Zibeline n°26 février 2010
Zibeline n°26 février 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°26 de février 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 8,2 Mo

  • Dans ce numéro : Marseille investit pour l'année 2013.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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26 DANSE ISTRES PAVILLON NOIR BNM Dame la mano el Deux silhouettes se découpent, immobiles, le décor apparaît, plan incliné qui se continue en un long aplat blanc, tandis que la musique de Franck II Louise martèle ses premières notes. C’est autour et sur ce territoire vierge que se construit la chorégraphie d’Anthony Égéa, avec François Lamargot et Jérôme Luca, deux danseurs qui se jaugent et s’affrontent. Les corps s’élancent, regards baissés prêts à l’attaque, se frôlent puis s’empoignent, valse hésitation jusqu’à ne plus faire qu’un ; les corps se cassent, se soumettent, puis les mouvements se font amples, se répondent dans une parfaite symétrie. Et s’élancent à nouveau, glissent sur le plan incliné, s’accrochent, dans une lutte infinie pour un territoire qui finira par être scindé en deux parties égales par un long jet de peinture rouge. Franchissement de la ligne jusqu’à l’apaisement, de part et d’autre. « Donne-moi la main, nous sommes frères » … DOMINIQUE MARÇON Clash, de la cie Rêvolution, a été dansé le 12 janvier au théâtre de l’Olivier à Istres ` et le 13 janvier au théâtre du Cadran à Briançon. Leur précédente création, Urban Ballet, sera accueillie au Carré Sainte-Maxime le 20 mars et au théâtre Durance, à Château-Arnoux, le 30 avril. Ses Préférences Tout est fait pour que l’on se concentre sur les corps. Les costumes sont gris, unis, noirs, fluides, aux lignes simples ; les lumières blanches, très découpées elles aussi, portent votre regard là où il doit aller, sans effet. Les visages sont impassibles, vous ne pouvez que voir les corps, qui retiennent toute votre attention, avec la musique. Là encore les choix d’Emanuel Gat sont remarquables : le Voyage d’hiver est chanté comme de l’intérieur, à la virgule de sens près, par Fischer Dieskau, My Favorite Things, reprise virtuosissime du thème de la Mélodie du Bonheur par Coltrane, est une bombe ludique de force vitale. Quant à sa version salsa du Sacre exécutée sur un tapis oriental, elle surprend par son inadéquation avec la musique : abandonnant l’argument russe et paysan, jouant sur un rapport asymétrique entre les sexes, deux hommes pour trois femmes instaurent un mouvement perpétuel totalement inapproprié aux déchaînements et apaisements de la partition, et parfaitement pertinent pourtant. Comme si tout l’attirail émotionnel et tellurique de Stravinsky laissait entrevoir le cœur o qui, dans la poitrine, continue imperturbable. Une petite passe de rock, un arrêt, une variation, et le métronome à 5 reprend sa salsa asymétrique. Composition Juste avant, le solo de Gat sur My Favorite Things est une profession de foi dans laquelle il confie quelques-uns de ses mouvements favoris, s’emparant des soli instrumentaux pour développer des positions particulières, et revenant au chorus retrouver sa phrase initiale. Les Variations d’Hiver qui précèdent permettent avec Schubert de confier autre chose, plus romantique forcément, entre deux hommes -Roy Assaf est remarquable- en tuniques qui, sur une ligne oblique, jouent de leurs parallèles et de leurs courses. L’enchaînement des trois pièces est remarquablement pensé, et les interprètes sont tous épatants. AGNES FRESCHEL Emanuel Gat Dance Company a dansé au Pavillon Noir du 14 au 17 janv Voyage d'hiver Gadi Dagon JJ Mahé Le feu et l’eau o Le Ballet National de Marseille a ouvert grandes ses portes à deux créateurs très personnels. Chacun a présenté un solo sobre et sensible qui met en lumière sa parfaite maîtrise du corps. Miguel Nosibor avait créé Temps d’arrêt au Pavillon Noir en novembre (voir Zib’24). Sa danse, venue du hip-hop, ne se contente pas de la Cie En Phase Christian Varlet virtuosité et sait nous émouvoir. Sur la scène, occupée par une boule de lumière autour de laquelle il tourne, attiré comme une luciole, le danseur s’engage et se livre. C’est aussi autour d’un objet que se concentre toute la danse expressive de Caroline Bo : une simple bouteille d’eau minérale, en plastique, capte son regard et peu à peu le nôtre. Et c’est toute une histoire de désir et de nécessité qui déroule, son rapport à la soif et au plaisir de l’eau. Caroline Bo raconte sa frustration quand étant enfant on refusait de lui donner à boire, son étonnement quand devenue adulte on l’a mise en garde contre l’absorption inconsidérée d’eau. Aussi a-t-elle longuement interrogé son corps et la médecine et cela donne une chorégraphie étonnante. Son corps bouge parfaitement, ondule, enfle et rétrécit, avec un mouvement focalisé sur l’abdomen qui s’anime de façon inattendue et semble devenir totalement autonome, surtout après l’absorption d’une bouteille entière de 1 litre et demi d’eau. Alors une bande-son doctorale explique les fonctionnements des cellules et de la digestion, les mécanismes de la déshydratation et de son contraire, l’hyponatrémie ! On le comprend, il y a beaucoup d’humour dans ce travail, très bien accompagné par la musique de Jean-Philippe Barrios. CHRIS BOURGUE Temps d’arrêt de Miguel Nosibor et Water in my solo de Caroline Bo ont été donnés dans le cadre des Ouvertures du BNM les 17 et 18 déc
BALLET D’EUROPE NÎMES MARTIGUES Euroméditerranée… du ballet ! Il est désormais de tradition dans les ballets de laisser libre cœur à l’expression chorégraphique des corps. Le Ballet d’Europe propose cet exercice depuis sa création, et les workshops 2010 présentés les 17 et 18 décembre au Petit Théâtre de la Friche entraient dans cette intéressante pratique. Six chorégraphies flottaient en eaux doubles et troubles de sentiments méditerranéens identitaires et contradictoires : ces ateliers chorégraphiques sont le reflet talentueux de l’expression des malaises et turbulences que traverse le corps social. Infranchissable, chorégraphie solo dansée par son auteur Ludovick Le Floc’h sur une musique de Catherine Lara est caractéristique de cette préoccupation narcissique, entre individu social et sujet désirant. L’identité est questionnée dans tous ses aspects. Place de l’individu dans le collectif, ambiguïté de l’identité sexuelle, rôle de l’image dans le regard de l’Autre. La gestuelle, parfaitement maîtrisée, traduit le trouble de l’attirance et du rejet, l’aspiration et la répulsion. Les poursuites aux confluences du désir illustrent les quêtes de la vie. Il pourrait être reproché l’aspect expressionniste de certaines compositions, frisant parfois la trivialité illustrative. Mais la perfection de la technique corporelle fait oublier les traits parfois appuyés d’une scénographie un peu adolescente. Il est heureux que le Ballet d’Europe permette cette jeune écriture Le beau reste On se disait un peu, pourquoi vont-ils danser ensemble, eux qui furent si beaux. On avait tort : ils le sont encore. Autrement, mieux sans doute… Jean-Charles Gil et Monique Loudières ont tout dansé, ils furent les égéries des plus grands chorégraphes. L’un décollait du sol avec un ballon rare, l’autre pouvait tout exprimer avec son corps en chewing-gum tonique… Puis ils ont tous les deux enseigné, longtemps, ont monté leur compagnie, se sont forgés un autre style, une autre histoire, et se retrouvent après 30 ans pour en retrouver les empreintes. Cela s’appelle Trace avec moi, et on y Agnès Mellon corporelle de s’exprimer, radiographie d’une fraîcheur en friche… une belle de mai en décembre ! YVES BERCHADSKY perçoit l’amitié, le temps qui vieillit les corps mais leur donne une patine, une émotion que les petits jeunes, juste avant, lorsqu’ils exécutaient admirablement tours et batteries, n’atteignaient pas. Quelquefois les mains se loupent, quelquefois on sent l’effort pour exécuter les portés, le renoncement à l’ampleur ; mais les arrondis, les impulsions, les regards ont tant de charme ! Sweet Gerschwin, dansé juste avant par un Ballet d’Europe en grande forme, était autrement enthousiasmant. La pièce tonique, joyeuse, repose sur le plaisir de danser, les clins d’œil, la démonstration du talent technique, l’épate. L’émotion aussi, dans les duos et le solo, et un beau langage entre le modern jazz, la technique classique et ses écarts, et un brin de comédie musicale. Une des pièces les plus réussie de Jean- Charles Gil. AGNES FRESCHEL Suite et fin H DANSE CHAQUE PREMIER MERCREDI DU NOIE A. MIDI NET. QUAND SONNENT LES SIRÈNES. MERCREDI 3 FÉVRIER 27 Le Festival de Flamenco poursuit, jusqu’au 23 janvier, sa fiesta dans la Ville de Nîmes. En danse, Pastora Galván, cadette de la famille, présente, avec Pastora, une danse à la fois classique et avant-gardiste (le 21 janv), tandis que Rocío Molina, autre grande danseuse, propose son Oro Viejo (le 23 janv). Les derniers spectacles seront chantés, avec Diego Carrasco, « l’ogre flamenco » maître du compás (le 22 janv), Inés Bacán accompagnée d’Antonio Moya à la guitare (le 22 janv), Antonio Campos en concert acoustique en duo avec Dani Méndez et son délicat toque (le 23 janv), sans oublier l’apothéose du festival, à savoir A Cinco voces : cinq voix gitanes, une danseuse et deux guitaristes pour une soirée façon café cantante (le 23 janv). D.M. 20 ans de flamenco jusqu’au 23 janvier Théâtre de Nîmes 04 66 36 65 10 www.theatredenimes.com Trace avec moi a été créé sur la scène des Salins le 16 janv Parvis de Uopéra Marseille Jean-Charles Verchère



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