Zibeline n°25 déc 09/jan 2010
Zibeline n°25 déc 09/jan 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°25 de déc 09/jan 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 4,7 Mo

  • Dans ce numéro : l'album « Own Virago » de Marion Rampal.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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36 MUSIQUE CONCERTS Quand le sonore s’honore… m Une œuvre du répertoire telle que la Symphonie pastorale de Beethoven est tant de fois entendue qu’elle nécessite une interprétation exceptionnelle. Celle de l’orchestre de Montpellier, sans être terne, fut simplement agréable : le pupitre des cordes, démesuré par rapport aux bois, rompait un peu l’équilibre d’ensemble, malgré les belles couleurs d’orchestre trouvées par Cristian Mandeal dans le 3 e mouvement, sonorités champêtres, à l’image de l’esprit de l’œuvre. Et Nicholas Angelich entra en scène ! Le pianiste, avant même d’attaquer les premières notes du premier concerto pour piano de Brahms, mit l’orchestre à son diapason. L’énergie du premier mouvement, toute en fragilité, se cristallisa sous ses mains et absorba en son centre le reste de l’ensemble ! L’adagio, avec ses mélodies acérées, à la limite de la rupture avec l’accompagnement, permit au pianiste d’étaler l’étendue de sa palette sonore. Le maître inventa de nouveaux timbres, indicibles. Le bis, « le poète parle » de Schumannsubjugua l’auditoire ! L’espace d’un instant le temps se mua en éternité… CHRISTOPHE FLOQUET Nicholas Angelich Stephane de Bourgies Le combat des chefs Le quatuor Ebène défiait Beethoven dans l’enceinte bondée du GTP. Chocs de matériaux ! Quand le bois noir et dur de l’ébène, du quatuor éponyme, se frotte à la minéralité des quatuors 7 et 14 de Beethoven, le résultat est sans appel : d’une brutalité cristalline et d’une tendresse abrupte. L’homme de Bonnsemble avoir délaissé dans ces pièces aux arêtes saillantes sa plume au profit du poinçon pour marquer du sceau de la modernité l’histoire du genre. Les mélodies diatoniques, éparses, violentées par les assauts barbares des archets, courbèrent l’échine, plièrent sans rompre pour former un maillage d’une intensité rare. Le quatuor, vif, complice, impétueux, délicat, fit sourdre tout l’univers schizoïde du compositeur allemand. La texture contrapuntique complexe du quatuor en ut dièse défila sous leurs doigts, sculptant l’espace sonore dans un ballet d’archets. Les deux œuvres du maître, sublimées par cette D o Vive l’opéra sans opéra (avec aussi, ceci dit) ! Quatuor Ebène Julien Mignot interprétation lumineuse, brillent encore dans l’enceinte cristalline du Théâtre de Provence. CHRISTOPHE FLOQUET L’opéra de Marseille a proposé des programmes pour le moins intéressants, hors opéra ! Côté musique de chambre au foyer (le 21 nov), les Musiques Latines pour voix et quatuor à cordes ; et côté Philharmonique, deux concerts mémorables : les suites 1 et 2 adaptées de l’Arlésienne de Bizet et la Symphonie Fantastique de Berlioz le 29 nov, et un programme italien le 11 déc, respectivement sous la direction de Jean-Claude Casadesus et Claudio Scimone. L’irréprochable ténor Marc Terrazzoni l’avait annoncé : la soprano Garance Castanié, le Quatuor du Parvis et lui-même n’ont pas toujours l’occasion d’aborder un répertoire directement inspiré du folklore espagnol : les extraits de Zarzuelas de Torroba, Pablo Luna et Zorozábal furent cependant exécutés avec panache ! On retiendra l’interprétation passionnée d’un extrait des Goyescas de Granados. Garance Castanié balançant parfois quant au ton à adopter, particulièrement difficile à trouver pour une interprète féminine : tantôt imprégné de musique populaire, tantôt très proche de l’opéra. Les Concerts Philharmoniques n’ont pas non plus déçu : quel plaisir d’entendre l’Arlésienne aussi bien menée ! Que de sourires à l’entracte, après la conclusion en canon de la Marche des rois ! On fut également terrassés par la force de la Symphonie Fantastique. Quelques décalages dans les ralentissements et un certain manque de netteté dans les aigus côté violons, notamment ? Mais les montées d’intensité furent rendues à merveille par la puissance de Casadesus. La direction de Claudio Scimone, plus fantaisiste, s’est avérée brillante, malgré une certaine prise de risques. On fut étonné, lors de l’exécution du Concerto pour mandoline de Vivaldi, de ne le voir accorder que quelques regards au soliste Ugo Orlandi. On ne constata cependant pas de décalages ! Sans doute grâce à la cohésion de l’Orchestre Philharmonique, moins étoffé que deux semaines auparavant, qui s’est admirablement prêté au jeu. Il s’est un peu perdu, et on le comprend, dans certains passages du Concerto pour Clavecin de Galuppi. L’interprétation, au clavier cette fois, de Claudio Scimone, s’avérait très pertinente mais laissait peu de repères ! Admirable dans le baroque tout comme dans Boccherini et Cimarosa, le chef padouan a achevé le programme sur la Symphonie n°60 de Haydn, dite du Distrait, qu’il « interpréta », par endroits, en faisant mine de répondre au téléphone, de trop contempler sa violoniste… Ce plaisir évident et la complicité de l’Orchestre ont merveilleusement conclu le concert, et une année 2009 riche de bonnes surprises. SUSAN BEL Garance Castanié X-D.R.
Une Carmen de plus... D On ne présente plus l’opéra de Bizet tant il s’agit d’une œuvre lyrique parmi les plus jouées de par le monde. Sur le récit réaliste de Mérimée, drame passionnel se déroulant dans une Andalousie de carte postale, plus rêvée que réelle, le livret met en scène les contradictions de la passion et de la liberté, et le destin qui s’abat dans un final pathétique qui choqua le public lors de la première représentation en 1875. L’histoire peut paraître désuète, mais force est de constater que la musique n’a pas perdu sa saveur. Lors de la première de cette nouvelle production à l’opéra de Toulon, l’orchestre et les chœurs renforcés pour l’occasion, réunis sous la baguette experte et pleine d’énergie de Giuliano Carella ont livré une version relevée de cette partition qui contrastait Romeo et prodige o L’histoire de Roméo et Juliette est connue depuis le XVI e siècle, et bien que magnifiée par Shakespeare il faut attendre le XIX e siècle pour que l’œuvre devienne opéra : le mythe des amants éternels prend tout son sens à l’époque Romantique où les sentiments sont exaltés, et les compositeurs y trouvent leur inspiration. Trois ouvrages se partagent la scène : le Roméo et Juliette de Berlioz (1839), celui de Gounod (1867) et enfin Les Montaigu et Capulets de Vincenzo Bellini sur un livret de Felice Romani d’après la pièce de Luigi Scevola. Cette tragédie lyrique en deux actes, représentée pour la première fois en 1830, s’inscrit dans la lignée du bel canto italien : les mélodies sont simples, ornées par endroits, profondes. C’est dans une mise en scène aux décors et costumes évolutifs que cette nouvelle production a été créée en Avignon les 22 et 24 nov : Nadine Duffaut (mise en scène), Katia Duflot (costumes) et Emmanuelle Favre (décor) ont voulu que « des couleurs plus chaudes symbolisant des ruines renaissance soient petit à petit recouvertes par l’univers du béton, jusqu’à ce que les toiles disparaissent totalement, remplacées par du béton ensanglanté… » Avec une distribution jeune et talentueuse, le jeu et la voix sublimes de Karine Deshayes interprétant Roméo, le drame a touché les cœurs jusqu’au bout, jusqu’à ce que « Le soleil se voile la face de douleur. Car jamais aventure ne fut plus douloureuse que celle de Juliette et de son Roméo » (Shakespeare). avec une mise en scène un peu statique, étriquée et manquant de théâtralité. Le constat est malheureusement identique concernant la distribution vocale des deux rôles principaux : Giuseppina Piunti s’est acquittée de Carmen avec grâce mais sans l’audace nécessaire pour émouvoir l’auditoire tandis que Roman Shulackoff souffrait d’une diction très approximative du français qui rendait les interventions de Don José inintelligibles et pénalisaient ainsi la crédibilité du personnage. Heureusement les mélomanes pouvaient se réjouir des seconds rôles dont la distribution était parfaite à l’image de la soprano Nathalie Manfrino éblouissante dans l’air de Micaëla au début du troisième acte. EMILIEN MOREAU Virtuose ! Quelques jours plus tard, le 11 déc, c’est sous un tonnerre d’applaudissements que s’est achevé le concert donné par l’Orchestre d’Avignon dans la grande salle du Tinel du Palais des Papes. Dans ce cadre somptueux furent jouées, en première partie, la Siegfried Idyll de Wagner, que le compositeur offrit à sa femme Cosima pour le Noël de l’année 1870, puis les Danses concertantes de Stravinski, créées en 1942 sous la direction du compositeur. De très belles œuvres, interprétées avec talent. Mais la seconde partie de soirée fut véritablement enthousiasmante : le Concerto pour violon de Dvorak (1879) fut interprété avec fougue et brio par un jeune musicien tchèque, Pavel Sporcl : dans la salle, de nombreux lycéens n’ont pu réprimer leur enthousiasme… qui s’étendit rapidement à l’ensemble du public ! Le second bis qu’il donna confirma son talent et son son magnifique : les Caprices de Paganini ne pardonnent pas, et font partie de ces rares pièces qui nécessitent une grande virtuosité évidente, mais qui ne se perd pas dans ses démonstrations. Pavel Bouquet romantique D On dit souvent que la musique conserve, que cette activité artistique entretient la jeunesse. À 82 ans, le chef d’orchestre Serge Baudo illustre l’adage. Certes, le geste n’a plus l’aisance d’antan, mais une direction pointilliste dans la 1 re symphonie de Beethoven s’est avérée, au final, d’une belle efficacité. L’Orchestre de l’Opéra de Toulon a dessiné avec clarté un matériel thématique empreint des vertus viennoises, mais ouvrant des brèches dans l’esthétique classique. Pour ce travail estimable, les instrumentistes ont recueilli une belle ovation… tout comme la pianiste Marie-Josèphe Jude après que les derniers accords du magnifique Concerto de Carmen a été jouée à l’opéra de Toulon les 27 et 29 nov et repris les 29 et 31 déc 37 Frédéric Stephan Sporcl a trouvé en Avignon comme partout son public, et débute décidemment une belle carrière ! CHRISTINE REY Schumannont fini de résonner ! Son interprétation romantique, débarrassée d’alanguissements parasites, a fait mouche, ainsi que dans l’émouvant Intermezzo op.118 n°2 de Brahms joué en bis. Quant au chambriste Siegfried Idyll wagnérien placé en ouverture, en dépit d’une intimité avouée, il a sonné un peu froidement du fait d’une acoustique un brin sèche faisant se perdre en fond de scène les pupitres des vents. JACQUES FRESCHEL C’était au Palais Neptune le 3 déc. à Toulon Cedric Delestrade-ACM-Studio



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