Zibeline n°26 février 2010
Zibeline n°26 février 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°26 de février 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 8,2 Mo

  • Dans ce numéro : Marseille investit pour l'année 2013.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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10 POLITIQUE CULTURELLE LES SCÈNES NATIONALES Les Scènes Nationales Nous continuons notre enquête sur les scènes de la région, en nous attachant cette fois aux Scènes nationales. Pour examiner leurs spécificités, leurs missions et leur budget. Là encore, force est de constater qu’elles sont fort vertueuses, et font beaucoup avec peu… Le label Scène nationale existe depuis 1992 et est venu reconnaître un certain nombre de Maisons de la culture, de Centres de développement culturel… déjà présents sur le territoire. Ce sont des structures généralistes vouées à la création et au développement culturel des territoires, plus petites que les Centres dramatiques nationaux (La Criée, le théâtre de Nice) et que les Théâtres nationaux (Comédie Française, Théâtre de l’Odéon..). Elles sont aujourd’hui 70 à côté des 39 Centres dramatiques nationaux ou régionaux, et des scènes conventionnées (comme le Jeu de paume, le Sémaphore, 7 dans la Région, nous y reviendrons…). Budgets Ce réseau de 70 scènes représente en 2009 un budget de 215 millions d’euros environ, subventionné à 79% (soit 170 millions de subventions), avec sur l’ensemble du territoire environ 30% de subvention de l’État, 45% des villes, les 25% restants étant pris en charge par les Régions et les Départements au titre du développement territorial. Le nombre de places vendues est de l’ordre de 2.5 millions par an (soit 68 € de subvention par place), alors que les cinq Théâtres nationaux (tous parisiens sauf Strasbourg) ont environ 600 000 spectateurs avec 67.8 millions de subventions (soit 113 € de subvention par place), et que les 39 Centres dramatiques nationaux ou régionaux ont eu 1.5 million de spectateurs avec 101 millions de subvention (soit 67 € de subvention par place). Mais ces chiffres généraux recouvrent en fait une réalité très disparate : la Scène nationale de Grenoble reçoit plus de 7 millions de subventions, alors que Cavaillon a 1,2 million, ou celle de Valence, la plus petite, 0,7 million. Sur le territoire aussi la répartition est inégale, la région Nord Pas de Calais dispose de 6 Scènes nationales, alors qu’il n’y en a qu’une en Aquitaine. Répartition territoriale L’absence de Scène nationale dans un département (46 département français n’en ont pas, le Nord en a 5) peut avoir des sens différents : les Alpes-de- Haute-Provence et le Var, dans notre Région, ont des scènes conventionnées très dynamiques, et les Alpes-maritimes un Centre dramatique (Nice). Et si les Bouches-du-Rhône concentrent deux Scènes nationales et un Centre dramatique, c’est qu’elles comptent aussi plus de 40% de la population. De même il y a en région Paca 4 Scènes nationales, ce qui est peu commun, mais celle-ci compte 14% de la population française, sur un territoire très vaste, souvent difficile d’accès, qui nécessite une politique de développement territorial volontariste. La situation en PACA L’élément le plus significatif pour analyser la situation régionale reste le volume global des subventions eu égard à la situation nationale : toutes les quatre se situent en-dessous de la moyenne nationale qui est de 2.5 millions de subvention. Les deux qui avoisinent à peine les deux millions sont le Merlan et Les Salins, mieux aidées par leur ville que les autres (64% des subventions pour Martigues, 56% pour Marseille, c’est-à-dire au-dessus de la moyenne nationale de 45%), alors que Cavaillon et Gap subventionnent leur scène respectivement à 30 et 41%, ce qui correspond très certainement à leur taille et à leurs moyens. Malgré ces petits moyens les quatre Scènes nationales drainent un public conséquent (100 000 spectateurs) avec 6,7 millions de subventions, et sont donc dans la moyenne nationale (67 € de subvention par place). Elles coproduisent de nombreux spectacles, ont un taux de remplissage nettement supérieur au 75% des autres scènes nationales (de 84 à 100%), offrent à leur public des spectacles nationaux et internationaux en théâtre, musique, danse, cirque… Elles ont aidé à l’émergence de la plupart des artistes de la Région, fonctionnent en réseau, pratiquent des politiques tarifaires basses et de nombreuses actions pédagogiques. Bref, toutes les quatre, avec leurs disparités liées à leur implantation, remplissent leurs missions, fixées en 1998 et qui se résument en quelques lignes : -être un lieu de production artistique de référence nationale dans les différents domaines de la culture contemporaine, -organiser la diffusion des formes artistiques en privilégiant la création contemporaine, -participer dans le territoire à une action de développement culturel. Nota Bene : Nous avons donné l parole aux directeurs des Scènes nationales, en dehors de Nathalie Marteau qui a déjà répondu à ces questions lors de notre enquête sur les théâtres marseillais parue dans le numéro 24 de Zibeline. Répartition nationale des subventions Répartition régionale des subventions Etat 30% Etat 28% Villes 45% Villes Région Régions 10% Départements 15% Départements 9%
11 de la Région 111111 Le Merlin, Marseille, CC 13 Les Salins, Martigues, CG 13 La Passerelle, Gap. CG 05 La Scène Nattenale, Cavaillon'CC, 84 Ministère CR PACA CG Villes Total 558 600 € 160000 € 125 000 € 1 080 000 € 1 923 600 € 442 100 € 120 000 € 120 000 € 1 235 000 € 1 917 100 € 458 800 € 253 200 € 221 500 € 648 700 € (+26000 € l) 1 608 200 £ 388 000 € 250 000 € 160 000 € 386 000 € 1 233 000 € (+ 49000 € 1) 1 847 500 £ 783 200 E 626 500 E 3 424 700 E 6 681 900 £ Cavaillon 18% Le Merlan 29% La Passerelle Les Salins 24% 29% 1. Ces sommes correspondent aux subve trions des villes des Tournées Nomades de Cavaillon et des Excentrés de Gap 2. L'ensemble de ces subventions de fonctionnement ne comprennent pas les sommes allouées par l'Etat aux actions pédagogiques, et dépensées â cet effet. 3. Ces subventions ne représentent pas le budget de chacun de ces théâtres, qui est augmenté d'environ 20% par les recettes en billetterie, le mécénat, la location de salle... Subventions Zibeline : Avez-vous subi, ces dernières années, des baisses de subvention ? Jean-Michel Grémillet : Oui. En 2009 la Ville de Cavaillon a opéré une baisse de subventions de 8% pour toutes ses associations. Ce qui pour nous représente 35 000 €, soit un poste salarié. De plus elle l’a annoncé en novembre, une fois que la saison était engagée, ce qui nous a mis dans une situation délicate, où il fallait que l’on choisisse entre une réduction de l’activité, ou un déficit, avec le risque d’être perçu comme de mauvais gestionnaires. L’État a en partie compensé cette baisse par une hausse de 15000 €, devenant ainsi notre premier subventionneur. Mais nous nous trouvons dans une situation paradoxale, avec 102% de remplissage ce trimestre par exemple, une demande qui explose face à une offre qui se réduit de fait. La Ville de Cavaillon est elle la seule qui ait baissé ses subventions ? De fait non, cette baisse circonstancielle vient s’ajouter à une stagnation des subventions, qui ne sont pas indexées sur l’augmentation de coûts. Nous recevons par exemple depuis 11 ans la même somme de 250 000 euros correspondant aux dépenses fluides du bâtiment (entretien, chauffage…). Or ces dépenses là, en particulier le chauffage, ont explosé… Spectateurs (billets émis) Productions, créations, coproductions Le Merlan 16 Q40 13 créations coproduites Les Salins 36 000 1 production déléguée, 7 coproductions, 5 créations La Passerelle 28 000 3 créations coproduites et accueillies en résidence Cavaillon 20 000 6 créations dont 4 résidences de création Total 100 000 Ces chiffres sont ceux de la saison 2008/2009 fis ne comprennent pas les participations aux ateliers et manifestations à entrée libre La Scène Nationale de Cavaillon La Passerelle I 28% Le Merlan 16% Spectateurs La Région, qui nous subventionne depuis 2000 pour les Nomades qui entrent dans son projet de développement territorial, n’a pas augmenté depuis 2004, alors que nous faisons plus de 50 représentations hors les murs. Les manques à gagner s’empilent, et la situation devient extrêmement difficile si nous voulons entrer dans les critères de bonne gestion : pas plus de 50% de notre budget pour notre fonctionnement, un soutien en terme de coproduction et de résidences aux artistes de la région et à la création contemporaine… Le cahier des charges des Scènes nationales a-t-il changé ? Avez-vous des quotas en terme de remplissage, de création, de pluridisciplinarité ? Il n’y a pas de quota exprimé ni de cahier des charges précis, mais des missions. Les réunions parallèles aux Entretiens de Valois ont tenté de dégager des textes plus directifs, qui ne sont pas pour l’heure adoptés : il faudrait entre 20 et 25% de recettes propres, ce à quoi nous parvenons à peu près, et un minimum de budget de 2 millions, ce que nous n’avons pas. Comment expliquez-vous votre petit budget ? Le Vaucluse est un petit département, 50 000 habitants, sans véritable ville centre puisqu’il n’y a que 100 000 Avignonnais. 80% des dépenses culturelles des vauclusiens se font durant l’été, lors des festivals… Lorsqu’il a été question de créer une Scène nationale monsieur Maurice Bouchet, le maire de l’époque, a décidé que Cavaillon serait LA ville de Vaucluse qui aurait un projet culturel sur l’année. Il a beaucoup investi, créant une magnifique médiathèque, le Grenier à sons qui est devenu SMAC, la Scène nationale. Puis il a disparu en 1992, ensuite la réalité économique de Cavaillon a changé avec la crise des maraîchers, et tout est devenu plus difficile… Mais êtes-vous heureux de votre programmation ? J’aimerais en faire plus ! Nous avons actuellement une compagnie associée jeune public, Skappa,118 représentations, pour une moyenne de 30 spec-tacles par an, notre salle est pleine, le public est content et fidèle, les artistes aussi -nous accueillons 4 compagnies en résidence par an qui passent 10 jours chez nous pour de vraies coproductions- et nous participons au développement culturel du territoire dans les communes alentour avec nos tournées Nomades… Mais nous n’avons pas assez de moyens pour aller au-delà, et devoir refuser du public, en particulier des classes entières lors des scolaires, est un crève-cœur. ENTRETIEN RÉALISÉ PAR AGNÈS FRESCHEL



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