Zibeline n°25 déc 09/jan 2010
Zibeline n°25 déc 09/jan 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°25 de déc 09/jan 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 4,7 Mo

  • Dans ce numéro : l'album « Own Virago » de Marion Rampal.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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60 HISTOIRE ÉCHANGE ET DIFFUSION DES SAVOIRS ABD Puzzle de sens et de mémoire Elle est paysagiste et plasticienne, il est photographe. Leurs travaux se tissent autour d’un même objet, le port de Marseille La notion de crise dans l’Histoire Son but : expliciter la notion de crise comme une rupture dans le temps ordinaire, une suspension du présent. Parcours Dans la Grèce antique, Hippocrate donne au mot crise un sens médical. C’est un état critique où se décide la guérison ou la mort. Le médecin doit identifier les signes qui annoncent la crise, les ordonner pour établir un pronostic et administrer un remède. Plus généralement, la crise est le moment où les individus se demandent comment ils doivent agir. La solution dans une situation sans issue consiste à recourir à un temps particulier, le kairos, le temps de l’occasion opportune. Il faut alors en profiter pour lire les signes et trouver une solution. Dans la Bible, la crise marque la fin d’un temps corrompu grâce au repentir : le passé mauvais explique les difficultés du présent. Pour l’apocalypticien, en revanche, la crise est un constat d’aporie, de situation sans issue dans le présent. Il faut donc voir venir la fin et s’y préparer ! Le premier étage des ABD accueille ainsi une double création, photographies, et objets hétéroclites mis en scène. Leur seul point commun est d’avoir été trouvés sur un môle, un quai. Ce sont des mobiles de pots de peinture, des cailloux éclaboussés de coulées rouges, vertes ou bleues, posés ça et là comme des fragments d’une mémoire qui vagabonde. Mannequins muets, aveugles, ombres vêtues de combinaisons de travail marquées par l’usage, boîtes à outils abandonnées, étranges fleurs de chiffons, perchées sur de longues tiges métalliques… tout est disposé là parmi des tableautins, ferrailles, tesselles de miroirs, vieilles caisses rafistolées où reposent des merveilles, des gants dépareillés maculés, pinceaux déplumés, poupées perdues, bric à brac de pots de plastique, d’objets insolites, cales de bois, plaques de fer blanc aux inscriptions parfois déroutantes, « Attention Conducteurs nus Sous tension Dans caniveau » … Les photographies elles aussi courent sur les murs, pendent des plafonds, vues partielles ou générales du port, éclairages de jour, de nuit. La multiplicité des objets réunis et des angles de prise forme un kaléidoscope unique. Vision impressionniste dans laquelle chaque fragment porte un élément infrangible de réalité. Ce sont des structures aériennes, comme affranchies de toute attache terrestre, des filins et des poulies ; des jeux de cubes géants des containers, larges aplats de couleurs vives ; des processions étranges de grues, qui prennent des allures de girafes ou de dinosaures qui marchent dans la nuit bleue ; des escaliers de fer qui s’élancent vers le ciel comme si leur seule fin était d’atteindre l’azur ; et des graffitis énormes : « Pour la vie Moumou », « Cléopâtra, we are proud » … De curieuses barques de bois côtoient l’outillage des géants, les photos resserrent leurs plans sur des formes de métal écorché, abstractions brutes de ce qui fut… Si la nature apparaît sur quelques clichés, herbes folles, touffes roses de valériane, buissons de genêts, les hommes, matière participant à la matière, sont absents. Réflexion voulue sur un lieu de transit, de passage, que l’on n’habite pas… Subsistent nos fossiles, déchets de toutes sortes, témoins d’existences que l’on ne représente pas, car elles ne peuvent s’inscrire dans la permanence. Que laisse l’homme derrière lui ? Quel sens donne-t-il à ce qu’il produit, à ce qu’il jette ? Quel rapport entretient-il avec ces lieux sacrifiés ? Où donc enjeu utilitaire et esthétique se rejoignent-ils ? À partir de quel degré d’abandon le Beau prend-il ses lettres de noblesse ? Le catalogue de l’exposition propose une série de textes qui participent de l’analyse, de la poésie, de la fantaisie… Un Abécédaire des objets trouvés sur le port clôt le livre en guise d’épilogue et de projet d’avenir. Une superbe exposition et un catalogue qui méritent un arrêt de votre temps ! MARYVONNE COLOMBANI Pour sa dixième année d’existence, Échange et Diffusion des Savoirs consacre sa saison au thème de la crise. François Hartog parlait donc le 10 déc de Crise du temps, crise dans le temps. Ces deux modèles sont la marque de l’occident : l’une, la prophétie, permet, après la crise et l’exil, une résolution, une reprise du cours du temps normal. L’autre, l’apocalypse, est une rupture dans le temps, récapitule le présent et nécessite une transformation complète. Le christianisme envisage une crise du temps et dans le temps : Dieu fait irruption dans le temps des hommes, Jésus donne un sens au temps par l’incarnation. Chronos, le temps chronologique, devient un kairos, un temps opportun, puisque le Christ est à la fois la crise et sa solution. Mais si l’Eglise a repoussé l’apocalypse en instaurant le calendrier (elle crée un temps cyclique, un temps soustrait au temps), les mouvements millénaristes continuent de voir la crise comme un moment de transition. Temps modernes La Révolution Industrielle, avec le progrès, amplifie la place du futur. Mais il reste des maladies, des crises dont il faut voir les symptômes. L’économiste Juglar, Photographie de Francois Delaage Visions Portuaires aux ABD jusqu’au 16 janvier 2010 François Delaage, Claire Saltet en 1862, établit que les crises sont cycliques et qu’on ne peut les supprimer. Reste à les prévoir, c’est le ressort de l’analyse économique. Les historiens, eux, cherchent les structures qui expliquent les crises, qui sont alors perçues comme des aboutissements de problèmes. Mais dans les années 70 la crise n’est plus perçue comme un passage, elle devient durable : le temps de la crise est dans la crise. Comme la reprise est sans cesse annoncée, discernée, le présent remplace le futur. Notre temps est sans issue, une aporie, un temps d’après l’apocalypse : il n’a ni passé ni futur. Seul règne l’événement, en politique comme dans l’entreprise. L’immédiateté est devenue la pierre angulaire du fonctionnement de la société. L’histoire n’a plus de place, il n’y a plus que l’événement. Et comme il est par nature erratique, il est inutile de tenter de le prévoir. RENÉ DIAZ
MAUPETIT LIBRAIRE Depuis 80 ans au service des Marseillais et de la Culture La Terre, le Temple, la Loi Sujet complexe, polémique, l’étude des Hébreux requiert des précautions méthodologiques, et une certaine circonspection. L’auteur, docteur en histoire des religions et spécialiste du judaïsme, a su raconter l’histoire de ce peuple à travers son Livre mais surtout en recourant à l’archéologie et aux sources extrabibliques. Le champ chronologique débute avec l’identification des origines et les mouvements de ce groupe derrière les personnages d’Abraham ou de Moïse. L’auteur insiste sur le contexte géopolitique de la région : le milieu physique, l’affrontement des empires (Babylone, l’Egypte, l’Assyrie, le Hatti), les invasions des peuples de la mer (les Philistins, mot qui donne le nom Palestine, sont Sardes, Crétois….). Ces éléments permettent la compréhension de l’arrivée et de l’installation en Canaan. La première partie se finit avec la fondation du royaume de David et le règne ambigu de Salomon. Déjà, bien des certitudes traditionnelles sont bousculées. Mais un élément E. r c ! Les 1-16.ireux Les Hébreux Stéphane Encel Armand Colin, 30 euros apparaît dès lors essentiel pour les Hébreux : la terre. Le reste du livre s’évertue à expliciter cette relation si particulière, liée à un contexte tout aussi particulier. La deuxième partie traite de l’apparition des deux royaumes (du Sud et du Nord), de leurs fortunes diverses et de leur destruction. L’exil babylonien est alors, pour le peuple, l’occasion d’un changement de sa relation à Yahvé et, peut-être, d’un éveil national. La troisième partie s’attache à la période perse et à la restructuration du judaïsme. Une autre pierre essentielle se met en place dans l’édifice : la relation au temple et à la centralisation religieuse qu’il implique. Yahvé ne peut habiter qu’une demeure, et ce sera celle du temple de Jérusalem. Les communautés accepteront, de gré ou de force, cette prévalence centralisatrice. Avec la quatrième partie se dessine l’influence grecque et l’hellénisme. La fondation de villes, avec le droit de cité, est l’occasion de l’intégration des communautés juives. La diaspora apparaît dès lors en pleine lumière, et l’appartenance à ces deux mondes, grec et juif, devient problématique : la crise maccabéenne révèle ainsi la situation et signe le début de l’aventure hasmonéenne. La cinquième partie se noue autour de la destruction du Temple, moment dramatique et durable. Stéphane Encel raconte l’affrontement avec Rome, les guerres, la disparition du cadre politique, l’exil et le sort des communautés dispersées. Avec sa reconstruction le judaïsme devient la religion des synagogues et du talmud : la Loi devient centrale. Ce long parcours, bien documenté et bien illustré, permet de disposer de connaissances historiques solides mais aussi de mieux connaître le judaïsme, avec ses débats et ses enjeux. Le rôle central de la relation à la terre et celui de la torah, qui finalement remplace le Temple, apparaissent comme des éléments que l’on ne peut omettre dans l’histoire et l’imaginaire juifs. RENÉ DIAZ Pour vous conseiller. Une kuipe orle:àimentée, prufessionnelle et 4.:haleureuee vola areiejlegur 2 niveaux et 900 mvüii renstignie sur ks cnièrs nouvc2uc6 et vou pr6tente ecouvertm du moment. Un c carbl4:1* fidélité vous garantit un r12imment person naEi 4. ! Z. Proprier.d d'Actes Sud et gditeurs AssockiS, la libralric vous proposc rel.t,nlilirtricror de,s débats et des r co nues pour mieux appréhender les suieta du nrsument, Pour vous servir. Prms&Linc k plus important stock de livres de Marseille, I ibîairi MaUptEit Met VOCIr diSpri5601/dens les meilleurs délais ks ouvrages Lit fentes/bile dt e'd.iteurs fra_rwo_is cÇ fl_i$Linv lee $uivi etuoticien 4c- yos La Librairie de Tous les Savoirs Mill Il Librelt » - 142 Le Cenet-ib te- iwn P irlllit TH. : 04 91 36 50 500 - Fax : 04 91 36 BO ? 9 - maupeli1Eacies-sud.fr Ou lundi au sxnadl : en continu de 10hOD I9M1P3 riltittn) Iraunwa.si, kInd â Œxirnii6



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