Zibeline n°24 novembre 2009
Zibeline n°24 novembre 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°24 de novembre 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : naissance du théâtre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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60 LIVRES RENCONTRES LITTÉRAIRES SALON ECRIMED Écrivains en chair et en mots La rentrée littéraire se poursuit toute l’année ! Des rencontres régulières, dans des cadres souvent intimistes, donnent à voir et à entendre les auteurs et leurs ouvrages. Elles offrent aux lecteurs l’opportunité d’entrer en contact direct avec les écrivains qu’ils aiment, d’appréhender plus finement ce qui fait leur travail et, parfois, d’aborder les rivages mystérieux de la création o Dialogues… Le cycle d’Ecrivains en dialogue, organisé par l’ADAAL en partenariat avec la BDP Gaston Defferre a repris en octobre, selon un principe désormais familier : un auteur en invite un autre de son choix, tous deux échangent durant une heure trente environ, dans un « dialogue » ponctué de lectures d’extraits de leurs textes et conclu par les interventions du public. Le 13 octobre, Claudie Gallay avait donc invité Philippe Grimbert ; il y avait du monde pour écouter ces deux romanciers lus et récompensés (voir p 66). Tous deux se sont connus en 2001, lors de la publication de leur premier roman. Entre l’ex-prof des écoles, aujourd’hui en disponibilité, et le psychanalyste, toujours en activité même si l’écriture de fiction occupe beaucoup de son temps, le courant passe, l’admiration est réciproque. Claudie Gallay se déclare « fascinée par La petite robe de Paul » (le1er roman de Grimbert) et « impressionnée » par son auteur, qui, à partir de presque rien, déroule ses histoires. Philippe Grimbert évoque le « souffle romanesque » de sa consœur, qu’il envie. En fait, bien que leurs univers soient très différents -la lecture des incipits de leurs derniers ouvrages en a rapidement apporté la preuve-, tous deux ont la même volonté d’écrire pour « creuser au même endroit » dit-elle, pour « creuser du côté où ça interroge », reprend-il. Tous deux veulent aller à l’essentiel, au fond de la douleur, des blessures et des secrets de famille, mais sobrement, sans pathos. Les deux écrivains ont parlé ce soir-là de leur travail, de leur rapport avec le livre en train de se faire, mais aussi avec le texte fini. Ils ont évoqué le plaisir d’écrire : une façon de se sentir « en paix » pour elle ; pour lui, un moyen d’avoir « prise sur la douleur ». Ils ont dit leur difficulté à finir un roman, avec, pour elle, le soulagement d’être allée au mieux de ce qu’elle pouvait faire, tandis que pour lui la fin d’un texte signe le début d’une sorte de « dépression post partum ». Après les lectures de leurs textes par Raphaël France- Kullmann, ils ont exprimé leur trouble d’entendre leurs phrases dites par un autre ; mais tandis que lui parlait de « dépossession », elle s’est dite agréablement surprise de ces « retrouvailles avec les mots ». Mots et rythmes qu’elle peaufine à la Flaubert, relisant tout à haute voix, pour la musique de la langue. Avec naturel. Claudie Gallay a osé avouer la souffrance qu’elle ressent à parler de ses livres en public, l’effort que lui demandent de telles rencontres. Elle se sent bien plus à l’aise dans la création que dans la promotion. Ce qui, pour un auteur, n’est pas un mauvais signe ! Claudie Gallay Caroline Chevalier Michele Lesbre Jacques Leenhardt …Itinérances… Le 23 oct la petite salle de la librairie Maupetit a rassemblé une vingtaine de lecteurs autour de Michèle Lesbre dans une intimité qui convenait bien à son univers littéraire. Elle a livré quelques aspects de la genèse de son onzième roman Sur le sable, sorti en mai (voir p 67), que Maya Michalon a présenté avec sensibilité. Après avoir été directrice d’école, fait un peu de théâtre, Michèle Lesbre est arrivée à l’écriture par 4 romans noirs dans la tradition américaine, et quelques nouvelles. Depuis 2003, elle est publiée par Sabine Wespieser qui lui a demandé de la suivre quand elle a créé sa propre maison pour aller jusqu’au bout de sa passion du livre. Michèle Lesbre a alors commencé à écrire des romans courts et denses qu’elle dit lui être indispensables : « Je n’écris que les romans que je dois écrire, ils se succèdent comme les maillons d’un seul et même livre. Quand je suis en train d’en écrire un, le suivant se met souvent en place, les personnages se dessinent ; mais je ne sais pas encore ce qu’il va se passer. » En fait les personnages de Michèle Lesbre sont peu nombreux et tout se joue souvent sur une rencontre, alors qu’ils vivent « des moments de faille, de rupture ». Il s’agit ensuite de voir comment l’intime se conjugue avec l’histoire, ses conflits et ses guerres. Michèle Lesbre a également parlé de sa passion pour la littérature et des auteurs avec lesquels elle dit entretenir « un rapport sentimental ». Quand elle écrit, elle choisit des textes qu’elle relit et qui la guident, comme une petite musique intérieure. Musique que le lecteur se plaît aussi à retrouver en sa compagnieet Escales La librairie l’Odeur du temps, pourtant spacieuse, a paru fort exiguë quand il a fallu accueillir l’invité des 1 res Escales en librairies. Il faut dire que Georges Didi-Huberman n’est pas n’importe qui. Auteur d’une trentaine d’ouvrages sur l’histoire et la théorie des images, cet enseignant à l’EHESS de Paris est une référence dans le domaine de l’histoire de l’art et de la philosophie. La foule a donc envahi la librairie et c’est devant une assistance très variée que s’est tenue la conférence-débat animée par Roland Alberto. La présentation était axée sur le dernier ouvrage de Didi-Huberman, Survivance des Lucioles, dont le titre est repris d’écrits de Pasolini : les lucioles comme image de la vie, de la liberté, du peuple aussi. Didi-Huberman reprend cette métaphore à son compte pour y associer la notion de « survivance » (et non de « survie »), qui correspondrait à ce qu’on nomme en anglais « after
61 life ». Pour le philosophe, qui s’inscrit en faux contre le discours de la destruction, il s’agit aujourd’hui de gratter pour mettre au jour les vestiges, qui existent là où on ne les attend pas, juste en dessous, de les faire « apparaître ». Pas toujours facile de suivre le dialogue de l’historien d’art avec son interviewer, d’autant que celui-ci pose des questions pointues, qui nécessiteraient une connaissance très intime de l’œuvre. La disposition du lieu renforce le sentiment que les lucioles volent très haut ce soir : l’invité, installé sur la mezzanine de la librairie, semble, micro en main, délivrer la bonne parole du haut d’une chaire. Visiblement gêné de cette posture, il tente d’y remédier en se tournant souvent vers l’auditoire et en illustrant un discours ardu d’exemples parlants. Des réflexes bienvenus de pédagogue, qui permettent de suivre tant bien que mal un débat où sont convoqués Benjamin, Adorno, Freud, Deleuze, Foucault, mais également Baudelaire, Char… Didi-Huberman épate par la familiarité qu’il entretient avec nombre de grands auteurs de disciplines variées. Un véritable puits de science, humble pourtant, qui se déclare « très mal à l’aise avec l’idée d’une expertise » et dit modestement fonctionner dans ses recherches par « rencontres qui (l)e surprennent et (l)e font bifurquer. » Enthousiaste aussi, il revendique le désir, l’admiration et la nécessité de trouver des ressources malgré la marchandisation des images. Une figure captivante, dont la brillante simplicité séduit et donne envie d’en savoir plus, sur lui et aussi sur les auteurs qu’il fréquente. Et un beau succès pour cette 1 ère d’Escales en librairies, initiée par Libraires à Marseille et soutenue par le Conseil Général. CHRIS BOURGUE ET FRED ROBERT Escales en librairies en décembre, avec Jacques Barsac, mercredi 9 à Marseille, jeudi 10 à Aubagne. La recontre qui était prévue autour de l’anthropologue Françoise Héritier les 19 et 20 novembre est reportée aux 21 et 22 janvier. www.librairie-paca.com Ecrivains en dialogue, Le boxeur et la fée, avec Véronique Ovaldé et son invité Olivier Adam, mardi 8 décembre à 18h30 à la BDP Gaston Defferre. La conférence des bourdes Le premier Salon des Écritures méditerranéennes s’annonce comme un événement qui veut placer l’écriture au cœur du projet euroméditerranéen. Qu’en est-il ? Depuis le début de cette affaire on est un peu gênés aux entournures : on ne peut que se réjouir de cette idée d’un grand Salon littéraire à Marseille, placé aux Docks, c’est-à-dire au cœur vibrant d’Euroméditerranée, désiré par l’ensemble des collectivités, soutenu conjointement par Marseille 2013, la Ville, la Région, le Département… On ne peut qu’applaudir même à cette ambition généreuse de promouvoir les auteurs méditerranéens, la traduction, le roman… et on est ravis que l’idée de dialogue, d’échanges, de tables rondes ouvertes au plus grand nombre et médiatisées sur le web, à la télé et sur les radios. Mais enfin plusieurs points restent étonnants, même si l’on considère qu’une première édition peut chercher ses marques. D’abord la conférence de presse, organisée au Sofitel, ne donnait la parole à aucun écrivain ; aucun livre non plus sur les tables, dans les dossiers de presse aucun résumé, aucune bio, aucun titre de livre même : simplement le nom des auteurs, et leur nationalité. Le thème même des tables rondes semble peu littéraire : les Cafés autour de Tahar Ben Jelloun et de son œuvre L’Islam expliqué aux enfants, les Tables Rondes qui s’interrogent sur « européens ou méditerranéens », ou sur la « communauté des valeurs », ne parlent pas d’écriture, d’élaboration d’une fiction, de narration, des vertus de la fable… ou même de textes. Elles sont sociologiques et tournées vers des problématiques de sciences humaines. Ce qui est étrange pour un salon sur l’écriture. Les partenaires ensuite : recourir à des média grand public pour une manifestation littéraire a du bon, et va dans le sens d’une démocratisation des écritures. Encore faut-il rester dans le domaine de la littérature, justement : or culturebox, de France 3 méditerranée, a pour slogan : le premier guide culturel tout en vidéo ; la Provence n’a pas vraiment de rubriques livres, et ils y sont rarement littéraires ; radio Nostalgie brosse rarement des portraits d’écrivains ; quant à Cultura, enseigne qui place ambitieusement le livre au cœur des centres commerciaux et le démocratise certainement en le reliant aux loisirs, on reste étonné qu’il soit le seul libraire qu’Ecrimedait associé à son Salon : on connaît le dynamisme, le professionnalisme, le dévouement et la pertinence des libraires indépendants de la région (voir ci contre), et on ne peut que s’étonner qu’aucun ne soit relié à l’aventure. Et c’est surtout cela qui étonne : une méconnaissance semble-t-il du terrain, et des problématiques. Tout à son enthousiasme Elsa Charbit, lorsqu’elle présente le Salon dont elle est la Commissaire, semble le considérer comme la première et seule manifestation littéraire de la région, et il faudra qu’Alain Hayot souligne que PACA est, après l’Île de France bien sûr, la première Région en matière de manifestations littéraires. Bernard Millet renchérit, rappelant les Écritures de Manosque, les Écritures Croisées d’Aix, la traduction à Arles, le nombre de grandes et petites maisons d’édition du département, Toulon, Aubagne… en oubliant modestement les Escales en Librairies et l’activité de la BDP Gaston Defferre, organisée par le Conseil Général. Mais tous deux citent les Rencontres d’Averroès, ces grandes tables rondes qui pensent la Méditerranée depuis quinze ans, rassemblent des foules, sont diffusées sur France Culture : elles ne se disent pas essentiellement littéraires, mais invitent des écrivains autour de thématiques tellement proches qu’on s’étonne de la concomitance de deux manifestations, soulignée par la proximité de la date choisie par Ecrimed. La problématique méditerranéenne même semble peu familière à Pierre Assouline, directeur littéraire du Salon. Il l’avoue d’ailleurs : c’est sollicité pour présider la manifestation qu’il a pris conscience de son identité de Méditerranéen. Et par ailleurs il lui parait nécessaire de justifier la présence d’un écrivain Portugais, le Portugal n’étant pas selon lui un pays méditerranéen… Des historiens, des philosophes ont passé leur vie à penser Mare Nostrum, que Braudel définissait, Alain Hayot ne put s’empêcher de le rappeler, non comme un espace géographique mais comme une mer intérieure. On souhaite de tout cœur que cette entreprise de popularisation de la littérature réussisse. Mais il faudrait sans doute, avant, songer à repenser les liens avec le monde littéraire marseillais, et avec la pensée qui s’élabore autour et à propos de notre mer. AGNES FRESCHEL Ecritures méditerranéennes Les 21 et 22 novembre Les Docks www.salonecrimed.fr Gamal Ghitany, ecrivain Egyptien X-D.R.



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