Zibeline n°25 déc 09/jan 2010
Zibeline n°25 déc 09/jan 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°25 de déc 09/jan 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 4,7 Mo

  • Dans ce numéro : l'album « Own Virago » de Marion Rampal.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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06 POLITIQUE CULTURELLE MUSÉE BORÉLY MUSÉE DE LA FAÏENCE Le projet Borély Le constat est fait depuis des années : les musées de Marseille, qui possèdent des fonds riches, divers et étonnants, manquent cruellement de grands lieux d’exposition susceptibles de les mettre en valeur pour le public… Cela est particulièrement vrai pour les collections muséales relevant des arts décoratifs : depuis la fermeture il y a plus de 20 ans du musée Borély, elles végètent dans des caisses ou sont disséminées qui au Musée de la faïence, qui au Musée de la mode… Restaurer enfin le magnifique Château Borély, écrin XVIII e au cœur du plus beau parc de Marseille, tourné vers la mer, pas trop excentré, paraît donc une évidente bonne idée ! D’autant que le projet est cohérent : s’appuyant sur le potentiel naturel du Parc, son légendaire Pavillon du Lac qui devra rouvrir, son musée botanique avec lequel des passerelles seront établies, l’ensemble muséal de Borély obéira aux impératifs des grands projets. Les collections des musées de la faïence, de la mode et des arts décoratifs y seront réunies en un parcours historique éclairant sur la culture provençale, l’histoire artisanale et industrielle de Marseille, et l’histoire du goût et de l’art de vivre. Du XVII e au XX e siècle les objets, meubles, tissus, vaisselle, vêtements Château Borély Ville de Marseille Château Borély Ville de Marseille trouveront un cadre qui leur répond, puisque les salles du rez-de-chaussée et du premier étage sont en cours de restauration, et que celles du dernier étage, très abimées par la pluie, accueilleront dans un décor plus neutre les collections contemporaines. La Ville de Marseille veut concrétiser ce grand projet en 2012, et répondre par ces collections essentiellement provençales à celles du MuCEM, à vocation plus universelle. Le château est d’ores en déjà en restauration, et les vêtements et tissus du musée de la mode prêts à se déplier enfin -les expositions temporaires sur la Canebière ne donnent qu’une toute petite idée de la richesse de ce fonds. Le musée sera animé par des ateliers pour enfants et pour adultes, autour des savoir-faire et des techniques artisanales, mais aussi d’un apprentissage du regard. Et les collections s’enrichiront de commandes à des artistes, confirmant ainsi que la culture provençale n’est pas figée sur un glorieux passé et un folklorisme. Un projet essentiel pour Marseille qui a toujours peiné à affirmer son statut de capitale provençale dans une région qui, depuis l’antiquité, lui a toujours préféré des villes plus bourgeoises. Mais il est impératif que ce musée de civilisation, essentiel, soit complété par un grand projet de musée artistique : s’il est bon que la culture provençale soit assumée par les Marseillais ils ne sauraient s’y réduire. Marseille est aujourd’hui à la mode et redevient une destination touristique : elle mérite enfin un musée d’art qui présente dignement les collections contemporaines, modernes, romantiques et classiques qui dorment actuellement dans les réserves ! AGNES FRESCHEL Ce que nous dit la vaisselle ! Faites-vous partie de ces visiteurs de musées qui, lorsqu’ils arrivent dans les salles aux vitrines pleines d’ustensiles d’usage courant, passent rapidement pour aller s’attarder devant les statues et tableaux de maîtres ? La conception moderne et occidentale de l’art nous a appris à admirer les œuvres signées qui nous ouvrent à un sentiment esthétique… mais ne sont pas la seule voie pour appréhender une culture. Le musée de la faïence est relativement peu fréquenté des Marseillais. Situé au cœur d’un parc davantage connu pour ses écureuils et ses poneys que pour ses collections, il recèle pourtant des trésors que 15000 visiteurs annuels découvrent chaque année sur les trois niveaux du château Pastré : 1500 pièces, remarquables pour certaines, nous racontent une histoire. Celle des faïenciers marseillais qui, dès la fin du XVII e siècle, ont parfait une technique spécifique : le petit feu, qui permet en cuisant l’émail à diverses basses températures de varier les couleurs obtenues, et de sortir des décors bleu cobalt qui ornent la plupart des faïences grand feu. La faïence marseillaise, puis celle de Moustier et d’Apt, est donc particulière : on y trouve de grandes pièces, des décors historiés, de véritables tableaux, et des motifs extrêmement variés, depuis les décors floraux, les poissons et guirlandes, jusqu’à des scènes de genre, champêtres ou mythologiques… Musée de la faïence Ville de Marseille Mais le musée ne se réduit pas à ces objets emblématiques de la richesse d’un art de vivre bourgeois : des pièces de Théodore Deck réunies en une magnifique vitrine témoignent de l’art de la couleur et du motif du plus grand des céramistes ; au dernier étage des pièces art nouveau côtoient des créations contemporaines en verre, en grès, des animaux fantastiques, grotesques, des bibelots d’inanité lumineuse… Une collection d’arts du feu à visiter, avant ou après le pique-nique, et en attendant son emménagement à Borély ! A.F. Musée de la Faïence 04 91 72 43 47 Ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 17h
LA FRICHE LE MASSALIA THÉÂTRE NONO THÉÂTRE 07 Les étudiants du BTS Design de Communication du Lycée Marie Curie (Marseille) rendent compte de leur soirée avec la Compagnie Parnas… Quand l’imagination D s’invite à table le disait Romain Gary, et c’est une Entre adultes consentis Accueil aussi chaleureux que surprenant, lustres de cristal, accessoires à vue, hop, nous voici embarqués pour la traversée (trop courte, hélas, on en aurait bien goûté un peu plus encore !) de quelques délires de notre Espèce fabulatrice. C’est le texte éponyme de Nancy Huston qui a donné à la Cie Parnas l’idée de ce banquet fabulateur auquel cinq comédiens nous convient avec élégance et fantaisie. Un florilège de grands noms du théâtre (Shakespeare, Tchekhov, Sophocle, Rostand, Racine…) se tisse avec fluidité et en musique. On se réjouit d’écouter se répondre tragédies et comédies dans un festival de répliques célèbres. Le tout servi par une mise en scène atypique qui met en contact le spectateur et l’acteur. Pour ce voyage inspiré du banquet platonicien, nous sommes installés à la même table que les comédiens et partageons avec eux vin, fruits et discours. Ils sont tous fabuleux aux deux sens du terme ! Leurs mots, leurs gestes et leur jeu, excellent, nous ouvrent les portes d’une fantastique épopée à travers l’imagination car comme L’idée est excellente : le cabaret des NoNos réunit des spectateurs dans une ambiance conviviale autour de chants de Noël dévoyés, entrecoupés de textes érotiques contemporains. Il repose sur des commandes à des auteurs, et sur une théâtralisation minimale : voix, micros, chaises, sapins… et talent. On peut regretter que les comédiens chantent si faux -les trois musiciens n’en peuvent mais, et Gregori Miege au milieu cherche à rattraper sans cesse Marion Coutris qui démarre à n’importe quelle hauteur, Serge Noyelle qui se bat contre le rythme, et tous qui détonnent… Cela gâche vraiment les passages musicaux, par ailleurs remarquablement choisis, et arrangés. Mais les textes sont un régal : L’ascenseur de Marion Coutris, narré par un homme (Patrice Pujol) mais visiblement écrit par une femme observatrice, et séductrice, est un régal de drôlerie, coquin à souhait. Le récit d’Eugène Durif sonne dur, pas érotique pour un brin même si débordant de sexe, scandé par une voix intérieure animée d’un élan morbide, remarquablement écrit, et dit comme on se noie, sans autre effet qu’un halètement, par un Gregori Miege impressionnant. Le roman d’un travesti écrit et dit par Serge Noyelle est plus banal, mais son invitée québécoise, France Arbour, offre un moment de théâtre exceptionnel : le texte de YannBienvenue, qui exhibe avec fracas la sexualité d’une vieille femme dans sa maison de retraite, est un monument de drôlerie féroce et la comédienne, la seule qui joue vraiment, sans texte et debout, soulève un tonnerre fracassant d’applaudissements. Ne serait-ce que pour ce moment ce cabaret érotique vaut le voyage jusqu’au Nono théâtre ! AGNES FRESCHEL Les contes érotiques de Noël ont lieu tous les soirs jusqu’au 18 déc. 04 91 75 64 59 www.theatre-nono.com Agnès Mellon Cordula Treml phrase qu’ils répètent, « rien n’est humain qui n’aspire à l’imaginaire. » Puisque l’homme passe sa vie à la jouer, puisqu’il est un animal fabulateur, autant lui laisser la parole. C’est ce qu’ils ont fait l’autre soir à La Friche, avec talent, et nous les remercions du beau moment de théâtre qu’ils nous ont offert. MANDY COLLURAT, MARION BERTHIER ET D’AUTRES ÉTUDIANTES Le Banquet fabulateur, création collective de la Cie Parnas, mes Catherine Marnas, est représenté à la Friche Belle de Mai jusqu’au 18 décembre 04 91 64 41 90 www.parnas.fr Tableaux de genre m y1 Côte d’Azur est un spectacle à la scénographie étonnante : enfermés dehors, les spectateurs tournent autour pour apercevoir, par des meurtrières que les comédiens ouvrent ou ferment, les actions qui se passent sur l’îlot peuplé d’une humanité marginale, comme figée dans des années 70 qui auraient été ravagées par la guerre. Humiliations, violences et exactions se succèdent, saupoudrés d’un certain burlesque, d’un rire saugrenu et de beaucoup de désespoir. C’est très beau par moments, par tableaux, même si cela manque un peu de rythme, surtout quand les (mauvaises) plages musicales s’éternisent. Quant à la fin les murs s’ouvrent laissant passer les affreux habitants de l’îlot vers la lumière, l’extérieur, notre espace, on comprend la raison du malaise : le dispositif, qui fait penser à Disneyland, nous a placés en position de voyeurs avides, et de consommateurs de violence ordinaire. Cette ouverture crève l’écran. A.F. Côte d’Azur, du Théâtre de la Mezzanine, a été créé au Massalia du 19 au 28 nov Christophe Raynaud de Lage



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