Zibeline n°25 déc 09/jan 2010
Zibeline n°25 déc 09/jan 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°25 de déc 09/jan 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 4,7 Mo

  • Dans ce numéro : l'album « Own Virago » de Marion Rampal.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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32 CINÉMA STELLA ICI PORTRAIT DE LAURENT LAFRAN Un amour Si l’association MPPM n’a pu, en avril 2008, faute de subvention suffisante, mettre en place le festival Reflets, elle n’a pas pour autant cessé ses activités. Un des derniers films qu’elle a présenté en avant-première au cinéma Variétés le 20 nov, en présence de son réalisateur, a été fort apprécié du public. À juste titre. Strella est en effet un film fort dérangeant, une véritable tragédie grecque. Panos H. Koutras ayant demandé qu’on ne déflore pas le sujet du film pour que les spectateurs arrivent « vierges » à la projection, on n’en dira rien… Cette histoire d’amour entre Strella, une transsexuelle qui chante comme la Callas, et Yiorgos, qui vient juste de sortir de prison après quinze ans d’incarcération pour meurtre, renvoie aux mythes de la Grèce antique. Strella est interprétée magistralement par une jeune transsexuelle, Mina Orfanou, tout juste arrivée de Rhode : elle n’était allée que deux fois dans sa vie au cinéma et n’avait aucune idée de ce qu’était un tournage. Panos H. Koutras a eu du mal à trouver un acteur pour jouer le rôle de Yiorgos, les préjugés sur les transsexuels étant tenaces ! C’est Yiannis Kokiasmenos, le mari de la monteuse des ses films précédents, Strella de Panos H. Koutras Orphee Emirzas qui, adorant le scénario, a accepté ; tout comme les autres acteurs du film, en particulier les transsexuels qui jouent dans le film, il se donne corps et âme. La scène où Strella et Yiorgos s’acceptent physiquement est superbement éclairée, et d’une beauté troublante. Il est rare de voir des films grecs en France. Laissez- vous déranger par celui-là ! ANNIE GAVA E la nave va…. Du 20 au 27 nov, l’Institut Culturel Italien de Marseille a présenté comme chaque année un panorama de la production cinématographique italienne, en particulier les films primés au Festival d’Annecy. Présenté par J.C. Mirabella, le film de Giuseppe Piccioni, Giulia non esce la sera est un film ambitieux, formellement réussi tant au niveau de la photographie que du montage et de l’interprétation. Alors pourquoi n’éprouve-t-on que peu d’émotion ? Peut-être parce que Piccione, abordant beaucoup de sujets, se disperse un peu : le film parle de la difficulté à communiquer, de l’éclatement de la famille, de l’impasse de la création, des difficultés de la maternité, de la solitude de l’être humain. Resteront de magnifiques scènes dans et au bord de la piscine, et la superbe interprétation de Valeria Golino. En revanche La Bella Gente, le deuxième film d’Ivano de Matteo présent à l’Institut, a un propos qui interpelle et renvoie chacun à sa propre hypocrisie. L’idée lui est venue lors d’une soirée chez des amis, intellectuels de gauche, qui discutaient, entre la poire et le fromage, de jeunes immigrées qui se prostituaient tout près de leur maison de campagne. C’est ainsi que sont nés les personnages de Susanna (Monica Guerritore) et Alfredo (Antonio Catania) : ils vont héberger Nadja, une jeune Ukrainienne (Victoria Larchkenko) qui se prostitue au bord de la route. Mais l’arrivée du fils et sa liaison avec la « pute » vont remettre Nadja sur la route… Le film n’a pas encore de distributeur en France. Souhaitons à Ivano de Matteo d’en trouver un pour donne une chance à ce film qui le mérite. ANNIE GAVA La bella gente Franco Origlia NOM : Laurent LAFRAN Profession : ingénieur du son Signes particuliers : passeur « politiquement concerné » Ce qui saute aux oreilles dès qu’on aborde Laurent, c’est sa simplicité et son envie de transmettre sa passion, l’amour de son métier… Peut-être parce des gens l’ont un jour écouté, lui. Après des études un peu chaotiques, c’est l’amour de l’outil, du bricolage qui a sauvé Laurent Lafran. « J’étais incapable de me concentrer. Issu d’une famille de manuels, j’avais envie de capter, d’écouter et c’est très jeune, dès 11/12 ans que j’ai commencé à faire des enregistrements. » En terminale, il fait le mur pour aller voir un film et, renvoyé de l’internat, il décide qu’il ne peut que réussir son bac pour ne pas revivre une année au lycée. Puis c’est un IUT d’électronique. Plus tard, il fait un DESS « écriture et réalisation ». « C’est le cinéma qui m’a sauvé » dit Laurent. Clin d’œil à François Truffaut ? De ces années-là, il ne garde pas de très bons souvenirs, mais c’est peut-être là qu’est née son envie de transmettre sa passion aux publics les plus larges possibles. Ce qu’il a fait à St-Louis du Sénégal, à Alger, à Lussas, à des adultes, à de jeunes enfants. « J’ai plaisir à transmettre le travail sonore pour essayer d’ouvrir les yeux des oreilles ! » Deux rencontres ont marqué son parcours : celle de Lucien Bertolina, co-fondateur du Groupe de Musique Expérimentale de Marseille, qui l’a amené, adolescent à la parole : « Il m’écoutait et j’ai appris à écouter et à Laurent Lafran Eric Catarina-Cinemedfaire de vraies phrases. Toi, tu as besoin du geste, m’at-il dit ! Il m’a tout appris en me laissant faire et en étant proche. » La deuxième rencontre charnière est celle de Malek Hamzaoui : il lui a permis de connaitre Robert Guédiguian et Humbert Balsan qui l’a fait travailler sur des films intéressants comme Les Equilibristes de Nikos Papatakis, Samia de Philippe Faucon, Intervention divine d’Elia Suleyman. « Avec Robert, c’est 20 ans de collaboration et 13 films ! ». Laurent est exigeant. C’est sa rencontre à Paris avec Pierre Schaeffer, Michel Chion et la musique concrète qui a transformé sa vision du son. « Il s’agit de mettre en scène des ambiances et pour qu’un ambiance soit montable, il faut qu’elle soit juste. Mais ce n’est pas une démarche naturaliste. Mon travail consiste à donner une retranscription du réel, à travers de la matière sonore. » Ses moments d’émotion ? Quand il a enregistré les grands acteurs comme Jean Marais, Michel Bouquet ou Michel Piccoli… Et son plaisir ? Réussir à accompagner le metteur en scène jusqu’au bout de son projet. « Le film est une traversée ; on connaît l’itinéraire, un peu l’équipage mais pour le reste on ne sait rien ! » ANNIE GAVA
Noël à la Perrault ! Pour les fêtes de fin d’année l’Opéra de Marseille affiche un délicieux conte de fée lyrique : Cendrillon de Massenet Non ! Ce n’est pas la Cenerentola de Rossini que Maurice Xiberras programme pour le « bout d’an » au théâtre lyrique de la Place Reyer, mais un opéra en français, également tiré du conte de Perrault ! Cendrillon de Massenet a connu un succès considérable après sa création en 1899. Depuis son passage à Marseille (en 1901 !), il n’y a jamais été rejoué ! L’œuvre connaît cependant un vif succès de par le monde, non seulement à cause de sa facture musicale éminente (10 ans après Manon Massenet était au sommet de son art), mais aussi de par l’intérêt que les metteurs en scène actuels trouvent à revisiter le récit à la lumière de l’histoire contemporaine. C’est le cas du couple Renaud Doucet (mise en scène et chorégraphie) et André Barbe (décors et costumes) pour cette production de l’Opéra de Montréal. C’est que dans une société matérialiste mue par les apparences et le pouvoir de l’argent, la quête du Prince Charmant et du véritable amour demeurent ! Face à des idées progressistes d’émancipation féminine en particulier, la fascination pour les princes persiste, comme une posture ancrée dans les valeurs passées... On a hâte de découvrir notre héroïne entourée d’appareils ménagers, symboles d’une société de consommation avide de progrès dans les années 1950, ses deux sœurs en fashion victims, ou la fée cathodique… Julie Boulianne Denis Kwan Le rôle titre est tenu par une mezzo franco-canadienne très prometteuse, Julie Boulianne, alors que le Prince est chanté par le jeune ténor mozartien Frédéric Antoun. On a plaisir à retrouver également Marie-Ange Todorovitch et François le Roux dirigés par Cyril Diederich. JACQUES FRESCHEL Cendrillon Les 23, 29 et 31 déc. à 20h et les 27 déc. et 3 janv. à 14h30 Opéra de Marseille 04 91 55 11 10 www.marseille.fr OPÉRA Pagnol à l’opéra MUSIQUE 33 On se souvient de la création marseillaise de Marius et Fanny de Vladimir Cosma avec Gheorghiu et Alagna. L’Opéra d’Avignon reprend l’opus avec la seconde distribution de 2007 Vladimir Cosma a composé des centaines de musiques pour le cinéma ou la télévision. On a en mémoire les thèmes du Grand blond, de Rabbi Jacob, Diva, La Boum, L’As des as, La Gloire de mon père, Le Château de ma mère… Son unique opéra est mu, dès le lever du rideau, par une veine populaire. Au rythme cadencé d’un cinq temps asymétrique, la foule se masse sur le Vieux-Port, aux pieds de grandes caisses de bois en partance pour des contrées exotiques… Le clocher des Accoules pointe entre les mâts des navires dans le décor « couleur locale » de Dominique Pichou. Honorine tient son stand de poisson, Panisse et Escartefigue jouent aux cartes, bientôt rejoints par Monsieur Brun. César (inénarrable Jean-Philippe Lafont) pique un « pénéqué », alors que Marius (Sébastien Guèze), qui sert au Bar de la Marine… en pince pour la jolie Fanny (Karen Vourc’h) ! Marius et Fanny - La partie de cartes X-D.R La comédie sentimentale de Pagnol est adroitement soutenue par des effets symphoniques légers et tournoyants, obstinés et percutants : le rire et le pathos sont au rendez-vous ! De surcroît, Marius et Fanny est un véritable opéra, avec une ouverture, du récitatif continu, des leitmotivs… et des ficelles de métier, comme des aigus judicieusement placés à l’issue des airs, quelque habile cadence a cappella et deux finals rondement conduits… De quoi susciter l’enthousiasme du public en Avignon ! J.F Marius et Fanny Le 31 déc et 5 janv à 20h30 et le 3 janv. à 14h30 Opéra-Théâtre d’Avignon 04 90 82 81 40 www.mairie-avignon.fr Sommets belcantistes Au Tyrol, la vivandière Marie, enfant abandonnée, est recueillie par un régiment français. Aimée du jeune paysan Tonio qui s’enrôle dans l’armée pour elle, La Fille du régiment s’avère être en réalité celle d’une marquise ! Mais F. Parenzan elle doit apprendre les « bonnes manières » et choisir un parti aristocratique… L’histoire, délicieusement naïve, n’a d’autre pertinence que celle du divertissement. Son intérêt réside dans les qualités théâtrale et vocale de la soprano et le fameux air aux neuf contre-ut qui scella autrefois les succès d’Alfredo Kraus ou Pavarotti… et celui aujourd’hui de Juan Diego Florez ! Les abonnés nîmois profitent de deux représentations de l’opéra le plus français de Donizetti, à Montpellier, dans une production du Teatro Verdi de Trieste, avec Monica Tarone et Manuel Nuñez Camelino. J.F La Fille du Régiment Le 27 déc à 15h et le 29 déc à 20h Opéra Comédie de Montpellier (aussi les 3, 5 et 7 janv. dans le cadre de la saison montpelliéraine) Théâtre de Nîmes 04 66 36 65 00 www.theatredenimes.com Bis repetita Reprise de la nouvelle production de Carmen pour la fin 2009, un mois après les représentations de novembre (voir p.37). Le chef-d’œuvre populaire de Georges Bizet retrouve les planches de l’Opéra de Toulon avec ses grands airs : L’amour est enfant de Bohème par la mezzo-soprano Giuseppina Piunti, Toréador en garde par le baryton Franco Pomponi et La fleur que tu m’avais jetée par le ténor Roman Shulackoff ! J.F Carmen Les 29 & 31 déc. à 20h Opéra de Toulon 04 94 92 70 78 www.operadetoulon.fr



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