Zibeline n°24 novembre 2009
Zibeline n°24 novembre 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°24 de novembre 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : naissance du théâtre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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52 ARTS VISUELS DE VISU REGARDS DE PROVENCE TERRITOIRES PARTAGÉS Photographie orgasmique Cela fait cinq ans qu’Antoine d’Agata est sans domicile fixe. Éxilé volontaire autour du monde, loin du marché de l’art, des galeries et du monde de l’édition il retourne aux sources, absorbé par son travail photographique et l’écriture. Sauf que des grains de sable viennent parfois enrayer les rouages les mieux huilés. La rencontre avec le jeune écrivain espagnol Rafael Garido, épris de Bacon, bouleverse sa « retraite ». Une longue correspondance par mail, des belles évocations littéraires (Burroughs, Blanchot, Artaud), et Antoine d’Agata franchit la ligne, fouille son passé pour écrire un récit photographique autobiographique et commence une nouvelle aventure éditoriale ! Une partition en binôme fertile avec une exposition produite par les Rencontres internationales de la photographie d’Arles, et un ouvrage coédité par Actes Sud et l’Atelier de visu. Rien de moins ! Complice depuis 10 ans de la galerie, Antoine d’Agata offre à l’Atelier de visu la primeur de ce roman autobiographique. Des images scénarisées à l’extrême, entre sexe et drogue dure, totalement égocentriques : leur cruauté paraît violente, mais Antoine d’Agata la récuse en se l’appropriant : « la violence de la défonce, c’est contre moi » argumente-t-il face à cette mise en image frontale de son intimité. Overdose, douleur, jouissance, corps mou, corps dur : l’intensité des photo- graphies est à son comble. Et les mots de Rafael Garido résonnent, évoquant « les corps incorporants et incorporés, le désir incarné, désossé. » La correspondance va plus loin encore quand le flux de ses mots, écrits ou lus par lui-même, file au rythme de l’accrochage des photographies, cadre contre cadre, en un long ruban sans fin. Entre le portrait d’Antoine d’Agata à 25 ans et son autoportrait au corps saupoudré d’un nuage de blanc, une vie de désirs et d’orgasmes fait irruption dans la lumière. Tout autour, le noir l’enveloppe. La part d’ombre. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Antoine d'Agata - Magnum Photos Agonie jusqu’au 4 décembre Atelier de visu 04 91 47 60 07 Cocteau méditerranéen Conçue comme un parcours autour de la Méditerranée, l’exposition de la Fondation Regards de Provence, Jean Cocteau et la Méditerranée, se concentre de fait sur la Côte d’Azur, la Grèce, l’Italie et l’Espagne. Autant de haltes dans la vie d’un artiste qui se définissait comme « un poète qui emprunte beaucoup de véhicules. » Déclaration à prendre aux sens propre et figuré puisqu’il fut un infatigable voyageur, et un touche-à-tout de génie : peinture, dessin, céramique, tapisserie, bijoux, toujours à l’affût de collaborations inattendues, musicale avec le Groupe des Cinq, chorégraphique avec Nijinsky… Pour célébrer cette figure marquante du XX e siècle, la fondation s’est entourée d’amis, de membres de sa famille et de spécialistes Malheureusement, malgré ces multiples éclairages, l’exposition manque de relief : pas de manuscrits ni de poèmes, pas de correspondances ni de maquettes d’opéra… Circonscrite à un territoire géographique, elle ne parvient pas à refléter l’ampleur de l’œuvre ni son avant-gardisme, gommant son influence sur la littérature et la création actuelles. Dommage de ne donner à voir qu’une facette de ce personnage multiforme ! MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Fondation Regards de Provence, Marseille jusqu’au 24 janvier 04 91 04 68 32 0 Souvenir, souvenir… Faute d’exposer des pièces récentes de Marie- Ange Guilleminot, la galerie Territoires partagés replonge dans leur passé commun. En 2001, le Frac l’invitait à l’occasion d’un vaste projet, Les Origamis, mêlant pliages de guirlandes de couleur, manipulations et performances. Au mur, les photographies de Stéphane Guglielmet en témoignent. En 2003, Marie- Ange Guilleminot, la galerie et le Frac s’associaient encore autour de l’une de ses œuvres-phare, le Chapeau-vie, « multiforme et multifonction, indémodable, unisexe et en taille unique ». À plusieurs reprises, et dans des conditions parfois insolites comme à Venise, l’artiste mettait en scène son propre corps, asexué, dans des performances énigmatiques. Parfois même, revêtue du Chapeau-vie en jersey cloqué, elle s’imposait d’étranges postures au milieu de sculptures inanimées. La vidéo, tel un mode d’emploi, livre ses secrets. Et les photographies, là encore, racontent leurs souvenirs : plus d’un an de voyages dans le Queyras à la rencontre des habitants. Car Territoires partagés a toujours développé son action selon trois principes : la rencontre avec un artiste, le prêt d’une œuvre par une institution, la sensibilisation des publics. Un projet qui a séduit le Frac durant huit ans, avant de convaincre la Villa Arson à Nice, son nouveau partenaire. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Installations de Marie-Ange Guilleminot, Galerie Territoires Partages Marie-Ange Guilleminot jusqu’au 19 décembre galerie Territoires partagés, Marseille 09 51 21 61 85
MONTPELLIER CINEHORIZONTES RENCONTRES À L’ÉCHELLE Mouret de Marseille à Montpellier Pourquoi le Festival du cinéma méditerranéen de Montpellier dans Zibeline, qui s’arrête en principe à Nîmes dans ses incursions hors PACA ? Pour vous donner envie d’y faire un tour un jour : plus de cent-trente longs métrages, fictions et documentaires, une centaine de courts dont une trentaine de cinéma expérimental, des focus sur le cinéma italien et politique d’Elio Petri, sur le cinéma fantastique espagnol, sur le nouveau cinéma turc, des tables rondes, des rencontres, des expositions, des cinéastes invités dont Angelopoulos, Amenabar, Rappeneau, Allouache et accompagnant Emmanuel Mouret, ses actrices, Frédérique Bel et Julie Gayet. Bref ! Un programme alléchant pour tous ceux qui aiment le cinéma dans sa diversité. D’autant qu’en proposant un hommage et une carte blanche à Emmanuel Mouret, Cinemeda offert à Marseille une place de choix. « Pourquoi Mouret au Cinemed ? Parce qu’il est de Marseille ! » déclare Jean-François Bourgeot, le directeur du festival qui a tenu du 23 octobre au 1er novembre sa 31 e édition. Car c’est sa ville natale que le cinéaste filme dans ses tous premiers films qu’on a pu découvrir ici. C’est la Baie des Singes, la Grotte Rolland, La Madrague de Montredon, Callelongue que Clément, gentil jeune homme charmeur, indécis, fait découvrir à son amie, Constance dans Promène-toi donc tout nu, son film de fin d’études. Ce sont les plages sur lesquelles Lucie vend ses maillots de bain dans son premier long, Laissons Lucie faire, un « divertissement sentimental ». Dès ses premiers films le style est trouvé, son personnage à la diction hésitante, maladroit à la Tati, aérien et décalé, clownesque et ingénu aussi. Avec des dialogues qui font parfois penser à Rohmer, parfois à Woody À la carte et fi des frontières ! Homme au bord de la crise de nerfs pour l’ouverture de Cinehorizontes avec l’énergique comédie de Nacho Garcia Velilla, Fuera de carta. Maxi, interprété par un extravagant Javier Cámara, chef cuisinier gay en quête d’une étoile Michelin, se retrouve subitement en charge de deux enfants nés d’un mariage de convenance, tombe amoureux d’un ex-footballeur argentin, devient le rival de son explosive maître d’hôtel (Lola Dueñas)... Situations vaudevillesques, jeu sur les clichés homophobes, langage cru, si le film n’évite pas toujours le stéréotype, il annonce avec optimisme une des thématiques de l’édition 2009 en partenariat avec le festival Reflets : « Aimer autrement », à la carte donc plutôt qu’au menu. Dans la continuité des mutations sociales de l’Espagne à la fin du XX e siècle, il s’agit de s’accepter et trouver sa place pour les protagonistes d’Ander de Roberto Castón, un des sept films en compétition, présenté en avant-première. Et de jouer de ses fantasmes pour Jess Franco, réalisateur prolifique de séries B, auquel il est rendu hommage. À l’œuvre également, une volonté d’échapper aux représentations nationales : les films sélectionnés font voyager. Barcelone et Madrid, bien sûr, mais aussi le Pérou (Fausta), l’Argentine (El niño Pez), le Mexique (Una vida mejor), le Maroc (Metropolis Ferry), Tokyo (Maneki neko), Marseille (Amateurs). La soirée de clôture, consacrée en première partie aux courts métrages des jeunes cinéastes de l’école madrilène ECAM, nous transportant à Cuba grâce à la musique du groupe Pupy y los que son son. Un cinéma entre deux mondes, comme l’invité d’honneur Sergi López. Les fantômes du franquisme hantent deux films, Barcelona (un mapa) et Los Giralos ciegos, adaptation du livre éponyme d’Alberto Méndez, tout en o o Allen, des gags qui font songer aux burlesques américains, des clins d’œil à Truffaut, Mouret, qui explore les innombrables facettes de l’amour et du désir, a su mettre en place un univers qui lui est propre, sa Carte du Tendre. teintes grises, brunes, sombres par José Luis Cuerda dont on avait apprécié La lengua de las mariposas. Mais le cinéma espagnol aborde aussi notre commune actualité. Un fait d’hiver dramatique en 2003, les corps de 35 marocains retrouvés sur une plage de Cadix, a inspiré à la réalisatrice, Chus Guttiérez. Dans Retorno a Hansala, présenté en collaboration avec FFM, Leila, sœur d’un défunt, retourne dans un petit village de l’Atlas, accompagnée de Martin, l’entrepreneur en pompes funèbres pour qui ce voyage sera une véritable prise de conscience. Violence d’un monde qui ne cesse de dresser des barrières… Le jury, présidé par Laura del Sol a attribué : le grand prix Cinehorizontes à Ander de Roberto Castón ; il a également accordé une mention spéciale à Retorno a Hansala de Chus Guttiérez. Le public marseillais s’est pressé chaque soir au cinéma Le Prado à Marseille qui a accueilli la manifestation du 6 au 14 novembre et les échanges avec les invités ont été très riches. Bravo à Horizontes del Sur ! ELISE PADOVANI ET ANNIE GAVA Ander de Roberto Castón CINÉMA 53 Un baiser s'il vous plait d'Emmanuel Mouret Pascal Chantier Cinemeda donné l’occasion de revoir toute son œuvre et de revisiter Marseille. ANNIE GAVA Inland in Gyptis Session de rattrapage le 8 novembre au Gyptis dans le cadre des Rencontres à l’échelle, pour ceux qui avaient raté Inland du franco-algérien Tariq Teguia projeté en mars dernier (voir Zib 17). D’Oran qu’il quitte pour déterminer le tracé d’une ligne électrique dans un arrière-pays traumatisé par le terrorisme, au désert saharien où il rencontre une immigrée clandestine traquée, le topographe Malek passe d’une observation distancée et désabusée de la réalité algérienne à une adhésion au monde plus essentielle. Film de trajectoires géographiques et mentales, collectives et personnelles, d’affranchissement des frontières de toutes sortes, de ruptures et de liens, de traces à effacer, à suivre ou à perdre, Inland crée avec une grande liberté formelle un parcours plastique sensible et captivant, une chorégraphie jalonnée de musique électronique, de rock, de raï, de poèmes, de discours et de silences d’une évidence propre aux grands films. ELISE PADOVANI



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