Zibeline n°25 déc 09/jan 2010
Zibeline n°25 déc 09/jan 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°25 de déc 09/jan 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 4,7 Mo

  • Dans ce numéro : l'album « Own Virago » de Marion Rampal.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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10 THÉÂTRE AVIGNON AIX MARTIGUES ARLES Che Guevara, icône romantique et canon m « On va déballer les incertitudes et imprécisions sur le Che », entend-on en ouverture de la dernière création de Gérard Gélas. Pousser l’icône de tee-shirt dans ses contradictions à partir du texte de José Pablo Feinmann, qui met en perspective le monde actuel et l’œuvre du révolutionnaire marxiste. Humaniste ou monstre sanguinaire ? Icône de papier ou mythe historique ? On se retrouve lors de cette dernière nuit du 9 octobre 1967, dans une école perdue en Bolivie où fut exécuté le symbole de l’anticapitalisme, pour écouter ce face à face entre le guérillero interprété par Olivier Sitruk, impeccable (et canon, avouons-le), et un journaliste, Andrès Cabreira, admirablement densifié par Jacques Frantz. S’entame un huis clos historique, en accéléré, opposant la violence des armes et celle des idées. « Il n’y a pas de juste milieu dans la vie d’un révolutionnaire », se défend l’Argentin, ventoline au poing, qui s’humanise petit à petit devant le constat d’échec annoncé. Le spectacle soulève la question de la violence politique, et malgré le postulat de déboulonner la starification du Che, les clichés demeurent : cigare, béret, mitraillettes, croix de lumière… Les seconds rôles restent anecdotiques face au duo d’acteurs qui s’affronte. Le Che apparaît comme un humain entêté qui a perdu son idéal, une figure christique pétrie de philosophie et sacrifiée pour construire une société d’hommes libres. Son statut d’icône perdure, absolument. Évidemment. DELPHINE MICHELANGELI Ernesto Che Guevara, la dernière nuit s’est joué au Théâtre du Chêne Noir (Avignon) du 20 au 29 nov Manuel Pascual Le regard de l’autre Tout enfant cherche à être aimé, aimé par ses parents d’abord. Pour cela il peut se transformer en singe savant, guetter l’approbation qui signifie qu’on l’aime… Pour plaire à sa mère le petit Guillaume s’efforce de ressembler à une fille, celle que sa mère n’a pas eue mais souhaite si fort, du moins le croit-il… L’enfant se fait acteur, à tel point que sa famille se persuade de son homosexualité, l’enferme dans ce rôle sans se soucier de sa réalité. Guillaume et les garçons à table ! est une phrase-titre programmatique... Le spectacle rend compte d’une quête de soi, d’une essence profonde qui permette de se démarquer du regard d’autrui, pour devenir adulte et susciter un nouveau regard… Guillaume Gallienne nous livre cette tranche de vie dans un spectacle où il évoque sur scène tous ses personnages intérieurs, avec un remarquable art du détail. Une attitude, une intonation particulière, suffisent à marquer un caractère : un roulement de r et voici la grand-mère russe ; épaules dédaigneuses, dos un peu raide, c’est la mère qui apparaît ; la moue ironique, le psychiatre militaire qui réforme, résigné, le jeune bègue ; quelques pas de Sévillane et Paqui, l’hôtesse Oui à la vie-chair ! m Des ogres et des lutins, probablement une princesse, vous et moi, tous à la table du banquet volubile où le coup de langue fait mouche et métaphysique à la fois... C’est de La Chair de L’Homme que Valère Novarina a tiré son Repas, adaptation pour la scène des premières pages de cette œuvre gigantesque, épique et diaboliquement lyrique. Le jeune metteur en scène Thomas Quillardet s’y attaque par la voie du burlesque et d’une gentille tradition de l’action partagée : deux rangées de spectateurs sur scène amenés à se démener, les autres en face assis bien sages mais tous adoubés dès l’entrée, nommés, intronisés convives du grand festin, vous et moi donc, Jean Gobe Tout ou Mastiqueuse d’Ombre. Autour de la grande de table de verre (art de la cène, ne pas oublier le poisson rouge au centre inlassablement muet), les tableaux, vignettes, chansons et folies douces se succèdent ou s’entrecroisent dans un désordre maîtrisé, au gré de la profération jubilatoire des Le Festival d’Avignon reprend le fil de ses rencontres publiques pour dévoiler, goutte à goutte, la programmation de la 64 e édition, dont Christoph Marthaler et Olivier Cadiot sont les artistes associés. Le metteur en scène Jean-Baptiste Sastre se frottera pour la 1 re fois à Shakespeare avec la Tragédie du roi Richard II, créée 63 ans plus tôt par Vilar. L’écrivain Frédéric Boyer signe une nouvelle traduction. « Je veux faire entendre cette œuvre de langage moderne de façon plus rapide, directe, brutale en interprétant différemment la traduction habituelle, trop académique et romantique ». La scénographie est confiée au plasticien Sarkis, « un chaman » pour Sastre, qui s’imprègne totalement des 1001 œuvres de son atelier/cerveau. Nourrie de toute cette matière, de poésie, de peinture, la distribution réunira des corps hauts en voix et en talents. Denis Podalydès, dans le rôle du souverain déchu pour actes espagnole si drôle, apparaît... Car si le sujet abordé est délicat, le traitement théâtral en est magistralement enlevé. Pas un seul temps mort dans ce spectacle réjouissant. Même le Misanthrope de Molière s’y slame, en une confession à la fois intime et comique. Très réussie. MARYVONNE COLOMBANI Guillaume et les garçons, à table ! a été joué au Jeu de Paume (Aix) du 1er au 5 déc et aux Salins (Martigues) le 8 déc. Richard II, un non roi mortel ! de tyrannie, incarnera ce non roi devenu mortel, à l’instar du roi Lear, entraîné dans la folie. Pascal Bongard (Bullingbrook), Nathalie Richard (la reine) et l’écrivain Pierre Michon (Jean de Gaunt) complèteront le tableau. Sastre, émancipé de Claude Régy, éprouve une vraie nécessité de mettre en scène cette pièce à la Cour d’Honneur. « Sans faire le malin, je veux rendre hommage au théâtre, avec un angle différent sur ce poème. Nous n’en ferons pas un roi faible qui abdique. Le roi comédien du Christ, c’est fini avec Richard II ». Un poème revisité par une famille « d’affinités électives » pour sortir des clichés sur l’incarnation du pouvoir. DE.M La rencontre publique du Festival In a eu lieu le 25 novembre à la salle Benoit XII Pacôme Poirier acteurs au travail. Si le rythme est impeccable jusqu’à la trop étirée et fragmentée scène de bal qui suspend inutilement le temps, si la gestuelle frénétise ou poétise à bon escient, la diction (terme bien raide dans cet univers de totale liberté), moins généreuse, rogne un peu sur l’audible. Pas bien grave sans doute car on entend fort bien par les yeux le Défécateur en majesté qui traverse la scène sur son trône à roulettes ou les Gesticulateurs dégommés comme dans un jeu vidéo dès la sortie de l’abri ; la rime en -eur agit comme un ressort dramaturgique et fait bondir dans l’au-delà du portique tout détenteur du suffixe ! Bravo à vous qui avez compris, avec Montaigne et Rabelais, que banqueter c’est apprendre à mourir ! MARIE-JO DHO Le Repas a été donné (pris ?) au Théâtre Vitez (Aix) le 2 déc et au Théâtre d’Arles le 10 déc
Gros mots D La Menace X-D.R La menace est partout présente dans notre société, distillée quotidiennement dans les média, dans les émissions de télé… Partant de cette constatation, la chorégraphe montpelliéraine Anne Lopez et sa compagnie Les Gens du quai créent une joyeuse et extravagante parodie de journal télévisé et d’émission trash dans lesquels les danseurs sont tour à tour journalistes d’investigations, invitée vedette, techniciens et citoyens victimes potentielles des dérives de l’information. Dansés et joués, les tableaux alternent avec une rapidité folle, montent et démontent les mécanismes de la manipulation médiatique quitte à installer une confusion qui brouille légèrement le propos. Heureusement le rire salvateur n’est pas loin qui éloigne les peurs et permet l’oxygénation des esprits prisonniers d’images et propos anxiogènes… Après la menace, la Paranoïa, autre délire dû cette fois au texte du dramaturge Argentin Rafael Spregelburd mis en scène par Marcial Di Fonzo Bo et Elise Vigier. Dans un futur indéterminé qui reprend les codes et les images d’une science fiction clichée (vêtements ARLES NÎMES THÉÂTRE 11 blancs, immaculés), un groupe de terriens hétéroclite « invité » à Piriapolis, en Uruguay, est sommé de créer une fiction originale que les Intelligences -entité extraterrestre invisible mais très présente qui régit l’univers- n’aurait pas déjà ingéré. Pour sauver le monde. Autant dire que l’écrivaine à succès Julia Gay Morrison, Claus, astronaute, Hagen, mathématicien, et Béatrice, robot ancienne génération à la mémoire corrompue (Pierre Maillet est simplement désopilant) ont fort à faire. Tout se joue alors entre création et fantasme, tout s’entrecroise entre une vraie-fausse réalité qui se déroule sur scène, et la fiction projetée sur écran, délire hystérique de nos créateurs improbables. L’image n’est pas ici décorative, loin s’en faut, ni simplement illustrative : les deux langages se complètent et créent une forme hybride, à l’image du personnage principal de la fiction, Brenda, mi-miss Venezuela, mi-monstre. La déconstruction des mécanismes de fiction fonctionne, mais prend le risque de perdre en route les spectateurs immergés dans une machinerie qui laisse finalement peu de place à l’imaginaire et au délire tant attendu. Dommage… DOMINIQUE MARÇON La Menace était programmé à l’Odéon les 19 et 20 nov La Paranoïa a été joué les 26 et 27 nov au Théâtre de Nîmes La Paranoïa X-D.R Humour cinglant Dès les premiers mots, prononcés dos au public, la verve de Nouara Naghouche fait mouche. Le ton est cinglant : un frère invective sa sœur qui a voulu échapper à son mari lors de la nuit de noce, suite à un mariage forcé. Autant dire que le rire ne vient pas tout de suite, et il ne sera pas systématique, loin s’en faut. C’est que le propos n’est pas humoristique, et c’est là tout le sel de ce spectacle surprenant : la révolte qui habite Nouara Naghouche, Alsacienne d’origine Algérienne, a pour nom injustice, de celle qui touche les femmes et les enfants et qu’elle met en scène, forçant si peu le trait lors de situations pourtant violentes. Sa force est son humour, mordant, noir, désespéré parfois, qui sauve in extremis le récit. Et puis parfois la parole se fait intime, confidente, désarçonnante, lors de récits courts et percutants qui enfoncent encore un peu plus le clou. Par petites touches Nouara Naghouche distille ses (propres ?) histoires avec beaucoup d’amour et de tendresse, avec pudeur aussi. DO.M. Sacrifices a été joué au Théâtre d’Arles le 27 nov Sacrifices Herve Kielwasser m A PHILIPPE 0111 ; Nr. Pi"JMON NDIRll etmn 4132.11, ISLId1-etl4olarr.i 9IIlefhede : 1:18:1 620 !'1 wax,prair.rsqr39 crMtir C i f



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