Zibeline n°26 février 2010
Zibeline n°26 février 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°26 de février 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 8,2 Mo

  • Dans ce numéro : Marseille investit pour l'année 2013.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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42 MUSIQUE CONCERTS Noël Joyeux Afin de conclure l’année 2009 sur un concert flamboyant, l’ensemble des Festes d’Orphée a convoqué le 20 décembre dernier deux grand motets : la Pastorale de 1684 sur la naissance de Jésus Christ de Marc-Antoine Charpentier, qui fut éclipsé par Lully mais qui, redécouvert en 1953, est assez largement joué aujourd’hui ; et le Noël pour l’année 1743 de Bernard Aimable Dupuy, compositeur du sud-ouest, un peu moins connu, que l’ensemble avait déjà recréé en 1997. Une fois de plus, la démarche musicale sert une démarche historique : le recours au diapason baroque, aux instruments d’époque mais également à une prononciation ancienne nous permet d’appréhender sous le même angle une œuvre déjà entendue et un motet « provincial » pourtant non moins abouti. Les tableaux varient peu, de l’apparition de l’Ange à l’allégresse des bergers, et le traitement de la parole comme représentation aboutit à des structures de dialogues parfois similaires. On remarque cependant une différence assez marquée concernant le ton adopté, très cérémonieux chez Charpentier qui s’attardera sur les parties solistes (l’apparition de l’ange ou la complainte de la bergère), et beaucoup plus festif chez Dupuy, qui mettra l’accent sur les effusions de joie en recourant de façon plus virtuose aux chœurs. Ces derniers étaient en forme, compte tenu de la température assez rude de l’Eglise Saint Sauveur cet après-midi-là. Les instrumentistes offrirent une prestation de qualité, sous la direction parfois distraite de Guy Laurent, sans doute un peu préoccupé par ses interventions vocales, assez réussies. SUSAN BEL Choeur des Festes d'Orphée Les Festes d'Orphée - 2009 Généreux o Constitué il y a à peine un an sous sa forme actuelle, l’Orchestre Philharmonique du Pays d’Aix a parcouru toute la région en poursuivant la démarche de diffusion de la musique classique qui fut la sienne depuis le départ, mais en abordant un répertoire plus exigeant. Sa volonté de démocratisation passe par des entrées libres ou des tarifs abordables, par une tournée sur le vaste territoire de la Communauté du Pays d’Aix… et surtout, par la remise en contexte des œuvres, de leur signification. Alors que les petits ensembles pratiquent plus volontiers l’explication, il est rare, cérémonie symphonique obligeant, d’entendre un chef d’orchestre raconter à son public la trame narrative d’un ballet avant d’en jouer quelques passages. La Tournée d’Hiver de l’Orchestre, étendue sur dix lieux, se consacre au répertoire russe, dont le chef d’orchestre Jacques Chalmeau est assez familier. Des extraits du Casse-Noisette de Tchaikovski, les Danses Polovtsiennes de Borodine, la Nuit sur le Mont Chauve de Moussorgski (orchestrée par Rimsky-Korsakoff) et des extraits de l’Oiseau de Feu de Stravinski ont été interprétés avec, malheureusement, quelques discordances entre pupitres et quelques faiblesses chez les flûtes et violons, notamment, compensées par beaucoup d’enthousiasme et de générosité. On oublie souvent à quel point ce répertoire est difficile et combien s’y attaquer est ambitieux pour un orchestre non permanent. La collaboration récemment initiée entre le Grand Théâtre de Provence et cette formation en pleine maturation saura sans doute venir à bout de ces quelques dysfonctionnements. Jacques Chalmeau nous l’a promis : il espère pouvoir proposer le Sacre du Printemps le plus vite possible. On l’attend avec impatience. SUSAN BEL Dernières dates : Pertuis le 22 à 20h30, Peyrolles le 23 à 20h30, Les Pennes-Mirabeau le 24 à 17h30, Peynier le 29 à17h. ATTENTION : Le 31/1 au Grand Théâtre de Provence à 18h30 Concert pour la Croix Rouge (séismes Haïti) Entrée gratuite, don éventuel Jacques Chalmeau X-D.R
Du soleil sur Aixei Lili Boulanger est davantage connue pour son œuvre de pédagogue que pour sa musique, même si elle fut la première femme à remporter le premier Grand Prix de Rome de composition musicale en 1913 ! Grâce aux frères Belmondo, cette merveilleuse compositrice sort de l’oubli, de même que l’organiste qui fut son contemporain, Louis Vierne. Œuvre chatoyante, profonde et lyrique. Mais les frères Belmondo, direz-vous, je les ai entendus, ce sont des musiciens de jazz… Peu importe, ce sont des musiciens, des vrais ! Au quintette de leur formation habituelle (saxophones, flûte, trompettes, piano contrebasse et batterie) étaient réunis des musiciens classiques issus de prestigieuses formations. Il serait réducteur et injuste de dire que les morceaux classiques, La Messe des Pauvres de Satie, Reflets de Lili Boulanger ou Après un rêve de Fauré sont joués jazzy. Ils sont interprétés, avec un grand respect des partitions, dans l’esprit même de leur univers : ces musiques-là sont contemporaines du jazz, ont inspiré ensuite, par leur système harmonique, le bebop. Le travail subtil de la matière, des rythmes, des tempos, de la justesse, rappelle l’exigence classique. La simplicité, la joie de jouer ensemble, les sourires et l’humour viennent d’ailleurs… Les présentations de Lionel Belmondo apportent convivialité et références, comme lorsqu’il évoque la déchirante composition du Pie Jesu de Lili Boulanger, sur son lit de mort… « Un petit chromatisme qui vous change la vie. » disent-ils. Un concert qui embellit la nôtre ! MARYVONNE COLOMBANI 43 Lionel et Stephane Belmondo X-D.R. Anniversaire Baroque à la Magalone L’année 1685 a vu la naissance de trois génies : Bach, Haendel, Scarlatti. L’ensemble Baroques- Graffiti, Jean-Paul Serra, pianoforte, Sharman Plesner, violon, a proposé à la Magalone cinq Sonates de Bach de la période Koethen où Bach est compositeur de chambre du Prince. Le choix du pianoforte se justifie par l’écriture de certaines pièces annonçant le style galant et permettant des nuances que le clavecin ne pouvait faire. La Sonate IV en ut mineur, sonate d’église, alternance de X-D.R D mouvements lents et rapides d’une écriture contrapunctique très savante, est une merveille d’équilibre : la sicilienne plane merveilleusement grâce au legato du violon, à l’accompagnement délicat, régulier du pianoforte. Les mouvements vifs sont constitués de motifs fugués qui fusent comme un jeu entre les deux musiciens. L’Adagio de la Sonate en sol mineur nous fait découvrir la merveilleuse technique de Sharman Plesner qui effleure les notes et donne aussi toute la couleur baroque : richesse de la ligne mélodique et jeu en doubles cordes qui semblent soutenir une riche harmonie. La Sarabande pour pianoforte permet d’entendre le pianoforte seul au timbre caractéristique, velouté, donné par les petits marteaux en cuir. La Sonate n°VI en sol majeur est un moment d’allégresse, sonate de chambre en cinq mouvements dans l’esprit des Suites de danse (Gigue brillante dans le premier Allegro). L’écriture du clavier est plus sophistiquée, en dialogue concertant dans les passages rapides. Un beau concert qui était précédé par une conférence-concert des deux musiciens à l’Alcazar, qui a éclairé et passionné un auditorium archicomble deux jours auparavant : cette musique gagne à expliquer ses fondements. YVES BERGÉ



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