Zibeline n°27 mars 2010
Zibeline n°27 mars 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°27 de mars 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : théâtre... de la démocratisation culturelle.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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III ÉDUCATION Pourquoi n’y a-t-il pas de POMPOM BOYS ? Kartoffeln-Garcons-filles, état des lieux au college de l’Estaque-Marseille Nathalie Guillebert Portes ouvertes à Port-de-Bouc Les 23 et 27 mars, les lycées professionnels Jean Moulin et Montgrand, et le CFA Henri Rol Tanguy proposeront des journées portes ouvertes destinées à encourager la mixité dans des filières professionnelles traditionnellement très cloisonnées : un jeune en formation et un adulte pratiquant le métier correspondant témoigneront devant les collégiens du secteur et leurs familles de leur r- expérience et de leurs pratiques professionnelles. Voir une jeune fille en mécanique auto ou un jeune homme préparant les carrières sanitaires et sociales suscitera, espérons-le, des vocations ! A.FA Garçons-filles : un état des lieux communs Au collège de l’Estaque, les élèves étaient convoqués à un débat plutôt rébarbatif sur les relations garçons/filles. Des conférenciers sévères débattent de questions de principe. Mais la situation bascule vite et le ton compassé des intervenants, l’hygiénisme des graphiques et des statistiques cèdent devant l’humanité des protagonistes… Le macho, le puceau, la tapette, la Barbie, la ménagère, la coincée, l’intello : les lieux communs se fissurent les uns après les autres, à la faveur d’une danse qui les réconcilie, d’un rire qui les démasque, ou d’une confidence qui les gomme. Avec une remarquable économie de moyens, la compagnie Kartoffeln propose aux collèges du département un spectacle intelligent et sensible, qui joue sur la confusion des situations, entre la fiction théâtralisée et le débat à chaud, et sur la ligne de partage, à la fois ténue et essentielle, entre le masculin et le féminin, entre la caricature sociale et la singularité des êtres qui les incarnent. Aboutissement d’un travail en ateliers réalisés avec plusieurs collégiens, ce Mixité et égalité au travail : un chantier pour l’école À Métiérama (du 28 au 30 janvier à Marseille), un stand invitait les jeunes visiteurs à venir réfléchir sur leurs choix d’orientation : l’objectif étant de promouvoir la mixité dans tous les secteurs de formations. Entretien à cette occasion avec Françoise Rastit, déléguée régionale aux droits des femmes et de l’égalité. Zibeline : L’égalité entre garçons et filles peut-elle être considérée comme établie ? Françoise Rastit : Les progrès sur le plan législatif sont immenses, avec entre autres des avancées décisives comme la légalisation de l’IVG, la reconnaissance parentale de la mère ou l’accès à l’autonomie bancaire. Aujourd’hui, et au moins sur le papier, l’égalité est parfaite, mais son application est encore insuffisante. La lutte pour les droits de la femme n’est donc pas un sujet périmé ? La discrimination des femmes touche, finalement, près de la moitié de la population ! Dans les années 70, le discours était militant, combatif et médiatisé : c’était un sujet d’actualité. Aujourd’hui, il est plutôt abordé d’une manière technique, et la baisse de l’attention médiatique fait retomber dans les vieux schémas, d’autant plus difficiles à Kartoffeln - Garcons-filles, etat des lieux au college Mallarme, Marseille Nathalie Guillebert projet hybride transforme ainsi l’espace scolaire en un laboratoire où chacun expérimente son intimité et son rapport à l’espace public. Le débat qui suit permet aux élèves de revenir sur les questions évoquées, de la sexualité aux violences conjugales, de la répartition des tâches domestiques à celles des métiers. Manipuler les préjugés est un pari dangereux, qui conduit parfois à entériner les stéréotypes au lieu de les désamorcer : le spectacle relève le défi avec simplicité et sincérité, et a l’immense mérite de soulever beaucoup de questions sans prétendre les résoudre, des plus complexes aux plus drôles : et au fait, Monsieur, pourquoi il n’y a pas de pompom boys ? AUDE FANLO Garçons-filles : un état des lieux, spectacle financé par le Service de prévention du Conseil général des Bouches-du-Rhône, en tournée dans les collèges combattre qu’ils sont intériorisés par les filles elles-mêmes. C’est pourquoi il est important de travailler sur les stéréotypes comme moyen de sensibilisation, pour faire évoluer les mentalités. L’orientation professionnelle, l’accès aux formations et l’égalité au travail sont aussi des enjeux majeurs : par exemple, 46% des filles ont un bac S, mais on en retrouve seulement 25% en écoles d’ingénieurs. Quant au montant moyen national de la retraite, il est de 1600 € pour un homme contre 800 € pour les femmes, et 34% seulement d’entre elles peuvent prétendre à l’intégralité de leur pension, notamment en raison des temps partiels choisis… Le travail et la vie de famille sont donc encore vécus comme un antagonisme. Que peut-on dire aux jeunes générations pour éviter ça ? On peut leur dire que la meilleure éducation à donner à son enfant, c’est l’exemple : être un modèle de réussite, c’est important. La mixité est considérée par les entreprises ellesmêmes comme un atout humain et économique, et les jeunes ont leur place partout, quels que soient les secteurs d’activités qu’ils choisiront ! A.FA
ÉDUCATION IV Travail de fond, avec ou sans cerises LI 011 J.C Carbone Sans tambour ni trompette, l’action culturelle du Ballet Preljocaj en direction du jeune public joue sa musique en sourdine. Sauf qu’elle fédère près de 3000 élèves, de la maternelle au lycée, pour 325 heures d’ateliers en 2008/2009 ! Des chiffres auxquels il faut ajouter le nombre de jeunes spectateurs venus aux représentations hors temps scolaire… Ces actions de sensibilisation revêtent différentes formes selon les âges, mais le principe reste identique : la découverte de la danse s’opère par l’approche du lieu (coulisses, métiers, activités), par les représentations et les ateliers de pratiques chorégraphiques. Concrètement, les élèves visitent le Pavillon Noir, rencontrent les techniciens, les danseurs, assistent à une répétition, à des lectures vidéo-danse, à une intervention du G.U.I.D… Deux projets exemplaires méritent que l’on s’y arrête. Élèves du collège Louis Aragon lors d’un atelier avec le chorégraphe Miguel Nosibor J.C Carbone L’un au collège Louis Aragon à Roquevaire place des élèves de 6 e et 5 e au cœur de la danse à travers les regards complémentaires du chorégraphe, du danseur et du spectateur ; l’autre, plan d’Enseignement artistique et culturel (EAC), reconduit pour la 3 e année dans le cadre d’un conventionnement avec la Drac, l’Éducation nationale et la Ville d’Aix. La collaboration avec le collège Louis Aragon est née en 2006 à l’initiative d’un professeur d’EPS qui pilote le projet en interne. Depuis 2009 des élèves volontaires s’engagent sur l’année à voir 4 spectacles et à participer à 18h d’ateliers chorégraphiques. Ainsi, sur le thème « Du hip hop au contemporain », 13 filles et 7 garçons bénéficient de la présence de Miguel Nosibor, Emmanuel Gat, Pierre Rigal et Via Katlehong Dance. Quant à la création d’un spectacle de fin d’année, ce n’est une finalité en soi pour personne : le Ballet Preljocaj préfère la restitution du travail sous forme « d’un atelier ouvert », manière de créer une interaction entre les enfants, les parents, le personnel du collège et le Ballet. Changement d’échelle avec l’EAC qui concerne 300 élèves de 12 classes de CE2, CM1, CM2 d’Aix, Luynes, Les Milles, Puyricard et Couteron autour de la création de la compagnie Castafiore en mars à Aix. Un méga dispositif qui comporte des journées de formation des enseignants, des rencontres pédagogiques avec les intervenants, l’accueil de chaque classe au Pavillon Noir, un atelier hebdomadaire, 12 interventions du chorégraphe KarlBiscuit, la venue au spectacle Stand alone Zone. La restitution ne faisant pas partie de l’EAC, elle est la cerise sur le gâteau : présentation inter-classes, réalisation plastique (« cahier du danseur ») ou présentation aux parents… Dans l’une et l’autre des expériences, ce qui compte, « c’est la richesse mutuelle », la diversité du travail accompli par les enfants et les équipes pédagogiques à partir d’un même cadre. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Merci à Céline Jolivet et Mélanie Lebeq pour leur aide précieuse www.preljocaj.org Débutants en lumière L’ERAC, École régionale d’acteurs de Cannes, assure chaque année une formation béton pour une quinzaine de jeunes, recrutés pour 3 ans d’études riches d’expériences. Les formateurs, gens du spectacle aguerris, apportent des esthétiques diverses aux élèves-comédiens qui travaillent ensemble constamment, car la cohésion du groupe est indispensable. Lors de la 3 e année du cursus qui se déroule à Marseille, ils s’essaient à la mise en scène autour de projets libres qui les engagent tous, l’école apportant un soutien technique à la réalisation. Cette année cinq projets ont été réalisés. Les deux derniers étaient présentés les 29 et 30 janvier. Lambeaux du journal d’un fou, projet de Mikaël Teyssié, était une adaptation des Carnets d’un fou de Gogol auquel étaient ajoutés des Écrits bruts d’aliénés, mettant en lumière le processus de désadaptation progressive d’un jeune homme à la société. Mise en espace intéressante avec des personnages inscrits dans des cadres suspendus, les dates du journal annoncées par une speakerine enjôleuse. Un jeune gratte-papier se réalise en taillant des crayons dans un ministère, peu à peu son double s’introduit dans le récit, le délire s’installe et la réalité se transpose dans une vie réinventée... Julie Collomba, quant à elle, choisi d’écrire son texte, Merci Maman. Le thème n’est pas nouveau : une fratrie se réunit pour l’anniversaire de la mère qui les laisse seuls. Cela donne lieu à quelques mises au point, quelques révélations. L’intérêt se trouve dans le traitement décalé des interventions, des monologues qui s‘adressent au public, un certain humour. Didier Abadie, directeur de l’ERAC, déclare modestement qu’« il ne s’agit pas de mise en scène mais d’une expérimentation » pour assurer « l’autonomie et la responsabilisation » des jeunes comédiens. Pari plus que tenu ! CHRIS BOURGUE Les projets personnels des élèves de 3 e année ont été présentés au Studio de l’ERAC à la Friche À venir Crimes de l’amour mes Nadia Vonderheyden du 20 au 24 avril au Théâtre des Bernardines, Marseille 04 95 04 95 78 www.erac-cannes.fr



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