Zibeline n°27 mars 2010
Zibeline n°27 mars 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°27 de mars 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : théâtre... de la démocratisation culturelle.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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12 THÉÂTRE AVIGNON I Ci-gît Molière Retracer la vie et l’œuvre de Molière en 90 minutes relève du challenge ! Le comédien Jean-Vincent Brisa est totalement passionné et suffisamment généreux dans son jeu pour se lancer, seul en scène, dans cette aventure. Si le procédé dramatique reste efficace -le comédien se dédouble pour dialoguer avec l’auteur-, le flot de paroles est accaparant et empêche parfois le spectateur de lâcher prise. La scénographie sobre -un fauteuil pour Molière, un tabouret pour l’acteur, une perruque, un chandelierprend une véritable dimension sur la scène des Halles, dont le plateau est un rêve de théâtre où le parcours de Molière prend place : de ses débuts dans la tragédie au passage à la comédie, de ses relations avec Louis XIV dont il a été l’instrument, à son calvaire amoureux ; mais aussi de sa lutte contre l’hypocrisie et de sa difficulté à vivre dans un siècle où l’église exerçait un plein pouvoir politique, et du succès à la calomnie. Le comédien, qui évite la schizophrénie, donne à entendre des extraits, parfois longs, des pièces les moins connues. Molière, sans résoudre son mystère, apparaît émouvant, mélancolique et incompris, malgré son génie comique. Le spectacle se montre ainsi pédagogique et bien documenté. Il prouve à l’évidence l’inventivité inégalée de Molière qui donne une leçon de théâtre -voire un soufflet- à l’acteur. o Welcome to America Dans un astucieux décor, où des panneaux articulés créent trois espaces différents, la compagnie de Stéphane Valensi (qui signe la traduction), a présenté trois pièces du dramaturge juif new-yorkais Murray Schisgal, coscénariste du célèbre Tootsie. Valensi signe ici sa première mise en scène et c’est plutôt prometteur. Présentés dans leur ordre chronologique, Le Vieux Juif, Les Marchands ambulants et 74 Georgia Avenue, explorent les errements et les fragilités des personnages face aux incertitudes du réel et à la difficulté de concilier leur « je » avec le « jeu social ». Un triptyque sur les migrations urbaines et les mystères de l’identité. Souvent drôles parce que réalistes, les personnages sont admirablement incarnés par Stéphane Valensi, Marc Berman, Guilaine Londez et Paulin F. Fodouop. Le Vieux Juif nous plonge dans les abîmes de la solitude et de l’oubli. Les Marchands ambulants accueille un trio d’acteurs qui analysent l’exil et le rêve américain, où s’acheter un nom flambant neuf est le gage d’une intégration réussie. Grinçant. Jo le noir américain et Marty le juif newyorkais se découvrent, dans 74 Georgia Avenue, un passé commun qui resurgit sous l’influence de la légende juive du Dibbouk. Une sensation de lecture en noir et blanc traverse ces trois pièces universelles, tragiques, pleine d’humour juif et de fausse légèreté, qui observent l’absurdité du monde au cœur de l’humain. DELPHINE MICHELANGELI La trilogie Schisgal s’est jouée les 11 et 12 février au Théâtre des Halles, Avignon 74 Georgia avenue X-D.R. « Molière a été, Molière est et Molière sera. » D’accord, mais on regrette en ce cas une approche trop détachée de notre siècle. DE.M. Molière, une passion a été joué au Théâtre des Halles le 4 février o Jean-Dominique Rega Debout les auteurs ! « Une vague qui pense c’est l’âme humaine. » Sur ces vers d’Hugo, Serge Barbuscia, l’homme qui respire théâtre, invite les specta(c)teurs à naviguer entre cinq textes d’auteurs, ravi des passagers clandestins qui débordent de la cale prévue sur scène. « Acte e(s)t parole », devenu depuis trois ans « À l’Abordage », est une traversée théâtrale de trois jours consécutifs. Avant chaque lecture, des bouteilles à la mer, textes courts, forcément touchants, d’auteurs haïtiens. Le rendez-vous des lectures d’auteurs vivants, réunis cette année autour du thème de la famille et du couple, est conçu par Corinne Bernard, directrice de Beaumarchais SACD, qui choisit avec le capitaine du Balcon les cinq textes qu’ils partagent « comme des gourmandises ». Avec pour leitmotiv « le théâtre ne peut exister si les auteurs s’arrêtent d’écrire, il faut créer les classiques de demain. » Huit comédiens passionnants ont donc mis en 3D les pièces d’Anne Jolivet, Pascal Bancou, Céline Monsarrat, Michel Le Bihan et Carole Nugue. Tous participent au débat, animé par Radio France bleue, sur les processus d’écriture et questionnements sur le monde. Débat qui a toute sa place à Avignon, si désertée l’hiver. La directrice de Beaumarchais ne cache pas la surabondance de lectures, preuves du déficit en création. Si cette multiplication semble inéluctable, les décisionnaires, submergés de propositions, ne se déplacent souvent pas. Idem pendant le Festival : « si on est pas au musée Calvet avec Luchini, les lectures passent inaperçues. » Ça devient vraiment compliqué. DE.M À l’Abordage a eu lieu du 29 au 31 janv au théâtre du Balcon, Avignon.
ARLES CAVAILLON CHÂTEAU-ARNOUX THÉÂTRE 13 Quelle différence ? Écrit par la comédienne belge Vanessa Van Durme, Femme Blanche est un texte percutant, mis en scène par Jan Steen. Dans les années 20 au Maroc -alors protectorat français-, Claire, une Belge Flamande, vient d’enterrer son mari. Immergés dans la chaleur et moiteur de ce pays détesté, Claire et son jeune serviteur Slimane font l’état des lieux de leurs différences, cherchant ça et là des ressemblances possibles. Le temps s’étire, Claire se plaint, elle est vieille, malheureuse et le mal du pays lui fait désirer plus que tout la verdure et les vaches de son pays… tout en sachant qu’elle serait chez elle une étrangère. Texte cru, violent parfois, qui convoque sur scène les bougnoules et autres nègres d’une Histoire pas si éloignée que ça. Le jeu -formidable- des deux comédiens fait sourire Déraison manquante Le Recours aux forêts ne manque pas de talents surprenants : le plus évident est celui de Jean-Lambert Wild, qui invente une scénographie fascinante pleine d’effets d’optique bluffants, évoluant vers un tableau liquide qui inscrit ses couleurs sur la scène… C’est sublime, très inventif, et habité par le corps époustouflant de beauté de Juha Pekka Marsalo. Bref un régal des yeux. Pour les oreilles il en va autrement : la musique de Jean-Luc Therminarias, sans être passionnante, fait ce qu’elle Le Théâtre Durance a une mission de Confrontation Artistique Transfrontalière avec l’Italie. L’an dernier il s’en était acquitté à merveille en accueillant la création de la Piccola Compagnia della Magnolia, troupe Turinoise de recherche qui joue en français et en italien selon le côté de la frontière où elle se produit. Dans la Casa de Bernarda Alba de Garcia Lorca, reprenant la mise en scène goyesque d’Antonio Diaz-Florian, elle était épatante… Mais appliquer les principes de cette esthétique hyper-expressionniste à Hamlet relève de la fausse bonne idée : le Prince Hamlet n’est pas un monolithe hystérique, et le surjeu constant, sans nuance ni évolution, rauque pour l’une, hurlant pour l’autre, geignard pour la troisième et outré pour les trois, ne fait qu’aplatir et rendre inaudibles les magnifiques textes de Laforgue, Müller parfois, puis l’ambiguïté dérangeante de leur relation prend le dessus, rendant plus présente encore la violence latente de leurs rapports, de cette incommunicabilité profonde qui les renvoie chacun peut avec le texte verbeux de Michel Onfray. Chœur parlé de solistes qui se croisent sur des percussions simplistes, et de l’électroacoustique sans grand signal : faire entendre ce texte vraiment envahissant amène forcément à renoncer à la place du son. Le plus dommage est que la réflexion autour de Démocrite, de cette tentation de regarder pousser un chêne plutôt que d’être au monde et à ses fracas, ne manque pas d’intérêt. Le problème est qu’Onfray s’est pris pour Le monolithe insensé et Shakespeare. Quant aux « idées » de mise en scène, elles sont plaquées avec une inadéquation insensée : costumes de Geishas, têtes de hyènes, variétoche italienne, travestissement, jeté de plumes blanches, coussins rouges et rouge à lèvres interviennent dans un espace scénique délimité par un rideau laid. Une série de bévues ! Vraiment dommage pour le théâtre Durance, qui prend la peine d’accueillir des compagnies en vraie résidence de création : longtemps, avec un soutien véritable, et un travail avec le public… qui aurait mérité plus de réussite ! AGNES FRESCHEL Hamlet, étude sur la voracité a été créé en français au Théâtre Durance (04) les 4 et 5 février Thomas Dhanens SYSTEM EASTAFIORE MARCIA BARCELLOS & KARL BISCUIT STAND ALONE ZONE - t k vie à leur histoire. Immergé dans ce Maroc-là, le spectateur est en même temps confronté à la résonance moderne de cette violence. En partant de l’Europe accueillante qui ouvrait ses portes à la main d’œuvre immigrée pour arriver aux étrangers stigmatisés et éventuellement kärcherisés (le discours d’un certain ministre de l’intérieur français sur le nettoyage au Kärcher d’une cité de la Courneuve fut le point de départ de cette réflexion), Vanessa Van Durme met en évidence la révolte de Slimane, jusque dans ce cri final : « je suis quelqu’un ! ». DO.M. Femme Blanche a été joué au Théâtre d’Arles le 26 janvier JELIDI PS MARS A 14H30 F 1911311 VENDREDI 26 MARS A 1011, 14H30 ET 19H30 SAMEDI 27 MARS A 171.1 Tristan Jeanne-Valès un dramaturge qui rêverait d’être un poète, alors qu’il est un philosophe écœuré de l’état politique du monde : son poème méthodique est une invective qui envahit la raison, et empêche à chaque instant l’émotion de se mettre à l’œuvre. AGNÈS FRESCHEL Le Recours aux Forêts a été joué à Cavaillon (Scène Nationale) les 21 et 22 janvier NOIR I BILLETTERIE OBII 020 Ill I 1.01.4.PRELIIOCA,RG



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