Zibeline n°24 novembre 2009
Zibeline n°24 novembre 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°24 de novembre 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : naissance du théâtre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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34 MUSIQUE CONCERTS Amants disparates Manon Lescaut Christian Dresse 2009 Yves Coudray, dans sa mise en scène de Manon Lescaut a voulu, comme le stipulait Puccini, se démarquer du Manon français de Massenet, de ses références au XVIII e siècle, en situant l’action aux alentours de sa date de création en 1893. Les costumes de Katia Duflot y renvoient à l’évidence, quand les décors stylisés de Michel Hamon n’exploitent peut-être pas la piste ébauchée au premier acte d’une architecture géométrique aux couleurs à plat : les tableaux manquent d’unité et le deuxième d’éclat. Côté plateau, si Catherine Naglestad déçoit dans les deux premiers actes, dans sa volonté d’alléger l’émission des aigus, et de rendre à la jeune Manon sa verdeur naïve, la soprano l’emporte aux deux derniers grâce au pathos assumé d’un chant plein et généreux. Mais sans un grand Des Grieux, l’opus ne peut triompher ! Zwetan Michailov, certes arrivé à la dernière heure, n’a ni la puissance, ni l’expression, ni un timbre suffisamment engageant pour récolter autre chose que des applaudissements courtois. Marc Barrard barytone à la française avec une couverture vocale élégante et un vibrato facile : son Lescaut séduit, comme le riche barbon de Jacques Calatayud et les nombreux rôles annexes bien campés. Dans cette production aux réussites inégales, c’est l’Orchestre de l’Opéra qui empoche les véritables lauriers ! La direction de Luciano Acocella tisse finement les couleurs instrumentales et cultive le naturel d’un instinct mélodique dont Puccini avait le secret. Dans ce contexte, l’Intermezzo du 3 e acte gagne les faveurs du public, et fait positivement basculer l’ouvrage. JACQUES FRESCHEL Français mineurs D Le concert du mois d’octobre de musique de chambre, proposé par l’Opéra de Marseille, fut consacré à des compositeurs français du tout début du XX e siècle, assez méconnus C’est sur un quatuor de Lucien Niverd que s’est ouvert ce programme. Le Quatuor du Parvis, avec à sa « tête » (premier violon) Sylvie Niverd, a su l’interpréter avec une certaine musicalité, en fournissant de toute évidence un travail abouti sur le phrasé et les nuances, malgré un manque de cohésion et quelques pertes de justesse malheureusement audibles. L’Ensemble vocal Hymis a enchaîné sur le Madrigal aux Muses d’Albert Roussel. Œuvre difficile, de par ses nombreux glissements, ses intervalles peu naturels et son écriture très contrapuntique, exécutée cependant sans couacs ni décalages, grâce à la direction claire de Bénédicte Pereira. On entendit pour finir trois œuvres d’André Caplet, à l’écriture assez dépouillée : des extraits de sa Messe aux accents grégoriens, son Septuor pour chœur de femmes et quatuor à cordes, ainsi que ses Inscriptions champêtres, bien interprétées dans leur globalité. On regrette d’autant plus qu’aucun programme, aucune biographie n’aient été distribués pour éclairer les auditeurs à propos des compositeurs, ou expliquer ce choix de programmation. Car on prit plaisir à découvrir dans ces partitions peu familières des accents ravéliens, debussiens… mais on n’y retrouva pas toujours l’invention impressionniste qui fait le génie de la musique française de cette époque, et la pertinence de ces procédés : ne restent qu’une recherche de simplicité et quelques accents exotiques, qui n’ont pas très bien vieilli. SUSAN BEL Quatuor du parvis X-D.R. Sturmund Drang Le cycle Musique et Poésie, initié par le Consulat général d’Allemagne et la Cité de la Musique, s’était attaché le mois dernier au couple Robert/Clara Schumann(voir Zib 23). C’est à Mozart qu’il a consacré son deuxième concert, ainsi qu’à des extraits des Souffrances du jeune Werther de Goethe. Pourquoi rapprocher ces deux auteurs ? On sait que Goethe vouait à Mozart une admiration sans bornes, qui le poussa notamment à écrire une suite de la Flûte enchantée ou à sadiser Eckermann(qui transforma son Faust en opéra), en lui demandant d’écrire dans le style de Don Giovanni et en lui reprochant, évidemment, de ne pas y arriver. Mais on constate également, au fil du concert, un traitement assez semblable de l’émotion ; le Classicisme de Weimar, initié par Goethe et son Werther mais aussi Schiller, Herder, Wieland, est empreint d’un lyrisme à D tout épreuve mais également pétri de références antiques, de quête d’idéal dans la lignée de la modernité des Lumières. Winckelmannle qualifiera d’« art de noble simplicité et calme grandeur ». Mozart, que l’on se figure, souvent à tort, plus mesuré, plus intellectuel que ses successeurs romantiques, savait lui aussi faire la part belle à une Christine Kattner David Olivari émotion épurée. On frissonne carrément, lorsque après avoir entendu Werther déclarer qu’il ne reverrait plus jamais sa Charlotte, on (re)découvre la Chanson de la séparation, petit bijou d’intensité et de retenue. Dix textes, très bien choisis, suffiront à faire le tour du roman. Michael Zugowski les récitera avec un plaisir évident et très communicatif. Côté musique, on est à nouveau très ému par les prouesses vocales de Christine Kattner. Un peu incertaine dans quelques attaques, son interprétation fut splendide dans la plupart des Lieder. On retient également la prestation de Ludovic Selmi, qui a su soutenir sa partenaire avec technique, clarté mais aussi discrétion. Et on attend avec impatience le concert du 4 décembre, consacré à Wagner… SUSAN BEL
Regards croisés D Pour le dernier concert de l’Automne Baroque à l’église Saint-Laurent le 25 octobre, le Concerto Soave a cultivé les correspondances artistiques entre Venise et l’Orient. Visitez la Sérénissime et jetez un œil sur l’architecture et l’ornementation : le miroir esthétique entre l’orient et la cité des Doges existe également sur le plan musical. Le programme proposé par Jean-Marc Aymes (orgue et clavecin) mettait en lumière ces regards croisés sur deux mondes plus proches que nous le croyons. Le Palestinien Moneim Adwan (chant et oud), sur ses propres textes ou sur ceux du poète Mahmoud Darwich, fut le symbole d’un aller retour pertinent offrant au public enthousiaste une cohérence d’opus d’une parfaite symbiose. Matthias Spaeter à l’archiluth, Christine Plubeau à la viole de gambe mais surtout Maria-Cristina Kiehr au chant surent donner un relief saisissant à ce miroir de mosaïques. Les mélismes ornementaux de Monteverdi prolongeaient naturellement le chromatisme au quart de tons de l’autre rive, donnant un éclat naturel à cette très belle initiative. FRÉDÉRIC ISOLETTA Lyrisme sur le fil Une fois de plus, la programmation du Festival de Saint Victor a su nous surprendre. Les occasions d’entendre un duo violon-harpe sont en effet assez rares, et c’est avec grand plaisir que l’on put apprécier le mariage inhabituel mais détonnant de ces deux instruments, maniés par deux solistes remarquables. La prestation de Nemanja Radulovic au violon, fut brillante de bout en bout. Son jeu, passionné mais élégant, sut rendre les subtilités de chaque œuvre : du phrasé ingénieux et des accents polyphoniques de Nemanja Radulovic Caroline Doutre Entre rêve et réalité Grand succès et nef bondée pour la formule trompette et orgue au 43 e Festival de Musique de Saint-Victor le 6 novembre Avec deux stars comme le tout jeune trompettiste David Guerrier et l’organiste confirmé Olivier Vernet, le public ne s’est pas fait prier, démontrant sa fidélité au festival. L’association des deux instruments est de plus un gage de réussite, et fait le bonheur de nombreux concerts estivaux. Et le programme dans tout ça ? Il fut hélas trop axé dans les clichés estampillés « tubes du classique ». La Suite en ré de Haendel ou Jésus que ma joie demeure de Bach furent tout de même concurrencés par les Prières sans paroles de Damase et les Wesendonck lieders de Richard Wagner destinés à l’origine pour voix et piano. Enfin de magnifiques couleurs se sont échappées de l’orgue, créant une atmosphère propice à ces pages poétiques et passionnelles dont certaines se révèlent être des esquisses du futur Tristan und Isolde. Le timbre suave et velouté de la trompette put alors corroborer le climat onirique installé par l’orgue, laissant de côté les sempiternelles pages virtuoses. FREDERIC ISOLETTA David Guerrier Christophe Abra mowitz 35 Maria-Cristina Kiehr X-D.R. Bach, auxquels il prêta une virtuosité exceptionnelle, à la nostalgie faussement naïve de Schubert, en passant par un Saint Saens et un Dvorak que l’on a eu l’impression de redécouvrir. Certains ont pu tiquer à l’écoute des Danses Roumaines de Bartók, que le jeune soliste romantisait un peu par endroits ; il s’avéra cependant inattaquable dans son traitement des harmoniques, merveilles de tendresse et d’intensité. Marielle Nordmanna su interpréter avec une aisance évidente et beaucoup de clarté dans les rapports mélodie/harmonie les œuvres pour guitare moins connues d’Augustin Barrios, Franciscos Tarrega et les variations pour harpe d’Elias Parish Alvars. Un peu plus effacée dans les duos, elle sut cependant soutenir sans le moindre faux pli son partenaire. La complicité évidente des deux musiciens, qui se produisent régulièrement ensemble depuis 10 ans, se ressentait dans chaque dialogue, chaque enchaînement, chacune des nombreuses envolées lyriques … et faisait plaisir à voir ! SUSAN BEL Belles trames Saluons la programmation musicale de l’équipe du Méjan d’Arles : son directeur artistique Jean-François Heisser concocte régulièrement un programme qui n’hésite pas à s’engager dans le domaine contemporain : Actes Sud et sa ligne éditoriale ne sont pas loin. Témoin l’interprétation par l’Ensemble Les siècles des 3 e et 5 e Concertos Brandebourgeois encadrant les Trames II & VIII du compositeur Martin Matalon et sous la direction de François-Xavier Roth. Rappelons le principe de ces interprètes, capables de s’adapter à l’instrumentation originale d’une époque donnée. Dans ce contexte, on peut saisir tout l’intérêt de faire entendre le procédé contrapuntique, soit le développement conjoint de plusieurs trames musicales, à deux époques différentes. La sonorité baroque et ouatée des trois chœurs de cordes du 3 e Brandebourgeois révélait chez Bach une richesse de timbre renvoyant aux trames de l’ancien pensionnaire de l’Ircam. Ce dernier faisait jongler ses interprètes avec une multitude de modes de jeux (bandonéon, steel drum, cuivres, clarinette basse...), pour le plaisir d’une écoute fraîche et renouvelée, sur laquelle pouvait se poser des passages concertants faisant écho à la cadence emblématique du 5 e Brandebourgeois. P.A.H Ce concert a été donné le 15 nov au Méjan (Arles)



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