Zibeline n°24 novembre 2009
Zibeline n°24 novembre 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°24 de novembre 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : naissance du théâtre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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50 ARTS VISUELS ENTRETIEN AVEC DOMINIQUE ANGEL 1 pour 4 Développé en quatre expositions plus des interventions scolaires, le projet de Dominique Angel, Pièces supplémentaires, a la côte sur les bords du Rhône. Depuis plusieurs années, Dominique Angel développe une œuvre protéiforme selon le principe du réemploi : des pièces antérieures sont réinjectées dans les propositions nouvelles, le plus souvent des installations conçues en fonction des espaces d’accueil. Sous le terme de Pièce supplémentaire, il constitue au fil des projets un work in progress aux apparences variables et éphémères. Cette année, à l’initiative du Frac Paca qui possède deux sculptures de l’artiste, Pièce Supplémentaire s’est développé au pluriel en plusieurs lieux patrimoniaux bordant le Rhône. Au point de départ, une résidence de création littéraire à Villeneuve-lez-Avignon qui a réussi à contaminer Tarascon et Avignon, impliquant dans son mouvement plusieurs établissements scolaires. Un livret d’accompagnement des visites ainsi qu’une publication (qu’on aurait appréciée plus copieuse quant à sa démarche et ses choix) éditée par l’Agence Alternative aux éditions Analogues documentent le projet. Zibeline : Comment est venu ce projet avec le Frac ? Dominique Angel : D’une discussion avec Pascal Neveux qui voulait faire quelque chose avec les artistes qui écrivent. Je lui ai proposé de travailler à partir de mes récits où il y a des descriptions d’œuvres qui n’existent pas : des photos, des installations, des sculptures. Je voulais réaliser ces pièces qui n’existent pas, et il m’a proposé des lieux. Confrontés à leur présence, leur histoire, la réalisation des pièces a évolué. En fonction de l’architecture, de leur adaptation. L’idée était aussi de présenter la totalité de mon dispositif de travail : de la sculpture, de l’écriture, la vidéo, la performance... Il fallait des espaces qui permettent de développer cette pluralité de formes d’expression qui participent de l’idée d’une œuvre unique. D’où le nom de Pièce supplémentaire. Le plus souvent on ne voit que des morceaux ; quand j’ai l’occasion d’en présenter la totalité ça me permet aussi de faire le point. Ainsi lorsqu’on voit une de vos pièces, une sculpture par exemple, ce n’est qu’un élément du grand œuvre ? Oui, mais en même temps qui a son autonomie et que je peux rejouer dans une installation avec d’autres œuvres plus anciennes, des récentes, que je peux modifier jusqu’à ce que je trouve l’installation juste. J’avance par tâtonnements. Par exemple, une des pièces au château de Tarascon, la table avec les têtes dessus, je l’ai présentée sous des formes différentes et là je pense que j’ai trouvé la forme juste. Je pense que maintenant je vais la présenter sous cette forme-là. Qu’est-ce que c’est ce « juste » pour un artiste ? Juste c’est un terme qu’utilisent beaucoup les artistes et on ne sait pas trop ce qu’il veut dire ! Quelqu’un qui écrit sait aussi à un moment que sa phrase est juste. À un moment du travail on a un sentiment de justesse, dans un rapport entre Dominique Angel, Pièces supplémentaires, 2009, Chartreuse, Villeneuve-lez-Avignon, X-D.R le contenu de la pièce et la manière dont elle est faite, le sentiment qu’elle est terminée. Un achèvement ? Oui, le moment où la pièce dit ce qu’on veut dire, y compris avec les éléments qui vous échappent. Donc ces quatre expositions je les ai conçues comme une seule, même si elles sont dispersées. Dans une exposition, on passe d’une œuvre à une autre rapidement, mais là l’espace entre est plus grand, le spectateur peut imaginer autre chose, ça demande un effort pour faire ces relations avec ce patrimoine très fort. Je me suis rendu compte que l’art contemporain était constamment confronté à la question du patrimoine. Je dois faire avec. Ça relève du tour de force. Tout s’est fait sur place ? Non, j’ai fabriqué des pièces dans mon atelier. J’ai travaillé aussi sur le lieu comme un atelier en confrontant les questions de proportion, de composition, d’échelle tout particulièrement… et en modifiant les choses au fur et à mesure. Quelle a été la part des scolaires dans ce projet ? J’ai proposé de prendre les étudiants de l’option art en lycée comme assistants, certains se destinent aux beaux arts. J’ai préparé en amont des conférences pour les différentes écoles et lycées comme pour une école d’art. Je leur ai expliqué mon travail, j’ai exposé le projet à Tarascon et à Villeneuve, c’est-àdire pour deux groupes d’environ une vingtaine d’élèves. Et puis il y avait les options histoire de l’art, plus intéressés par l’accrochage, qui sont venues en cours de montage ; là ça s’est passé par entretiens. Et à d’autres classes j’ai donné du travail à faire à partir des lettres -un peu loufoquesenvoyées à mes élèves lorsque j’enseignais à la Villa Arson. J’ai été aussi invité dans des écoles pour des ateliers d’écriture, et à Tarascon avec le prof d’arts plastiques on a travaillé la vidéo. Ce qui a lancé plein de trucs et l’envie pour eux de faire des choses. Je dois aussi faire une conférence pour l’école d’instituteurs… Avez-vous déjà travaillé sur un projet aussi important ? Non, c’est la première fois. Ça serait bien de présenter tout cela à la Chartreuse et à Tarascon ! ENTRETIEN RÉALISÉ PAR CLAUDE LORIN D Pièces supplémentaires Dominique Angel jusqu’au 20 novembre Cloître des Cordeliers, Tarascon 04 90 91 38 71 jusqu’au 30 novembre Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon 04 90 15 24 24 Tour Philippe le Bel, Villeneuve-lez-Avignon 04 90 27 49 28 jusqu’au 30 décembre Château Royal de Provence, Tarascon 04 90 91 01 93 www.fracpaca.org
Troublantes images Au Carré d’Art, Projections donne à voir des œuvres hétérogènes et perturbantes où temps et images mentales se télescopent dans une déambulation austère. Au visiteur de trouver les liens Le titre programmatique laisse à imaginer un ensemble de films ou vidéos. C’est le cas pour un bon nombre d’œuvres mais nous avons à faire aussi avec de la peinture, du dessin, de la gravure, de la sculpture. Quel que soit le médium utilisé, celui-ci cependant ne se présente pas dans toute son évidence. Des dessins au crayon sanguine sont projetés sur grand écran (Jean-Pascal Flavien) ; le pastel gras évoque les images positif/négatif photographiques et filmiques (Michael Landy) ; technique traditionnelle, la gravure compose des images hybrides constituées d’immeubles de style moderne dans des paysages de genre XVIII e siècle (Cyprien Gaillard) ; la peinture réemploie des images glanées sur Internet (Gordon Cheung) ; la sculpture matérialise des structures empruntées aux sciences (Tobias Putrih) ou des données numériques météorologiques (Iñigo Manglano-Ovalle). La salle consacrée au travail de Laurent Grasso est emblématique de ces emprunts et brouillages des territoires qui présente en un même temps/même espace deux imposantes projections vidéo, des sérigraphies argent (de grand format mais uniquement visibles de près), deux petites huiles sur bois éclairées dans l’obscurité comme des photos. L’ambivalence est à son comble lorsque Daniel Arsham utilise la gouache sur papier calque imitant à première vue la photographie, pour peindre des scènes improbables incluant poutres, escaliers et obélisques de béton (?) au sein de forêts tropicales. D’autres sont générées par ordinateur à partir de données notamment scientifiques : la sculpture en titane Cloud Prototype 2 d’Iñigo Manglano-Ovalle, ou jeux virtuels : la vidéo en 3D Arena 2 de Chris Cornish. L’installation Viewer Hard Drive de Jean-Pascal Flavien laisse voir son dispositif complet : images numériques projetées sur images sur supports papier, l’appareillage technologique, son espace, son temps de perception. Ces enjeux entre réalité et virtualité, sur l’ambiguïté de la perception, utilisant des principes séquentiels et/ou répétitifs appliqués au déroulement temporel, jettent le trouble sur l’évidence des choses. L’exposition provoque une certaine confusion au risque de l’incompréhension du spectateur, à moins que ce dernier ne prenne le temps de la recevoir. C’est là l’effort nécessaire pour entrer dans ces formes énigmatiques que tente d’expliciter la commissaire du projet, Françoise Cohen, dans le catalogue bien documenté et le petit livret d’accompagnement à la visite. Il faut peut-être aborder ces Projec- NÎMES ALLAUCH ARTS VISUELS Tobias Putrih, Argos cinema, 2007, structure en contre-plaque et carton avec projection du film La Jetee de Chris MarkerC. Lorin tions par l’envers : celles, mentales, que ces œuvres sont susceptibles de provoquer en nous-mêmes. Mais de quelles projections sommes-nous capables ? CLADE LORIN Projections jusqu’au 3 janvier c9 Carré d’Art Musée d’art contemporain de Nîmes 04 66 76 35 70 http://carreartmusee.nimes.fr catalogue bilingue français/anglais, 104 pages co-édition Carré d’art/Archibook, 23 euros 51 Sur la colline Alors que son premier volet Nord/sud se termine, la 3 e biennale d’Art Contemporain d’Allauch rend hommage à André Gence, mais l’exposition Alechinsky est repoussée à 2010 Homme mage Disparu peu de temps avant son inauguration, André Gence n’aura pas pu voir l’exposition que lui consacre le musée d’Allauch. Il avait préparé de longue date cet évènement avec l’enthousiaste conservateur Nicolas Bousquet. Son œuvre empreinte d’une profonde spiritualité ne pouvait trouver meilleur accueil dans cet établissement destiné à la compréhension des symboles et du sacré. Sans être une rétrospective, les espaces du musée ne le permettant pas, cette Anthologie offre un parcours commençant avec des œuvres réalisées dans les années soixante-dix jusqu’à nos jours, dont un très beau Sans Titre de 1974 fait de variations rouge carmin, vermillon et d’un point lumineux jaune, qui inaugure le style qu’on lui connaît aujourd’hui transposé dans des modulations de gris. Au premier étage, on peut le voir dans deux rares vidéos de France 3 méditerranée, parler de son travail lors d’une de ses expositions à la galerie Sordini en 1989. André Gence, Sans titre, huile sur toile X-D.R. Projet électrique Perché sur les hauteurs du Massif de l’Étoile, le village d’Allauch regarde la métropole en contrebas sans trop de complexe. Visité pour son site naturel et son ancrage dans les cultures traditionnelles, il s’est ouvert depuis plusieurs années aux formes récentes de l’art grâce à plusieurs initiatives entendues entre responsables publics et acteurs de l’art contemporain. En témoignent les activités des Ateliers du Logis Neuf, le festival de la photo Phocal, la Biennale d’Art Contemporain portée par le peintre Olivier Bernex et progressivement la programmation du musée. Malgré les efforts consentis au Vieux Bassin comme au musée, un lieu dédié à la création contemporaine apparaît nécessaire. C’est le projet envisagé dans les 2000m 2 de l’Usine électrique où est déjà accueilli le Ballet d’Europe, dont la réhabilitation impose le report de l’exposition Alechinsky en juin 2010. On se jette à l’eau ? CLAUDE LORIN 3 e Biennale d’Art Contemporain d’Allauch André Gence, Anthologie jusqu’au 14 février Musée d’Allauch o 04 91 10 49 00 www.musee.allauch.com



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