Zibeline n°24 novembre 2009
Zibeline n°24 novembre 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°24 de novembre 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : naissance du théâtre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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56 CINÉMA GARDANNE APT « Parenthèse enchantée » C’est par cette formule que Régine Juin (qui succède à Bernard Lafon) a ouvert le 21 e Festival Cinématographique d’Automne de Gardanne au cinéma les Trois Casinos. Parenthèse enchantée en effet : dans le contexte difficile des cinémas d’art et d’essai, il est essentiel de conserver des lieux d’expression et d’ouverture sur le monde. Et c’est à cela que s’attache le festival : 70 pays représentés, des œuvres diffusées en avant-première, aux côtés de productions reconnues, un hommage à la comédie italienne avec Risi, Scola, Germi, un gros plan sur le cinéma anglais, la découverte du monde d’Isabelle Balducci (qui passe avec aisance du documentaire à la fiction, procédant par touches), rencontres avec Abya Yala et le cinéma amérindien, ciné junior, une soirée Bollywood et une compétition de courts métrages ! Un avant goût du festival est donné par une présentation d’extraits de quelques œuvres, puis le film de Michael Haneke, Le Ruban Blanc, palme d’or du festival de Cannes 2009. Une photographie superbe, plans fixes, passions contenues, un jeu tout de tension des acteurs, un thème qui nous pousse à aiguiser notre regard sur nous-mêmes, les enjeux de l’éducation. Les spectateurs sortent visiblement bouleversés. La soirée de clôture, très conviviale, a commencé par la proclamation des palmarès. Deux prix du public ont été attribués : pour les courts métrages, Juste un pitch d’Eric Raynaud, l’histoire d’un scénariste indien qui arrive à Orly pour signer son premier contrat de production. Mais le chef de l’immigration, remarque que son passeport n’est pas en règle… Coté longs, c’est le film de Xavier de Lausanne, D’une seule voix, qui a eu les faveurs du public : un documentaire qui suit la tournée d’une centaine de musiciens palestiniens et israéliens, mise en place par Jean-Yves Labat de Rossi, côté scène et côté coulisses. Et c’est par le très beau film de Kamen Kalev, Eastern plays, présenté en avant-première hors compétition, que s’est terminée la manifestation. Nuits Apt, une saison africaine el Pour cette septième édition, le Festival des cinémas d’Afrique du pays d’Apt a réservé de bons moments à un public encore plus nombreux : malgré deux projections en parallèle pour chaque séance, les salles du cinéma César à Apt ont refusé du monde ! Hommages… rencontres Deux hommages ont été rendus : à Youssef Chahine, dont on a pu voir Gare Centrale ; et à Samba Félix Ndiaye (voir ci-dessous) lors d’une table ronde sur les ambitions du documentaire en Afrique. Les réalisateurs présents ont parlé tour à tour de la place qu’ils accordent au spectateur quand ils « pensent » leurs documentaires, Jean-marie Teno insistant sur la nécessaire subjectivité et Nadia El Fani pointant la question du « formatage » par les télés. « Faire un film documentaire en Afrique est un geste politique » a-t-on conclu. …et films En ouverture et en avant-première, L’Absencede Mama Keita, l’histoire d’un jeune Sénégalais qui, ayant une brillante situation en France, revient après quinze ans d’absence à Dakar. Tout en tension, le film relate la descente aux enfers de sa sœur, muette, véritable allégorie de l’Afrique. Le nouveau film de Raja Amari (Satin Rouge) est un troublant huit clos dans une ancienne demeure coloniale, où vivent trois femmes, dont la plus jeune est jouée par Hafsia Herzi (La Graine et le mulet). La maison avec son haut et son bas, métaphore de la société, est superbement filmée par Renato Berta. Il vaut mieux ne pas dévoiler Secrets, intitulé Berceuse pour sa version arabe. Sachez que vous y verrez une vieille photo de famille, de somptueuses chaussures rouges, une mouette naturalisée, une robe blanche sombres à Sofia, agressions racistes, deux frères qui ne se connaissent pas vraiment, histoires d’amour qui s’effilochent ou naissent, Eastern Plays est avant tout l’évocation d’une jeunesse bulgare désillusionnée ; mais aussi le portrait d’un jeune homme, artiste, alcoolique, qui erre dans un monde L’Absence de Mama Keita tachée de sang, qui vous hanteront sans doute longtemps. Autres images persistantes, celles de l’adaptation du roman de Marlene van Niekerk, Triomf, par Michael Un cinéaste de la résistance Samba Félix Ndiaye, disparu le 6 novembre. Né à Dakar en 1945, réalise son 1er film à trente ans, portant un regard lucide et humaniste sur le quotidien. En 1989, c’est Le Trésor des poubelles, sur l’habileté des artisans de la « récupération ». En 1992, Amadou Diallo, un peintre sous verre, ainsi qu’un documentaire, consacré à la voie de chemin de fer Dakar-Bamako. En 1994, Ngor, l’esprit des lieux, sur un village menacé par l’urbanisation. En 1998, une évocation lyrique du poète et homme d’état sénégalais, Lettre à Senghor ; en 2003, Rwanda pour mémoire et, en 2006, Questions à la terre natale où il s’interrogeait sur l’avenir de l’Afrique. Eastern plays de Kamen Kalev malade et qui va, peut-être, réapprendre à vivre. La fin, en suspens, permet au spectateur d’espérer ou de… désespérer. Un film superbe pour clôturer un festival de qualité. MARYVONNE COLOMBANI ET ANNIE GAVA Raeburn : une chronique caustique d’une famille de petits blancs pauvres, à Triomf, banlieue de Johannesburg. Le réalisateur, qui est aussi documentariste, a su rendre l’atmosphère de suffocation qui aboutit à une vraie implosion de cette famille, métaphore de l’explosion sociale et politique de l’Afrique du sud à la veille de l’élection de Mandela. Les comédiens sont excellents, le film est un choc… Le Jury « Lycéens » a récompensé Teza de l’Ethiopien Haile Guerima et a accordé une mention à Shirley Adams d’Oliver Hermanus. Côté courts, la Femme seule de Brahim Fritah et La jeune femme et l’instit de MohamedNadif, deux films marocains, ont été récompensés. ANNIE GAVA En 2007, à Apt, on avait pu l’entendre dire : « Je témoigne de ce monde avec une attitude proche de quelqu’un d’éveillé : tu ne peux avoir reçu une éducation sans vouloir bonifier ce que tu as reçu. Nous ne pouvons qu’amener des sons discordants avec le libéralisme qui domine le monde. On ne peut pas faire des films différents de ce que nous sommes. » On ne pourra plus le croiser à Apt mais on peut toujours voir ses films ou lire l’ouvrage que lui a consacré, en 2007, un autre cinéaste, Henri-François Imbert : Samba Félix Ndiaye cinéaste documentariste africain aux éditions L’Harmattan. A.G.
DIGNE PORTRAIT DE BANIA MEDJBAR Histoire(s) du cinéma à Digne Chaque année, en automne, le public dignois est invité à (re)voir des œuvres qui ont marqué l’histoire du cinéma tout en découvrant des films d’aujourd’hui ; cette année, au programme, cinéma et philosophie ! « Le cinéma n’est-il pas l’expression du monde et du réel, et sa rencontre avec la philosophie n’est-elle pas le moyen de réfléchir et répondre à la question Qu’est-ce que le cinéma ? » demande J.-P. Castagna, Président des Rencontres. C’est ainsi que du 23 au 27 novembre, au centre culturel René Char, seront proposés une douzaine de films : Morgan de Karel Reisz, Vivre sa vie de Jean-Luc Godard, Toute la mémoire du monde d’Alain Resnais, La jetée de Chris Marker, Ma Nuit chez Maud d’Eric Rohmer, 2001 l’Odyssée de l’espace de Kubrick, Le Désert rouge d’Antonioni, Elephant de Gus Van Sant… Quant aux avant-premières, dès l’ouverture on pourra voir Yuki et Nina d’Hyppolite Girardot et Nobuhiro Suwa, une histoire d’amitié entre deux fillettes que la vie veut séparer et leur fugue dans la forêt… Et le lendemain, Hadewijch de Bruno Dumont, un film sur la foi aveugle d’une jeune Parisienne. Juliette Cerf, auteur de Cinéma et philosophie interviendra après la projection de History of violence de Cronenberg, film qui effectivement remue des interrogations troublantes sur le bon usage, et la jouissance, de la violence. Puis pour prendre de la hauteur le 26, Robert Pansard-Besson présentera Tours du monde, tours du ciel : où sommes-nous dans l’univers ? Tout un programme ! ANNIE GAVA Rencontres Cinématographiques Digne-les-Bains et Alpes de Haute- Provence du 23 au 27 nov 04 92 32 29 33 www.unautrecinema.com CINÉMA 57 Vivre sa vie de Jean-Luc Godard NOM : Bania MEDJBAR Profession : Réalisatrice Signes particuliers : esprit libre et « grande gueule », précise-t-elle. Ce qu’on remarque immédiatement, c’est la grande simplicité et la cordialité de cette réalisatrice marseillaise qui revendique l’idée d’un cinéma populaire, au sens noble du terme, c’est-à-dire qui filme les gens du peuple. Marseillaise car même si c’est plus difficile de travailler ici, « là-haut, (à Paris), je serais malheureuse. Marseille est mon terreau de création. » D’où lui vient cet amour du cinéma ? De la télé qu’elle regardait la nuit, à huit ans, pour soigner ses insomnies : le Cinéma de minuit, les films italiens en noir et blanc ; puis les magazines télé qu’elle ramassait dans le quartier de son enfance, la Busserine, dans lesquels elle découpait photos et articles qu’elle collait dans ses cahiers. Elle inventait des histoires aussi, et mettait en scène ses amis. « Le cinéma était de l’ordre du rêve pour moi ». Après ses études elle devient éducatrice, métier qu’elle exercera jusqu’en 1987. Et c’est lors de l’intervention d’un réalisateur que le déclic se fait : elle entreprend des études de cinéma et fait un stage sur le film de Jean-Pierre Thorn, Je t’ai dans la peau (1989). « C’est là que j’ai vraiment appris le métier ; Jean-Pierre est un des mes maîtres, avec les autres, Rossellini, Scola, Capra, Ken Loach, Scorsese, Renoir, Truffaut... En voyant les 400 Coups, je me suis dit que je pourrais peut-être, un jour, m’exprimer avec le cinéma. » Son premier court métrage, tourné en VHS pour un concours d’urbanisme, lui vaut le 1er prix, « remis par Paul Carpita, j’étais très fière ! ». Après il y aura Mères amères, Impression de voyage... Aujourd’hui Bania dit avoir une vraie équipe de travail, quatre personnes avec lesquelles elle fait ses films. « Mais, plaisante-t-elle, je n’ai pas encore trouvé le producteur de ma vie ! » Et plus sérieuse, elle ajoute, « je suis exigeante et peut-être difficile dans le travail. » Son meilleur souvenir de tournage est la semaine passée à Cassis avec Abbas Kiarostami qui l’a vraiment impressionnée. Le plus marquant ? La mission qu’on lui a confiée, sur le tournage du film d’Alex Metayer, MohamedBertrand Duval (1990) : faire éteindre les lumières des usines de Fos qui gênaient pour un tournage de nuit ! « On n’est pas au cinéma, ai-je protesté. Justement on fait du cinéma ! Et j’ai réussi ! Cela semblait naturel à tous ! Dans le cinéma, on doit se surpasser ! » Son dernier court métrage, Des Enfants dans les arbres (voir Zib 23), va sans doute suivre le même chemin que le précédent, Quand le vent tisse les fleurs, sélectionné dans de nombreux festivals dont la Quinzaine des réalisateurs en 2003 et plusieurs fois primé. Elle prépare actuellement un long métrage dont elle a peaufiné le scénario pendant quatre ans, au titre poétique : Le Crime des anges. Et de citer Fernando Pessoa, « Créer, c’est ne pas être satisfait du monde. Le désir de création est un phénomène imaginatif, le crime des anges, qui ont cru pouvoir avoir un meilleur ciel. » ANNIE GAVA Bania Medjbar A. G



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