Zibeline n°24 novembre 2009
Zibeline n°24 novembre 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°24 de novembre 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : naissance du théâtre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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36 MUSIQUE CONCERTS Voyage parisien C’est à l’étage du musée des tapisseries que se donnait le concert le 5 oct. Salle aux plafonds moulurés, scènes champêtres et musicales représentées sur les tapisseries qui habillent la pièce, reste d’un décor d’opéra, porte ouverte sur l’imaginaire… Le public, trop peu nombreux mais enthousiasmé par le talent des artistes, a eu le bonheur d’entendre Sharman Plesner au violon et Jean- Paul Serra au pianoforte pour un programme dédié à Mozart et son deuxième voyage à Paris. Deux sonates du compositeur autrichien : en mi mineur, K 304, dont les inflexions douloureuses (la mère de Mozart venait de mourir) se dissimulent sous les voltes de la bienséance ; et la sonate en ré majeur, K 306, L’église Saint Michel de Fuveau accueillait le 22 oct, dans le cadre du 18 e festival de Chants sacrés en Méditerranée, deux groupes issus des bords opposés de la méditerranée : voix par-dessus la mer, qui se répondent, trait d’union de la musique, langage accessible à tous. Un projet qui cette année unissait en particulier l’Albanie et la Corse. Le thème de cette année, jardins de Paradis, inspira aux musiciens des métaphores bibliques ou pétrarquisantes, Eden ou jardin de Hespérides, jusqu’au trivial jardin de légumes ! … La grande chanteuse syrienne Waed Bouhassoun ouvrait le concert. La ligne monodique du oud, aux larges sonorités, joué avec une belle virtuosité, s’accorde à la voix passionnée de la chanteuse. A capella, celle-ci occupe l’espace, s’enfle, s’élève, comme d’un murmure intérieur pour atteindre 0 écrite pour la princesse Palatine, aux cadences toutes de brillante virtuosité. Enchâssées entre les deux des pièces ignorées, la sonate n°III en sol mineur du Chevalier Saint George : cet éminent violoniste, qui ne put obtenir la charge de Directeur de l’Académie Royale de Musique de Louis XVI par le simple fait qu’il était métis, a donné au violon une superbe partition ; et la sonate en ré mineur de JohannSchobert, qui par sa densité dramatique se situe en 1762 comme préromantique ! L’ensemble de ces œuvres fut interprété magistralement, un violon d’une puissance et d’un velouté admirables, un pianoforte qui savait lui répondre avec brio et ampleur… MARYVONNE COLOMBANI Cordes d’argent contre la polio Le 17 oct à la cathédrale Saint Sauveur, le club Rotary proposait un concert qui ménageait de jolies surprises, comme une charmante ouverture avec la jeune violoniste Esther Abrami qui fêtait ce jour-là ses 13 ans, avec l’interprétation de la sonatine n°1 de Schubert, une Mélodie de Glück et la Cavatine de Raff. Belles notes tenues, un son que multipliait la hauteur de la cathédrale, de jolis trilles… Mais l’essentiel du spectacle, un peu long, était tenu avec brio par Les Cordes d’Argent de Saint Petersbourg, sous la vivante direction d’Alexander Afanasyev. Etrange d’entendre des orchestrations pour balalaïkas de compositions que l’on a l’habitude sa plénitude, joue, module, enchaînant les mélismes, éclate, s’atténue. Il n’est pas nécessaire de comprendre les paroles (traduites dans le programme) : le timbre chaleureux, l’expressivité de ce beau visage de tragédienne nous conduisent vers une aube « parée des couleurs du jasmin d’Arabie » … Les chanteuses du quatuor Balkanes, laissant le chant les précéder, entraînent dès leur entrée les spectateurs dans leur monde. Une mise en espace dynamique, inventive, elles sont autant comédiennes que chanteuses. Passages joyeux ou graves, enjoués ou sereins, endiablés en rondes populaires ou charmeurs et suaves… Les voix des quatre chanteuses s’entrelacent, dessinent de nouvelles harmoniques (la basse est exceptionnelle !). Un régal ! Les costumes à la fois contemporains et traditionnels sont aussi de la fête. Quelle o d’entendre par un orchestre symphonique, comme la Pie voleuse de Rossini… Les voix remarquablement placées de la maîtrise Gabriel Fauré se mêlaient à l’orchestre, mais l’acoustique desservait les cordes qui étaient alors couvertes par le chant. Ce beau plateau était rassemblé pour réunir des fonds destinés à éradiquer la polio. Pour cela, il sera beaucoup pardonné ! M.C. Ce concert a été donné dans le cadre d’une tournée à Gémenos, La Ciotat, Aix, et Marseille du 15 au 18 oct La Méditerranée par le chant émotion aussi lors du dernier rappel, lorsque se mêlent les voix des cinq chanteuses… L’union méditerranéenne se concrétise dans le creuset magique du chant… MARYVONNE COLOMBANI Tapisseries jazz Le 18 oct, dans la salle voûtée du musée des tapisseries, un jeune trio se livrait à un périlleux exercice. Sylvaine Hélary à la flûte, Hugues Mayot au saxophone, Antonin Rayon au piano et au clavier… Notes perlées, fluidité des traits de la flûte, virtuosité du saxophone, jeu riche et varié du piano : l’atmosphère est toute de tensions, de ressassements et de magnifiques élans, et les trames mélodiques se réconcilient. Mais il manquait sans doute un préambule qui aurait dévoilé au public leurs intentions : les auditeurs des nuits pianistiques semblaient manquer de clés pour comprendre leur propos et partager ainsi leur remarquable travail de création. M.C. Ce concert a été donné dans le cadre des Nuits pianistiques Ensemble baroques graffiti X-D.R. o Quatuor Balkanes Opus 31
Lumineux Le génie de Charlie Chaplin est décidément incontestable. On garde souvent le souvenir imprécis mais ému de chacun de ses films. Et on redécouvre chaque fois ses talents de conteur sans paroles, d’acteur (quel regard !) et également de musicien ; ses mélodies, facilement retenues, évoquent toujours des moments précis, le comique ou le tragique de la situation : sa musique a toutes les qualités d’une musique de film réussie. L’Orchestre de Toulon nous a livré une prestation irréprochable sous la baguette de Timothy Brock. Chef d’orchestre mais aussi compositeur, familier des partitions de films muets, il n’a que peu modifié le texte original. Il ajoute quelques bruitages : sirènes de polices, sifflets, ronronnements du maire… toujours de manière très imagée. On retient le petit glissando vers l’aigu qui accompagnera le mouvement des spaghettis (puis des serpentins) vers la bouche de Chaplin ! Mais le but est ici, avant tout, de servir l’œuvre. De réentendre la musique, de la moderniser un peu, sans jamais s’écarter des souhaits du réalisateur. Pari tenu : les spectateurs peinent à retenir leurs larmes lorsqu’arrivent les retrouvailles, la scène finale, mythique. Le ciné-concert s’est conclu par la projection d’une Baroque and drôle Heureuse surprise que la re-création de Psyché, collaboration entre Molière, Corneille et Lully adaptée par l’acteur et metteur en scène Julien Balajas et par la claveciniste et chef d’orchestre Claire Bodin, donnée le vendredi 23 octobre à l’opéra de Toulon. L’adaptation de l’œuvre nécessitait des choix musicaux et scéniques qui ont mis en lumière une profonde connaissance de l’histoire et de l’esthétique du baroque. Dans cette prestation à mi-chemin entre le théâtre, la danse et la tragédie lyrique, la représentation du mythe de Psyché transposée photo de Charlie Chaplin, sans maquillage ou costume. La star de la soirée, c’était évidemment lui. SUSAN BEL au début du XX e siècle, et résolument tournée vers l’humour, ne pouvait laisser le spectateur de marbre tant tout y était fait pour que les zygomatiques soient mis à l’épreuve dans une sorte de « commedia dell’arte ». En effet, le talent des comédiens dispensait une bonne humeur communicative, contrepoint idéal à l’aspect tragique et sérieux de la pièce originale, dans laquelle s’inscrivaient efficacement l’orchestre, les chanteurs et la danseuse. EMILIEN MOREAU Psyché Khaldoun Belhatem Feu d’artifice vocal Razzia coréenne Ils étaient dix au bout des phases éliminatoires, sur 150 candidats au départ, à se trouver devant l’orchestre dirigé par Dominique Trottein pour la périlleuse finale du 11 e Concours International d’Opéra de Marseille. Pour départager ces artistes, en 2009, Rolando Villazon a présidé le jury avec tant de bienveillance et passion que la direction du concours a annoncé la probable désignation de la biennale sous le fameux patronyme du Mexicain. Si deux chanteurs français n’ont pas démérité -un étonnant ténor de 20 ans, Kévin Amiel, au timbre large et peu ordinaire et une soprano lyrique expressive, Clémence Fritier, obtenant de belles récompenses- les palmes ont été raflées, une fois n’est pas coutume, par quatre rescapés parmi les b b 37 Roy Export sas En 1825, Rossini composa un opéra en 1 acte pour le sacre de Charles X peu avant de mettre fin à sa brillante carrière de musicien. Opéra de circonstance, Le voyage à Reims ressemble plus à un exercice de style qu’à un ouvrage traditionnel d’art lyrique. En effet, l’histoire n’est qu’un prétexte au service de la voix, mise en valeur par un bel canto sublime riche en fioritures et en volutes endiablées, techniquement éprouvant qui fait de cette œuvre un des sommets du genre. La production du 6 novembre à l’opéra de Toulon a tourné à la démonstration tant le plateau vocal frisait l’excellence : trouver des défauts aux 17 chanteurs présents sur scène ce soir-là semble impossible, et n’en citer qu’un serait faire injure aux autres ! L’orchestre et les chœurs, sous la direction légère et précise de R. Fores-Veses, étaient à l’avenant tout comme les lumières, les costumes et les décors au service d’une mise en scène dynamique et humoristique, dont l’anachronisme conférait à l’opéra une résonance étrangement contemporaine. E.M. nombreux Coréens débarqués sur le Vieux-Port. Au sommet, la puissante soprano Jeehye Han a fait l’unanimité dans des airs de bravoure de Puccini et Verdi, quand le bel canto de la pétillante Yu Ree Jang a séduit. Côté ténors, Jaezig Lee a déployé un timbre brillant et de l’assurance dans les glorieux contreut de La Fille du Régiment, alors que Minseok Kim a fortement ému dans E la solita storia del pastore. Souhaitons que ce concours, formidable tribune lyrique pour Marseille, trouve toujours les soutiens financiers nécessaires à sa pérennité ! JACQUES FRESCHEL La finale du concours a eu lieu le 16 oct. à l’Opéra de Marseille.



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