Zibeline n°26 février 2010
Zibeline n°26 février 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°26 de février 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 8,2 Mo

  • Dans ce numéro : Marseille investit pour l'année 2013.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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60 SCIENCES LE CICRP Au cœur de Marseille, à la Friche de la Belle de Mai, le bâtiment de l’ancienne manufacture des tabacs en briques rouges superbement rénové. Le Centre Interrégional de Conservation et Restauration du Patrimoine y niche, et le Directeur, Roland May, et le Directeur Délégué, Bernard Conques nous ont ouvert leurs portes hautement sécurisées, et fait visiter un univers passionnant, laboratoire de pointe fourmillant de scientifiques au travail, et recelant, au détour d’une salle, un Soulages à restaurer, un grand format de César, les « cartes » d’architecte de Chartreuses… Zibeline : Quelle est la spécificité du CICRP par rapport aux autres structures françaises destinées à la conservation et restauration du patrimoine ? Roland May, Bernard Conques : Le CICRP a un statut et une vocation uniques en France, très distincts de ceux des 21 centres de restauration des œuvres d’art. Contrairement à nous, ils se destinent exclusivement à la prestation de service, pour des commanditaires publics et privés. Nous ne sommes pas non plus une structure exclusivement d’État comme le Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France ou le Laboratoire de Recherche des Monuments Historiques. Le CICRP est un Groupement d’Intérêt Public (GIP) rassemblant quatre partenaires : l’État par le Ministère de la Culture, la Ville de Marseille, le Conseil Régional PACA et le Conseil Général 13. Notre vocation est l’assistance et le conseil auprès des maîtres d’ouvrages. Nous accueillons des restaurateurs pour des travaux sur des œuvres du patrimoine public. Nous ne sommes jamais, pour notre part, opérateurs directs de la restauration mais avons la spécificité d’être un centre de recherche scientifique qui développe de nombreux programmes aussi bien sur les processus de dégradation des œuvres que sur leur analyse morphologique. Nous étudions par exemple les processus de dégradation des toiles ou bois par les microorganismes, mycoses ou insectes parasites et tentons d’en définir les différents remèdes ainsi que leur innocuité sur les substrats. Peut-on dire que vous fonctionnez en bureau d’étude ? Pas vraiment non plus, car nous ne sommes ni dans le domaine marchand, ni concurrentiel, mais réellement dans des missions d’intérêt général que nous confient nos tutelles dont le Ministère de la Expertiser, analyser, préconiser Entretien sur l’entretien scientifique du patrimoine artistique public Culture. Les moyens qui nous sont alloués sont dédiés à offrir aux collectivités territoriales, expertise et conseil autour des problématiques de conservation et restauration, en tant que prescripteur, non de prestataire. Notre originalité, unique dans le domaine, consiste à mettre à disposition des opérateurs une plate-forme technologique de pointe, Emilie Hubert, photographe au CICRP ainsi que la haute expertise d’un personnel pluridisciplinaire, au fait de l’innovation scientifique dans la discipline. Sur quel type d’œuvres travaillent les scientifiques ? Nous recevons ici des œuvres dont la restauration pose des problèmes technologiques ou scientifiques complexes. Celles qui demandent des moyens
61 spécifiques lourds, d’accueil, d’expertise d’altérations ou une méthodologie de restauration particulière et originale, en tous les cas un savoir-faire innovant. Nous sommes garants auprès de l’État de l’orthodoxie de la restauration. Nos scientifiques sont d’ailleurs tous agents de l’État. Nos métiers se déclinent sur trois plans. Premièrement nous accueillons des œuvres en restauration, en particulier les tableaux de très grand format qui demandent un équipement lourd très adapté. Le laboratoire, doté de l’arsenal des techniques avancées d’analyses physiques et physico-chimiques, doit permettre de dresser le dossier scientifique le plus complet de l’œuvre. Ensuite nous faisons de la recherche appliquée des processus d’altération : sur des matériaux patrimoniaux comme les peintures sur tous supports, la pierre, qui sont nos spécialités, mais aussi sur les nouveaux matériaux de l’art contemporain comme le plastique, et peintures de synthèse. Ces expertises débouchent sur notre ultime mission qui est la préconisation, le conseil et l’harmonisation entre prestataires et commanditaires. Ces expertises font de notre centre un lieu de formation puisque trois thèses ont déjà été soutenues dans le domaine de la chimie des matériaux anciens. Pourriez-vous donner à nos lecteurs quelques chiffres pour dimensionner le CICRP ? Notre centre est né en 1992 de la volonté de l’État de créer un Centre National du Patrimoine disposant d’une importante antenne à Marseille. Le projet national a été abandonné, mais les différentes tutelles ont maintenu la mise en œuvre du projet marseillais sous la forme autonome qu’a pris le CICRP. Nous comptons vingt-huit employés permanents. Vingt-trois sont agents du Ministère de la Culture et cinq de la Ville de Marseille. La diversité des métiers s’illustre avec cinq ingénieurs de recherche, dont trois chimistes et deux géologues, deux spécialistes de l’imagerie scientifique dont une de radiographie, trois conservateurs spécialisés dans différents secteurs des sciences humaines, un chef de travaux d’art, deux techniciens de recherche, deux documentalistes spécialisés ainsi que tout le personnel administratif et d’entretien. Emilie Hubert, photographe au CICRP Au-delà de ce personnel permanent, jusqu’à 70 personnes travaillent dans le centre, dont une quarantaine de restaurateurs indépendants, sans compter les personnels des différentes logistiques. Nous disposons de 6500m² de locaux, propriété de la Ville de Marseille et de l’État (pour 1700m 2). Le renouvellement et le développement du matériel scientifique -il est essentiel pour assurer nos missions qu’il reste à la pointe de la performancereprésente un investissement de l’ordre de 120 000 euros par an, essentiellement assurés par l’État. Notre budget global annuel de 3 millions d’Euros est assuré par les tutelles publiques : 60% pour l’État, 30% la Ville, 8% le Conseil Régional et 2% le CG13. Pouvez-vous préciser le périmètre des collaborations du Centre, son rayonnement ? Un effort important a été fait pour renforcer les liens avec les structures nationales qui travaillent dans la recherche méthodologique en restauration du patrimoine. Par exemple avec l’Institut National du Patrimoine qui forme des restaurateurs. Nos collaborations nationales et internationales sont très nombreuses et diversifiées. Elles vont de structures comme l’antenne régionale de l’Institut National de la Police Scientifique, avec laquelle nous échangeons des méthodologies d’investigation, jusqu’à des établissements internationaux aussi prestigieux que le « Art Institute of Chicago ». Nous développons avec ce dernier une collaboration autour de l’usage des peintures industrielles dans l’œuvre de Picasso qui devrait déboucher sur un colloque en 2011 à Marseille. Nous réalisons actuellement un travail d’investigation sur les tableaux des 80 représentations de chartreuses détenus par la Grande Chartreuse d’Isère. Ce travail va déboucher sur leur restauration, dont celle de la carte de la Chartreuse de Marseille, et devrait faire l’objet d’une exposition à Marseille courant Octobre 2010. Le CICRP mène aussi une activité de formation importante en milieu scolaire autour de la diffusion de la culture picturale et de ses approches méthodologiques. ENTRETIEN RÉALISÉ PAR YVES BERCHADSKY Centre Interrégional de Conservation et de Restauration du Patrimoine 04 91 08 23 39 www.cicrp.fr Au programme Si la restauration en France d’un « Ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire » donne à nos Zibelecteurs quelque amertume, ils peuvent s’intéresser au programme des animations de 2010, année de la biodiversité. Biodiversité dans la cité Dans ce cadre, l’IRD [Institut de Recherche sur le Développement] organise un cycle de conférences mensuelles sur le sujet à l’Alcazar. La conférence du 16 janvier s’intitulait « biodiversité, je t’aime moi non plus ! » et portait sur la complexité des processus de son alarmante diminution en tentant de faire un point sur les mythes qui l’entourent. La prochaine sera donnée le 13 mars, 17h-19h, sur le thème Conserver la biodiversité : pour qui ? pourquoi ? par Marie-Christine Cormier-Salem, géographe à l’IRD, directrice de l’Unité mixte de recherche IRD/Muséum National d’Histoire naturelle Patrimoines locaux. www.ird.fr Terre humaine ? Curieux... ! Le Conseil Régional, la Mairie des 13 e et 14 e arr. de Marseille et l’Association Science Technologie Société PACA organisent la 8 e édition du festival des sciences et des techniques pour la jeunesse, Curieux 2 Sciences. Ce festival ouvert à tous, jusqu’au 23 janvier sur la thématique Comment la Terre devint humaine... et soudain l’homme. Curieux 2 Sciences se propose, cette année, d’explorer trois actes de la « comédie humaine », trois conquêtes : celle du territoire, celle de l’humanité, celle de l’imaginaire et vous donne rendez-vous en Mairie des 13 et 14 e arrondissements. www.asts.asso.fr Intelligence collective des insectes sociaux Le 26 janvier à 18h30 à l’Espace Écureuil à Marseille, dans la cadre du cycle de conférences Les Horizons du savoir organisé par l’ASTS-PACA, Guy Theraulaz, présentera une conférence sur Biologie et civilisation, les chemins de l’intelligence. Le conférencier est directeur de recherches au CNRS, docteur en neurosciences et en éthologie, directeur de l’équipe « Comportements collectifs : éthologie et modélisation » au Centre de Recherches sur la Cognition Animale à l’Université Paul Sabatier à Toulouse. Son exposé portera sur les processus d’auto-organisation qui permettent aux insectes sociaux de développer une forme d’intelligence collective à partir de la multitude des interactions entre les individus dont les comportements demeurent très simples. www.fondation-ecureuil.fr



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