Zibeline n°24 novembre 2009
Zibeline n°24 novembre 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°24 de novembre 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : naissance du théâtre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 32 - 33  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
32 33
32 MUSIQUE CONCERTS Contemporain confessionnal Le solo de Benjamin Dupé est surprenant ! Le guitariste-compositeur propose un spectacleconcert plein d’autodérision, qui joue des préjugés liés à la musique contemporaine. Inaudible, agressive, insensée, c’est du bruit, disent les plus délicats, sans structure, sans émotion, sans discours. Quelque chose que jamais on n’écouterait chez soi. Benjamin, seul sur sa chaise avec sa guitare sèche, subit les assauts des haut-parleurs, leurs vibrations qu’il déclenche, les paroles qu’il a suscitées autour de sa musique. Il subit, joue, et dit : sa passion de jouer ça, cette musique, depuis toujours ; sa douleur, étonnée puis acceptée, presque amusée, d’être perçu au quotidien comme un zombie extraterrestre ; son envie de partage. Et puis il joue. Des pièces très différentes. Très structurée, obstinée même, virtuose aussi, pour répondre au n’importe quoi reproché par la bande. Lyrique, lente, crescendo pour réfuter l’accusation de froideur. Évocatrice, presque figuraliste, pour donner à voir. Alors les commentaires enregistrés semblent lui répondre, évoquent des trajets, des histoires, des sensations. Un sens. Le guitariste s’empare alors de son instrument électrique, et fait entendre, enfin debout, une longue composition aux timbres inventifs, au trajet limpide, quelque chose entre le rock que l’instrument évoque sans y toucher, et une Sequenza pour guitare électrique que Berio aurait négligé d’écrire. Une porte est ouverte à tous pour entrer en son monde : par la musique, l’humour, la performance autobioscénique. Allez-y voir ! AGNES FRESCHEL Comme je l’entends a été créé aux Salins le 20 oct. Le Merlan les 1er et 2 déc 04 91 11 19 20 www.merlan.org Le Cadran, Briançon les 8 et 9 déc 04 92 25 52 52 i I 39'101,71T ! FESTIVAL NUIT D'HIVER #7 Concerts, expose:ins, ateliers. projections, conferences DUVENDRELI4AU LUNDI 21 DÉCEMBRE 2069 montévidéo, La Poissonnerie, Mediathaque Louis Aragon Martigues, Msdiathquo do Mïrarnas, Baki Ling, Point de Bascule...rsik ; ÇVOk 11111111111111 1111111111 Transat Express Lors des Trans’Electroacoustique au GMEM du 11 au 13 nov, le voyage musical sur transat s’est déroulé loin du gros temps… … et dans un confort absolu ! Pourquoi ne pas joindre l’utile à l’agréable en étant confortablement installé au fond d’un transat ? Vous l’avez rêvé, le GMEM l’a fait. Concept singulier pour une musique spatialisée, qui vous allonge les yeux fermés. Nul besoin de s’éloigner pour voyager. La musique électroacoustique est un endroit où l’on se plonge et rien de tel qu’un lieu approprié où, entouré d’enceintes, pour traverser l’œuvre de l’intérieur. Bruit blanc de Hugues Germain nous rapproche des marais salants, de la mer, et permet un décollage immédiat pour atteindre la création de Jean-Luc Gergonne. Commande du GMEM, Tribu est une zone de turbulences à traverser en octophonie, avec au poste de pilotage le compositeur lui-même pour une interprétation vivante à la manière du live electronic. Vide et silencieux, l’espace devient dense, touffu et frénétique, nécessitant une bonne accroche à son transat ! Secousses et trous d’air continuent de ponctuer Six doors de Christophe Ruetsch, avant que la Transhumance concoctée par Stephan Dunkelman, également aux manettes, ne clôture ce voyage initiatique sur des images oppressantes et haletantes d’Effi & Amir. Un vol dégriffé pour une exploration du son ! FREDERIC ISOLETTA Cru de 1946 ! D Le Fine Arts quartet a acquis avec l’âge un bouquet et une rondeur inimitables. En cette soirée du 21 octobre au Jeu de Paume, quatre artistes étaient reliés par la grâce de leur archet et leur passion de la musique. Avec trois œuvres au cépage différencié : le quatuor n°7 de Chostakovitch, le quatuor n°1 de Saint-Saëns et le splendide quatuor n°1 op.41 de Schumann. L’œuvre du compositeur russe, douce âpreté, rêche à souhait, laissa en bouche une délicieuse amertume : les phrases ciselées, erratiques, s’éparpillèrent et laissèrent sur le sol les brisures de l’âme de Chostakovitch. L’ensemble, à la technique fascinante (le violoncelliste !), sut donner à la pièce tout son relief avec une émotion contenue et distanciée. Dix minutes d’une rare intensité qui laissèrent le public en émoi. Le quatuor de Saint-Saëns, qu’il qualifia lui-même de « besogne nécessaire », fit l’effet d’un verre d’eau après un grand cru ! Quatre mouvements insipides, aux mélodies sans teintes, justifient l’accusation faite au compositeur d’être formaliste et conservateur ! L’interprétation, toujours excellente, ne put sauver la sécheresse de l’œuvre. Heureusement, les premières notes de l’œuvre de Schumannse chargèrent de réveiller nos sens. Les trois quatuors du compositeur allemand enregistrés en 2007 par le Fine Arts avaient fait l’unanimité de la critique : on comprend pourquoi. Tout l’univers du compositeur fut sublimé par une interprétation sans failles : scherzo pétillant, mélodies sculpturales, harmonies subtiles, adagio tout en déséquilibre toujours à la limite de la rupture… superbe. En bis le quatuor L’alouette de Haydn, en hommage au premier maître du genre, termina cette soirée. Le Fine Arts 2009 est un grand millésime, à consommer sans modération ! CHRISTOPHE FLOQUET
Un vent de fraîcheur Au regard de ses multiples expériences professionnelles, avec Itzhak Perlman, Pierre Boulez… difficile d’imaginer que le pianiste présent sur scène ce 10 nov a seulement 23 ans ! Virtuose accompli, David Kadouch construisit, autour de l’œuvre de Moussorgski Les tableaux d’une exposition, un programme original, composé de pièces peu jouées, telles que les variations en fa mineur de Haydn et le Rondo en sol majeur Le sou perdu de Beethoven. Il offrit une interprétation digne des plus grands avec une grâce et une légèreté déconcertantes : les voix circulaient délicatement sous ses doigts, s’entremêlaient sans jamais se brouiller, pour tisser un univers David Kadouch X-D.R. arachnéen transformant l’instrument soliste en véritable orchestre. L’interprétation qu’il fit du Rondo nous aide à mieux saisir pourquoi Barenboïm le sélectionna à 20 ans pour enregistrer Barenboïm on Beethoven : pétillant, enjoué, malicieux, autant d’épithètes 33 pour qualifier la fraîcheur de son jeu et de l’éclat de sa jeunesse. L’entracte qui marqua la fin de la première partie surprit tout le monde tant le concert semblait débuter ! Mis en appétit par cette prestation de premier ordre, chacun était curieux de voir comment ce jeune artiste allait gravir la montagne Moussorgski ! La réponse fut donnée quelques quarante minutes plus tard, avec un Kadouch radieux sous les éclats retentissants des applaudissements drus de l’auditoire : il avait réussi à faire oublier l’orchestration éclatante de Ravel, à jamais présente dans la mémoire collective, s’appropriant l’œuvre et la faisant briller de mille feux, somptueuse diaprure, à l’image de l’univers fertile et fantasque du compositeur russe. La grande porte de Kiev, dernier mouvement de ces Tableaux d’une exposition, fut comme le signe d’une carrière qui s’annonce majestueuse ! Les trois bis proposés par David Kadouch n’excorièrent en rien l’unité du concert, et finirent de séduire le public exigeant du Grand Théâtre… CHRISTOPHE FLOQUET Schubert, naturellement Concept original le 14 nov au GTP, imaginé par la chef Laurence Equilbey : des lieder de Schubert au parfum de Nature, cette alliée du XIX e siècle musical, étaient donnés par l’Orchestre Régional de Cannes dans leur version orchestrée. Exercices d’école mais véritable travail d’orfèvre, La Truite, Le Roi des Aulnes ou Du bist die Ruh sont passés entre les mains de Brahms, Reger, Liszt, Berlioz, Offenbach, Richard Strauss, inspirant même Webern et Britten pour des résultats étonnants ! Ils furent remarquablement servis par les voix solistes de la mezzo Renata Pokupic et du ténor Robert Getchell, même si l’accompagnement instrumental n’a pas été à la hauteur quant à la netteté des attaques. Les lieder passés par l’orchestration du compositeur contemporain Franck Krawczyk distribuaient judicieusement notes et couleurs au chœur Accentus : le sombre Das Grab (la tombe) pour voix d’hommes soutenues seulement par les cordes graves en fut la démonstration. Le beau timbre et la grande présence de la soprano Pauline Courtin ont permis d’exhumer la cantate méconnue, avec chœur et orchestre, Mirjams Siegesgesang. Certes aux antipodes de l’intimité de l’accompagnement piano, ces versions revisitées n’en sont pas moins d’intéressantes découvertes, signées par de véritables compositeurs. FREDERIC ISOLETTA Rester debout ! La garnison de Terezin, près de Prague, bâtie au temps des guerres napoléoniennes était prévue pour 6000 soldats. Elle fut utilisée par les nazis, comme camp concentrationnaire de transit. Près de 160 000 juifs y séjournèrent avant leur destination finale à Auschwitz, 35 000 y disparurent corps et âme. Comble de l’horreur, le III e Reich, pour donner le change à la Croix-Rouge lors de visites en 1944-45, y créa l’illusion d’un camp « modèle » ! Teresienstadt devint une ville de propagande : lits, chambres repeintes à neuf, balançoires pour les enfants, cafés, école fictive… rien ne fut oublié, ni même un orchestre réuni pour interpréter le Requiem de Verdi ! Il va sans dire qu’à la veille des visites, le camp était « vidé » des invalides, et qu’au lendemain, tous les acteurs du carnaval macabre rejoignaient les wagons plombés… Dans ce contexte, des musiciens trouvèrent néanmoins le moyen Anne Sofie Von Otter Agnes Mellon Laurence Equilbey Agnes Mellon de « rester debout », puisant dans leur art une once d’énergie qui sauve un temps de l’abîme. C’est cette expression qu’ont fait revire avec beaucoup d’émotion la mezzo-soprano Anne Sofie von Otter, le violoniste Daniel Hope, accompagnés par Bengt Forsberg au piano et le multi-instrumentiste Bebe Risenfors. Une berceuse tendre, un chant plaintif, une sérénade ou des airs de cabaret, paradoxalement gais, composés par de jeunes hommes et femmes exhumés avec justice et justesse, ont côtoyé des opus de véritables compositeurs assassinés dans la fleur de la quarantaine : Victor Ullmannet Erwin Schulhoff. JACQUES FRESCHEL C’était au GTP le 15 oct.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 1Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 2-3Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 4-5Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 6-7Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 8-9Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 10-11Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 12-13Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 14-15Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 16-17Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 18-19Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 20-21Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 22-23Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 24-25Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 26-27Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 28-29Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 30-31Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 32-33Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 34-35Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 36-37Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 38-39Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 40-41Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 42-43Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 44-45Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 46-47Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 48-49Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 50-51Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 52-53Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 54-55Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 56-57Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 58-59Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 60-61Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 62-63Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 64-65Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 66-67Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 68-69Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 70-71Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 72-73Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 74-75Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 76-77Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 78-79Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 80-81Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 82-83Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 84-85Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 86-87Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 88-89Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 90-91Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 92-93Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 94-95Zibeline numéro 24 novembre 2009 Page 96