Zibeline n°26 février 2010
Zibeline n°26 février 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°26 de février 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 8,2 Mo

  • Dans ce numéro : Marseille investit pour l'année 2013.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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40 MUSIQUE OPÉRA Pagnol populaire Marseille, le Vieux port, et ses personnages si attachants… Trois ans après sa création avec Angela Gheorghiu et Roberto Alagna, c’est tout Avignon qui s’enchante en ce début d’année 2010 devant les célèbres répliques de la trilogie de Pagnol mise en musique dans un style très « années 30 » par Vladimir Cosma (qui signait là son premier opéra), satisfait par « cet univers ensoleillé où le drame et la comédie doivent coopérer, s‘enrichir l’un l’autre » … Riche en émotions, le premier acte a offert à Marius 0 et Fanny (Sébastien Guèze et Karen Vourc’h) des duos merveilleux, rythmés par la tendresse et les sourires, sentiments retrouvés dans l’air touchant de Panisse (Marc Barrard) sur le temps qui passe… Ici comme dans le second acte, Cosma a réalisé cette alliance subtile entre verbe et musique, entre populaire et sérieux, présentant des mélodies généreuses et une orchestration simple et fraîche… De quoi faire apprécier l’opéra à tous ! CHRISTINE REY X-D.R Voyage en terres symphoniques n Proposer au public un spectacle où il peut entendre Debussy, Sibelius et Beethoven dans la même soirée est une démarche intéressante pour peu que les interprètes soient à la hauteur des monuments que représentent les œuvres de ces compositeurs : c’est le défi que l’orchestre de l’opéra de Toulon sous la direction de Giuliano Carella et la jeune violoniste Russe Alexandra Soumm ont relevé avec maestria ce 14 janvier au Palais Neptune, dans le cadre du Festival de Musique de Toulon et sa Région. Dans la 1 re partie, la direction du chef a une fois de plus joué un rôle essentiel dans l’interprétation du Prélude à l’après-midi d’un faune, livrant des coloris orchestraux d’une sensualité tout en contrastes, L’Opéra de Marseille a proposé le 10 janvier un concert symphonique très attendu, sous la direction de Gabriel Chmura, rassemblant l’« Ouverture Fantaisie » du Roméo et Juliette de Tchaïkovski, le Concerto n°1 pour Clarinette de Weber et la suite n°2 tirée de l’Oiseau de Feu de Stravinski. Malgré quelques disparités du côté des bois, la prestation de l’Orchestre Philharmonique fut tout simplement brillante, le panache de Gabriel Chmura ayant réussi à servir la puissance et la subtilité de l’Ouverture, moins évidente qu’elle n’y paraît, et à échapper aux nombreux pièges de l’Oiseau de Feu. On regrette que la virtuosité et la tendresse de Paul Meyer à la clarinette n’aient pas été mises au service d’une œuvre un peu plus intéressante, le concerto de Weber ayant fait pâle figure face aux deux grands maîtres russes. Peu importe, la conclusion du concert laissa rêveur, et la musique existe aussi par le talent des interprètes. impressionniste à souhait. De même, dans le Concerto en ré majeur op.74 pour violon de Sibelius, monument de virtuosité et de musicalité, la soliste aux coups d’archets nerveux et d’une précision extrême, révélait des sonorités insoupçonnées de son stradivarius tandis que l’orchestre, au diapason, mettait en lumière les indéniables qualités de l’écriture symphonique. Le 4 e mouvement de la sonate n°2 d’Eugène Ysaÿe, donné en bis, est venu clore cette première partie haute en couleur. Mais rien ne pouvait faire de l’ombre à l’inoubliable chef-d’œuvre qu’est la Symphonie n°7 du maître symphoniste viennois interprétée en deuxième partie. En effet, la direction énergique et inspirée transcendait les qualités de l’orchestre à l’image du fameux et envoutant deuxième mouvement livré en bis, et magnifiquement interprété. EMILIEN MOREAU Questions de répertoire L’opéra poursuit sa programmation de concerts symphoniques et chambristes, donnant l’occasion d’entendre de grands interprètes. Dans des œuvres moins intéressantes ? La musique ne ment pas Jean-Louis Beaumadier et le Concert Buffardin ont pour leur part proposé le 16 janvier au Foyer de réentendre les six sonates opus 13 de Vivaldi sous un autre angle. En effet, plusieurs musicologues ont récemment apporté la preuve que ces sonates n’étaient pas l’œuvre de Vivaldi, mais de Nicolas Alexandra Soumm X-D.R. Chédeville. Aussi, si l’on eut plaisir à entendre cette suite jouée sans aucun faux pli, très musicalement et dans un ton éminemment baroque, on remarqua par endroits une certaine pauvreté de l’écriture, cumulant des changements de tonalités abrupts ou des recours parfois malvenus à des marches harmoniques. Seul le sens du contrepoint, très présent dans la sonate n°6, semblait se démarquer du tout, un peu trop uniforme. L’interprétation, très enjoué, précieusement baroque dans une maison d’opéra aux accents plus facilement romantiques, parvint à nous faire oublier ces quelques maladresses d’écriture. Décidément pas du Vivaldi ! SUSAN BEL Gabriel Chmura X-D.R.
1919 – 2009 o C’est à l’automne 1919 qu’est née la Société de Musique de Chambre de Marseille. Son président Bernard Camau, à l’occasion de la venue du Quatuor Modigliani, a pris la parole, le 16 décembre, devant un auditorium comble. C’est qu’officiellement, ce soir-là, la « vieille dame » soufflait quatre-vingt-dix bougies ! Depuis l’origine ou presque précisa-t-il, la SMCM articule ses récitals durant la période hivernale (celle des « vrais » mélomanes ?). Et dans les annéesvingt, les sociétaires ont connu une période faste, avec près d’un concert par semaine, les invitations de Serge Prokofiev ou des jeunes Horowitz, Arrau… Ces artistes d’exception ont fait la carrière que l’on sait… Mais foin de la nostalgie ! Les Modigliani, invités de la 1289 e séance (ils ont à peine plus d’un siècle à eux quatre !) suivent leur trace. Il y a même quelque chose d’un peu inquiétant devant une telle maturité. Et ce n’est pas leurs quatre « Evangélistes » taillés dans le même arbre par Vuillaume au XIX e siècle qui suffit à expliquer la cohésion des ces jeunes-là ! Philippe Bernard est un premier violon souverain auquel, dans Haydn, ses pairs répondent avec un style pur, avant Lise Berthaud (alto) et François Salque (violoncelle) pour le vibrant Quintette n°1 de Mendelssohn ou le jovial Sextuor de Tchaïkovski. JACQUES FRESCHEL CONCERTS MUSIQUE 41 Trois sonates en duo Emmanuelle Bertrand, violoncelliste, dédicataire d’œuvres contemporaines, révélation musicale de l’année 2002, et Pascal Amoyel, pianiste, compositeur, forment un duo fougueux, auréolé de nombreuses récompenses et critiques discographiques élogieuses. La sonate de Saint-Saëns en do mineur, démarre par un Allegro très engagé, souffle puissant, conflit entre les accords et notés répétées du piano et les graves mystérieux du violoncelle qui annoncent des guirlandes de gammes survoltées. L’Andante, choral élégiaque, rappelle le merveilleux organiste qu’était Saint- Saëns ; la fin, magnifique decrescendo pianissimo agile et planant, est magique. Dans la sonate de Brahms en 0 mi-mineur, on retrouve l’énergie, le jaillissement, une technique des deux artistes qui se jouent des difficultés avec insolence : sauts d’intervalles, arpèges, gammes, une pulsation rythmique très présente : ça vit, ça respire ! Dans l’Allegretto ludique ils se renvoient le motif avec une précision dans les attaques ! La sonate de Chopin en sol mineur, laisse entendre le merveilleux mélodiste des Nocturnes dans le largo, cantilène en apesanteur rappelant aussi ses deuxièmes mouvements de concertos pour piano. L’écriture est cependant moins diverse que les compositeurs précédents, plus aguerris aux joutes chambristes. Chopin, plus À l’écoute de l’identité nationale... Et si nous laissions à la musique le soin de nous parler de cette identité nationale tant débattue, sans récupération aucune, sans arrière-pensée, dans la diversité des formes qu’elle a pu prendre depuis les chromatismes wagnériens de Chausson jusqu’aux cosmopolitisme du Ravel des Chansons Madécasses et Mélodies Hébraïques, en passant par les accents ibériques de la Troisième sonate de Debussy pour arriver aux rythmiques exotiques de Messiaen inspiré par le Japon, le Pérou, l’Inde et la Papouasie ? C’est l’une des réflexions que l’on pouvait se faire dans le cadre du Week-end Musique française proposé par l’Association du Méjan d’Arles. Le pianiste de 23 ans, Jean-Frédéric Neuburger, ouvrait cette thématique avec Iles de feu 1 et 2 de Messiaen et les Valses nobles et sentimentales de Ravel ainsi que des compositions personnelles le 15 Janvier. Associé au violoniste Teddi Papavrami, nos deux jeunes interprètes poursuivaient cette évocation Pascal Amoyel X-D.R.francophile avec la Troisième sonate de Debussy le 17 janvier. Dégagés de tout complexe, ils mettaient en lumière avec une complicité évidente toutes les qualités d’une oeuvre d’exception d’ailleurs soulignées par l’analyste musical Harry Albreich. Ayant préparé le terrain avec l’opus 10 du même Debussy, le Quatuor à cordes de l’Orchestre National Bordeaux-Aquitaine se joignait au duo pour nous présenter le Concert op 21 de Chausson. Bâtie sur une cellule cyclique de trois notes, l’œuvre n’abandonne pas un lyrisme postromantique exacerbé par les musiciens : Wagner et Liszt ne sont pas loin et l’on pressent Rachmaninov dans cette musique. Française certes mais avant tout riche de toutes ses influences et universelle... P-A HOYET 0 Quatuor Modigliani Andrew French intime, a eu du mal à terminer cette sonate : en attestent les nombreuses ratures des manuscrits. On retiendra le Scherzo, héroïque, joué comme une Mazurka. Après rappels et applaudissements mérités, en bis, la célèbre Vocalise de Rachmaninov, pianissimi sublimes à la reprise du thème puis le brillant Plaisir d’amour de Reisler, pétillant comme un lendemain de réveillon : une révérence virtuose de deux interprètes majeurs. YVES BERGÉ Ce concert a eu lieu le 5 janvier dans le cadre de la programmation de Société de Musique de chambre de Marseille Jean-Frédéric Neuberger X-D.R.



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