Zibeline n°25 déc 09/jan 2010
Zibeline n°25 déc 09/jan 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°25 de déc 09/jan 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 4,7 Mo

  • Dans ce numéro : l'album « Own Virago » de Marion Rampal.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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40 MUSIQUE CONCERTS Nuit de ouf ! Inspirée par la Folle journée de Nantes de René Martin, La Folle Nuit du théâtre de Nîmes présentait une succession de cinq concerts d’une heure, échelonnés de 15h à minuit. Cette solution privilégiait un public large à défaut de combler une petite frange d’inconditionnels qui désiraient une nuit complète, mais furent repus par deux quatuors, un quintette, des Nocturnes et autres pièces introspectives précédés d’une Ballade suivie de quelques Romances sans paroles le tout conclu par un concerto. Ouf ! Sombre fut également la destinée des compositeurs romantiques à qui ce concert rendait hommage sous le titre Génération 1810 : si la folie fit disparaître Schumann, c’est la maladie qui faucha deux génies précoces, Chopin et Mendelssohn, au seuil de la quarantaine. C’est Shani Diluka qui révélait les accents de révolte polonais et les échos de la poésie de Mickiewics dans un commentaire figuraliste de la 4 e Ballade de Chopin, encadrée par deux interprétations passionnées. Brigitte Engerer y répondait avec des pièces Quatuor Voce X-D.R. du recueil des Harmonies poétiques et religieuses de Liszt au sein desquelles Funérailles sonnait le glas de la révolution hongroise. La Sérénade de Schubert transcrite par le virtuose Hongrois et quelques Romances sans paroles de Mendelssohn apportaient un peu de légèreté à l’image de la Fileuse évoquée par les doigts agiles de Diluka faisant néanmoins sonner Chopin sans retenue dans les Nocturnes et Valses. Concluant chacune de ces séquences, le Quatuor Voce présentait une pâte inspirée dans l’op 80 de Mendelssohn à la fin très acrobatique. L’op 41 n°3 de Schumannnous a semblé moins convaincant dans l’alliage des tessitures. A 21h, préparé par La bénédiction de Dieu dans la solitude aux étranges harmonies Lisztiennes soulignées par Engerer, la communion musicale opérait dans le scherzo du quintette de Schumannavec Diluka. Dernière folie : c’est une Engerer héroïque qui a vaillamment mené Voce dans la transcription de l’accompagnement du Concerto en fa mineur de Chopin. Pas de bis ? Ouf ! P.-A. HOYET La Folle Nuit a eu lieu au Théâtre de Nîmes le 5 déc Tchèque Point Non, il ne s’agit pas de Rostropovitch qui jouait 20 ans plus tôt à Check Point Charly pour célébrer la réunification. Il s’agissait, au Méjan à Arles, de faire sonner une autre histoire, celle du peuple Tchèque à travers sa musique de chambre révélatrice d’une identité nationale sous les archets du Quatuor Kocian auquel se joignait ponctuellement le pianiste Praguois Ivan Klansky. Une soirée et une matinée suffirent à poser les limites de la forme sonate au XIX e siècle et les solutions alternatives créées au XX e siècle sans sortir du système tonal. Fidèle au concept romantique, l’ensemble à cordes transcrivit avec ferveur les épisodes du Quatuor n°1 « De ma vie » de Smetana, qui s’achève par trois accords de mi en pizzicato symbolisant la surdité tragique du compositeur. L’interprétation du 13 e Quatuor à cordes de Dvorak confirma cette sensibilité aux accents de Bohème. Le pragmatisme du Quatuor à cordes n°1 de Janacek intitulé « Sonate à Kreutzer » en référence à Tolstoï confirme un cheminement esthétique personnel mis en valeur par une gradation de l’inspiration des interprètes. Quant aux Quatuor et Quintette avec piano de Martinu, aux accents Prokofieviens, ils font parfaitement entendre qu’il existe au milieu du XX e siècle une alternative à l’atonalité. Elle se matérialise par un contrepoint mouvant aux cordes, une utilisation de l’ostinato et du mouvement perpétuel agrémenté de motifs pianistiques ascendants et descendants qui confèrent un timbre chatoyant à l’ensemble, conclu par des épisodes incisifs et tranchés ravissant le public. P-A HOYET Quatuor Kocian X-D.R. Ces concerts ont eu lieu au Méjan à Arles les 11 et 13 déc Vienne (deuxième manière) déclare forfait Les dieux de la tonalité l’ont tonné haut et fort : Schoenberg ne passera pas ce 29 nov au Méjan à Arles ! Les concessions accordées par Berg dans sa sonate op1 au sein de son irrésistible cheminement vers l’atonalité n’y feront rien. Plus prosaïquement, c’est une parution conjointe et retardée du Livre-disque Berg-Schönberg par Jean- Louis Steuerman qui reporte le programme de ce concert au Printemps 2010. Les adeptes et les curieux se contenteront de Beethoven, un autre Viennois (d’adoption), non moins révolutionnaire en son temps qui sonne le glas de la Marche funèbre intégrée à sa Sonate n°12 sous le toucher lourd et implacable de Jean-Louis Steuerman. Encadrant cette page « sulla morte d’un Eroe », le jeu enlevé de l’alerte rondo final conclut une oeuvre introduite par l’andante à variations et le Scherzo. Steuerman est honorable dans La Première Ballade de Chopin qui décidément inspirera toujours le respect. Commencé avec la récente et consensuelle sonate n°1 du Brésilien Ripper aux accents postmodernes, le récital se clôt avec Scriabine. Sa sonate n°5 confirme l’inexorable (auto)destruction de la tonalité qui atteint son point de non retour dans le cumuldes altérations et des chromatismes. Notre pianiste maîtrise les explosions sonores qui en résultent et conclut avec malice sur une fin ouverte pleine de non-dits. Et si les dieux avaient tort ? P.-A. HOYET Jean Louis Steuerman X-D.R.
Le contemporain est vivant ! Les 15 ans de l’ensemble Télémaque sont l’occasion d’une série de concerts exceptionnels. Entre le très beau succès de l’étonnant Desperate Singers et L’Appel des Sirènes (voir p 23), Raoul Lay et sa troupe se retrouvaient le 26 nov à La Magalone avant de jouer aux Salins le lendemain. Ce soir-là, créations franco-hollandaises dans le cadre de la création de l’ECO (European Contemporary Orchestra), orchestre international permanent destiné à la création musicale contemporaine, projet porté par Télémaque mais aussi l’Ensemble Musiques Nouvelles (Belgique) et l’Ensemble Ereprijs (Pays-Bas). Raoul Lay n’a pas d’égal pour présenter des œuvres complexes : sobriété, élégance, justesse de propos, clés essentielles qui rendent l’écoute plus aisée. En première partie, la création française du Capriccio pour violon solo de Marius Flothuis, compositeur hollandais (1914-2001) interprété par YannLe Roux-Sèdes : couleurs impressionnistes, jeu sensuel de mystères et de contrastes, jet continu de gammes vibrantes et une révérence en pizzicato. Suivait la pièce Maintenant (création française), dernière pièce d’un triptyque : Voir, Ensemble, Maintenant de Thierry Machuel, en présence du compositeur, sur des textes du poète Guillevic ; cette évocation d’une fin de vie, entre sagesse et apaisement, repose sur un questionnement permanent, des sons suspendus en lignes lumineuses, remarquablement interprétés par la soprano Brigitte Peyré, élégiaque et grave, se jouant des états et des subtilités mélodiques avec beaucoup de grâce ; les musiciens font alterner passages graves et plages plus lyriques, avec de belles attaques, des finales soignées, d’une palette sans failles : une très belle œuvre. On retrouvait YannLe Roux- Sèdes dans Un cuadrode Yucatan pour violon solo (création française) du jeune compositeur hollandais Joey Roukens : œuvre jubilatoire, brillante, Agnès Mellon mélange de styles, entre pop, formules répétitives, variations très baroques, chants d’oiseaux… Pétillant ! La seconde partie était consacrée au chef-d’œuvre d’Arnold Schoenberg : le Pierrot Lunaire (1912). Le charme et l’interprétation de Brigitte Peyré rendent toute la sensualité de la langue allemande ainsi que l’ironie et la morbidité des textes, tandis que le quintette instrumental expressif et complice traduit toute la force des poèmes de Giraud traduits par Hartleben. Si la technique du Sprechgesang (mélodie parlée) révolutionna l’écriture du chant, Brigitte Peyré, colombine lunaire et sombre, alterne avec intelligence, voix parlée, chuchotée, déclamée, ou intonations plus appuyées, presque chantées. Le parti pris de faire dire les textes avant l’écoute musicale est intéressant. Mais par l’interprète elle-même ? Une autre voix aurait permis sans doute une vraie respiration pour la musicienne-diseuse. Le concert, émouvant et original, est accueilli très chaleureusement. De l’héritage (Schoenberg) au prolongement (Roukens) : un beau tremplin pour édifier cet European Contemporary Orchestra. YVES BERGÉ Passion au Grimrrul. i 4..s." Après la conférence de Dominique Salini Les voix de femmes dans le bassin méditerranéen, le Festival Nuit d’Hiver du Grim accueillait La Tromba. L’occasion de découvrir toute l’énergie de Marie Salemi dans des chants italiens, siciliens, séfarades, macédoniens, occitans : une palette de folie verbale (Tarentelle, chansons des brigands) et de mélancolie plaintive (Berceuse), quel engagement ! Les musiciens sont plus que des accompagnateurs. Ils soutiennent, improvisent, dialoguent, déroulent des phrases brillantes (David Rueff, saxo baryton et alto joués en même temps !) ou plus nostalgiques : le partage est permanent. Une musique qui puise dans les racines et les traditions locales, pour un groupe qui n’a que 4 mois d’existence ! On attendait ensuite Jacky Micaelli, la voix de la Corse pour une boucle féminine réjouissante. Malade, elle a été D 41 Lettres Electro-Persanes Fanfare marseillaise, La Banda du Dock déploie une très grande énergie avec son ensemble très cuivré. Composée de 18 musiciens (vents, percussions, basse) elle a ouvert la soirée musicale qui clôturait les Rencontres d’Averroès. Le répertoire est fait de ré-arrangements de tubes passés à la « moulinette infernale » de la Banda et aussi de compositions : musique Sud-américaine, AC/DC, Rage against the machine... Mickael Jackson est également re-joué avec son Thriller, porté par un mégaphone, et permet de chauffer de façon originale le grand hall du Dock des Suds. Vint ensuite le quartet Istanbul Session. Ihlan Er ahin le saxophoniste et leader du groupe a invité le trompettiste d’origine suisse Erik Truffaz pour l’occasion. Une section rythmique lourde et pêchue (guitare basse jouée par Alp Ersõnmez, Turgut Beko lu à la batterie et Izzet Kizil aux percussions) envoie du gros son. Le saxophoniste est assez décevant et persistera dans un manque certain d’inspiration et d’imagination. Ou tout simplement de métier ? Quoi qu’il en soit ce n’était pas Byzance ! On se demande pourquoi Erik Truffaz est venu ce soir là... Caution de qualité artistique ? Jazz ou électro-jazz, là n’est pas vraiment la question, et le genre n’était pas en cause, ni le croisement. Seulement la réussite : lorsqu’Erik Truffaz mixe son talent avec d’autres c’est souvent magique ! Ce soir là, aucune once d’émotion n’a transpiré. DAN WARZY Ce concert a été joué le 28 novembre 2009 au Dock des Suds en clôture des Rencontres d’Averroès http://www.bandadudock.com Erik Truffaz Jey Derathe remplacée par le maître des lieux, le directeur artistique du Grim, Jean Marc-Montera, spécialiste de l’improvisation et de l’expérimentation sonore qui, de ses guitares acoustiques (6 et 12 cordes), accompagna l’inoxydable et si talentueux André Jaume, 69 printemps, passant du saxo alto au ténor, puis à la flûte traversière avec une aisance étonnante. Entre virtuosité et musique concrète, les deux compères proposèrent un moment acoustique apaisant après la folie Tromba : compositions personnelles issues du be bop, du swing, du freejazz, improvisations, musiques plurielles sans frontières dont on retiendra le très beau Song for Che de Charlie Haden. Un souffle de liberté soufflait ce soir-là sur Montévidéo ! YVES BERGÉ



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