Zibeline n°25 déc 09/jan 2010
Zibeline n°25 déc 09/jan 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°25 de déc 09/jan 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 4,7 Mo

  • Dans ce numéro : l'album « Own Virago » de Marion Rampal.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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16 DANSE LA MINOTERIE MOD LES BERNARDINES Mi-figue Michard Cinq garçons s’amusent à faire des passages surréalistes devant un public qu’ils ignorent, jouant comme Buster Keaton à ne pas s’étonner d’un fil qui se déroule infiniment, d’objets qui se dérobent, de chaises qui se prennent pour des fauves… L’univers burlesque qu’ils mettent en place ne semble pourtant pas les dépasser : ce ne sont pas les objets qui se dérèglent mais eux-mêmes, qui peuplent absurdement l’espace d’objets mal agencés, qui se juchent au haut d’équilibres instables ou qui croient qu’une planchette de bois va suffire à les catapulter dans les cintres… Un burlesque drôle souvent, surprenant, pour un spectacle qui gagnerait à être fondé sur un crescendo plutôt que sur ce rythme tranquille…. qui fait aussi son charme, mais raréfie le rire au cours du temps. Le solo de dix minutes qui suit est exécuté par Alain Michard seul et quelques processionnaires qui troublent sa performance en déposant des objets sonores automatisés hautement artisanaux qui peu à peu envahissent le champ de la scène et l’espace sonore. Le procédé pourrait être drôle mais le texte dit est violent -quelque chose sur l’arrivée de corps Albanais au cœur d’une procession italienne. Michard, danseur, y balbutie sa colère. Cela manque de lisibilité, mais pas de force. AGNES FRESCHEL Couac et Parkinson ont été programmés les 27 et 28 nov par Marseille Objectif Danse à la friche Inventaire avant destruction ihcAl Anne Rehbinder Performance : art éphémère qui laisse peu de traces là même où il s’accomplit Please... kill me est bien un titre qui livre brutalement la marchandise et la dérobe dans l’instant. Dès le début, que reste-t-il ? Des cintres saturés de projecteurs bien alignés sur leur portée comme des hirondelles en automne ; des portants où flottent quelques cintres et les habits de couleur de madame ; des pupitres en tas au fond de la scène, couchés pour déchanter peut-être ; et encore une table de mixage à fricasser les sons de monsieur (tire un peu la gueule, pourtant la musique est bonne). Mais que font-ils donc tant sur ce plateau ? Isabelle-elle-Cavoit lève les bras, agite les doigts, s’enroule sur elle-même, court précisément là où ça fait mal, se pavane, capte l’attention et diffuse l’énergie subtile du féminin musclé ; tente-t-elle de lui faire partager son bonheur à brasser l’air (nager ? voler ?) ? C’est le bide ! Thomas-lui-Fourneau bricole, bat son tambour, dégage l’espace, arpente et s’indiffère ostensiblement, le pas de deux c’est pas son fort à cet homme... pourtant il esquisse, il esquisse. L’évidence est Agnès Mellon là : l’une danse et Johnny lui fait mal ! Les deux s’embrouillent et se débrouillent assez bien, parfois trop lents à créer l’image, trop lourds à la détruire (ces ballons qui voltigent de la salle à la scène, cette légèreté envahissante, qu’en faire au bout d’un moment ?) et incapables d’en finir : avancer et reculer, sûr, c’est toujours du travail et c’est pas tuant, belle image du couple éternel. Une performance donc, plaisante et en devenir s’il vous plaît ! MARIE-JO DHO Please... Kill me a été créé dans le cadre de Dansemaux Bernardines du 3 au 5 déc Inégal tribut Le Rêve de la soie est une compagnie d’ici, qu’il fait bon retrouver en création. Parce que Patrick Servius qui préside à ses destinées est un créateur subtil, qui aime travailler en empathie avec ses interprètes, et avec son public. On le sent dans la salle : ceux qui entrent là sont des spectateurs de longue date… D’ailleurs la soirée est placée sous le signe de l’intimité : le récit émouvant de sa mère, sa traversée de la mer pour quitter la misère et rejoindre Dakar, est lu en bas dans la bibliothèque par la voix amie de Carole Vanni qui dialogue avec le flamenco d’Ana Perez, une très belle et jeune danseuse qui maîtrise avec sensualité et juste l’orgueil qu’il faut la solea. Puis on monte dans la salle et là quatre danseuses nous attendent. Habillées de robes souples, toutes jouent de leurs identités métissées, kabyle, italienne, martiniquaise… et s’essaient à des partages de mouvement, de mots, d’espace. Mais les personnalités attachantes (Louisa Amouche, Patricia Guannel, Fleur Duverney-Prêt, Marie Salemi) n’empêchent pas qu’assez rapidement tout cela tourne en rond : le vocabulaire chorégraphique est pauvre, les moyens techniques des danseuses/comédiennes sont inégaux et limités, les bribes de confession très banales, la musique d’une indigence affligeante. Le mouvement occupe le temps en tableaux qui se ressemblent, sans ennui, mais sans rencontre véritable des corps, ni acmé, ni trajet, ni propos. Sans doute par manque général d’écriture. Dommage ! AGNES FRESCHEL Tribut a été créé à la Minoterie du 4 au 6 déc X-D.R.
DANSEM DANSE 17 Battement d’Elles D’emblée on les croit sur paroles. Geneviève Sorin et Lulla Chourlin, sur le tapis blanc ceint de murs noirs du 3bisf, dansent à voix hautes les trépidations intimes de la vie. Elles en disent long et elles ne sont pas seules, accompagnées en off par Françoise Dupuy, Elsa Wolliaston, Simone Forti et Susan Buirge, leurs « mères inventrices et nourricières ». Ce chœur de femmes chante en mouvements polyphoniques leurs expériences, la féminité, la chair, l’incertitude, la gourmandise, le temps qui dessine des ridules souriantes au coin des yeux. L’une inspire profondément, l’autre expire lourdement. L’une Éclats Deux femmes proposaient des solos au théâtre de Lenche, dans le cadre de Dansem. Balkis Moultashar, une très belle danseuse marseillaise aux yeux graciles et au cou de biche, proposait un travail fragile sur la maternité. Qui s’effilochait pourtant, sans rien laisser d’autre qu’un goût de trop peu, d’inachevé, de minimalisme qui s’encombrait pourtant d’objets inutiles, et ne savait pas trouver son épure. Juste après une très courte pièce de Chiara Frigo, danseuse assise, robuste, roucoule, l’autre aussi. Elles s’évitent nonchalamment, des étincelles d’humour dans le regard, elles s’interpellent, s’ignorent, se cognent, s’effraient mutuellement, se combattent en riant. C’est une ronde enfantine. L’une savoure ses jeux de mots, l’autre n’entend pas. Lulla Chourlin s’effondre et roule au sol à peine Geneviève Sorin esquisse un geste, ébauche une rotation. Lulla tout en force, les pieds au sol ; Geneviève hésitante, le corps suspendu. L’une court éperdue, l’autre s’immobilise. L’une minaude, l’autre rêve. Et quand elles se rejoignent, leurs corps s’étreignent violemment, avec effusion. Difficile de tenir parole et de s’ignorer plus longtemps ! De longues diagonales frénétiques en mouvements circulaires, Sur paroles X-D.R d’immobilisation au mur en soliloques chuchotés ou vociférés, Geneviève Sorin et Lulla Choullin ont la danse en partage, la maturité et la capacité d’en sourire. Sur paroles est une « pièce fantaisiste » où tout est dit : la danse, c’est la vie. Leur vie. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Sur paroles a été créé le 26 novembre au 3bisf à Aix dans le cadre de DansemLe corps, d’ici et d’ailleurs Terre des ancêtres, terre nourricière, terre où l’on se meurt. Pieds nus sur ce sol malien, l’homme ne fait qu’un avec le ciel. Cette sensation unique d’appartenance au monde, la chorégraphe Barbara Sarreau l’a ressentie comme un choc tellurique. D’où cette exploration chorégraphique avec des danseurs du Conservatoire des arts et métiers et multimédia de Bamako : Tchakèla, en Bambara « creuser la terre ». Initié en 2009, ce projet connaîtra jusqu’en 2011 plusieurs étapes, au Mali comme en France, plusieurs résidences où Barbara Sarreau s’emploiera « à confronter la spécificité de sa langue à celle de l’autre », à dessiner l’espace des corps. Les mots aussi peuvent mourir, premier aperçu de cette longue marche, a été présenté selon un dispositif scénique qui décuplait les points de vue : vidéoprojecteur pour miroir astigmate, caméra minérale, qui dessinait sans se lever de sa chaise des arabesques énergiques de ses mains, de ses bras, de son buste ployé et pivotant. La danse d’un corps tronqué, en rupture. Fascinante. A.F. 6 yeux 1 visage 2 pieds et Takeya ont été présentés dans le cadre de Dansemles 24 et 25 nov fixe pour capter le hors-cadre, musique live. Comme une boucle, sortis des entrailles de la terre, les chuchotements et les rires des danseurs maliens introduisent et ferment cette partition intime. Aux gestes imperceptibles des corps rampants scotchés au sol, succède une joute sensuelle baignée d’ombre avant qu’ils ne se lancent dans une course folle, se heurtent aux parois, puis s’évanouissent à nouveau. Faces contre terre. Éloge de la lenteur, Les mots aussi peuvent mourir emprunte au Mali son temps élastique, ses mouvements distendus et la sculpturalité des corps. Il faut du temps pour comprendre l’Afrique et Barbara Sarreau le sait bien, qui évite les pièges de « l’africanisation » de la danse pour s’approcher au plus près de celle des danseurs. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Lionel Briot Tchakèla, un projet Bamako- Marseille a été présenté par Marseille objectif DansE du 8 au 12 décembre à la Friche dans le cadre de DansemLa Turquie est l’Europe Dokuman Alex Davies Un parterre fourni d’amateurs éclairés et de professionnels était réuni à la Friche pour voir LA compagnie turque de référence : Taldans Company. Avec les présupposés communs à ceux qui attendent beaucoup de la création extra européenne… Le public resta perplexe, pour partie convaincu, pour partie dans l’attente de quelque chose qui ne venait pas, face aux six danseurs standardisés, habillés d’un jean délavé et d’un T-shirt et chaussés de baskets. Pas de quoi faire tourner les derviches ! Sauf qu’il fallait chercher ailleurs la singularité de Dokuman de Mustafa Kaplan et Filiz Sizanli, dans la prégnance de la technologie et de l’industrialisation sur la structure de la pièce, elle-même influencée par la formation d’architecte et les études d’électronique et de télécommunication des deux concepteurs. Sauf encore que des dérapages successifs parasitaient ce ballet bien huilé entre les corps et les machines, invisibles mais omniprésentes : perturbations inopinées des mouvements métronomiques et des rythmes pendulaires des danseurs, solos subitement désordonnés, onomatopées et chuchotements affolés en cris intempestifs, improvisation d’un solo de guitare électrisé ! Dans ce paysage modulaire habité par « des esprits aliénés et des pantins électroniques », quand les cloisons grisâtres s’abattent l’une après l’autre comme un jeu de cartes, laissant voir leurs faces cachées rose fluo, on se dit que Dokuman est un spectacle disjoncté, au propre comme au figuré. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Dokuman a été présenté par Marseille objectif DansE le 5 déc à la Friche dans le cadre de Dansem



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