Zibeline n°26 février 2010
Zibeline n°26 février 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°26 de février 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 8,2 Mo

  • Dans ce numéro : Marseille investit pour l'année 2013.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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34 ARTS VISUELS BUY SELLF ART CLUB GALERIE PORTE-AVION OÙ Tour de voltige Elle trône au milieu de la galerie Buy-Sellf Art Club. Elle occupe tout l’espace, se cogne presque aux murs et au plafond. On ne voit qu’elle : Tour à Tour de SandroDella Noce. Une sculpture-architecture bicéphale à géométrie rigoureuse, dont les masses porteuses, imposantes, tranchent avec l’élan fragile de ses ailes déployées. Sur le principe d’un artiste/une œuvre adopté par Buy- Sellf, l’exposition ne permet pas de découvrir de visu la variété des matériaux qu’il manipule (pierre, métal, volige, craie, corde d’escalade, sac plastique, sangle…) ni son goût pour le dessin aux formes moins abstraites (notamment la série à la craie Voyage des autres). Car SandroDella Noce est un jeune artiste talentueux. À peine sorti de l’École supérieure des Beaux-arts de Marseille (promotion 2008), il occupe la scène : cet hiver, il participait à la 3 e édition d’Artissima à la Chambre de commerce et d’industrie ; aujourd’hui, il figure parmi les anciens de l’ESBAM réunis à la galerie Montgrand pour une Rencontre entre deux mondes, l’entreprise et les artistes. Mais il réserve son nouveau binôme à Buy-Sellf Art Club, preuve de sa fidélité à une équipe qui l’accompagne en qualité de producteur (via l’antenne de Bordeaux) et de galerie (il participa au focus « Regard sur la jeune création »). De là à réunir rue Consolat les deux pièces maîtresses de l’échiquier et faire exploser les parois… C’est vrai, on aurait préféré apercevoir Tour à Tour, fière, se dressant, massive, le long de la jetée du côté du MuCEM, sa force intrinsèque combattant les éléments… D’ailleurs, SandroDella Noce ne parle-t-il pas de « totem urbain » à propos de ses sculptures ? MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Les objets s’honorent Des œuvres à voir et à entendre à la galerie Porte-Avion. Celles de Bernard Pourrière questionnent notre rapport à notre environnement. Avec deux nouvelles créations En regardant mais aussi écoutant ses œuvres, particulièrement ses installations comme la nouvelle création Sans titre de 2010, on constate que Bernard Pourrière travaille en épistémologue du visible et du sonore. Le poète en plus. Ses objets sonores prennent d’autres formes que des livres savants d’éthologie –dont il nourrit cependant profondément sa réflexion sur le comportement animal. Ses propositions ne consistent pas à dépeindre (peu de couleur bien qu’il ait étudié la peinture aux Beaux-arts) mais à travailler avec les signes, les matériaux, les objets et les outils du monde dans lequel nous sommes aujourd’hui, et les nouvelles technologies. Collecte et archivage de sons (surtout d’oiseaux) à partir des bases de données sur Internet, protocoles et procédures divers autorisés par le numérique : « … lorsqu’on se sert d’un ordinateur, on découvre rapidement que le travail sur le son et celui sur l’image présentent d’étonnantes similitudes. Il y a des opérations premières autour desquelles tout s’organise : copier, coller, superposer, répéter, inverser, etc. […] cela me permet de décider des règles du jeu. Cette dimension conceptuelle de mon travail est héritière de l’art conceptuel et minimal qui m’ont toujours profondément intéressé. » (*) Le dispositif est sans artifice visuel : pieds de pupitre surmontés d’une cage métallique dans laquelle plonge un micro, câbles et haut-parleurs. La bande son diffuse des chants d’oiseaux et s’enrichit constamment des évènements sonores du Tour a Tour (face) SandroDella Noce lieu : à la fixité sculpturale et minimale des objets répond très subtilement les variations d’un monde sonore en évolution. Et les oiseaux sont libres. CLAUDE LORIN Bernard Pourrière jusqu’au 28 février Galerie Porte-Avion 04 91 33 52 00 www.galerieporteavion.org (*) extrait de l’entretien avec F. Faure, catalogue Espèces composites. Bernard Pourrière, Cairn Centre d’Art, Digne, Fage éditions, 2006. Vue de l'expositionBernard PourriereC.Lorin-Zibeline Tour à Tour SandroDella Noce jusqu’au 13 février Buy-Sellf Art Club, Marseille 04 91 50 81 22 Les mots voir Il y a de la poésie dans la vitrine de l’ancienne échoppe de la rue Bernardy. À voir de dehors si la porte est close. Juste en passant. Peut faire penser à de la peinture Depuis le grand Guillaume (Apollinaire) la poésie s’est rendue visible autant que lisible et/ou audible avec Dada et les Futuristes. Alors les limites entre les genres sont devenues tellement poreuses, tantôt heureuses, parfois hasardeuses… c’est-à-dire hors feuille (de route), sans plan d’action, sans injonction… C’est en passant devant une devanture que la poésie change de nature, la nature des choses. Repassez tantôt ! Ce ne seront plus tout à fait les mêmes les écritures… Le badaud n’est pas si balourd lorsqu’il voit ces choses. Le poète, lui, n’est pas si bête. Il a sa vitrine chez 0ù. 58 rue Jean de Bernardy. À n’importe quelle heure. Frédéric Léal exerce la médecine à Bordeaux. Et poète. Il expose trois extraits de son livre Le peigne-rose paru aux éditions de l’Attente en 2007. (Une amie, qui s’y connaît en poésie contemporaine, m’a dit que c’était vraiment bien). CLAUDE LORIN Vitrine poésie : Le peigne-rose Frédéric Léal jusqu’au 27 février Où – Lieu d’exposition pour l’art actuel, Marseille 06 98 89 03 26
GALERIE FRICHE BELLE DE MAI ARTS VISUELS 35 Bain turc Cengiz Tekin X-D.R Xurban Collective X-D.R Que se passe-t-il à Istanbul sur les rives du Bosphore, à Izmir en mer Égée et plus à l’Est encore, à Diyarbakir ? Nul ne le saurait si la Saison de la Turquie en France ne battait son plein. Direction La Friche pour une immersion totale Grâce à un projet de recherches et d’échanges initié en 2008 entre IKSV et Sextant et plus, la création contemporaine turque a plus d’un visage avec Emploi saisonnier. Nom générique donné à une triple exposition, deux résidences d’artistes à Marseille en 2009 et un catalogue à paraître en mars 2010. Emploi saisonnier, jeu de mots pour dire que la saison qui dure neuf mois se prolongera au-delà de son temps officiel, et que la précarité des artistes n’est pas affaire de saison… On aurait pu craindre une exposition fourre-tout au regard de la présence de onze artistes et d’un collectif, mais le piège a été évité par une déclinaison de trois thématiques « qui rendent compte de manière précise des questions urbaines, sociales et culturelles des villes du pourtour Méditerranéen, et plus particulièrement de Turquie ». Arrangements réunit huit d’entre eux autour d’une filiation spirituelle et d’une approche commune des questions du quotidien et des modes de vie. Avec chacun un regard singulier et des stratégies particulières. Entre les photographies d’Ahmet Ögüt qui se focalise sur la rue, les pratiques ordinaires du système D. et le film de Canan Senol dont les images s’animent à la manière du conte des Mille et une nuits ou d’un tableau de Martial Raysse. Entre le temple dédié à Zidane par Borga Kanturk où figurine, dessin et maillot laissent à penser qu’il existe un culte universel de l’icône footballistique, et l’œuvre plurielle de Merve Sendil, Le guide pour rêver, associant conte, wall drawing et création sonore, les artistes s’arrangent avec l’Histoire. Vécue ou fictionnelle, personnelle ou collective, en teintant leurs œuvres d’onirisme, d’exotisme digéré, de tradition réinventée ou de réalisme distancié, mais toujours avec un sens aigu de « l’anti-spectaculaire ». Urbain Le Collectif Xurban d’Izmir s’est inspiré d’un graffiti inscrit sur l’enseigne d’un projet urbain et architectural en centre ville de Marseille pour baptiser sa proposition La Ville blanc. Artistes flâneurs, leurs sens s’éveillent à l’évocation des mégalopoles : Istanbul, Shangaï, New York, Bangkok… Ils traquent les signes d’une urbanisation galopante, d’un vaste chantier permanent à partir Merve Sendil X-D.R de deux modèles, les villes portuaires de Marseille et Istanbul, pour poser les questions politiques du développement urbain. Avec pour fil « blanc » la mer, sa richesse biologique, son histoire méditerranéenne, sa poésie, et tout l’envers du décor : sur onze socles en bois de dimensions différentes, photos éparpillées et vidéos disent la pollution pétrolière et chimique, la prolifération des méduses, la disparition des récifs coralliens. Si le discours est exigeant, l’installation l’effleure seulement par sa légèreté formelle, et la centaine de photos n’y changeront rien. Poétique Et puis Paul Éluard apparaît là où on ne l’attendait pas. Au cœur du travail de Sener Ozmen, Cengiz Tekin et Berat Isik inspiré du poème dédié à André Breton, Quelques uns des mots qui, jusqu’ici, m’étaient mystérieusement interdits. Poème charnière dans sa vie, écrit en 1936, qui marqua sa rupture avec le Surréalisme et son engagement politique. Poème qui alimente aujourd’hui les vidéos et les photographies de ces artistes installés à Diyarbakir, en première ligne des conflits sociaux et politiques qui secouent cette zone de frottement avec la Syrie, l’Iran et l’Irak. Qu’il s’agisse du film The Meeting de Sener Ozmen en référence à Courbet ou des photographies métaphoriques de Cengiz Tekin qui pointent avec sévérité les enjeux stratégiques mondiaux, ils enfoncent le couteau dans la plaie d’un monde divisé, déchiré. Emploi saisonnier fait sens comme plate-forme de la scène turque actuelle, plurielle, emportée dans un même élan : celui de créer dans l’urgence et avec une économie de moyens des œuvres qui n’ont plus rien à voir avec le fantasme de l’orientalisme. Et qui développent un discours critique en rupture avec les lieux communs de l’histoire, même si certains s’approprient la tradition perse en la réactualisant. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Emploi saisonnier jusqu’au 13 février Galerie de la Friche Belle de Mai, Marseille 04 95 04 95 04 www.sextantetplus.org



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