Zibeline n°25 déc 09/jan 2010
Zibeline n°25 déc 09/jan 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°25 de déc 09/jan 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 4,7 Mo

  • Dans ce numéro : l'album « Own Virago » de Marion Rampal.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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i.26 ARTS VISUELS GALERIE VINCENT BERCKER LA NON-MAISON Verrouillé à double tour Que faire de ce jeu de photographies réalisées en 1988 dans l’appartement qu’il partagea avec sa mère et qu’elle abandonna durant deux ans ? Que faire de ce lourd et douloureux passé qui l’encombre encore ? Un livre, oui, mais que le photographe Pierre-Jean Amar n’a pas écrit pour une catharsis, abréaction qu’il réfute tant sa détestation de la psychanalyse est grande. « Une fois les photos faites, le livre écrit et publié, c’est la même merde. Rien n’a changé ! » : sa mère a subi la psychiatrie curative la plus violente… Il fallait donc un écrivain, un proche comme Georges Monti, directeur des éditions Le Temps qu’il fait, pour coucher sur le papier tant de souffrances étouffées, de ressentiments et d’amour mêlés. « Une histoire douloureuse qui le fonde », il le sait, qui a longtemps entravé sa vie : heureusement la lecture, puis la photographie, sont restées ses terres de liberté jusqu’à ce qu’il déploie son existence propre. Il avait 26 ans ! Un livre au titre terrible, Le coffre-fort de ma mère, des photos d’une extrême violence derrière le vernis de la banalité, où « l’on retrouve l’ambiance carcérale ». Des photos prises en son absence, jamais montrées, pas même à sa mère qui est morte sans jamais savoir ce qu’il faisait dans la vie… Un regard effroyable sur l’enfermement, la solitude, la destruction des êtres : sa mère isolée Ouf ! Suite à l’expérience de [La Pile] à la Non-Maison, le projet de Bruno Peinado pourrait enfin se concrétiser. Mais il faudra patienter quelques temps encore ! C’est l’histoire d’un projet dont la réalisation a été plusieurs fois repoussée faute des moyens nécessaires. Quel porteur de projet n’a pas vécu les affres d’une fin de non recevoir ? Michèle Cohen ne pouvait en rester au renoncement : l’exposition [La Pile] a été à la fois une forme de révolte et un temps d’appel à collaboration. « Trois mois pendant lesquels j’ai fait grève, où les murs sont restés vides mais on pouvait entrer et voir les piles de la revue Semaine consacrée au projet avec les textes de Bruno Peinado et Bernard Marcadé. Et nous avons ouvert un blog le jour de l’inauguration pour faciliter les échanges avec le public et peut-être trouver des personnes intéressées pour faire ce projet. Une deuxième pile a été présentée pendant le Slick à Paris en parallèle à la FIAC ». Et les appels semblent avoir été entendus. Michèle Cohen ne mettra pas la clef sous la porte comme elle l’envisageait ! L’embellie est arrivée par l’étranger suite à l’appel d’un mécène privé dont l’identité ne peut être encore dévoilée. Grâce aussi « au très bon contact que j’ai eu avec Véronique Traquandi du Conseil général 13. J’ai beaucoup d’espoir que cela se réalise en 2010. L’œuvre devrait être installée dans un espace extérieur pour être offerte au public, de préférence sur Aix ou alentour ». Mais quelques dans sa folie, Pierre-Jean Amar « claustré, prisonnier de la maison ». Le fils a retenu de cet intérieur inhabité un piano Hansen (« ma mère, d’éducation bourgeoise possédait un piano mais ne connaissait rien à la musique »), une armoire-bureau remplie de livres de peu d’intérêt (« le plus passionnant est freins persisteraient encore à Aix, essentiellement pour des questions de forme administrative. « Nous sommes considérés là-bas comme galerie donc comme privé alors que la Non-Maison est une structure qui se veut mixte ; nous voulons au contraire réunir public et privé sur des projets, les services publics avec les jeunes collectionneurs qui nous suivent maintenant, en intervenant comme lieu intermédiaire entre l’atelier de l’artiste et les institutions plus importantes. Je travaille à la conception d’un statut reconnu proche des centres d’art, des cinémas d’art et essai ou certaines compagnies de théâtre ; des lieux d’expérimentation, de proposition et au plus proche du public. Autre bonne nouvelle pour 2010, le projet sera suivi dans un documentaire consacré au travail de Bruno Peinado réalisé par Arte ». Le projet Une partition pour un accident ou les trois princes de Serendip est présenté par Bruno Peinado et Michèle Cohen dans la vidéo réalisée lors de l’inauguration de [La Pile] le 15 octobre 2009, à voir sur le site de la Non-Maison. Si tout va bien on espère qu’en fin 2010 on pourra souhaiter à cette non-exposition un joyeux nonanniversaire ! CLAUDE LORIN [La Pile] jusqu’au 10 janvier La Non-Maison, Aix-en-Provence 06 24 03 39 31 http://lanonmaison.com http://lanonmaison.blogspot.com Sans titre Pierre-jean Amar sans doute le catalogue Manufrance ») … Des interrupteurs et des cadenas en pagaille, une boîte à pharmacie surchargée, un téléphone blanc (« ma mère a inventé le téléphone portable, elle en avait trois ! ») … Et ce fameux coffre-fort familial posé à même le sol d’une cour intérieure « exiguë et sale… dans lequel ma mère a longtemps serré ses bijoux ». Le livre, comme l’exposition, s’ouvre et se ferme sur deux portraits de l’absente : l’un les yeux vides, la main serrant son chandail contre sa poitrine, dans un tirage argentique noir et blanc précis et nuancé ; l’autre l’image tremblante d’une silhouette ratatinée dans son fauteuil roulant. « C’est un constat » répète Pierre-Jean Amar avec un détachement feint, un constat bouleversant, oppressant même : ces photographies magnifiques disent toute une vie de possession et son ultime libération dans la mort. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Signature du livre Le coffre-fort de ma mère (Éd. Le temps qu’il fait) samedi 19 décembre 11h Le coffre-fort de ma mère jusqu’au 24 décembre Galerie Vincent Bercker, Aix-en-Provence 04 42 21 46 84 Bruno Peinado, projet pour la Non-Maison, Aix-en-Provence
ST-CYR-SUR-MER APT Une passerelle pour l’art Accueilli depuis 2002 au Centre d’art Sébastien à St-Cyr-sur-Mer, le 26 e Rendez-vous des jeunes plasticiens tient ses promesses avec une belle moisson de nominés et de lauréats. Pour Valérie Duquesne, élue récemment présidente de l’association ELSTIR qui organise cet événement ainsi que Rendez-vous aux Jardins, « on sent un travail de grande qualité avec des œuvres plus dépouillées. Ce sont, bien sûr, des travaux en devenir car c’est l’objectif d’ELSTIR d’accompagner les jeunes artistes dans leur travail ». Et de constater que le cru 2009 est d’une grande maturité : « Ils ne sont pas dans la facilité. Comme Guillaume Gattier (Marseille) qui a reçu le prix Louise Baron, Delphine Poitevin (Ivry) celui du Conseil général du Var ou Ghizlène Chajaï (Strasbourg) le prix Passerelle. Leur travail fait preuve de beaucoup de professionnalisme et il ouvre sur de nouveaux horizons ». Sur 150 dossiers, 9 ont réussi l’épreuve du feu face au jury composé de professionnels, d’élus et d’artistes et au public qui lui décerne son Prix. Cette année, le travail ingénieux de Jérôme Ispanakçi (Nice) a eu sa préférence, ex-aequo avec la sculpture-installation de Lisa-Dora Fardelli (Toulon). Au-delà des récompenses, on retiendra la photo installation de Guillaume Gattier qui étire à l’extrême ses images panoramiques tronquées ; le romanphoto de Danka Hojcusova dont les binômes, mis bout à bout, parlent de solitude et de déplacement ; les lignes dessinées de Sandra Ferreri, qui, mises en boucle, emprisonnent d’obscures maisons. Les portraits de femmes aux visages voilés de Ghizlène Chajaï tels des « vanités contemporaines » ; l’amoncellement de globes en terre cassés de Lisa-Dora Fardelli qui expulse de ses fragments une vidéo (Charnier intestinal) comme on ouvre la boîte de Pandore ; Les Olympiennes transfigurées par la peinture nerveuse de Catherine Duchêne. Et Delphine Poitevin qui excelle dans la dématérialisation des surfaces, des murs, des papiers peints par grattage, frottage, rainurage et effacement : les perspectives s’écrasent, les volumes s‘aplanissent, l’espace photographié bien réel (une pièce vide, une porte entrouverte, un motif mural) ouvrant sur une autre dimension spatiale. Même si ce 26 e Rendez-vous des jeunes plasticiens ne représente « qu’une petite marche » vers la reconnaissance, il a déjà tout d’un tapis rouge. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI 26 e Rendez-vous des jeunes plasticiens jusqu’au 19 décembre Centre d’art Sébastien, St-Cyr-sur-Mer 04 94 25 04 86 Sans titre Ghizlene Chajaï ARTS VISUELS 27 Aller-retour Dak’Art-Dak’Apt NGoor (Sénégal), Yoko Breeze (Afrique du Sud), Samba Fall (Sénégal), Tchalé Figueira (Cap-Vert) et Boubacar Touré Mandemory (Sénégal) ont en commun d’avoir été primés par la Fondation d‘entreprise Blachère lors de la Biennale des arts africains contemporains Dak’Art 2008. Une récompense décernée par un Collège critique qui, sous la direction de Pierre Jaccaud, a écumé les musées et galeries de la capitale sénégalaise. Dix-huit mois et une exposition plus tard, la Fondation Blachère les réunit à nouveau, loin de l’Institut culturel français de Dakar où eut lieu la remise des prix : dans la zone industrielle d’Apt, au centre d’art proche de l’entreprise de luminaires. Si la Biennale « permet aux artistes du continent africain de présenter leurs nouvelles productions », le Prix de la découverte leur offre une première visibilité en France à travers une résidence et une exposition collective. Tranchant avec la clarté extérieure, l’espace d’exposition plonge le spectateur dans l’obscurité et le murmure des voix, celles de la cérémonie des prix, avec diaporama à l’appui. Histoire de rappeler que tout cela est bien réel, qu’il y a un engagement et des rencontres déterminantes. Comme avec les peintures « dramaturgiques » de NGoor dont les visages hantés se masquent de grimaces goyesques, artiste émergeant découvert par hasard : « Il aura fallu une promenade improvisée en quête de découverte dans les rues de Dakar pour rencontrer une toile suspendue au musée Boribana », toile qui « a mis le feu [aux] esprits » des membres du Collège critique tout autant qu’aux visiteurs d’Apt. Avec le plasticien Samba Fall, « figure prometteuse de la scène internationnale », dont les œuvres protéiformes (vidéo-peinture-scultpure-objet) frappent à coup sûr les esprits, véritables manifestes humanistes. Avec le peintre, musicien et poète Tchalé Figueira -dont on dit qu’il a la tête dans les étoiles-, qui déroule ses dessins tels de longs papyrus noirs, histoires mélancoliques et douces peuplées de lignes et de masques, d’animaux et d’êtres tombés du ciel. Avec Boubacar Touré Mandémory qui défie la banalité de la photographie de rue en inventant des couleurs « mouvementées » grâce à ses points de vue décalés, ses hors champs et ses perspectives infinies. Avec l’acteur, graphiste et designer Yko Breeze dont le travail fait écho à l’histoire de l’Afrique du sud, notamment sa vidéo sur l’activiste SteveBiko réalisée avec la même ampleur qu’un film. Mais le retour de Dakar à Apt n’est qu’une escale pour la Fondation qui entend poursuivre son « engagement pérenne sur le continent africain avec une détermination sans faille » : tout juste revenue des Rencontres de la photographie de Bamako où elle a remis son prix en présence du photographe Malick Sidibé, elle s’apprête à partir pour l’Afrique du Sud… MARIE GODFRIN-GUIDICELLI (ENVOYÉE À DAKAR MAI 2008 - APT NOVEMBRE 2009) Boubacar Toure Mandemory Centre d’art Fondation Blachère, Apt jusqu’au 17 janvier 04 32 52 06 15 www.fondationblachere.org



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