’est un univers surréaliste qui est proposé d’emblée, et les repères n’y sont pas forcément des plus rassurants : une commode d’époque se balance dans les airs telle une pendule, une chaise sans assise fonctionne comme un culbuto, une plante en pot trace son chemin sur la scène et finira décimée… Et quand tout à l’air normal se pointe le détail qui fait tout chavirer… Avec fantaisie et poésie les lois de la physique sont déjouées, transcendées par deux énergumènes talentueux et surprenants. Le Bal Caustique s’est déroulé le 30 janvier au Théâtre de Fos En toute confiance Dans une semi-pénombre des corps se meuvent, rampent les uns sur les autres, à la verticale, des pyramides se construisent et se déconstruisent aussi vite, sans bruit, glissements félins de jambes, de bras, rétablissements… Les acrobates porteurs et voltigeurs de la Cie XY sont sidérants : bousculant allégrement les codes des portés acrobatiques, les dix-sept artistes réinventent une loi, celle de l’apesanteur. Avec une apparente facilité, et une grâce infinie, les corps trans-forment l’espace ; dans un mouvement permanent les chorégraphies se succèdent, pyramides, colonnes, lancés de plus en plus exigeants et compliqués… sans qu’à aucun moment la performance physique ne prenne le dessus sur l’émotion, qui réside dans cette confiance sans réserve qu’ils accordent à l’autre. Et qui rend le spectacle plus touchant encore. Le grand C a été porté par la Cie XY le 2 février au Théâtre de la Colonne à Miramasr. rend compte soudain que le nouveau cirque occidental reste comme l’ancien un art de solistes… Lang Toï a été joué en ouverture des Élancées les 27 et 28 janvier Le Grand C C-Raynaud de Lage Lang Toï X-D.R Les inséparables S’il place depuis longtemps la relation adultes/enfants au cœur de ses chorégraphies, Jacques Fargearel ne l’avait jamais placée sous l’angle du hip hop, comme dans Ces deux-là, duo magnifique entre un jeune homme et un petit garçon sur le thème de la relation fraternelle. La surface noire de la scène est découpée par de longs pans de tapis de couleurs vives, qui sont autant de chemins qu’empruntent le petit et le grand frère, chacun de son côté ou ensemble. Une belle complicité les unit. Les regards se soudent, les corps sont comme aimantés, le petit d’homme, sourire en coin, copie son aîné avant de virevolter, seul et impérial, accomplissant avec brio une figure étonnante. Provocations, tendresse, souplesse, humour… tout est visible, tout est palpable au sein de cette fratrie solidaire. Ces deux-là a été créé le 30 janvier à l’Espace 233 à Istres Exercice de style 3 au Cube est la nouvelle pièce chorégraphique de la Cie X-Press. Abderzak Houmi s’attache cette fois au volume, à la structure de cette figure géométrique autour de laquelle trois danseurs de hip hop -dont deux femmes- évoluent. Les tableaux se succèdent, entrecoupés de jeux de lumière et de musique stroboscopiques, chacun mettant en avant un univers. Si l’ensemble manque un peu de cohérence, certains moments sont très réussis : au cœur d’une boite de nuit, boule à facette incluse, une belle énergie se déclenche ; puis, dans un noir quasi parfait, ils font danser des cubes de couleurs sur une musique un instant calmée… 3 au Cube de la cie X-Press a été dansé le 6 février au Théâtre de la Colonne à Miramas DOMINIQUE MARÇON ET AGNÈS FRESCHEL Bal caustique Jesus Ruiz de la Hermosa
LES SALINS CREAC THÉÂTRE DE GRASSE SPECTACLES VI < Radeau médusant Une création de plus aux Salins ! La scène nationale a pris l’habitude d’accompagner les artistes et Mathurin Bolze, acrobate et metteur en cirque, y prend ses aises sur un plateau à sa mesure. Avec ses compagnons il construit un univers du déséquilibre et de l’étonnement vertigineux. Les exploits s’y succèdent, essoufflants, dans un univers déconstruit, en friche, où les planches, cordages, rampes, filins sont les seuls appuis d’une plateforme voyageant entre ciel et terre, où tout bruit, grince, se choque. La musique assourdit (trop !), l’espace y est mouvant, destructible, faux comme les ombres qui se projettent sur un écran de papier, ou comme les branchages qui un instant semblent parer le radeau bringuebalé auquel ils s’accrochent. Penchés au dessus du vide, accrochés Troublant laboratoire Le principal défaut d’In Vitro 09 tient à sa qualité : fougueux, mais décalé. Paradoxal ? Non, car la création du CREAC est portée par de jeunes artistes européens et brésiliens tout juste sortis des meilleures écoles de cirque (Rio de Janeiro, ESAC de Bruxelles, CNAC de Châlons-en- Champagne et The Circus Space de Londre). Ils insufflent un vent de fraîcheur au scénario écrit en 1997 mais le spectacle n’avait nul besoin de synopsis. Pourquoi évoquer un professeur, trois laborantins, deux générations de clones, une femme parfaite, parler « d’une sorte de parodie métaphysique entre effets burlesques et intentions satiriques où le monde de la création artistique dans le domaine au sol qui se dérobe, se troue, s’érige, se penche, les corps sont en mouvement constant, et les visages toujours tendus. Une sorte de lutte vitale a lieu pour rester debout, et chacun semble n’y percevoir que sa ti X-D.R des arts du cirque ressemble à un laboratoire clandestin » ? Cela brouille la lecture du spectacle durant lequel on cherche désespérément qui est qui, et qui fait quoi ! Le meilleur moyen de profiter de l’énergie généreuse et des prouesses techniques est d’imiter le jeune public : ignorer l’histoire pour se concentrer sur les tableaux visuels, les numéros acrobatiques, aériens, d’équilibre et de jonglerie qui s’enchaînent sur un rythme soutenu. D’autant que la création musicale live diffuse une énergie communicative. La troupe embarque le public dans son effervescence joyeuse quand, prisonnière d’une maxi cage et dominée par un maître de jeu impitoyable, elle offre de vrais moments de grâce. Comme l’apparition poétique et irréelle de « la femme parfaite », seul éclat de couleur rouge vermillon dans un paysage gris-noir, silhouette fragile en équilibre sur sa corde. Ou le corps à corps inventif et décalé du jongleur avec ses balles qui finiront par le clouer à terre. Ce n’est plus du jonglage, c’est de la prestidigitation. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Christophe Raynaud de Lage Triomphal ! Dans Agwa comme dans Correria, le chorégraphe Mourad Merzouki a su repousser les limites du hip hop pour inventer une danse plurielle qui parle à tous. Énergie débordante, virtuosité technique, inventivité formelle, musicalité des corps : face à la déferlante des 11 danseurs de Rio de Janeiro, le public du Théâtre de Grasse a été emporté par une vague. Applaudissements en cours de représentation et standing ovation ! … Figure de proue du mouvement depuis le début des années 90 et partenaire de création de Kader Attou durant cinq ans, son rayonnement est tel qu’il vient d’être nommé directeur du Centre chorégraphique national de Créteil et du Val-de-Marne. Une juste consécration pour cet artiste qui dépasse l’esprit purement hip hop en croisant avec sa compagnie Käfig les styles et les techniques, et aborde des sujets essentiels : l’eau précieuse qui coule dans nos veines ou la course effrénée de nos vies dans la jungle des villes. propre existence, même si parfois une main se tend pour soulever un corps voué à la chute. Les élans communs, rares et destructeurs, envoient valdinguer leur vaisseau suspendu, détruisent les surfaces stables, se perdent dans la frénésie, s’abîment dans le sporadique. Du goudron et des plumes ? La punition réservée aux tricheurs conviendrait bien peu à ces corps qui s’exposent sans concession et offrent sans frime le spectacle de leur virtuosité et de leur rugueuse jeunesse. Malgré quelques moments de creux, ces acrobates dansent… A.F. Du goudron et des plumes a été créé les 28 et 29 janvier au Théâtre des Salins, Martigues Agwa (agoa en portugais) met en péril les danseurs qui se déplacent au milieu d’un champ de verres en plastique, dessinant une sculpture humaine fragile et une « fontaine » miraculeuse. La pièce, colorée et jaillissante, relève de l’exploit technique. Correria, plus conceptuelle, ne manque pas d’humour ni de scènes performatives : dans une succession habile, les séquences s’enchaînent qui mettent à l’honneur l’élasticité des corps. Les postures, parfois, défient les lois de l’anatomie ! Et quand ils dansent sur un air d’opéra, une prothèse de jambe à la main comme pour ajouter à la confusion de leur course inutile, on se dit qu’il fallait oser. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Présenté au Théâtre de Grasse les 2, 3 et 4 février, Agwa/Correria est en tournée à Théâtres en Dracénie à Draguignan (29 mars), au théâtre de l’Olivier à Istres (30 mars) et au théâtre Les Salins à Martigues (1er avril) Agwa Agathe Poupeney Photoscene In Vitro 09 a été donné au CREAC à Marseille du 20 au 27 janvier et les 5 et 6 février à Istres (Les Elancées). Il sera repris du 2 au 4 mars à La Seyne (Janvier dans les Etoiles)



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