Zibeline n°25 déc 09/jan 2010
Zibeline n°25 déc 09/jan 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°25 de déc 09/jan 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 4,7 Mo

  • Dans ce numéro : l'album « Own Virago » de Marion Rampal.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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54 LIVRES ÉCRIMED HÉROPOLIS Chic ou bohème ? Un week-end, deux événements. Tous deux axés sur l’écriture et sur la Méditerranée, suivant des voies très différentes Bohème en Friche Le 20 novembre, début de soirée. Dans une salle prêtée par la Friche, où on s’installe tant bien que mal sur des divans défoncés ou des pliants, Jean-François Paillard et l’équipe de Territoire 3 présentent leur drôle de spectacle, Heropolis. 52 minutes de littérature, arts visuels et musique mêlés ; 52 minutes pour évoquer ce qui arrive lorsqu’un homme se transforme en chien. À partir d’un texte écrit et d’une vidéo tournée à Istanbul avec des moyens artisanaux, appareil photo numérique et caméra embarquée, J.-F. Paillard et ses complices proposent une performance originale, qu’ils n’ont eu que 10 jours (et quasiment aucun financement) pour mettre au point. Sur l’écran se déroule le film des avatars de l’homme mué en chien, de sa traversée des Enfers à sa renaissance. L’image « sale », volontairement tremblée ou saccadée ou répétée, joue sur un noir et blanc partiellement colorisé, sur des effets de solarisation. Rien à voir avec une vidéo de vacances à Istanbul, même si on retrouve au hasard des tribulations du personnage les vues touristiques traditionnelles de la cité. Paillard recrée le voyage en Orient et la ville turque se teinte de Grèce, et le Bosphore devient Styx… Cette traversée en images s’accompagne d’un périple sonore des plus excitants. Le texte, s’il n’échappe pas à quelques clichés, sort exalté de la performance des six allumés qui le portent. Trois musiciens rythment les chapitres, façon films muets tandis que deux lecteurs-bruiteurs, Jean-Marc Hérouin et Marion Rampal, susurrent, crient ou psalmodient les mots, que la machine diabolique de l’électroacousticien Didier Simione distord et amplifie… Une extravagance très maîtrisée, pour une vision onirique de la Méditerranée, où les anciens mythes imprègnent toujours la réalité contemporaine. Un DVD viendra sous peu pérenniser cette expérience unique et permettre à cette équipe inventive de poursuivre ses incursions à la croisée des champs artistiques, pour une autre lecture de nos rivages méditerranéens. Heropolis Territoire3 Chic aux Docks Autre lieu, et toute autre ambiance pour la 1 re édition des Écritures Méditerranéennes, placées sous la direction littéraire de Pierre Assouline et Tahar Ben Jelloun et chapeautées par la sémillante Elsa Charbit. Si les livres et les écrivains avaient paru singulièrement absents lors de la conférence de presse (voir Zib’24), ils étaient bien là, aux Docks de la Joliette, samedi 21 et dimanche 22, venus de Tunisie, du Liban, d’Italie, du Portugal et d’ailleurs, pour tenir des cafés littéraires à la brasserie Agora, participer aux tables rondes dans le grand auditorium de l’école EuromedManagement, dédicacer leurs ouvrages entre deux. Luxe, calme et lumières tamisées ; tout au long du large couloir parqueté qui menait du restaurant à l’auditorium, des tables avaient été installées, en règle générale une pour deux écrivains invités, chacune d’elles ornée d’une petite lampe de lecture de forme et de couleur différentes. Le genre de détail classe qui fait la différence ! Tout était à l’avenant, les hôtesses souriantes et élégamment vêtues, les étudiants d’Euromeddévolus à l’accompagnement des auteurs. Beaucoup d’allure, et des tables rondes intéressantes, quoiqu’un peu convenues pour un public un tant soit peu averti. Car lorsqu’on est coutumier des rencontres littéraires de Manosque, de celles organisées à Toulon le même week-end, ou de celles que mettent en place nos libraires et éditeurs indépendants, les discours entendus à Ecrimedn’ont pas brillé par leur originalité, en dépit du talent oratoire de certains, comme le Libanais Najjar, l’Italien Bajani ou l’Algérien Djemaï. Sans doute n’était-ce pas la configuration idéale pour sortir des sentiers battus… Mais ce qui est formidable, c’est qu’on puisse le même week-end voir ces deux choses-là, tellement éloignées l’une de l’autre en dépit de leur thématique commune. Ambiance, budget, traitement et choix esthétiques, rien de comparable entre les deux. Mais il est bon que de telles manifestations coexistent, et puissent continuer à rassembler des publics différents autour des écritures et de la Méditerranée. FRED ROBERT Heropolis a été donné à la Friche le 20 nov Le 1er salon des Ecritures Méditerranéennes s’est tenu aux Docks de la Joliette les 21 et 22 nov ÉcrimedOlivier Monge - MYOP
RENCONTRES LITTÉRAIRES LIVRES 55 Pour que 2010 vous donne Bien sûr, l’hiver, c’est moins facile de sortir dans l’obscurité des jours qui raccourcissent. Cela vaut pourtant la peine : il est des rencontres qui sont de vraies fêtes. Et si vous les avez ratées, pas grave, il reste les livres de ces auteurs. À lire sans modération… La rencontre attendue d’Écrivains en dialogue à la BDP le 8 déc, qui réunissait Olivier Adam et Véronique Ovaldé, tous deux publiés à l’Olivier, régulièrement primés, et auteurs d’ouvrages jeunesse à côté de leur production pour adultes. Tous deux également professionnels du livre, puisqu’Adam a longtemps été éditeur et qu’Ovaldé vient de le devenir après avoir travaillé 17 ans comme responsable de fabrication. Deux quadras plus que pros, et deux romanciers remarquables. On avait regretté la défection d’Ovaldé à Manosque (victime d’un frelon, asiatique aux dernières nouvelles, les pires il paraît) ; cette fois-ci, elle est là, en pleine forme. Son collègue de plume (et fidèle lecteur) a souhaité l’inviter afin de comprendre « où elle va chercher tout ça. » Les territoires que ces deux écrivains explorent sont très éloignés. L’une, qu’on rapproche souvent d’auteurs sud américains (qu’elle n’a pas toujours lus !) tendrait vers le merveilleux, l’univers des contes et le baroque, espace-temps improbable, toponymie symbolique ; tandis que l’autre se rapprocherait d’une esthétique néoréaliste, attention minutieuse aux détails quotidiens, lieux ancrés dans une réalité géographique, météorologique même. Il y a pourtant plus d’une passerelle à tendre entre ces deux univers, ne serait-ce que celle de l’unicité de la voix qu’ils font entendre. Une voix qui se tient sur « la corde raide des émotions », dans un mélange de brutalité et de douceur qui donne à leurs fictions cette tonalité si particulière, dans la lignée des littératures américaine et japonaise que tous les deux lisent et admirent. Pascal Jourdana avait joliment intitulé la rencontre Le boxeur et la fée. Qui est l’un ? Qui est l’autre ? Au final, on n’en sait rien. Car il y a de la boxeuse en Ovaldé et du magicien en Adam. Ne pas être là où on les attend, c’est sans doute cela qui les rapproche aussi, et qui procure tant de plaisir à leurs lecteurs. Charlotte in love Une Escale à la librairie Imbernon, rencontre passionnante sur l’architecte et designer Charlotte Perriand a eu lieu le 9 déc dans la 3 e rue de la Cité Radieuse Le Corbusier, à l’occasion de la sortie d’un nouvel ouvrage aux éditions Norma. Reconnu et primé pour ses nombreux films et portraits d’architectes, Jacques Barsac, qui côtoya l’artiste quotidiennement pendant vingt ans, a donné une très belle conférence sur l’histoire de cette femme qui fut associée au Corbusier de 1927 à 37. Il manquait une pierre à l’édifice sans faille de l’architecte visionnaire qui, impressionné par le bar sous le toit la joie de livres ! construit en dur, confie à la jeune femme de 23 ans le mobilier et tout ce qui touche à l’architecture intérieure. Elle va devenir l’alliée idéale du Corbu dans la révolution de l’intérieur et du mobilier qui ne jure à l’époque que par l’art déco de Ruhlmann. Appliquer le modèle industriel du Taylorisme pour un fonctionnalisme humain devient alors la clef du modernisme. Fauteuil tournant, fauteuil tube, bureau en forme, la belle Charlotte fait « chanter l’espace » jusqu’à produire le fauteuil grand confort et la fameuse chaise longue qui aurait été inspiré par le pont transbordeur de Marseille pour ce qui est de l’ossature. Comme souvent, le maitre oubliera la p(m)aternité des œuvres… et le Japon accueillera l’inspiration de la créatrice qui fut injustement traitée en France, même si elle trouva un terrain à son talent avec la construction de la station des Arcs en 67. Charlotte Perriand, un art d’habiter mais aussi Charlotte Perriand et le Japon témoignent de ce formidable héritage qui nous a été transmis avec passion et exactitude. Toussaint à Noël Encore une rencontre avec un auteur remarquable dans un lieu agréable : Jean-Philippe Toussaint à la librairie l’Histoire de l’œil le 10 déc. Il a fallu pousser les murs, mais on est arrivé à se caser, pour une conversation entre amis. L’auteur est largement revenu sur son dernier roman, La vérité sur Marie (voir p.50), en a lu des extraits, et a rappelé les liens qui unissent l’œuvre avec les précédentes. Chaque œuvre reste autonome, mais des résonances s’établissent entre elles. Si scènes, lieux et tonalités se répondent, c’est qu’il s’agit de « toujours écrire le même livre » et en même temps, de « toujours se Rencontre a la librairie Histoire de l'oeil avec J.-P. Toussaint Agnès Mellon renouveler ». Ambivalence jubilatoire, terrain même de la littérature. Ambivalence de la « vérité sur Marie », impossible à connaître et qu’il écrit pourtant. Ambivalence de l’énergie romanesque, qu’il retient d’abord pour mieux la lâcher dans des scènes paroxystiques. Ambivalence d’un récit à la 1 re personne, d’où le narrateur disparaît pourtant. Ambiguïté enfin de l’accumulation d’« effets de réel » dans ce qui relève de la fiction pure. Toussaint joue de cela et pose mine de rien des questions littéraires cruciales. Il n’a pas parlé que de littérature, car il est également, photographe, cinéaste, plasticien. Son éclectisme s’accommode bien des nouvelles technologies : il se montre fier de son site, sur lequel on peut lire certains de ses brouillons, voir des scènes de ses films ou de ses installations. Il a également en tête un projet d’exposition virtuelle. Où s’arrêtera-t-il ? À la publication de ses romans sur le web. Car, a-t-il conclu, rien ne vaut le support papier pour jouir pleinement d’une fiction romanesque. FRED ROBERT ET FRED ISOLETTA Beaucoup d’autres rencontres ce mois-ci ! Au Greffier de Saint-Yves, une séance de lecture- dédicace-dégustation délicieuse ! Trop tard pour en profiter mais il est toujours possible de faire un tour dans cette accueillante librairie de l’hyper centre de Marseille ; on y trouve, comme dans toutes les vraies librairies, des idées cadeaux à tous les prix…



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