Zibeline n°26 février 2010
Zibeline n°26 février 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°26 de février 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 8,2 Mo

  • Dans ce numéro : Marseille investit pour l'année 2013.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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56 LIVRES PATRIMOINE Bien au-delà du catalogue Actes Sud a publié en octobre le catalogue de l’exposition César, le Rhône pour mémoire, sous la direction de Luc Long et de Pascale Picard. En réalité, le titre est modeste à l’excès. Ce volume somptueux ne se contente pas de laisser une trace exhaustive des objets de l’exposition mais rassemble, répartis en six grands chapitres thématiques, des études, des articles de fond, des essais comparatifs qui apportent de nouvelles perspectives, orientent notre approche des trésors rassemblés sur les vingt années de fouilles. Les photographies ne se contentent pas de constituer la rituelle collation des éléments essentiels de l’exposition. Par leur exceptionnelle qualité, elles relèvent de l’édition d’art. Mise scène des drapés, des attitudes, visages qui émergent de l’ombre… Regardez le buste de César (évidemment sur la couverture !), la finesse des traits : l’ombre accentue le tracé du menton, le creux des joues, l’arête de l’arcade sourcilière, aiguisant un regard que l’on pressent d’une intelligence subtile et ironique. Regard d’autant plus extraordinaire qu’un autre cliché le montre dans les eaux vertes du fleuve, impassible. On est alors frappé par l’incroyable dureté de ces yeux qui, grands ouverts et vides, ont l’air de défier l’éternité. Luc Long évoque le « réalisme exacerbé de ce visage », explique sa fascinante mobilité par « la légère asymétrie des profondes rides naso-labiales. » Les autres sculptures connaissent le même traitement, l’objectif les a surprises sous tous les angles, têtes féminines des Vénus, minois pensifs de jeunes filles, mais aussi fragments de chapiteaux aux motifs floraux délicatement variés, volutes, foisonnement de tiges et de feuilles d’acanthe, fleurs isolées qui s’épanouissent avec légèreté aux bandeaux des architraves, doigts impatients qui attendent un signal invisible pour effleurer enfin les cordes silencieuses d’une cithare… Statues de bronze, comme ce gaulois captif aux épaules qui ne s’inclinent pas, ou la sublime victoire dorée, toute d’élan, aérienne sur son pied de danseuse indienne. Et la collection de vases, d’amphores, de pièces, et les objets du quotidien… Ne pensez pas qu’ils nous soient livrés seuls, dans la nudité de leur simple beauté. Chacun est analysé, les conditions de sa découverte, son époque, ses fonctions, les secrets de sa fabrication (à cire perdue pour les bronzes, par exemple, soudures révélées par gammagraphie…) ; une étude comparative avec d’autres représentations disséminées dans les musées du monde entier est menée, apportant une nouvelle interprétation. Ainsi, Pascale Picard livre une magistrale analyse du Gaulois captif, interrogeant l’œuvre, l’insérant dans l’histoire, le mesurant avec d’autres représentations, mosaïque, statue d’albâtre, pièces… Elle émet ensuite des hypothèses quant à la fonction de ce type de statue, établissant un remarquable parallèle entre le mythe qui oppose Marsyas et Apollon, et le barbare vaincu par Rome. Pour rendre compte de la somme impressionnante du catalogue, il faudrait aussi évoquer les aquarelles, les schémas, les plans, les graphiques, l’énorme bibliographie… les enjeux de la ville double, Arelate duplex (Arles, la double), les problèmes de restauration des bois gorgés d’eau… le regard effrayant des silures qui guettent les plongeurs, gardiens des mystères du fleuve… Un superbe ouvrage de référence, animé d’un souffle passionné. MARYVONNE COLOMBANI Celui qui croyait à son mythe Il n’y a rien de bien nouveau à évoquer la métaphore solaire attachée à Louis XIV mais, dans le cabinet des curiosités que s’attachent à constituer Mathilde Béjanin et Hubert Naudex, elle prend une dimension qui dépasse le simple symbole. Le 5 septembre 1638, le soleil, dit-on, se rapprocha de la terre. Dans le palais-neuf des Bourbons, peu avant midi, un enfant naît, il a déjà deux dents, qui le destinent à dévorer le monde… Le futur Louis XIV voit ainsi le soleil s’intéresser à sa naissance. On connaît la suite ! Mais ce que l’on sait moins c’est l’influence capitale de ce thème astral sur l’architecture, le pavillon de Marly (aujourd’hui disparu) et les douze pavillons, bien plus petits, « égaux en grandeur, en distance les uns des autres, en situation et en symétrie », autant de satellites symboliques. Les douze maisons du soleil, qu’il parcourt toute l’année. Le château de Marly était la retraite dans laquelle Louis le Grand allait se délasser, comme le soleil au palais de Thétis ! L’astronome Vincente Coronelli à la demande du Cardinal d’Estrée, construisit deux globes, l’un céleste (représentant l’état du ciel le jour de la naissance du roi) l’autre terrestre. À l’extrémité du jardin de Marly, les deux derniers pavillons seront transformés par Mansart pour accueillir chacun une sphère. Proportions considérables, à la mesure du roi pour lequel elles sont conçues, quatre mètres de diamètre ! (elles sont aujourd’hui à la Bibliothèque Nationale de France). Le ciel de Louis XIV présente des plans, des reconstitutions virtuelles de ces représentations célestes qui portent en elles toute la symbolique d’un règne et la conception particulière du pouvoir, contenue dans le concept de la monarchie absolue. Analyses fines, anecdotes, le livre aborde l’histoire sous un angle nouveau et passionnant. Pirouette finale, paradoxe d’un règne qui se voulut solaire, la France connut un petit âge glaciaire en 1675 ! L’année de la mort du roi, 1715, il y eut une éclipse totale du soleil… Un livre précieux, tant par son organisation, la beauté de la photographie, que l’originalité de son approche. MARYVONNE COLOMBANI Le Ciel de Louis XIV Mathilde Béjanin et Hubert Naudeix Ed. Honoré Clair, 32 euros César, le Rhône pour mémoire Ed Actes Sud/Musée départemental Arles Antique, 39 euros
Promenons-nous dans l’histoire C’est ce que propose le superbe petit livre de Jean- Marc Bernard et Hervé Hôte, Arles, décor et sculpture, récemment publié aux éditions Honoré Clair. Une flânerie thématique dans une ville dont l’architecture témoigne de la richesse patrimoniale. Patrick de Carolis, qui signe la préface de l’ouvrage, le souligne : « Vivre à musée ouvert, tel est le privilège parfaitement démocratique que la ville d’Arles offre au promeneur. […] La ville ne lui demande rien en échange sinon de prendre le temps de lever la tête… » Les deux auteurs l’ont fait, ils ont parcouru Arles et braqué l’objectif sur tout un tas de détails sculptés dans la pierre, révélateurs du passé de la cité, de l’Antiquité romaine, évidemment, à la période classique, en passant par le patrimoine médiéval. Un circuit d’amoureux de la pierre et de la ville. L’auteur des textes, aujourd’hui responsable du secteur sauvegardé de la ville d’Arles, a longtemps exercé le métier de maçon. Il s’y entend à expliquer la pratique du remploi ou à gloser sur le caractère ambigu de la devise arlésienne « ab ira leonis ».Quant au photographe, il excelle dans les gros plans : façades, têtes d’animaux, figures d’anges ou de madones, volutes d’acanthe, blasons et draperies… cet univers pétrifié semble prêt à s’animer, et les lions à bondir. D’un format pratique, ce guide original s’accompagne de plans de la ville, afin que l’amateur d’architecture et de décors sculptés puisse à son tour faire la balade… FRED ROBERT Arles, décor et sculpture textes Jean-Marc Bernard, photographies Hervé Hôte éditions Honoré Clair, 20 euros 57 Une femme d’exception Surnommée affectueusement « l’urbaniste du logis » par l’architecte catalan Sert, Charlotte Perriand trouve enfin sous la plume de Jacques Barsac un écho égal à son formidable talent de créatrice incontournable du XX e siècle. Longtemps restée dans l’ombre du Corbusier, celle qui a consacré sa vie et initié l’architecture d’intérieur moderne fut non seulement une pionnière du design mais également une artiste engagée, soucieuse de mener une réflexion politique sur un habitat en pleine mutation. Adoptée par un Japon à l’esthétique contiguë de la modernité occidentale, la jeune architecte côtoya d’autres immenses créateurs comme Jean Prouvé ou Paul Nelson. Cet ouvrage monographique est une somme monumentale par ses dimensions mais surtout par son contenu extrêmement riche et précis. Avec le concours des archives Perriand ouvertes pour la première fois, il couvre la période de 1903 à 1959 avec une documentation inédite et une foison d’images, plans, dessins, projets et témoignages précieux. Une bible incontournable sur cette femme visionnaire hors du commun. FREDERIC ISOLETTA Charlotte Perriand, un art d’habiter Jacques Barsac Norma éditions, 85 euros Métiers d’hier et de demain La revue Marseille, papier glacé et iconographie soignée, propose ce trimestre des reportages sur des métiers peu répandus mais plein de ressources pour la préservation du patrimoine et de la culture locale. En commençant par celle de nos palais : un article très documenté nous renseigne sur l’histoire du pain et des boulangers de notre ville, suivi d’un autre sur la triperie marseillaise Métras. Sont ensuite mis à l’honneur les métiers d’Art. Tout d’abord avec l’article généreux de Jean-Michel Martinez sur l’École d’Avignon, formatrice à la réhabilitation du bâti ancien depuis 25 ans, où l’on apprend que désormais on parle d’écorestauration, par exemple pour les décors à la chaux. Mise en relief du travail d’Alain Cornil, artiste polyvalent, peintre, sculpteur, stucateur qui redonne leurs ors aux buffets d’orgues à Montolivet, St Julien, St Loup... Jean-Robert Cain évoque la restauration de l’orgue de St Vincent de Paul, inauguré en décembre, Dominique Imbert son métier de « passeur de lumière » consacré aux vitraux. Des précisions sur les formations dans certains lycées professionnels : Poinso-Chapuis pour l’ébénisterie et la tapisserie pour meubles, Les Remparts pour les automatismes industriels et l’électronique, Bonneveine pour les métiers de bouche et l’hôtellerie. Un article de Jean-Jacques Collé fait l’historique du Compagnonnage qui permet aujourd’hui l’accès à 25 métiers : les métiers évoluent, les hommes partagent leurs savoirs en parcourant le monde. CHRIS BOURGUE Revue Marseille déc. 2009 - 8 euros www.ecole-avignon.com www.compagnons-du-devoir.com Marseille D'HIER ET D'AUJOURD'HUI



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