Zibeline n°25 déc 09/jan 2010
Zibeline n°25 déc 09/jan 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°25 de déc 09/jan 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 4,7 Mo

  • Dans ce numéro : l'album « Own Virago » de Marion Rampal.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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38 MUSIQUE CONCERTS Haendel avait 20 ans L’Abbaye accueillait, en ce 43 e Festival, Martin Gester et une formation issue du Parlement de Musique qu’il dirige depuis 1990 : formation exceptionnelle, discographie étonnante. Un programme consacré au jeune compositeur aiguisant ses armes en Italie. Un premier Motet : O qualis de coelis sonus chanté par la soprano argentine Mariana Florès, rompue aux joutes baroques dans les Festivals les plus réputés (le redoutable Motezuma de Vivaldi à Mexico). Une voix souple, une vraie aisance dans les vocalises et les ornements des passages Da Capo. Dans le Salve Regina, la soprano joue sur le mezza di voce avec beaucoup de sensualité : note piano qui se renforce progressivement pour revenir à la nuance initiale, sur un magnifique tuilage des deux violons. L’accompagnement est réalisé par Gilone Gaubert et Caroline Gerber, violons, ainsi que par le continuo Patrick Langot, violoncelle, et Martin Gester lui-même à l’orgue positif. Les passages fugués ou plus homophones, les variations de nuances et de caractères, dans le concerto pour orgue qui suit, démontrent la grande Question de cadres ? Brillante matinée aux couleurs de l’Europe ! L’ensemble de chambre des Solistes du Pays d’Aix, sous la direction de Noël Cabrita dos Santos, a transporté le public de Simiane. Interprétation enlevée du double concerto pour flûtes en ré mineur de Doppler, avec Jean Marc Boissière et Stéphanie Alvado, le maître et l’ancienne élève, dans un même élan et une belle complicité : belles notes tenues, et mêmes respirations aussi dans le superbe duo avec la harpe de Sylvie Laforge. Les thèmes se croisent, se nouent avec finesse, élégance. Sur la nappe sonore soutenue par les cors et les violoncelles les flûtes papillonnent, un bébé répond dans la salle de ses gazouillis, harmonie… La jeune concertiste Mi Yong Lee dialogue avec l’orchestre, virtuosité spirituelle, espiègle, jeu délié, belles cadences, pour le concerto n°9 en mi bémol majeur de Mozart. Enfin, le violon de Jeanne Christie et le piano d’Evelina Pitti servaient le concerto de Mendelssohn écrit pour leurs instruments avec la maîtrise d’artistes au sommet de leur art, cette pièce de jeunesse (composée à 14 ans !) à l’inspiration ardente et emportée. Violoncellissime Boccherini, Schubert, Franck, Chopin, sonates, pour piano et violoncelle, introduction et polonaise en do majeur (opus 3)… Patrice Laré et Velitcha Yotcheva X-D.R ti o F Mariana Florès Marie-Emmanuelle Bretel Programme ambitieux s’il en est ! Le pianiste Patrice Laré et la violoncelliste Velitcha Yotcheva ont accompli une remarquable performance, dans la belle salle voûtée du musée des Tapisseries. Même si, à quelques rares moments, la fatigue se faisait sentir, avec un son qui parfois blanchissait, les talentueux instrumentistes ont captivé la salle : passages de haute virtuosité, doubles cordes du violoncelle, son délicat, fragile et sûr à la fois, dans un beau travail sur la chanterelle. Le courage d’un superbe rappel aux accents d’Offenbach… un élan puissant qui a déclenché une ovation plus que méritée. Le violoncelle dans tous ses états, annonçait le programme… nous en avons goûté les meilleurs… Décevant Comment avec de bons instrumentistes et des partitions sublimes obtenir un concert décevant ? C’est pourtant ce qui ressort de la prestation donnée le 28 nov dans la salle du Casino de Trets. Bien sûr, la sourde inquiétude qui habite l’univers de Mahler était rendue sensible, (quatuor en la mineur), ainsi que l’alternance de passion et de résignation du quintette en mi bémol majeur (op. 44) de Schumann, de même que les envolées échevelées tempérées par des notes fragiles au bord de l’épure, le velouté pailleté du quintette en fa mineur (op. 34) de Brahms. Mais la balance des sons étouffait les uns, déséquilibrait l’harmonie de l’ensemble, faisait rendre un son détimbré aux violons, isolait ce qui devait composer une unité sonore. Si bien que malgré des interprètes d’exception (mais inégaux), Elena Nogaeva et Michel Bourdoncle au piano, Sophie Baduel et Michel Devert aux violons, François Baduel au violoncelle, Frédéric et Marie-Noëlle Sailly aux altos, le public est resté froid. Il serait sans doute judicieux d’aménager différemment les lieux pour de tels concerts : en musique le cadre acoustique n’est pas du décorum. MARYVONNE COLOMBANI Ces concerts ont été donnés les 15, 21 et 28 nov à Simiane, Aix et Trets, dans le cadre des Nuits Pianistiques qualité de ces musiciens. La deuxième partie démarre par une Suite pour orgue solo d’après des Ouvertures, extraits d’opéras et oratorios, et pièces pour clavier. Martin Gester semble aussi à l’aise au grand orgue qu’à l’orgue positif. Son jeu brillant (Corrente) puis plus retenu (Larghetto) fait entendre toutes les sonorités de cet instrument baroque. Une sonate à trois (deux violons, orgue positif et violoncelle) rappelle les Suites de danses : mouvement lent dans l’esprit français, allegro fugué plus germanique et un allegro final séduisant, typiquement italien. Les musiciens attaquent, piquent, phrasent. Puis le motet Gloria in excelsis deo exalte la foi en vocalises… Décidément la musique de Haendel, toujours vivifiante, est un jet incessant d’énergie positive. YVES BERGÉ Le Parlement de Musique a joué Haendel en Italie dans le cadre du 43 e Festival de Musique de Saint-Victor La Croix et la Manière o C’est avec Haydn que s’est clôturé le Festival de Saint-Victor le 3 déc. Sous la baguette agile et investie du chef André Bernard, le Chœur Régional Vocal Provence et l’Orchestre de Chambre de Toulouse ont donné les très attendues Sept Dernières Paroles du Christ sur la Croix dans la forme oratorio, dernière mouture du compositeur. Homogène et d’un bon niveau, le quatuor de solistes a délivré avec émotion et spiritualité cette œuvre expressive du temps pascal. Comme un temps étiré et douloureux, les sept parties aux tempi calmes précédées par la psalmodie du chœur a cappella ont débouché avec maîtrise sur l’époustouflant tremblement de terre massif et puissant qui suit le dernier souffle du Christ. En préambule, la 104 e symphonie du père du genre avait ouvert ce beau concert par de jolies couleurs malgré un certain manque de corps dans cet opus qui annonce Beethoven. Plébiscité par un auditoire nombreux et conquis, le Festival de Saint-Victor s’est ainsi conclu de manière éclatante. FREDERIC ISOLETTA
39 Voyage vers nous Le chœur de chambre les Eléments a fait voyager les 800 auditeurs des Salins au chœur de l’Europe Centrale Les Elements Michel Garnier Question de programmes ! al Poncifs… Avec la 8 e biennale internationale de Quintette à vent, au GTP le 19 novembre, on attendait un souffle d’originalité, d’inventivité, de création… Deux formations, inégales, le quintette à vent de Marseille et le quintette Moragués se donnaient la réplique, ou unissaient leurs voix sur des arrangements de Mozart, Schubert, Mendelssohn, Bizet et Jean Français, seul compositeur moderne, dont les danses étaient écrites véritablement pour le quintette à vent. L’exécution irréprochable du quintette Moragués laissait le l’auditeur sur sa faim. Comment, avec tant de talent, peut-on se contenter de ressasser les mêmes partitions ? Quel intérêt que cette énième version de Carmen ? Ne serait-il pas plus intéressant et plus courageux de présenter et défendre des auteurs contemporains, de susciter des créations lorsqu’on bénéficie d’une renommée internationale ?... Sublimissime Le concert de clôture du festival, atypique, était donné à Meyreuil le 26 nov. Clara Kastler au piano, (un Steinway, les deux pianistes les emmènent sur toutes les routes du monde) accompagnait le quintette à vent de Marseille. Cette formation qui avait tant déçu au GTP était transformée ! Un jeu précis, des sons veloutés, une interprétation enlevée… dans le quintette pour piano, hautbois, clarinette, basson et cor. Puis, vint la magie des deux pianos : Hubert Woringer rejoignait sa partenaire sur scène avec une simplicité, un amour de la musique tangible… La romance (extraite de l’opus 17) de Rachmaninov, brillante, virtuose, et les tableaux d’une exposition de Moussorgski furent une démonstration de musicalité. Pas de concours de virtuosité mais une entente subtile, un passage de relais, un dialogue. Au public clairsemé mais enthousiaste les artistes ont accordé un bis, le 3 e mouvement de la 3 e symphonie de Brahms. Un cadeau extatique. MARYVONNE COLOMBANI b L’Invitation au voyage était historique et partait de Schubert, Schuman et Brahms, pour aller vers Bartok, Dvorak, Stravinsky, et Ligeti. En commençant par des pièces romantiques profanes pour chœur, que l’on a peu l’habitude d’entendre, les chœurs étant souvent à cette époque associés à des répertoires religieux, tandis que les cycles de la musique profane vocale sont généralement pour solistes. Des pièces, donc, que les auditeurs n’avaient pas forcément dans l’oreille et dont ils découvrirent le lyrisme élégiaque, les couleurs sombres, les tourments… magnifiquement mis en relief par un ensemble à la prononciation allemande limpide, dirigé par un chef qui sait faire surgir des voix chorales des nuances infinies… La deuxième partie, moins monochrome fit entendre quelques merveilles à un auditoire emporté par Wagner rêveur ! Étrange concert que ce dernier programme des Festes d’Orphée autour d’Haendel. Petit effectif : Guy Laurent et Jean-Michel Hey à la flûte à bec, Annick Lassalle à la viole de gambe et Corinne Bétirac au clavecin. Le concert eut lieu dans la Chapelle de Sainte-Catherine, plus intimiste que l’Eglise Saint Laurent dans laquelle l’ensemble aura donné ses concerts flamboyants. Si l’on put apprécier l’interprétation brillante de la Chaconne en Sol Majeur ou de l’Harmonieux Forgeron au clavecin, et si la solidité de la basse continue fut évidente, on tiqua quelque peu à l’écoute des el les accents les plus contemporains… ce qui devrait encourager les programmateurs à se montrer moins frileux ! Les Eléments savent avec une science indéniable manier les techniques contemporaines de la voix, ses souffles, timbres, frottements, percussions. Sublimes dans les Quatre chansons paysannes de Stravinsky, sorte de version concentrée et plus tendre de ses Noces ; époustouflants dans les Ligeti, qui posa sa Nuit comme un terme inouï à ce Voyage qui se conclut grâce à lui en Hongrie : sur des terres lointaines, mais qui sonnent comme un univers intérieur. A.F. Dernière étape du cycle Musique et Poésie, initié par le Consul Général d’Allemagne : les Wesendonk Lieder de Wagner Flûtes qui flottent Il fallut une demi-heure au comédien Michael Zugowski pour remettre en contexte la genèse de l’œuvre, avec le romanesque dont il sait faire preuve : lors de son séjour en Suisse, Wagner s’était lié d’amitié avec les époux Wesendonk, et avait nourri malgré lui un « amour absolu », dit-il, pour Mathilde Wesendonk. Cette passion contrariée s’était conclue par la mise en musique par Wagner de poèmes de cette dernière. Deux de ces cinq Lieder furent réutilisés dans ce qu’il considéra comme son meilleur drame musical, Tristan et Iseult. Si l’on reconnait bien la (lourde ?) vigueur mélodique du compositeur dans ses passages les plus enflammés, si les enchaînements d’accords au piano par Nina Uhari (remarquable dans ce répertoire !) s’avèrent par endroits démonstratifs, on découvre une finesse dans le traitement de l’attente, de la rêverie ou même une sorte de douleur, peu commune aux opéras wagnériens. Finesse très bien rendue par la mezzo colorature Christine Kattner, dont la voix particulière a su donner une âme à ces trois rencontres allemandes. SUSAN BEL el Nina Uhari X-D.R. sonates, trios ou de cette transcription du Concerto op 4 n°6 où les flûtes intervenaient davantage. De nombreuses flottements dans la justesse, notamment lorsque Jean-Michel Hey doublait Guy Laurent à la tierce, plusieurs aspérités dans les aigus gâchaient une musicalité visiblement au rendez-vous et un travail plus que sensible sur les subtilités de langage du compositeur. Quel dommage ! La science musicale manqua-t-elle ce soir-là d’un peu d’oreille ? S.B.



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