Zibeline n°25 déc 09/jan 2010
Zibeline n°25 déc 09/jan 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°25 de déc 09/jan 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 4,7 Mo

  • Dans ce numéro : l'album « Own Virago » de Marion Rampal.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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48 LIVRES ARTS Composer avec Vichy ? Passionnant et riche en enseignements, l’ouvrage Composer sous Vichy du musicologue Yannick Simon dresse un panorama complet d’une période musicale tourmentée longtemps passée sous silence. L’Occupation et ses heures sombres ont modifié la donne d’une vie créatrice bouleversée qui, contrairement aux idées reçues, ne s’est pas éteinte pour autant pendant cette période noire. Du traitement infligé à Darius Milhaud, exilé et banni du paysage culturel, au Front National de la Musique, cette somme admirablement documentée publiée aux Editions Symétrie est une contribution indispensable pour les musiciens et les historiens, comme pour les amateurs désireux de s’imprégner comme dans un roman des destins croisés des compositeurs français. Le régime de Vichy a vu certains adopter des positions collaborationnistes, d’autres se quereller sur la notation Obouhaw, d’autres rester prisonniers de guerre. Le rôle de la presse spécialisée et l’activité musicale sont analysés depuis la drôle de guerre jusqu’à la plume corrosive de Poulenc et Eluard élevant le mot Liberté au rang d’emblème… FREDERIC ISOLETTA Composer sous Vichy Yannick Simon Ed. Symétrie 40 euros Mémoire des lieux oubliés Au départ une demande de Jean-Luc Mingallon, président du Consolat Mirabeau Services, et une envie d’écrire, celle de Lucienne Brun. Et une conscience sociale commune, autour d’un lieu atypique, sans nom pour l’administration, entre Saint-André et Saint- Louis. Un an et demi de travaux, de recherches, ont permis la collation de témoignages, de photographies, de renseignements sur les industries, les activités, les mouvements de population liés à la grande Histoire : ceux des Italiens, Espagnols, Algériens, Arméniens, Gitans, Pieds-noirs, gens des campagnes environnant Marseille. Des plans enfantins représentent les maisons, avec les noms des habitants, que ce soit le long des rails, dans la cité Consolat, le saut de Marot, le chemin de Ruisseau- Mirabeau, la campagne Lachèvre… Leurs appellations frappent l’imaginaire. Les photographies, souvent prêtées, sont merveilleusement touchantes : sourires généreux, images de communiantes, jeune homme fier sur sa moto, voisins réunis, scènes quotidiennes, et le bar Michel, magnifique temple de convivialité ! Le livre est également un bouquet de voix qui se racontent, témoignages particuliers qui rendent aussi compte de la vie de ce quartier foisonnant, avec ses cités, ses champs, ses terrains vagues, ses articulations désordonnées mais emplies d’énergie, de misères aussi, de courage, de bonheurs. Et pourtant, qui se souvient des Tuileries, du travail harassant des femmes, des chaînes de conditionnement de Bonux, des usines Panzani ? Étude ethnographique, témoignage de la conscience ouvrière, ce bel ouvrage peut aussi être présenté ainsi, chargé de mémoire, une somme extraordinaire à cultiver. À lire, à feuilleter, comme une promenade que l’on ferait tout simplement dans son quartier. MARYVONNE COLOMBANI Sur les traces de nos pas Lucienne Brun Publication Consolat Mirabeau Services, 35 euros Avec le concours de la région PACA C$voseF'sons Wd4y T Cif 1 ! f'.ti L’agonie d’Agata Couverture noire, ombres noires, chambre noire : Agonie est un ouvrage radical. Âmes sensibles s’abstenir car les autoportraits photographiques d’Antoine d’Agata et les textes labyrinthiques de Rafael Garrido sont poussés à leur paroxysme. Né d’une correspondance sur Internet, Agonie est le fruit de rencontres entre un écrivain épris de Basquiat, de Bacon, auteur d’une thèse sur « Le corps et la violence dans l’art contemporain », et d’un photographe lecteur d’Artaud, Burroughs, Deleuze, Blanchot. Même fascination, mêmes ombres tutélaires qui ont naturellement guidé Antoine d’Agata à lui « passer commande ». Rafael Garrido s’est emparé de l’occasion pour se couler littéralement dans l’œuvre photographique mais aussi littéraire (« Je suis resté sur le cul, fasciné par sa façon d’écrire, tout particulièrement Les désirs du monde et Les blessures du monde »), crachant une logorrhée poéticosonore d’une grande liberté, mais respectueuse des thématiques souhaitées par le photographe : la drogue (« son corps savait piquer »), la prostitution (« la routine des bordels, d’un nouveau bordel, est simple et passe, inéluctablement, à travers l’aveuglement »), l’avènement des corps (« corps incorporants et incorporés, désir incarné, désossé »), le dur et le mou… Aux côtés des images floues, ombrées, extraverties d’Antoine d’Agata, les mots de Rafael Garrido se chevauchent, se distordent pour créer un texte volcanique ; auprès des corps extatiques, jubilatoires et morbides, les mots se débitent à la mitraillette. D‘une rare densité et d’une crudité sans fard, Agonie brûle d’intensité. Aveuglant. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Agonie Photographies d’Antoine d’Agata, texte de Rafael Garrido Co-édition Actes Sud/Atelier de Visu, 43 euros
Au-delà du documentaire Dès son apparition, la photographie a oscillé entre démarche artistique et approche documentaire. Les trois ouvrages que fait paraître Images en Manœuvre entrelacent ces deux pôles Pour le meilleur, il faudrait les feuilleter et les confronter l’un après l’autre. Chacun des photographes aborde un groupe social : ouvriers anglais en vacances pour Martin Parr, jet-set internationale chez Jessica Craig-Martin, le peuple vénézuélien pour Christopher Anderson. Mais les approches varient suffisamment pour nous rappeler que l’acte photographique peut se jouer dans l’empathie plus ou moins prononcée avec son sujet. Le plus proche (plans rapprochés et gros plans) et le plus distancié à la fois (couleurs crues, flash brutal) est le regard acidulé de Jessica Craig-Martin, focalisant sur l’artificielle ambivalence des mondanités (détails sur les sourires et embrassades de convenance alors que les visages sont le plus souvent coupés par le cadrage, décolletés encrémés, bijoux surexposés…). Mais ces gens à la richesse exhibée n’ont droit ici qu’à une qualité d’image destinée au rebut : tous les privilèges ne leur sont pas dus. Réédition du livre paru en 1986 en Angleterre, The last resort s’attache à rendre compte sans fioritures des attitudes d’une classe populaire en vacances dans une cité balnéaire. Le sujet bien vernaculaire et son traitement photographique lui avaient valu nombre critiques. « C. » Ce livre est l’aboutissement de la complicité entre trois comparses. Frédéric Valabrègue, l’accompagnateur de l’artiste depuis ses débuts, signe les textes à partir de plusieurs entrées thématiques hors chronologie : commençant par La Chambrejusqu’à Mouvement, en passant par Tatouages ou Méduses, il explore les multiples entrelacs du travail de « C. » comme pour laisser toute la place au sens des œuvres. Ce que vient confirmer la suite de l’ouvrage. André Dimanche, lors de la signature à la galerie Alain Paire, rappelait la genèse du projet, la complicité du graphiste, George René, le travail ténu de l’artiste avec l’éditeur. Mais il souligna également l’exigeante empathie qui se retrouve pour le lecteur jusque dans la reproduction irréprochable des œuvres en particulier, Martin Parr est devenu entre temps une des références de la photo (d’art) documentaire. Dans sa préface Gerry Badger resitue l’évolution de sa réception publique, et examine la démarche de l’auteur. Sa bienveillance envers le vulgaire ? Dans le même format à l’italienne, mais couverture toilée très rouge, sans rédactionnel aucun, Capitolio sinue dans la société vénézuélienne sous Chavez, en noirs, blancs et gris uniquement. Matières, contrastes, flou, grain, variété des plans et des sujets constituent autant d’angles d’approche. En certains endroits les clichés s’assemblent bord à bord évoquant le récit filmique ou construisant d’autres images plus plasticiennes en pleine et double page. Le documentaire cède alors au poétique, le livre à l’objet. On regrette quand même l’absence de contextualisation et d’explicitation du travail de Christopher Anderson qui déclare ailleurs « Au Vénézuéla, l’appareil photo est une arme… » CLAUDE LORIN ou encore dans le rythme du déroulement par séquences, les séries se déployant sur plusieurs volets. Précisons que seule l’œuvre graphique de Jean-Jacques Ceccarelli a été retenue au cours de ces trois cent pages et cent quarante reproductions. À quand pour les sculptures et installations ? CLAUDE LORIN Ceccarelli texte de Frédéric Valabrègue André Dimanche Editeur, 50 euros En plus de l’édition courante, 30 tirés à part, numérotés, sont présentés sous coffret toilé rouge accompagnés d’un dessin original de l’artiste, 250 euros Entre le bœuf et l’âne gris Voici un livre qui paraît à pic ! En cette période de Noël et dans notre région, Crèches du monde, un monde de crèches ne peut manquer d’attirer tous ceux que la Nativité et les santons inspirent. Effectivement, ce livre imposant, presque 300 pages format livre d’art, représente une somme, et pas seulement en euros. Tout ce que avez toujours voulu savoir sur la crèche s’y trouve ou presque, du texte biblique aux diverses techniques de fabrication des personnages, en passant par leur valeur symbolique et leur histoire. On peut y lire aussi des chants de Noël, y glaner des références d’artisans ou de rencontres importantes. Bref, un ouvrage très complet, agrémenté de multiples photographies prises pour la plupart en Pologne, en Italie et en France sur les marchés de santonniers les plus célèbres (Aubagne, Arles) ou au musée des santons de Val (Var). Miniatures ou monumentales, sophistiquées ou brutes, toutes sortes de crèches sont présentées, reflets émouvants des cultures du monde. Car Crèches du monde est l’œuvre de deux passionnés, Maria Skrzeczkowska et Patrick Botella, dont de nombreuses légendes montrent qu’ils ont tous deux collecté depuis longtemps, elle dans sa Pologne natale, lui en Provence et auparavant en Algérie, des pièces rares ou originales. Leur passion est enthousiaste, fervente même avec, parfois, une tendance au prosélytisme. Qui reste discrète. FRED ROBERT Privilège Jessica Craig-Martin co-édition RVB, 45 euros The last resort Martin Parr 40 euros Capitolio Christopher Anderson 46 euros Crèches du monde, un monde de crèches Maria Skrzeczkowska et Patrick Botella éd l’àpart du beau, 45 euros 49 Martin Parr



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