Zibeline n°26 février 2010
Zibeline n°26 février 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°26 de février 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 8,2 Mo

  • Dans ce numéro : Marseille investit pour l'année 2013.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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16 THÉÂTRE JEU DE PAUME MARTIGUES ROUSSET De silence et de pluie Il pleut depuis 40 jours, mais la ferme familiale des Cheutié n’a rien d’une arche. Les quatre frères s’y retrouvent, en cette veille de Toussaint qui tient de l’apocalypse. Il y a longtemps que leurs routes s’étaient séparées. Le hasard, les intempéries les rassemblent. Atmosphère lourde rendue par les éclairages d’Orazio Trotta, clair obscur, pans d’ombres. Les silences s’appesantissent. Les personnages s’affirment, aiguisent leurs différents, leurs rancœurs. Rivalités d’héritages, partages des biens certes, mais il est un legs plus dramatique, qu’ignorent encore nos protagonistes aveuglés par le secret de leur naissance, et le rôle véritable de leur père pendant la deuxième guerre mondiale. La tragédie affleure dans le drame bourgeois, les actes des morts viennent Clamans in deserto... Coup de froid sur Martigues ce jeudi 7 janvier ! Était-ce une expérience rare et réussie d’interaction sournoise salle/plateau ? On nous avait prévenus « gardez vos manteaux, y a des vents qui coulissent. » Public clairsemé par le principe de précaution météo face à la pièce de Koltès la plus bouillante et la plus vache qui soit : dans Le Retour au Désert on se hait en famille entre quatre murs, on complote pour faire sauter le bar de l’arabe du coin (début des années soixante dans la ville de garnison de l’est de la France où est né notre auteur) et aussi on a fort à faire avec les revenants, forcément prénommés Mathilde. La sœur refoulée arrive d’Algérie réclamer sa part d’héritage et Marie (oui oui), épouse bien morte du frère ne ménage pas ses apparitions énigmatiques... Catherine Marnas semble trouver dans ce texte foisonnant et dans les conditions de sa création (au Brésil, dans une distribution bilingue) un écho à ses réflexions de dame de théâtre sur « l’impureté » fondatrice et fertile, chère aussi à Koltès : français, portugais et parfois arabe, se doublent, se croisent, langues proférées par les acteurs jumeaux ou projetées sur les grands murs mobiles qui dessinent l’ici et l’ailleurs, parfait, parfait… La tragédie a se joue dans des affrontements chorégraphiés à la West Side Story, très bien, très bien... Brel et Lili Bonniche poussent leur vigoureuse et populaire chansonnette, bien vu... Cette vulgarité boulevardière reste hésitante avec une Mathilde plus Carmen que Jacqueline Maillan (pour qui a été créé le rôle) mais pourquoi pas... Mais le public ne bronche pas, ne rit pas, frissonne dans l’air glacial ; sur la scène alors ça se dérègle un peu, à peine perceptible, comme quelque chose d’aigrelet, une pointe de pas mûr, de moins de cœur à l’ouvrage. On sait que c’est pas juste mais c’est comme ça, le vrai théâtre dépend des soirs… MARIE-JO DHO Le Retour au Désert a été donné aux Salins les 7 et 8 janv cie Parnas Pierre Grosbois hanter les personnages qui trouvent des échappatoires diverses. Les cadavres de bouteilles envahissent le plateau, et Jean-Pierre Darroussin campe superbement un solitaire aigri, bougon, frustre, taciturne, qui ne cesse de lancer des piques amères à ses frères, Pascal Elso, fébrile, ne sachant à quelle femme se vouer, Patrick Bonnel, aux jeux de jambes excessifs, Philippe Risler, le plus jeune, qui porte en lui, innocemment, le nœud de la tragédie. La belle Florence Payros permettra la réitération du crime fondateur. Sur le canevas tragique de la pièce se tisse aussi une satire qui dénonce les dérives mafieuses des familles à la tête de certaines régions. Le texte d’Alain Gautré, magnifiquement écrit, se met au service de ces silences au cœur desquels tant de faits se dissimulent. Qualités remarquables, qui font regretter le manque de rythme et d’allant de l’ensemble, les silences n’étaient pas toujours habités : il n’y eut que de rares moments de grâce. MARYVONNE COLOMBANI La Chapelle en Brie a été joué du 15 au 19 déc au Jeu de Paume, Aix De la modernité du Pithécanthrope Mettre en scène, seul, le livre désopilant de Lewis sur l’évolution, Pourquoi j’ai mangé mon père, tenait d’une sorte de pari que l’on pouvait croire impossible. En fait, par l’intelligente mise en scène de Patrick Laval et la présence extraordinaire de Damien Ricour, l’humour de l’ouvrage est parfaitement rendu. Pour X-D.R. introduire le propos, Ernest Grassentroope, conférencier, évoque l’évolution du paléolithique inférieur. La scène du tableau de l’évolution donne le ton du spectacle : Damien Ricour se transforme en homme du paléolithique, devient tour à tour le père, les fils, la mère, l’oncle Vania, la belle et piquante Griselda, passant de l’un à l’autre avec une aisance stupéfiante. Ainsi dans le même mouvement de marche, il peut incarner quatre personnages à la fois. Que dire des bruitages ? (Non ! pas de bande son ! le comédien produit tout !). La taille des pierres, la chasse au mammouth, sont des morceaux d’anthologie ! Madame Pithécanthrope peut fredonner avec ses lèvres protubérantes et son délicieux balancement « quel bonheur d’avoir un mari bricoleur », l’oncle Vania proche du gibbon clamer « back to the trees », nous suivons avec bonheur toutes les aventures de ces « martyrs du progrès » qui « jouent avec le feu ». Quel passage drolatique encore que celui, historique, où le mot est attribué à la chose ! Et si « ce n’est pas la beauté qui va sauver le monde », comme l’affirme le père devant les œuvres de son fils, l’humour certainement le fera ! MARYVONNE COLOMBANI Pourquoi j’ai mangé mon père a été joué au Théâtre de Rousset le 14 janv
Identité nationale m Hooman Sharifi est né en Iran, puis s’est installé en Norvège à l’âge de 14 ans. Ce n’est pas ce qu’il raconte dans We failed to hold this reality in mind, encore que… Gardons cette réalité à l’esprit. Car dans cette performance aux effets dépouillés, il sera question d’identité, de son identité bien sûr, mais aussi plus généralement de celle qui se pose en tant que problème -ou pas- à tous les voyageurs, migrants volontaires -ou pas. Hooman Sharifi parle, en anglais, se raconte au travers de quelques accessoires posés sur la scène : des morceaux de tapis qu’il assemble délicatement, et qu’une caméra filme de haut ; sur l’écran resteront les couleurs chatoyantes. Puis Hooman Sharifi se lève, convoque la musique (traditionnelle iranienne), et se met à danser. Mouvements amples des bras qui chassent l’air, son corps imposant comme irradié d’énergies conductrices, il occupe l’espace, comme en apesanteur. Jusqu’à ces anecdotes racontées face au public, avec beaucoup d’humour, sur cette double identité iranienne/norvégienne qui peut poser problème selon les lieux, les circonstances, et les personnes rencontrées, et qui le fait s’interroger l’artiste. Qui lui est Norvégien. DOMINIQUE MARÇON ARLES ISTRES THÉÂTRE 17 We failed to hold this reality in mind a été joué au théâtre d’Arles le 15 janv dans le cadre d’un week-end de performances Fourbe et décapant Il s’agit bien des Fourberies de Scapin, il s’agit bien des personnages de Molière, et pourtant… Le vent fou d’Omar Porras dépoussière encore et toujours les classiques par ses mises en scène énergiques, D empruntant à la commedia dell’arte les masques les plus loufoques, les gestuelles débridées, ajoutant son épice aux situations jusqu’à forcer les traits de chacun sans jamais tomber dans la caricature ou le grotesque. Dans un décor ingénieux très sixties où se côtoient jukebox clignotant et portes à double battant, les Hooman Sharifi Matthew William Smith personnages semblent tout droit sortis d’une BD colorée : les costumes osent les couleurs criardes et les carreaux dépareillés, accentuent les traits physiques de chacun, collant aux démarches et gestuelles qui paraissent presque naturelles tant elles sont maîtrisées. De ce jeu flamboyant d’où partent de temps en temps quelques coups de feu, gifles marquées de sons cartoonesques ou chants hilarants entonnés à plusieurs tel un chœur antique, le texte de Molière s’en trouve révélé, plus moderne que jamais, tournant autour d’un Scapin plus révolutionnaire que fourbe (sa tignasse rouge y est-elle pour quelque chose ?). Et sans rien perdre de la cruauté de la farce, qui s’avère plus drôle qu’acide… DO.M. Les Fourberies de Scapin a été joué au théâtre de l’Olivier, à Istres, les 15 et 16 janvier Marc Vanappelghem Mensuel gratuit paraissant le deuxième jeudi du mois Edité à 28 000 exemplaires imprimés sur papier recyclé Edité par Zibeline SARL 76 avenue de la Panouse n°11 13009 Marseille Dépôt légal : janvier 2008 Directrice de publication Agnès Freschel Imprimé par Rotimpress 17181 Aiguaviva (Esp.) photo couverture CATHERINE GERMAIN Agnès Mellon Conception maquette Max Minniti Rédactrice en chef Agnès Freschel agnes.freschel@wanadoo.fr 06 09 08 30 34 Secrétaire de rédaction spectacles et magazine Dominique Marçon journal.zibeline@gmail.com 06 23 00 65 42 Secrétaire de rédaction Jeunesse et arts visuels Marie Godfrin-Guidicelli m-g-g@wanadoo.fr 06 64 97 51 56 Société Chris Bourgue chris.bourgue@wanadoo.fr 06 03 58 65 96 Arts Visuels Claude Lorin claudelorin@wanadoo.fr 06 25 54 42 22 Livres Fred Robert fred.robert.zibeline@free.fr 06 82 84 88 94 Musique et disques Jacques Freschel jacques.freschel@wanadoo.fr 06 20 42 40 57 Frédéric Isoletta f_izo@yahoo.fr 06 03 99 40 07 Cinéma Annie Gava annie.gava@laposte.net 06 86 94 70 44 Élise Padovani elise.padovani@orange.fr Philosophie Régis Vlachos regis.vlachos@free.fr Sciences et techniques Yves Berchadsky berch@free.fr Histoire et patrimoine René Diaz renediaz@free.fr Polyvolantes Maryvonne Colombani mycolombani@yahoo.fr 06 62 10 15 75 Delphine Michelangeli d.michelangeli@free.fr 06 65 79 81 10 Marie-Jo Dhô dho.ramon@wanadoo.fr Maquettiste Philippe Perotti philippe.zibeline@gmail.com 06 19 62 03 61 Ont également participé à ce numéro : Emilien Moreau, Dan Warzy, Yves Bergé, Susan Bel, Clarisse Guichard, Christine Rey, Pierre-Alain Hoyet, Marion Cordier Photographe : Agnès Mellon 095 095 61 70 photographeagnesmellon.blogspot.com Directrice commerciale Véronique Linais vlinais@yahoo.fr 06 63 70 64 18 Attachée commerciale Nathalie Simon nathalie.zibeline@free.fr 06 08 95 25 47



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